Philippe VERCRUYSSE : L'interview

Plus qu'une interview il s'agit plutôt d'une conversation autour de la carrière de Philippe Vercruysse. Ces conversations ont été enregistrées cet été et réalisées en plusieurs jours, ce qui explique pourquoi des fois vous allez avoir le sentiment qu'on se répète. C'est Frédéric VERCRUYSSE le frère de Philippe qui a permis cette entrevue après qu'il ait découvert le blog Old School Panini. J'en profite pour le remercier ici. Donc avant de commencer laissez moi vous présenter Philippe VERCRUYSSE. VERCRUYSSE c'est 20 ans de professionnalisme, 4 titres de champions de France, dont deux doublés coupe-championnat. Plus de  450 matchs de division 1 et plus de 100 buts !! Un excellent ratio pour un meneur de jeu et pourtant la carrière de Vercruysse souffre de reconnaissance et notamment avec les bleus comme vous allez le voir. Joueur technique, brillant à l'élégance pure sur le terrain, il était l'archétype de numéro 10 moderne. A savoir un meneur de jeu qui à la fois construisait le jeu, menait les offensives à la baguette mais qui n'hésitait pas à se propulser vers l'avant,  à apporter le surnombre devant le but. Successeur déclaré de Platini vous allez voir comment son chemin fût pavé d'embuches. Sans langue de bois (et je l'en remercie), Vercruysse nous confie ses joies, ses rancœurs, parle aussi bien de ses succès que de ses échecs et pousse des coups de gueules assez rudes. Sans complaisance, enfin j'espère, on a évoqué les différentes étapes de sa vie de footballeur, de sa jeunesse dans les cités de Lens à l'OM de Tapie mais aussi l'affaire OM-VA, la main de Vata, les histoires à Nîmes, etc... Je vous laisse découvrir tout ça mais moi je peux vous dire que j'ai appris énormément en l'écoutant et c'est parfois fort surprenant.

Vercruysse et les bleus, 3ème de la coupe du monde 86
Pour la lisibilité de l'interview, mes questions et phrases sont en gras, mes commentaires et notes en jaune (post_interview), et pour le reste c'est Philippe. Et comme c'est quand même lui qui raconte le mieux sa carrière, voici Philippe VERCRUYSSE par Philippe VERCRUYSSE.

Les débuts ?
J'ai débuté au RC Lens, en poussin. J'avais 8 ans c'était en 1970 et j'y ai fait toutes mes classes et en cadet, on a été champion de France. On a battu l'AS Monaco en finale, c'était en 1978. Ce titre ce fût le premier titre national de l'histoire du RC Lens ! Et 2 ans plus tard j'ai signé mon premier contrat pro en 1980.

Les cadets du RC Lens 1978
Durant cette période au centre de formation lensois, aviez vous fréquenté les sélections de jeunes ?
En espoirs, ma première sélection ce fût en espoir et ensuite j'ai participé au tournoi de Toulon
(face à l'Eire 1-1, La RFA 0-0, l'Argentine 0-1 et l'URSS 2-1 avec un but de Vercruysse)

Et vous avez toujours joué numéro 10 ?
Oui, c'est le poste qui me faisait rêver, celui de Pelé et à l'époque c'était le poste du meilleur joueur de l'équipe. Ça l'est toujours, regarder à Barcelone Xavi, Insiesta ce sont des numéros 10 au final.

Pour revenir à vos débuts pros, vous débutez alors que le RC Lens possède un grand meneur de jeu, en la présence de Daniel LECLERC. Il a été un modèle pour vous ?
Oui c'était un grand joueur mais il n'a pas été un modèle pour moi. Je n'ai jamais eu de relation privilégié avec lui ? Ça toujours été distant, tendu entre lui et moi. Il était en fin de carrière moi je débarquais.... et y a toujours cette part de jalousie dans le football. Non pour moi les modèles c'est tout petit devant ma télé. Je vous disais moi j'ai débuté à Lens en 1970 c'est l'année de la coupe du monde au Mexique et mon modèle c'était Pelé, puis ensuite Cruyff et le grand Ajax. C'est des artistes comme ça qui m'ont complètement absorbé, qui ont marqué mon enfance.

Mais moi j'ai commencé le football très tôt, j'ai commencé à marcher que je jouais au football à la ZUS de Lens (Zone Urbaine Sensible, dit la Grande résidence de Lens). A l'époque on vivait seul mon frère et moi avec notre mère. Alors avec mon frère on jouait en bas des cages d'escaliers et on s'inspirait des Pelé, du Brésil de cette époque. Ce fut mes seules modèles et à 17 ans quand j'ai intégré l'effectif des pros à l’entraînement, j'aurais eu besoin d'un modèle, de quelqu'un qui me prenne sous son aile. Mais je n'ai pas eu cette chance et c'est pur ça que je dis que je suis un autodidacte du football. Jamais personne ne m'a donner un coup de main. A 8 ans je partais seul à l’entraînement, notre mère travaillait, alors je partais à pied au centre d’entraînement qui était à 3 km. Tous les mercredi je faisais 3 km à pied aller + 3 km à pied retour pour m’entraîner.


Mais ça n'empêche pas de vous imposer tout de suite en équipe première. La première saison c'est une saison complète. Le club joue les premiers rôles et à titre individuel vous sortez une saison à plus de 10 buts rien qu'en championnat.

