Velež Mostar 1976

Il y’a quelques jours j’avais balancé cette vignette en quiz sur la page Facebook d’Old School Panini, vous aviez eu beaucoup de mal a reconnaitre Boro Primorac mais aussi son club, le Velez Mostar. Du coup j’ai décidé de parler de ce club qui a marqué l’histoire de l’ex-Yougoslavie et de certains de ses joueurs qui ont marqué le championnat de France dans les années 80, Vahid HALILHODZIC, Boro PRIMORAC ou encore Blaz SLISKOVIC (voir Paninomorphologie sur Blaz SLISKOVIC). J’ai choisi l’année 1976 car c’est le fil rouge cette année du blog mais le sujet va parler plus généralement du VELEZ dans les années 70 (en fait c’est surtout que j’avais l’album 1976 du championnat yougoslave). Pour ce faire je me suis grandement inspiré d’un site que j’aime beaucoup et d’un forum où je vais très souvent : Foot Nostalgie. Le premier sujet sur foot nostalgie que je vous conseille de lire est écrit par « Doctor avalanche » et s’intitule : « Velež Mostar, pour que le football nous empêche de perdre la mémoire ».

Ca dépasse largement le cadre du football et présente la ville de Mostar à travers son équipe de foot. Le second sujet est sur le forum du site, un topic spécial a été crée sur le Velez et Bukovi en 2005, évoque le rôle des joueurs du Velez Mostar pendant la guerre. Je vous invite à allez lire les 2 topics et en général à vous rendre sur foot nostalgie. Avant de parler foot laisser moi vous parler un peu de la ville pour mieux comprendre l’histoire de son club : le Velež Mostar. Mostar, ville de Bosnie-Herzégovine, est la capitale de l’Herzégovine, son nom et son histoire son relié à son pont, MOSTAR signifiant « Vieux pont » (stari vieux et Most pont). Construit en 1566 sur ordre du sultan, le pont qui traverse le fleuve Neretva à Mostar est depuis longtemps considéré comme un symbole de passage entre les cultures et les peuples. A l’Ouest, vers la mer Adriatique et le monde latin et à l’Est vers Sarajevo et le monde Slave et Oriental.


Dans cette ville moyenne, le football met du temps à s’implanter. Avant la seconde guerre mondiale, il ne joue pas un très grand rôle. Le club des croates de la ville : Zrinjski est le plus ancien, créé en 1906. Il n’a jamais connu de résultats de hauts niveaux. Le football est alors dominé par les clubs de Split (Hajduk), Zagreb (HASK, Gradjanski et Concordija), Belgrade (BSK) et même Sarajevo (Slavija). Depuis 1922, un autre club, multi-ethnique, est venu s’installer dans le cœur des habitants de Mostar et a permis au football de se développer, ses créateurs lui ont donné le nom d’une des montagnes à l’est de la ville, Velež.

Après la guerre Tito fait le ménage y compris dans le monde du football. Il dissout les clubs qui ont participé au championnat entre 1942 et 44 (notamment le club vedette de Mostar Zrinjski considéré comme un club activiste croate), le Velež lui doit repartir de 3ème division et adopte une étoile rouge sur son logo (très en vogue à l’époque comme symbole pour les clubs de foot yougoslaves). Dès lors l’ascension de l’équipe de Mostar est fulgurante. En 1951 elle accède à la seconde division fédérale, et c’est en 1952 que Velež est promu pour première fois au sein de l’élite du football yougoslave. Son équipe est composée presque exclusivement de joueurs locaux provenant des différents groupes ethniques de la ville. L’équipe de Mostar est un club de milieu de tableau qui forme de bons jeunes et propose un football offensif et agréable à voir. Velež est d’abord une école de gardiens de but. A Barbarić, succède Gordan Irović qui jouera en équipe nationale et un très jeune espoir, né à Mostar en 1944, Ivan Čurković qui débute à 17 ans en 1961. Bientôt, il quittera Mostar pour rejoindre Partizan et connaitra la notoriété à Saint-Etienne. D’ailleurs, son remplaçant à Saint-Etienne, Esad Dugalić, a lui aussi été formé au Velež. Mais, le plus grand gardien de l’histoire du club, Enver Marić, débute un peu plus tard en 1967. Il jouera dans son club jusqu’en 1985, plus de 400 matches de première division et participera à la Coupe du Monde 1974 en Allemagne. Tous les trois sont nés à Mostar, et d’autres gardiens de première division ont aussi débuté au Velež.

Mais le club forme aussi des attaquants et des joueurs offensifs. Lorsque Rebac, l’une des vedettes des années 1950 devient entraineur en 1967, il lance de nombreux jeunes joueurs qui deviendront les vedettes du club: Dusan Bajević, Franjo Vladić, Mehmet Glavović (que Velež et la FSJ - fédération yougoslave de football – réussiront à transférer au Munich 1860 en 1976 en le faisant passer pour un joueur de 28 ans alors qu’il est né en … 1945). En attaque, débute Salem Halilhodzić (le grand frère de coach Vahid) et au milieu de terrain ou à l’aile droite Jadranko. Dans cette jeune équipe, il y a des serbes (Bajević, Ristić, plus tôt Čurković), des croates (Vladić, Topić, Kvesić) et des Bosniaques (Marić, Hadziabdić) qui reflètent le caractère multi- ethnique de la ville.

