Il était une fois Luc BORELLI

Partout où il est passé, de Marseille, sa ville natale où il découvrit le football à l'ASPTT, à Lyon, où il était arrivé en juin 1998 pour être la doublure de Grégory Coupet pour trois saisons, en passant par Toulon, Paris et Caen, les trois clubs dont il a porté les couleurs entre 1986 et 1998 pour y jouer 2446 matchs de championnat, Lur Borelli avait 33 ans et a laissé le souvenir d'un bon gardien de but mais aussi d'un type épatant. Disponible, toujours souriant, très attachant. Luc, qui avait reçu en février 1997, la médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement après s'être jeté dans l'eau glacée d'un canal, à Bénouville, afin de tenter de sauver un désespéré, ne rendra plus jamais service à personne. Le 3 février 1999, un mercredi matin aux alentours de 6h40, la BMW dont il était le seul occupant s'est encastrée à grande vitesse sous un camion circulant en sens inverse sur la RN6 à Molphey (Côte d'Or). Putain de camion comme le chantait Renaud dans d'autres circonstances mais avec la même issue. Du véhicule ayant pris feu instantanément, les sapeurs pompiers de Saulieu retireront, hélas, une fois l'incendie étaient, un corps carbonisé, des papiers d'identité ayant échappé aux flammes et un fragment de ce téléphone portable qu'il était revenu chercher à la hâte dans les vestiaires de Gerland, la veille à midi. Compte tenu de l'atrocité de l’événement, il aura fallu attendre le début de la soirée pour que l'identification du corps soit officialisée. Mais dès lors que Luc ne s'était pas présenté à l'entraînement, le matin, et qu'il n'était pas chez lui, non plus il ne faisait aucun doute que la victime de cet accident, qui a légèrement blessé le chauffeur du poids lourd, était bien le gardien lyonnais, marié à Solange, père de deux enfants, Célia âgée de 8 ans et le petit Sandro âgé de 5 ans. 

« C'est un véritable drame » constatera Bernard Lacombe, son entraîneur à Lyon, qui durant les 8 mois où Luc Borelli a porté les couleurs de l'OL, a eu le temps d'apprécier son professionnalisme, ses qualités humaines, la justesse de ses mots au point qu'il était devenu pour tout le groupe lyonnais un exemple et un vrai leader du vestiaire malgré son statut de gardien remplaçant. Le président de l'OL Jean-Michel AULAS, dont la première pensée est allée à l'épouse et aux deux enfants de Borelli, ajoute : « Luc était un joueur avec lequel tout président a envie de travailler, ce que ses anciens dirigeants m'ont d'ailleurs confirmé ». Le capitaine des gones, Alain Cavéglia lui aussi ira de son hommage, très touché par cette perte « Luc était un type fantastique, un vrai, naturel et droit ». Une semaine plus tard Caveglia ne pourra contenir son émotion lors d'un Lyon-Nancy à Gerland où l'atmosphère était lourde quasi irrespirable lors de la minute de silence où l'émotion gagnait tout le staff lyonnais. Si l'OL l'emporte 2 à 1, Cavéglia ratera, inhabituellement, un pénalty à 5 minutes de la fin. Le capitaine lyonnais avouera qu'il était ce soir là à côté de ses pieds et qu'au moment de tirer le pénalty, submergé par l'émotion, il avait un voile noir devant les yeux. 

Mais le plus affecté par cette disparitions parmi ses anciens coéquipiers est sans nul doute, Grégory Coupet. Les deux hommes avaient tissé des liens qui allaient bien plus loin que la simple complicité entre eux coéquipiers. Tout avait commencé à la signature de Borelli entre Rhône et Saône. Ce dernier n'avait pas caché son ambition, il signait à l'OL pas pour être la doublure de Coupet mais pour le faire accéder à l'équipe de France. Coupet se souvient de ce jour où il a été marqué à jamais « Luc Borrelli n'était pas à l'heure à l'entraînement. C'était bizarre. Et dans le vestiaire, on nous annonce qu'on a retrouvé sa voiture carbonisée avec un corps à l'intérieur. D'un seul coup, c'est le plomb complet sur nos épaules. Je me souviens que j'ai rêvé plusieurs jours à un scénario fou : que Luc avait été kidnappé, qu'on lui avait volé sa voiture et qu'il n'était pas mort. Chaque matin, je me disais : Il va arriver. Jusqu'au jour où il a fallu arrêter de rêver… ». Puis d'ajouter sur cet ami disparu : « Il me manque. Luc, c'était un mec heureux de vivre. Il était le papa pour les jeunes joueurs. Pour les autres, c'était le psychologue et le confident. Il avait une emprise extraordinaire sur le groupe. Je n'ai pas peur de dire qu'en huit mois à ses côtés il m'a plus apporté que certains membres de ma famille. Nous étions pareils dans le travail comme dans la vie, avec l'envie d'avoir en nous une joie communicative. C'était un ami. » Ainsi Greg Coupet va continuer sa carrière en gardant toujours à l'esprit, la présence de son coéquipier, ainsi il dédiera toutes ses victoires à Luc Borelli. « A chaque fois qu'on gagne, je pense à lui. A chaque trophée soulevé, il est à mes côtés. Je lui dédie, comme à Marc-Vivien Foé d'ailleurs, toutes mes victoires. Je suis resté en relation avec ses frères, même si je ne suis plus jamais allé me recueillir sur sa tombe. Je reste sur le souvenir de son enterrement où on aurait pu remplir une surface de réparation avec toutes les fleurs posées au sol. Jusqu'à la fin de saison, son maillot est resté accroché sur sa chaise dans le vestiaire de l'OL. Quand j'étais à Lyon, il y avait une rose rouge en plastique posée près des douches. Quand les nouveaux venus la voyaient, ils se demandaient ce que ça signifiait. Alors, je leur expliquais que c'est en mémoire d'un mec bien. »
(Cliquer sur l'image pour une meilleure résolution)
P.S : Après la saison 1998-99, l'Olympique Lyonnais avait décidé de retirer le numéro 16 ainsi, plus aucun joueur ne pouvait porter ce numéro avec l'équipe première de l'OL. Mais depuis quelques saisons cette décision est tombé dans l'oubli. ainsi le portier numéro 1 de Lyon, Anthony Lopes le porte depuis plusieurs exercices. Plusieurs anciens joueurs ont porté la polémique devant les médias mais sans suite.

1 commentaire:

  1. Si je ne me trompe, une des tribunes du Stade de Bon-Rencontre à Toulon porte le nom de "Tribune Borrelli" en hommage à leur ancien portier. Il s'agit, pour être précis, de la tribune nord.

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