Mais c'est sûr que pour m'imposer j'ai du sortir des matchs... « surnaturels ». Avec il est vrai de très gros matchs dès le début de saison, je me souviens d'un triplé face à Bastia, d'une victoire contre Lille 2-0 avec un doublé et puis surtout la victoire contre le PSG. Le grand PSG d'Ardiles et Luis Fernandez, j'inscris deux buts et on l'emporte 4-2. Donc c'est vrai qu'avec un début de saison pareil, j'ai vite été titulaire. Mais je reconnais que j'ai bénéficié de l'aide de Jean Sérafin, c'est lui qui a cru en moins et qui m'a imposé chez les pros. C'est lui qui m'a formé au centre de formation et qui m'a amené en équipe première, car sans lui je ne sais même pas si j'aurais pu rester avec l'équipe une malgré les matchs que j'ai sorti. C'est lui qui a insisté pour que j'intègre l'effectif pro et qui m'a mis au poste de numéro 10 en division 1.
Lors de ce fameux match face au PSG en 1982
La suite c'est quand même des belles années avec le RC Lens en coupe d'Europe et une belle équipe. Je me souviens que devant ça déménageait avec le tandem Brisson-Xuereb.
(il coupe) Oui mais pas seulement. On avait une très belle équipe avec de bons jeunes. Huard dans les buts, que j 'ai retrouvé après à Marseille et qui était un gardien de but de grand talent. Derrière c'était solide avec Didier Sénac. Il y avait aussi Jean-Pierre Bade. A mes côtés au milieu de terrain il y avait le très précieux Philippe Piette et aussi Daniel Krawczyk qui avait 3 poumons. On avait une très belle équipe, très complète et on a jouer les premiers rôles dans ce championnat et on a fait quelques très bonne saisons ensemble. Et puis c'est vrai devant je m’entendais très bien avec Brisson et Xuereb.

R.C LENS 1982-83.
Debout: Hédoire, Flak, Sénac, Ogaza, Krawczyk, Tirloit.
Accroupis: Xuereb, Piette, Vercruysse, Bade, Brisson
Dans votre carrière vous avez côtoyé de nombreux attaquants avec lesquels vous avez pris plus de plaisir à jouer ou avec lesquels vous vous trouviez le plus facilement sur le terrain ?
Waddle et Papin. Avec Wadddle on s'entendait super bien et Papin c’était un très très grand buteur. Le plus grand que le football français est connu, il faut le reconnaître. Pour moi, numéro 10, avoir des joueurs comme ça devant, c'est comme on dit du pain bénit. Et les deux étaient totalement différents. Waddle voulait toujours avoir le ballon dans les pieds tandis que JPP le demandait toujours dans l'espace, dans la course. Mais avec eux on se trouvait les yeux fermés, pas besoin de se parler, on savait se trouver sur le terrain.

Moi à l'époque ce qui m'avait marqué dans votre style de jeu, surtout à l'OM, c'était votre facilité à vous propulser vers l'avant. A venir derrière les attaquants apporter le surnombre sur les centres notamment avec votre excellent jeu de tête.
Oui exactement. j'ai toujours été attiré par le but. c'est pour cela que dans ma carrière j'ai inscrit plus de 100 buts en division 1. On est pas nombreux, les meneurs de jeu, à avoir dépassé la barre des 100 buts en championnat.


Avant de faire cet interview, j'ai revu un match de coupe de France contre Cannes en 1990 (1/4 de finale à Cannes) et on le voit bien sur votre but, vous venez de derrière pour aporter le surnombre et Waddle sans vous regarder met le ballon parfaitement dans votre  course.
Oui c'est vrai qu'avec Waddle on s'entendait vraiment bien sur le terrain. Et comme vous dites j'aimais partir de derrière et avec des attaquants comme ça c'était du bonheur de jouer car on savait se trouver.


Pour revenir à Lens, la saison 85-86 est extraordinaire avec une convocation pour la coupe du monde 86. Comment vous avez appris votre sélection pour le mondial ?
Ah c’est difficile à dire car je ne m’en souviens plus très bien, je pense que c’est au club qu’on me l’a annoncé. C’est un des dirigeants qui me l’a dit dans mes vagues souvenirs.


Vous vous y attendiez ? Car vous sortiez d’un très bon match contre l’Argentine en amical
Oui, oui je m’y attendais, même si vous savez ce n’était pas très évident car des numéros 10 il y’en avait déjà avec Platini, Giresse et Genghini. Moi j’arrivais derrière dans la hiérarchie car plus jeune. Y’avait du beau monde à l’époque, y’avait de la concurrence au poste de meneur de jeu.

Mais vous, avec Jean-Marc FERRERI, vous étiez la relève, d’ailleurs vous avez remplacé tous deux Giresse et Platini pour ce match face à l’Argentine.
Exactement. Et même si je l’espérais cette convocation pour le mondial, vous savez c’est jamais évident car même si j’avais atteint un très bon niveau sur la scène nationale, la concurrence était très rude au poste de meneur de jeu.


Vous sortiez d’une bonne saison avec Lens tout de même ?
Oui c’est vrai mais je pense que c’est surtout ce match face à l’Argentine qui m’a lancé

Vous vous souvenez de votre but dans ce match ?
Oui, oui très bien. Un centre, la déviation de Rocheteau et je frappe du gauche.
Mais ce match ça été vraiment un des seuls vraiment où j’ai joué titulaire. Car par la suite je n’ai pas vraiment joué, que des bouts de rencontres. 


