Hommage à Enzo BEARZOT

Enzo BEARZOT nous à quitté le 21 décembre dernier, voici un petit hommage à ce grand monsieur du football qui mena l’Italie au à la victoire lors de la coupe du monde 1982 s’accrochant à un seul principe comme il s’accrochait à sa pipe : « le football est avant tout un jeu »
Originaire de Ajello del Friuli, dans la province d'Udine, il a effectué une très honnête carrière de footballeur professionnel jouant au plus haut niveau pendant plus de quinze ans. Ce milieu défensif a fait l'essentiel de sa carrière à l'Inter de Milan et au Torino. Il s’est assis pour la première fois sur le banc de la Squadra Azzurra en 1975, et y resté onze ans, jusqu’en 1986. Il détient encore aujourd’hui le record de matches passés sur le banc de la Nazionale, avec 104 matchs dirigés.
En vue de la Coupe du Monde 1982, Bearzot construit son groupe avec patience, indifférent aux critiques qui s'abattent sur lui après l'échec de la Squadra Azzura au Championnat d'Europe des Nations organisé en 1980 par l'Italie. Malgré les résultats décevants dans les matches de préparation, Bearzot fait la sourde oreille et conforte son groupe. D'autant que Bearzot donne un nouveau gage de sa confiance aveugle dans son groupe en sélectionnant Paolo Rossi revenu à la compétition depuis deux mois à peine après deux ans de suspension en raison de son implication dans le scandale des paris sur le football.

Les critiques redoublent après le tour préliminaire où l'Italie se qualifie difficilement pour les huitièmes de finale après trois matches nuls décevants contre la Pologne, le Pérou et le Cameroun, et encore, grâce à une meilleure différence de buts par rapport aux Africains. La presse est alors déchaînée, d'autant que Rossi n'a pas marqué le moindre but. Dans la retraite de Vigo, Enzo Bearzot, pour éviter tout risque de polémique, refuse toute rencontre avec les médias (ce qui était encore autorisé par le règlement de la FIFA). Bearzot profite des trois jours de repos pour ressouder son groupe, effectuant un colossal travail sur le plan psychologique.
Pas un Italien ne croit alors dans les chances de la Squadra Azzura. D'autant que pour arriver au bout, l'Italie va devoir éliminer l'Argentine, le champion sortant renforcé par un jeune espoir nommé Diego Armando Maradona, puis le Brésil grand favori de la compétition avec son jeu offensif mené par Télé SANTANA et ses joueurs : Zico, Falcao, Socrates, Cerezo, Junior ou Eder.
Mais parfaitement regonflés par leur entraîneur, les Italiens vont retrouver leurs vieux réflexes. S'appuyant sur un Zoff, intraitable dans le but, les Azzurri vont exploiter le moindre espace pour placer des contres meurtriers et écarter des Argentins pêchant par excès de confiance (2-1). Mais toujours pas le moindre but de Paolo Rossi. Qu'importe, Bearzot persiste et donne une dernière chance à son buteur à la poudre mouillée.
Et le 5 juillet, pour une finale avant la lettre dans le stade Sarria de Barcelone, les tifosi croient subitement au miracle. Par trois fois "Santo" Paolo crucifie le Brésil (3-2) donnant ainsi raison à son entraîneur qui l'a toujours soutenu contre vents et marées. La machine est lancée. Rien ne pourra plus l'arrêter.

Rossi trouve à deux nouvelles reprises le chemin des filets contre la Pologne en demi-finale (2-0) et le 11 juillet, en finale, il ouvre la voie du succès à la Squadra Azzura qui domine facilement une équipe d'Allemagne (3-1), usée par sa demi-finale à sensation contre la France (c’est plus fort que moi il faut toujours que je parle de cette demi-finale de Séville). Au coup de sifflet final, Bearzot est porté en triomphe par toute l'équipe, 44 ans après Vittorio Pozzo.
Et pourtant cela ne change pas trop le bonhomme, pour preuve avec cette scène se passant dans l'avion de la présidence de la République italienne. Nous sommes le 12 juillet 1982. L'appareil vient à peine de décoller de Madrid à destination de Rome. Autour d'une table, au début de la cabine, quatre hommes jouent aux cartes. Un peu à l'écart, le trophée de la Coupe du Monde de la FIFA trône sur une petite table. Sacrés champions du monde la veille, Dino Zoff et Franco Causio sont à la peine. Il est vrai que Sandro Pertini, président de la République et le commissaire technique de la Nazionale, Enzo Bearzot, son éternelle pipe vissée à la bouche sous son nez de boxeur, sont des grands techniciens du scopone (jeu de cartes traditionnel italien).
Cette scène illustre parfaitement la personnalité de Bearzot, sans doute l'entraîneur le plus aimé d'Italie. Avant tout humain, toujours très proche de ses joueurs, Bearzot a toujours privilégié le côté ludique sans jamais se laisser influencer par l'importance de l'enjeu de ce qui n'est avant tout pour lui qu'un simple jeu.


Ce titre couronnait sept années de programmation technique où tous les postes avaient été doublés. Mais Bearzot, jouant à fond sur son charisme et sur son abnégation dans le travail, s'était surtout efforcé à construire un groupe élargi plutôt qu'une simple équipe. En onze ans à la tête de l'équipe d'Italie, il a laissé une trace profonde servant de base de travail pour des générations d'entraîneurs.
Voici la définition du jeu et le sens tactique de BEARZOT : « Pour moi, le football se joue avec deux ailiers, un avant-centre et un distributeur. C'était ma manière de concevoir le football. Je choisissais mes joueurs et, ensuite, je les laissais jouer sans chercher à leur imposer des schémas tactiques. On ne peut dire à Maradona : 'joue comme je te le dis'. Il faut le laisser jouer comme il le sent, cela suffit »

Et voici l’équipe d’Italie championne du monde 1982


Dino ZOFF
Claudio GENTILE
Gaetano SCIREA
Fulvio COLLOVATI
Giuseppe BERGOMI
Antonio CABRINI
Pietro VIERCHOWOD
Gabriele ORIALI
Giampiero MARINI
Franco CAUSIO
Marco TARDELLI
Bruno CONTI
Giancarlo ANTOGNONI
Francesco GRAZIANI
Alessandro ALTOBELLI
Paolo ROSSI



Ciao ENZO

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