REBAC forme son groupe et garde ses joueurs. Depuis le milieu des années soixante l’exode des meilleurs footballeurs est le principal problème du football yougoslave. Mais les joueurs de Velež sont jeunes et le gouvernement titiste a mis une clause restrictive à leur transfert: avoir atteint l’âge de 28 ans. (En Pologne on l’avait vu, il était de 30 ans) Le groupe reste le même et se crée des automatismes, le club est assez fort pour repousser les offres des quatre grands et garder son effectif. Les résultats sont là et le public aussi. Il est tellement nombreux qu’un nouveau stade est construit en 1971 dans la banlieue ouest de la ville et quand on regarde les photos on se dit que c’était un mal nécessaire.

Ancien stade du Velez Mostar
Nouveau Stade de Mostar : le Bijeli Brijeg
En 1972, l’équipe, dans son nouveau stade, finit sixième mais possède la meilleure attaque du championnat. Bajević marque 16 buts et joue (tout comme Marić en équipe nationale. En 1973, avec une formation pratiquement identique à l’année précédente, Velež finit deuxième du championnat à six points de l’intouchable Etoile Rouge de Belgrade.

Cette équipe est restée célèbre en Yougoslavie sous le nom de BMV (Bajević, Marić, Vladić), les trois symboles de l’équipe. Ces trois joueurs sont nés à Mostar dans les trois grandes communautés (serbe, bosniaque et croate) et ont uni leurs efforts pour faire de la petite équipe d’Herzégovine une anomalie dans un football yougoslave dominé par les puissants et les proches du pouvoir.
La saison 1973-74 sera sans doute la meilleure dans l’histoire du club. Deux jeunes joueurs, Boro Primorac et Vahid Halilhodžić sont venus s’ajouter au groupe de Velež qui vient maintenant taquiner les favoris et lutter pour le titre. La lutte sera serrée jusqu’à la dernière journée et c’est finalement à la différence de buts qu’Hajduk Split sera sacré champion à la fin de la saison.

L’année suivante le Velež Mostar brille sur la scène européenne, au premier tour ils sortent le grand frère du Spartak de Moscou. Ensuite ce sont les autrichiens du Rapid de Vienne et les anglais de Derby County qui feront les frais du jeu limpide du Mostar,le club va atteindre les quarts de finale de cette coupe de l’UEFA, chutant face aux hollandais de Twente. Bientôt, les meilleurs joueurs s’expatrient et remplissent les caisses du club. Bajević et Vladić vont à l’AEK d’Athènes, Topić aux Cosmos de New York, Marić à Schalke 04. Mais la relève est là, Blaz Slišković anime le milieu de terrain et Vahid Halilhodžić l’attaque.

Seul Primorac a quitté le club pour rejoindre Hajduk. L’arrivée de Milos Milutinović comme entraineur coïncide avec la victoire en Coupe de Yougoslavie en 1981 grâce surtout à un Halilhodžić au sommet de sa forme à la veille de son départ pour Nantes.
Depuis le Velež Mostar n’arrive plus a tutoyer les sommets du foot Yougoslave, il est vrai que le multiculturalisme qui faisait sa force en a pris un sacré coup dans le gueule après la guerre en Yougoslavie. Pour preuve au sein de cette même équipe jouait Jadranko Topić qui pendant la guerre et à la fin de celle-ci devint le chef du parti croate d'extreme droite HDZ pour Mostar. Mostar avec la guerre est devenu le symbole de la division avec la destruction du pont symbole de la diversité et l'obligation pour les Musulmans de se refugier à l'Est de la ville. 
D'un point de vue sportif, l’absence aussi d’une politique de formation est préjudiciable au club et les difficultés financières (Le public se fait plus rare, crise économique et résultats moyens aidant, ce qui entraine un cercle vicieux) font que Velež n’est plus en mesure de garder ses meilleurs joueurs, qui partent de plus en plus jeune.

Voici la présentation de l’équipe Velež Mostar 1976

Velež Mostar 1976
Slobodan MRGAN
Enver MARIC
Dzemal HADZIABIC
Ivo PRSKALO
Marko COLIC
Ahmet GLAVOVIC
Sasa KOLONJA
Mirko DUBOVINA
Boro PRIMORAC
Dragan OKUKA
Marjan KVESIC
Salko BILKIC
Vahid HALILHODZIC
Franjo VLADIC
Jasenko NISTOVIC
Dubravko LEDIC
Miodrag HODZIC
Momcilo YUKOJE
Sulejman REBAC



















Et ça c’est cadeau, c’est l’équipe 1975.

Debouts : MRGAN, GLAVOVIC, COLIC, METER, PRIMORAC, HADZIABIC
Assis : TOPIC, HALILHODZIC, BAJEVIC, VLADIC, VUKOJE
Et en prime la page complète des vignettes.

2 commentaires:

  1. L'etoile rouge du Velež est beaucoup plus ancienne que le regime communiste Yougoslave.

    Cette etoile est le symbol du club depuis 1922.

    Elle symbolise la classe ouvriere de Mostar et de toute l'Herzegovine.

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  2. Merci beaucoup de cette correction Starmo

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