Oui alors que bizarrement à la fin des années 80, à Marseille vous étiez au top de ce qui se faisait au niveau européen ?

Oui sous Houiller ou sous Platini comme sélectionneurs je n’ai pas eu ma chance. Platini lorsqu’il a été sélectionneur il me faisait jouer que 3 minutes et encore lorsqu’il m’appelait. A croire qu’après lui les numéros 10 n’existaient plus, à l’époque il avait même déclaré que « les numéros 10 ne servaient plus à rien dans le football ». Au final je n’ai pas eu de carrière internationale car j’ai été mis au placard pas Michel PLATINI puis par Gérard HOUILLER. Je n’ai pas eu beaucoup de chance.

C’est vraiment alors une situation paradoxale, car j’ai le souvenir en 1990, que lorsque Franz BECKENBAUER était l’entraîneur de l’OM, non seulement il vous avait confié les clefs du jeu marseillais mais en outre il avait déclaré dans la presse, que vous étiez le meilleur numéro 10 d’Europe à une époque où l’équipe de France avait des résultats plus que moyens ?

Je vais vous dire le fléau du foot français c’est la jalousie. On n’en parle jamais mais c’est la jalousie. Quand vous avez du talent, quand vous avez prouvé votre valeur au fil des saisons on a du mal en France avec ce genre de joueur. Regardez aujourd’hui le cas de Yoann GOURCUFF, qui est agressé sans arrêts. C’est de l’agression; on attaque plus le joueur, on attaque l’homme. Pourquoi ? Parce qu’il est beau gosse ? Parce qu’il a du talent ? Et tout ça parce qu’il dérange ! Et moi j’ai été victime de ça aussi. La jalousie est le fléau du football français et c’est ce qui a plombé pendant des années l’équipe de France. Ainsi Michel PLATINI, lorsqu’il a été entraîneur, n’a pas fait du bien à l’équipe de France. Il a éliminé certains joueurs de la sélection qui devaient reprendre le flambeau. Car y avait du talent à l’époque, outre mon cas personnel, y avait des garçons comme Gérald Passi ou José Touré qui étaient des joueurs pétris de qualités. Mais tout cela, c’est la faute de l’incompétence des dirigeants. Il faut le dire, il ne faut pas avoir peur de le dire, ce sont les dirigeants qui ont fait sombrer le foot français alors. Il faut arrêter de toujours attaquer les joueurs. Et c’est toujours le cas aujourd’hui, quand ça va pas on attaque les joueurs mais pas les dirigeants or quand j’entends un président dire « l’arbitre nous a fait perdre 40 millions d’€ », c’est irresponsable de tenir des propos pareils, on est plus dans le football. Aujourd’hui ça m’excède car joueur j’ai été victime de cette jalousie, à l’époque je m’efforçais d’avoir un comportement exemplaire mais aujourd’hui je ne supporte plus d’entendre des propos pareils. En Afrique du Sud on a tiré sur les joueurs à coup de boulets de canons mais pas sur les dirigeants qui ont lâché les joueurs en pâture comme Gérard HOUILLER à l’époque.

La déclaration de Beckenbauer fait suite au 1/8 de finale retour de coupe d'Europe des clubs champions retour face à Lech Poznan. Après s'être incliner à l'aller 3-2 en Pologne, l'OM se qualifiait grâce à une large victoire 6-1 et un hat trick de Vercruysse. Ce hat trick le voici :




Ah oui, quand après la Bulgarie il charge tout sur David GINOLA ?
Exactement, imaginez si Ginola avait raté un pénalty ? Non il a raté un centre !! Qui n’a jamais raté un centre ??!! Qui n’a jamais raté un péno, qui n’a jamais raté une occase devant le but ? C’est le football il faut l’accepter, c’est le jeu, on peut rater un pénalty, on peut rater un centre. On le connaissait Gérard HOUILLER on savait qu’il était incompétent mais cette facette lâche on la connaissait pas.

Pourtant vous l’aviez connu à Lens comme entraineur ?
C’est surtout lui qui m’a connu, car c’est grâce aux joueurs qu’il est devenu un entraineur reconnu. Il ne faut pas l’oublier ça. Moi je défendrais toujours les joueurs, je respecterais toujours les joueurs. Il ne faut pas l’oublier et lui il l’a oublié. Ce sont les joueurs qui mouillent le maillot sur le terrain. Et lui comment il peut dire que Ginola à commis un crime ?

Oui un crime contre l’équipe !
Mais là on dépasse le cadre du football. Quelqu’un qui se dit éduqué et qui tient de tels propos, c’est une honte, c’est la honte du football français. Aujourd’hui je suis en colère car ce sont des gens comme ça qui m’ont privé d’une carrière internationale.


Mais après le mondial 86, c’était Henri MICHEL, le sélectionneur et comment expliquez-vous qu’il changeait à chaque sélection son groupe. Un jour il vous convoquait en n°10, la fois suivante c’était Gérald Passi qui était appelé ou encore José TOURÉ ?
Bien sûr que vous soulevez un problème, un numéro 10 a besoin de jouer, il lui faut plusieurs matchs pour bien prendre ses marques et se sentir à l’aise dans l’organisation. On ne pouvait pas construire l‘équipe sur un ou deux matchs, il fallait donner du temps et laisser les joueurs s’exprimer même si ils connaissaient une période de moins bien en club. Il fallait constituer un groupe après la coupe du monde 86.


