FC Sochaux 1980-81 à la conquête de l'Europe

Le FC Sochaux sort d'une belle saison 79-80 qui l'aura vu terminer à la deuxième place du championnat, derrière le FC Nantes, royal cette année là. Les lionceaux seront la belle et heureuse surprise de cette saison 1979-80. Un dynamisme et un enthousiasme fantastique qui rappelait « les verts » d’autrefois. SOCHAUX a fait le bonheur de ses supporters mais aussi ceux de la France entière se faisant applaudir dans quasiment tous les stades où ils se sont rendus. Second du championnat derrière Nantes et son armada d’internationaux, les lionceaux finissent pourtant meilleure attaque du championnat marqué par l’éclosion de deux jeunes talents au difficile poste d’avant-centre : Philippe ANZIANI (voir paninomorphologie d’Anziani) et Yannick STOPYRA. D’ailleurs STOPYRA pour sa première saison chez les pros connaitra les honneurs de sa première sélection et de son premier but chez les bleus le 27 février 1980 face à la Grèce, il vient juste de fêter ses 19 ans. STOPYRA (14 buts en championnat) et ANZIANI profite aussi du renouveau de Patrick REVELLI qui retrouve ses jambes de 20 ans dans le Doubs, le députe PS inscrira 11 buts cette saison là. Mais le dépositaire du jeu doubiste repose également sur le talent de son meneur : Bernard Genghini (15 buts).
Du coup, les Lionceaux sont qualifiés en Coupe de l'UEFA, dans laquelle ils vont se donner corps et âme et vont continuer de séduire la France du football. Le mercato est d'ailleurs très calme, les dirigeants préférant jouer la continuité. A noter la présence de Rust dans les cages, Bats ayant pris la direction de l'AJ Auxerre.

Sochaux 1980-81
 Parcours  historique en Coupe de l'UEFA

 Le tirage de la Coupe offre au premier tour le Servette de Genève, presque voisins des sochaliens. Ce n’est pas un tirage facile, les lionceaux ont un effectif jeune et découvrent la coupe d’Europe tandis que les suisses sont des vieux briscards des joutes européennes. Tout le monde se souvient à l’époque que c’est le Servette qui avait éliminé Nancy en coupe des coupes deux ans plus tôt. Est-ce que les espoirs du centre de formation sochaliens allaient faire mieux que la bande à Platini (Platoche soignait une jambe cassé lors de la confrontation face au Servette au fait). 

Les Stopyra, Anziani, Genghini, Benoit ou Ruty associés aux anciens Comme Ivezic ou Revelli présentaient un parfait amalgame prêt à affronter l’Europe après avoir dompté les grande écuries du championnat de France. Sochaux a mal débuté son championnat et c’est seulement devant 9 000 supporters que les lionceaux démarrent leur formidable campagne européenne.
Sochaux bat les Suisses 2-0 au match aller dans une certaine indifférence. Au retour Sochaux ouvre le score et fait un grand pas vers la qualification mais se fait peur en seconde mi-temps sous la domination des suisses qui marquent par 2 fois. Preuve de la fébrilité des sochaliens, raconté par le jeune Stopyra, 20 ans à la sortie du terrain et qui vient de récolter un carton jaune stupide : « J’ai réagi comme un junior. Lorsque l’arbitre m’a sifflé hors-jeu, j’ai jeté la balle en touche et il n’a pas apprécié. Il ne restait que 4 minutes à jouer et les suisses me faisaient peur… j’ai voulu gagner du temps ». A Genève, l’équipe sochalienne a été à l’image de Stopyra, bien immature mais enfin elle s’en était bien tirée, et c’était l’essentiel après tout.

Au tour suivant, c'est le Boavista Porto qui se présente à Bonal, toujours aussi frileux, à peine 8 000 spectateurs (et surtout une bonne moitié sont venus supporter Boavista) dans cette enceinte qui peut contenir 20 000 âmes. Les Sochaliens n’ont pas trop la tête au football, les temps sont durs, la crise frappe les ménages et cela se ressent fortement sur les ventes de voitures or la ville bat au rythme du groupe Peugeot. Les Portugais réalisent un bon match en arrachant un match nul 2-2.
Au retour, pas grand monde ne semble vouloir miser un kopek pour des Sochaliens en grand danger. René HAUSS tente alors un coup de poker en alignant un 3-4-3 inédit chez ses troupes. Il sort Bezaz en défense, positionne 2 stoppeurs (Ruty et Posca) et fait redescendre Anziani au milieu de terrain. A la mi-temps 0-0, Sochaux arrive à museler grâce à son 4-3-3 le milieu de terrain lusitanien mais à souffert sur des contres et a été sauvé par ses montants sur l’un d’eux. En seconde mi-temps, à la 75ème minute sur une attaque anodine, REVELLI trouve le Yougoslave DURKALIC qui inscrit le seul but de la rencontre et permet aux lionceaux d’arracher une qualification à l’extérieur, ce qui n’est jamais rien.
Par contre la suite s’annonce très corsée, c'est Francfort qui est au menu des Doubistes et les clubs allemands sont les terreurs de cette coupe de l’UEFA, la saison précédente les demi-finales opposaient 4 clubs allemands entre eux du jamais vu dans l’histoire du football européen (et ça ne s’est plus jamais reproduit depuis). Sochaux s’en tire mal car c’est le dernier vainqueur de cette coupe de l’UEFA qu’ils doivent affronter. A l'aller, les Jaunes et Bleus sombrent et sont menés 4-0 à l’heure de jeu, heureusement Genghini à ¼ d’heure de la fin et Bruno Pezzey dans les dernières minutes résuisent l’écart. Les doubistes s'inclinent 4-2, et là, par contre, il faut vraiment être fou pour donner une chance aux sochaliens même si la fin de match redonne de l’espoir