C’est un peu ce que fait Laurent Blanc aujourd’hui, il a continué d’appeler des joueurs comme Mexès ou Benzema pas toujours titulaires dans leurs clubs mais performants chez les bleus ?
Il faut garder les joueurs même si ils ne sont pas toujours très bons. Il faut l’accepter. Les joueurs peuvent rater un match ou plusieurs. C’est le football il faut l‘accepter. 10/10 dans le journal, ça existe pas.

Si ça peut arriver sur un match ?
Oui ça peut arriver mais on ne peut pas être toujours bons à chaque match. Il va y avoir des matchs où on sera mauvais et ça il faut l’accepter. Regardez un joueur comme Michel PLATINI, que j’ai côtoyé très jeune sous Hidalgo la première fois, il pouvait être mauvais pendant toute une rencontre et bien il lui suffisait d’un ballon pour nous faire gagner le match. Des fois vous êtes extraordinaire et puis des fois vous êtes en dedans mais faut faire avec.

Ça me fait penser, quand vous êtes arrivé au stage de préparation de la Coupe du monde 1986 à Font-Romeu, vous étiez annoncé comme le successeur de Platini, comment ça se passait ? Avec lui ?
Aucun rapport, il ne m’a pas adressé la parole une seule fois. A aucun moment il a aidé la jeune génération qui arrivait.

Moi, après avoir vécu ça, quand je suis arrivé à Metz en 1994 dans un club en crise, j’ai découvert un jeune joueur fabuleux : Robert PIRES. Je n’étais pas jaloux de Robert PIRES, mais il était trop jeune pour supporter toute la pression alors je lui ai dit joue ton football, libère toi. Et des jeunes talentueux y’en avait d’autres à Metz. Après un entraînement j’ai vu que le groupe avait du talent, j’ai fait une petite causerie et j’ai dit aux gars : jouer, la pression je vais l’encaisser moi si ça va pas j’irais devant les médias, devant les supporters. On a fait une super saison et on a fini à un point de l’Europe alors que le club avait failli descendre la saison précédente.

La coupe du monde, ça devait être un passage de témoin, d'ailleurs à ce titre il y a une image forte lors de la demi-finale contre la RFA. Vous remplacez Giresse impuissant pour donnez du sang frais à la sélection. C'est dur de rentrer comme ça dans une demi-finale de coupe du monde ? (



Houla oui ! C'est le très très haut niveau et ça va très très vite !! Par exemple il y a ce ballon en fin de match que je récupère, je suis en bonne position je peux rapper mais je centre sur Platini. J'aurais du frapper je le sais mais ça va tellement vite !!


Alors que la France était considéré comme la meilleure équipe du monde et qu’elle venait de battre le Brésil la défaite face à la RFA était terrible. C'était rageant de perdre à nouveau contre cette équipe qui ne jouait pas bien ?
Bien entendu mais aussi on s'y est mal pris. On a joué ce match là comme on avait joué contre le Brésil et la RFA ce n'est pas le Brésil.

Après la coupe du monde on vit une période charnière pour le foot français avec beaucoup d'argent, les invitations dans les émissions de variétés. C'est l'arrivée du football moderne en France.
Oui 1986 c'est l'arrivée dans le foot de Jean-Luc Lagardère, Bernard Tapie.

Et Bez qui était déjà-là, d'ailleurs c'est à cette époque que vous signer à Bordeaux un des plus gros transferts de l'époque. Si on s'arrête un peu sur ce transfert, j'ai lu que Lens était en grande difficulté financière mais pour vous aussi c'est l'occasion de rejoindre le plus grand club français de l'époque ?
Moi à l'époque j'avais eu beaucoup de sollicitations surtout après mon match contre l'Argentine. L'AS Monaco, le PSG et le Matra Racing était aussi sur les rangs. Mais j'avais déjà trouvé un accord avant avec les Girondins et comme je suis un gars correct j'ai signé à Bordeaux.

Pourtant c'est un chois risqué, chez les girondins à cette époque les meneurs de jeu sont légions. Ferreri et Touré arrivent et Giresse est toujours là ??

Giresse il s'est senti trahi de voir arriver tant de meneur de jeu et il est parti. Mais moi j'ai signé à Bordeaux car je voulais gagner des titres et pour moi à cette époque Bordeaux était le plus grand club français. Au début ça c'est très bien passé, ensuite j'ai été un peu blessé mais à mon retour j'ai été éloigné des terrains sans que je sache trop pourquoi. Alors comme je ne jouais plus, ça coinçait avec les dirigeants et moi même, je suis retourné à Lens en prêt.

Pour l'opération sauvetage ?

Oui c'était la deuxième fois que je participais au sauvetage du club. Comme vous l'aviez dit avant, une première fois financièrement car le club était en difficulté de ce point de vue et la seconde fois d'un point de vue sportif. Notamment lors du dernier match où on reçoit Niort (Lens 19ème reçoit Niort 16ème mais à un point seulement devant. Mené 1-0 les lensois l'emportent 3-1 et finissent 17ème devant Niort qui est barragiste). Le club se sauve et moi je suis alors en contact avec l'OM. Bernard Tapie voulait m'embaucher. A l'époque Marseille peinait et n'arrivait pas à décrocher le titre. Il a trouvé un accord avec Bordeaux et je signais à l'OM.

Marseille c'est la belle aventure, une première saison et le doublé mais toujours pas d'équipe de France, mais je veux pas retourner le couteau dans la plaie.
La première saison, je regardais l'autre fois, je joue 34 matchs titulaires en 38 journées, un doublé coupe championnat comme vous venez de le dire et toujours pas d'équipe de France.

Moi aussi j'ai bien regardé dans le détail vos statistiques et quand on le fait on s'aperçoit que vous avez marquer beaucoup de buts en coupe d'Europe donc le niveau international vous l'aviez ?
J'ai toujours aimé les matchs de coupe, même en coupe de France j'ai bien réussi. J'ai mis 31 buts en coupe de France !


Et vous l'avez gagné deux fois, c'est important pour un joueur la coupe de France ?
Oui tout a fait. A la fin de la carrière on regarde que les titres, l'aspect financier vient après car quand on joue au haut niveau on est à l'abri du besoin, ce qui compte ce sont les titres. C'est ça la récompense. Mais ce qui m'a manqué à cette époque comme vous le disiez c'était l'équipe de France. L'équipe de France qui justement était repris alors par Michel PLATINI.

Oui il arrive après le match catastrophe de Chypre. Justement vous y étiez après une longue absence chez les bleus. Est-ce vous avez payé ce fiasco de Chypre ?
Je pense que si il y a un match qui m'a fait du tort ce serait celui contre l'Islande. C'était le premier match des qualifications de l'Euro. Le premier match officiel après le mondial 86. On devait gagner là-bas, j'étais le numéro 10 (Platini était blessé) et on a été mauvais et on a fait match nul.

L'équipe de France face à l'Islande en 1986
On s'est fait tombé dessus par la presse, une pluie de critiques et c'est vrai que j'ai pas été bon. Il faut savoir le reconnaître. Des fois on est dedans, on rate son match et on est mauvais. Bref il faut savoir l'accepter. Après les bleus ça va être finit pour moi et puis comme je joue de moins en moins avec Bordeaux, c'est difficile de prétendre à une convocation. Par contre après quand je suis à Marseille c'est différent. L’équipe va dominer le championnat et moi je vais être le meilleur numéro 10 de France.

Est-ce parce qu'à Marseille il y avait une concurrence folle ? Car chaque année Tapie fait venir des Francescoli, Stojkovic, pourtant à la fin de la saison vous êtes un des joueurs à avoir le plus joué et toujours le meilleur buteur derrière JPP ?

Oui parce que je marquais beaucoup et que je m'entendais très bien avec Waddle et Papin sur le terrain. Et la vérité elle est venue de Franz Beckenbauer. Alors que je n'étais pas appelé chez les bleus, il avait dit dans une interview dans l’Équipe que j'étais le meilleur n°10 d'Europe et qu'il me confiait les clefs du jeu de l'OM. Et après cette interview ils sont trouvés ridicules Platini et son adjoint Houiller. Pour eux la conception du jeu moderne, le numéro 10 n'avais plus sa place. Alors que le jour où on est champion du monde c'est pourtant un numéro 10 qui marque deux buts de la tête ! Mais bon ce sont ces deux hommes qui m'ont empêcher d'avoir une carrière internationale et j'en ai souffert.


A quel point ?
Comme une injustice. Car je ne pouvais pas faire mieux. Je donnais tout avec l'OM, champion de France chaque année, des grands matchs de coupe d'Europe des clubs champions, des dizaines de buts et autant de passes décisives. J'étais au sommet.

La coupe d'Europe c'est l'autre grand regret ?
Oui car déjà contre le Benfica en demi-finale en 1990 on devait l'emporter.

A cause de la main de Vata, d’ailleurs Tapie avait fait certaines déclarations après le match vous étiez d'accord avec lui ?
Mais absolument pas, on a pas le droit de dire ça.

Pourtant la main de Vata tout le monde l'a vu ?
Non pas forcément ! Des tribunes, à la TV oui mais sur le terrain ça va très vite et dans la surface y'avait quasiment les 22 joueurs, ça fait une forêt pour l'arbitre. C'est possible que l'arbitre n'ait pas vu la main. Vous savez ça va très très vite.

Mais la déclaration de Tapie pèse lourd dans l’histoire car quelques saisons après il y a l'affaire OM-VA
(il coupe) oui mais moi je ne suis déjà plus à Marseille lors de OM-VA, cette affaire c'est plus mon problème.

Oui je sais mais après l'affaire, il y a eu des doutes sur les titres précédents. Moi je ne veux pas remettre ces titres en question, je veux juste savoir si vous, vous vous êtes pas dit à un moment à la lueur de toutes ses vérités : « est ce que mes titres sont propres ? Est-ce qu'en face ils ont pas été achetés ? »
Quand on gagne le premier titre en 89, quand Franck Sauzée d'un tir de 30 mètre met le ballon en pleine lucarne, alors qu'il suffit à Paris d'un nul pour être champion, ce titre là on a été le chercher. Y a rien d'acheter là, c'est clair c'est net. Pour moi ces 3 titres de champions et cette coupe de France c'est propre,c'est net. Les années suivantes en 90 et 91 contre Caen et Auxerre je marque les buts du titre..