Et pourtant! Dans un stade Bonal encore plus vide que d’habitude (8 000 fans dont 3 000 scolaires invités), un doublé du vétéran Patrick Revelli en 1ère mi-temps permet à Sochaux d'y croire, puisque grâce à la règle des buts à l'extérieur, le club est virtuellement qualifié. La défense, héroïque, tient bon sous la neige, et Revelli termine le match avec des crampes, comme les trois-quarts de l'équipe, d'ailleurs. Sochaux tient son exploit et va passer l’hiver au chaud et REVELLI jubile : « On a trop vite dit que Francfort serait notre terminus. Voilà notre réponse ! »
En quart de finale, c'est un autre club Suisse qui est octroyé à Sochaux: les Grasshoppers de Zürich. Après un match nul méritoire 0-0 en Suisse, les Lionceaux vont livrer le match retour dans une ville enfin prête à faire la fête avec ses protégés. C’est 18 000 supporters qui s’entassent dans le vieux Bonal. Pourtant le Coach HAUSS est inquiet avant la rencontre : « Les gars sont fatigués. Avec cet effectif peau de chagrin (Hauss n’alignera que 14 joueurs sur la feuille de match), j’ai peur de la suite. D’autant que les zurichois sont plus à l’aise à l’extérieur. Ils ont éliminés des équipes comme Ipswich ou Torino ces dernières saisons, en allant faire un résultat chez l’adversaire…enfin les gars ont un très gros moral » et ils vont le prouver les gars qu’ils en ont à revendre du moral ! Le scénario prend un départ catastrophique, Koller part en contre et crucifie Albert RUST dès la 7ème minute. Dès le début du match, les portugais marquent ce but assassin à l’extérieur. 

Il fut marquer par deux fois, les sochaliens vont faire la moitié du chemin avant de regagner les vestiaires, Durkalic, le héros de Porto, égalisant à la 25ème minute. La seconde mi-temps démarre dans une marmite en ébullition, BONAL s’est transformé en un véritable stade de coupe d’Europe et poussent ses joueurs qu’on sent épuisés. Sochaux pousse, Stopyra, Ivezic buttent dans les dernières minutes sur le portier des sauterelles quand à la 85ème minute Durkalic se fait faucher à l’entre de la surface. Genghini prend le ballon et tire le coup franc majestueusement pour faire exploser tout un stade qui ne demandait que ça. 2-1 Socahux va jouer une demi-finale de coupe d’Europe.
L’aventure en revanche va s’arrêter là, face aux redoutables hollandais de l'AZ Alkmaar. Un score de 1 partout à l’aller à Bonal et un match retour se soldera par une défaite 3-2, malgré une fin de match ahurissante, Thierry Meyer redonnant espoir au siens à la 73ème, ce qui eut pour effet de voir les sochaliens lancer leurs ultimes forces dans la bataille, en vain malheureusement pour eux. Ils s'inclinent donc d'un but en demi-finale de la Coupe de l'UEFA, ce qui en cette période n'était pas un mince exploit! Mais avec seulement 13 joueurs pros sur pieds pour cette fin de saison il était difficile de faire mieux pour Sochaux, mais leurs enthousiasmes, leurs fougues et ce jeu léché leur ont permis de réaliser exploit sur exploit lors de cette formidable campagne européenne.
La France ne s'y est pas trompée, l'épopée des Lionceaux étant un événement suivi par des milliers de personnes...

Albert RUST
Moussa BEZAZ
Jean-Luc RUTY
Abdel DJAADAOUI
Jean-Pierre POSCA
Zvonko IVEZIC
Eric BENOIT
Bernard GENGHINI
Patrick JESKOWIAK
Yannick STOPYRA
Patrick REVELLI
Jean-Claude HAGENBACH
Romain ZANDONA
Salih DURKALIC
Philippe ANZIANI 
René HAUSS 

9 commentaires:

  1. Jean-Claude Hagenbach, enorme, le nom qui surgit de nulle part!!!
    Gardien du Havre au debut des annees 80, des souvenirs de Deschaseaux qui reviennent a l'esprit!!!
    Oh que c'est beau!!!

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  2. C'est marrant je m'attendais plus à un commentaire sur Stopyra, Genghini, ou sur les chevelures d'Anziani ou Ruty mais je pensais vraiment pas que c'est Hagenbach qui ouvrirait le bal

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  3. yes qq stars avec des superbes styles, mais voila c comme un phantome qui ressurgissait ;-))
    Stopyra qui avait refuse le bayern munich apres la coupe du monde au mexique en 1986 il me semble!!!
    Et Genghini, je peux aps m'empecher de me rappeler une superbe citation de courbis au sujet de Veron avant finale contre parme en 1999, il avait sorti, Veron, avant d'arriver en italie, il avait els cuisses de genghini, maintenant il a celles de Goldorak, mythique!!

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  4. Yep, je me souviens de l'anecdote de Courbis sur Genghini. Pour Stopyra tu auras al réponse très bientôt

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  5. En ce qui concerne le FC Sochaux saison 1980-1981 demi-finaliste de l'UEFA.N'y avait-il pas Jean Fauvergue en tant qu'entraîneur???(Peut-être en binôme avec René Hauss).Si quelqu'un pouvait me répondre,merci!!!

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  6. Tout à fait c était bien Jean Fauvergue l entraineur de cette merveilleuse épopée, Rene Hauss etant le directeur sportif

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  7. tout à fait Rene Hauss étant le directeur sportif. L entraineur de cette formidable épopée était bien Jean fauvergue

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