(là c’est moi qui coupe) Oui justement je voulais en parler de ces deux buts.
Ce sont deux buts très importants car synonyme de sacre et ça les supporters olympiens ne l'ont jamais oublié. Les saisons suivantes quand je suis retourné au Vélodrome avec Nîmes j'avais eu e droit à une ovation de la part des supporters de l'OM et ça m'avait très touché. Et c'est peut être pour ça que lors de l'Affaire OM-VA j'étais monté au créneau d'une façon, on va dire, maladroite car j'aimais et j'aime ce club. Tous ces gens formidables que j'ai côtoyé pendant 3 saisons fantastiques, c'est eux que je voulais défendre.
Voici les deux buts qui offrent le titre à l'OM deux années consécutives :


Donc pour vous et pour conclure sur ce chapitre, les 3 titres sont propres ?
Ils sont propres, nets et précis. Mais à l'époque on avait un groupe si fort. Pour le premier match de la saison 1989-90, on va à Lyon au bout d'un quart d'heure on mène 4-0, là on savait qu'on était fort, on avait un sentiment de puissance, on savait que personne ne viendrait nous chercher. On ami des cartons cette saison là : 6-1 contre Sochaux, 4-0 à Toulon...On sent que c'était l'apogée de votre carrière à l'OM ? On avait la meilleure équipe d'Europe et cette finale de Bari, ça été un rêve brisé.

Est-ce que cette finale vous ne l'avez pas perdu par péché d'orgueil, car tout le monde disait que l'OM avait gagner avant même de la jouer ?
Non on a pas sous estimer l’adversaire. Le problème a été très simple, on a joué face à une équipe qui avait un seul attaquant, Pancev et nous on a joué avec 5 défenseurs !!

C'est vrai il y'avait une charnière à 3 Casoni-Boli-Mozer
Oui ça sert à rien et aussi 3 milieux défensifs soit 8 défenseurs face à une équipe qui avait peur de vous. Alors devant il fallait pour Pelé-Waddle-Papin faire sauter le verrou yougoslave à eux seuls, livrés à eux-mêmes.

Moi ce que je retiens de cette finale c'est que l'OM n'a joué qu'en fin de match quand Vercruysse et Stojkovic rentrent sur le terrain. Mais c'était trop tard ?
Vous vous souvenez peut être pas mais à la dernière seconde je fais le centre sur la tête de Waddle qui aurait pu nous donner la victoire. Mais bon le pauvre Waddle il est à bout, il a le match dans les jambes, plus la saison complète, il est au bout du rouleau mais plus frais il la met cette tête et on est champions d'Europe. Moi je reste persuadé que si Beckenbauer était resté entraîneur on l'emportait cette finale, lui n'aurait pas choisi une composition si défensive.


A l'époque ce qu'on avait dit après la finale que c'était Bernard Tapie qui composait les équipes ?
Mais bien entendu, c'est de notoriété publique ça. Tenez je vais vous donnez une anecdote pour vous et votre site qui marche bien...1/4 de finale de la coupe d'Europe 1989-90 à Sofia face au CSKA

Oui le CSKA des Stoichov, Kostadinov, Ivanov...
Exactement, le CSKA de Stoichov l'année avant qu'il parte au Barça.... Donc dans le vestiaire avant le coup d'envoi vous avez l'équipe titulaire qui est inscrite sur le tableau noir. Bernard Tapie rentre dans le vestiaire, passe devant le tableau, s'arrête et dit « Goethals assied-toi » puis « c'est quoi cette équipe ? » Il prend un chiffon, le marqueur et refait entièrement l'équipe. (pour info les propos de Vercruysse ne sont pas amères car lui sera titulaire et jouera toute la partie, donc un peut voir qu'il ne raconte pas cet événement parce qu'il est aigri). Mais quel crédit peut on donner à un homme pareil dans le football. C'est très dur de devenir joueur professionnel, ce sont des années de sacrifices et vous vous retrouvez sur le banc de touche de façon partial. Je vous demande quel respect on peut avoir pour un type pareil?

C'est pour ces raisons que vous êtes partis à Nîmes ensuite ? Pour être à la base d'un grand projet sportif avec des gars comme Cantona ou ensuite Laurent Blanc ?

Oui parce qu'à Marseille je sentais qu'on ne comptait plus trop sur moi, j'approchais la trentaine et en France on considère qu'on est fini à cet âge là. Et puis les dirigeants ont eu une proposition de Nîmes et ils se sont peut être dit que si ils me gardaient encore peut être qu'il n'y aurait plus de propositions pour moi passé la trentaine, alors ils ont fait passer l'aspect financier en premier. Et pourtant j'ai prouvé que je n'étais pas fini !! à 34 ans j'ai fait une de mes meilleures saisons à Metz et à 38 j'ai été champion de Suisse.

En revenant su Nîmes, moi j'ai le souvenir de ce but au Parc...
Oui le plus beau de ma carrière


Vous m'avez pas laisser le temps mais c'est la question que je voulais vous poser. En plus un succès de prestige alors que Nîmes était au plus bas.
Oui une victoire 3-2 et je fais encore un doublé face à Paris, on enchaîne ensuite avec une victoire 2-0 lors du derby face à Montpellier mais il n'y aura pa de série, pas d’enchaînements. Le problème à Nîmes c'est que la seconde saison on aurait du avoir du renfort alors que le recrutement a été fait seulement pour remplacer les départs. Car on ne construit pas une équipe en une saison mais en 3 ou 4.

Moi j'avais entendu dire que c'était dans le vestiaire qu'il y avait eu des problèmes et notamment des bagarres entre joueurs ?

Non y a jamais eu de bagarre. Vous avez vu je ne pratique pas la langue de bois mais il n y a pas eu de tels incidents. Vous savez l'ambiance n'était pas exceptionnelle mais elle n'étais pas non plus exécrable juste quelques tensions. C'est sûr que lorsque l'on gagne on est tous amis et puis quand on est dernier du championnat c'est différent mais il y avait beaucoup de respect entre tous les joueurs. Mais ça va peut être vous surprendre mais je garde un bon souvenir de mes années nîmoises. J'ai conservé de bons rapports avec les supporters

Mais c'est une constance ça dans votre carrière. Quand on voit les témoignages des supporters de Lens, Marseille, Nimes ou Metz, vous avez encore une bonne côte de popularité auprès d'eux.

Je pense que c'est une question d’éducation. Il ne faut pas oublier d'où on vient et tous les sacrifices qu'on a fait pour devenir professionnel car vous savez c'est très dur de devenir pro. Et il faut pas tout gâcher une fois qu'on y est arrivé en snobant les gens. Car pour eux aussi c'est dur donc il faut garder la tête sur les épaules et sans vouloir faire de la démagogie, ce sont pas les plus riches qui viennent au stade et eux aussi ils font des sacrifices pour acheter leurs billets, leurs écharpes, leurs maillots. Donc sur le terrain il faut rendre la passion qu'ils vous donnent et je vais aller plus loin il faut accepter leurs critiques quand vous n'avez pas été bons, car ça arrive de ne pas être bon. Il faut savoir l'admettre et le reconnaître. Car sans les supporters il n'y aurait pas de football.

J'ai l'impression que vous gardez une place particulière de votre passage à Metz ?
Oui car j'étais en fin de carrière et j'ai réussi à transmettre un peu de mon vécu comme on a dit plus tôt.

Justement après la Suisse quand vous avez raccroché les crampons et au vu de votre expérience messine, vous n'avez pas été tenté par une carrière d’entraîneur ?
Oui tout a fait !!


Et de voir Lens en difficulté, ça vous donne pas envie de proposer vos services ?
C'est compliqué, j'y suis retourné une troisième fois à Lens en 1997, et encore une fois je permets au club de se sauver. Mais les relations étaient trop tendues avec Gervais Martel. Il a un peu oublié tout ce que j'ai donné à ce club !! C'est comme ça. Et même si j'ai eu des problèmes avec le club je leur souhaite de revenir au plus haut niveau.

Enfin pour conclure et parler du foot actuel, aujourd'hui quel joueur vous appréciez ?

J'aime beaucoup Yoann GOURCUFF, mais il faut que Lyon l'utilise autrement. (l'interview a été faite avant le début de la saison). On ne peut pas demander à un numéro 10 de défendre et d’organiser le jeu. Car il est très difficile d'être meneur de jeu quand on a un marquage pendant 90 minutes, il faut débaucher de l'énergie pour se défaire de la tenace adverse et trouver la lucidité pour voir et organiser le jeu alors si en plus on vous demande de récupérer les ballons en défense c'est impossible !! Moi je l’aime bien Gourcuff car à mes yeux il reste aujourd’hui le seul numéro 10 en France

Et bien Philippe, je tenais à vous remercier, ce fût un réel plaisir de parler football avec vous.
Merci à vous.

P.S : Et un grand merci à Frédéric VERCRUYSSE qui a permis cet interview.

22 commentaires:

  1. ... Temoignage sympa et tres interessant ...j aime !

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  2. magnifique !!! i love philippe vercruysse !!!

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  3. Merci Alex , superbe interview sans langue de bois
    J'adore !!!

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  4. Tout simplement Bravo Alex !!

    PS: que le maillot de Lens en 82 était beau !!

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  5. Merci Szamarch, merci David et non le maillot de 82 n'est pas beau, il est magnifique ;-)

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  6. L'anecdote du CSKA Sofia (à l'époque Sredets Sofia, car le club avait été puni - suite à des incidents en finale de coupe nationale, je crois - par la fédération bulgare et avait été contraint de changer de nom !) est intéressante, mais erronée ! Goethals ne pouvait pas être l'entraîneur, il était à Bordeaux cette saison-là. C'était Gérard Gili, le coach de l'OM en 89-90 ! Footnostalgiquement, Litti.

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  7. Super interview
    Quand je pense que son frère après m('avoir fait corrigé sa fiche sur afterfoot, a voulu que je l'enlève, avec menace de poursuite en justice et tout... T'as bien de la chance...

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  8. Merci Litti euh Pierre et je m'en veux de ne pas l'avoir remarqué !! En tout cas ça peut dire une chose c'est que si il a confondu avec les deux ça dut sûrement se passer avec les deux, non ?

    @ Roulion, je ne sais quoi te dire. En tout cas Philippe a lu l'interview et ça lui a beaucoup plus que je l'illustre avec les vidéos.

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    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  9. Super boulot.
    Félicitation.
    Vraiment intéressant, ce mélange interview, vignettes et vidéos.
    Vercruysse pourra se consoler en se disant que son "homologue" de l'époque Ferreri n'a pas eu n'ont plus de carrière en équipe de France.

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  10. Super interview, Alex. Philippe est vraiment un 10 romantique qui pense que ce poste est encore utilise de nos jours. Helas non, Platoche avait raison, on n'utilise plus de 10 a la mode annee 80 (je joue ou je veux, je redescends pas et je ne monte de temps en temps pour paufiner mes stats). Maintenant, les meneurs jouent soit plus bas (a la Pirlo, Gerard, Xavi), soit plus au en trequarista (a la Iniesta, Pastore, Sneijder), et dans les 2 cas sont astreints a des taches defensives quelque soit le positionement.
    Mais bon, on appreciera la franchise de cet ex-joueur qui ne s'est pas fait que des potes dans les instances dirigeantes du foot francais (Platoche, Houllier, Martel, ...).

    Petit commentaire sur ton (super) blog: Y-a-t'il un index ou on peut retrouver tous tes articles?

    Dernier commentaire: si tu lis sofoot, as-tu lu cet article (de cet ete il me semble) sur la Colombie de 1994 ? Passionant.

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  11. Merci JB pour ton commentaire et le compliment.
    JE vais essayer de répondre à tes questions.
    Oui je tiens à jour un index en fonction des catégories. Tu accèdes depuis la colonne à droite en cliquant sur l'image : Plan du site. Sinon l'adresse complète est la suivante :https://sites.google.com/a/oldschoolpanini.com/plan-site/

    Ensuite oui je lis SO FOOT (et SO FOOT lit OSP), j'adore cette revue, je la dévore de la première à la dernière page.
    Sur le sujet de la Colombie, c'est la version papier d'un documentaire formidable (un film même je dirais) ESPN Classic. D'ailleurs le papier est estampillé sous la rubrique ESPN Classic de So Foot.
    Donc ce film s'appelait les Two Escobars et à peine je l'avais vu que j'avais fait un papier dessus pendant mes congés de fin d'années : Andres ESCOBAR flingué pour un but contre son camp
    Voici l'adresse du sujet : http://www.oldschoolpanini.com/2011/01/andres-escobar-flingue-pour-un-but.html

    Voilà j'espère que j'ai répondu à tes questions

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  12. Super interview :D Moi je connais un gars qui a gagné un match de foot (en salle),lors d'un tournoi, je ne sais plus l'année, contre lui en lui mettant notammant un petit pont --> ce gars c'est mon père, il m'a dit de lui que c'était un super joueur pro et humain comme la plupart des joueurs des années 80- début 90..

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  13. Super sympa cette interview,très beau travail.
    Fred

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    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  14. J'avais lu cette interview à sa publication, je commente que maintenant, mais que dire, Vercruysse, un vrai, un bon gars, et son passage : "Je pense que c'est une question d’éducation. Il ne faut pas oublier d'où on vient et tous les sacrifices qu'on a fait pour devenir professionnel car vous savez c'est très dur de devenir pro. Et il faut pas tout gâcher une fois qu'on y est arrivé en snobant les gens. Car pour eux aussi c'est dur donc il faut garder la tête sur les épaules et sans vouloir faire de la démagogie, ce sont pas les plus riches qui viennent au stade et eux aussi ils font des sacrifices pour acheter leurs billets, leurs écharpes, leurs maillots. Donc sur le terrain il faut rendre la passion qu'ils vous donnent et je vais aller plus loin il faut accepter leurs critiques quand vous n'avez pas été bons, car ça arrive de ne pas être bon. Il faut savoir l'admettre et le reconnaître. Car sans les supporters il n'y aurait pas de football."
    J'adore, j'adhère!

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  15. Mais carrément !! je l'ai eu récemment pour lui souhaiter la bonne année, c'est vraiment quelqu'un de bien. J'aimais le joueur mais aujourd'hui j'apprécie l'homme depuis que j’ai eu la chance de parler avec lui plusieurs fois. Un exemple et la phrase que tu viens de citer est trop vrai !

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  16. Un GRAND merci Alex pour nous avoir fait partager cette rencontre !!! "L'élégantissime" Philippe Vercruysse m'a fait l'honneur d'assister à 2 de ses 31 buts en coupe, il s'agissait du Dijon-OM du 3 avril 1991. Merci à lui même si ce fût cruel pour nous. L'échauffement de Pixie à la mi-temps, seul avec le préparateur au centre du terrain, restera un grand moment.
    Quelle carrière, sans doute mon joueur de D1 préféré, notamment lors de ses débuts lensois ! Quelle équipe et quel maillot !

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  17. Génial cet interview. Quel grand joueur et quelle classe! Il m'a fait rêver quand il était à l'OM. Dommage qu'il n'ait pas eu la carrière qu'il méritait en équipe de france.

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  18. Superbe interview!!
    Enfin Philippe Vercruysse règle ses comptes avec le foot professionnel!
    J'ai eu la chance de les cotoyer, lui et son frère, et j'ai effectivement le souven,ir de deux mecs en or!
    Je leur souhaite tout le bonheur possible.

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