Philippe FARGEON, la comète de 1987

Philippe Fargeon a été un météorite dans le football français et telle la comète de Halley, on peut connaitre la date de son passage de façon précise. Fargeon est passé au-dessus du football français lors de l’année 1987. Pour être précis du 6 décembre 1986 (jour de son premier match et de son premier but avec les Girondins) au 5 décembre 1987, soit quasiment un an plus tard jour pour jour, date de son dernier but de l’année civile. Durant ces 364 jours, il a joué les 39 matchs de championnats que Bordeaux a disputés et sur ces 39 matchs il a marqué 24 buts. Pour être complet sur les stats de Fargeon lors de cette année 1987, il faut ajouter qu'il a marqué 4 buts en coupe de France, dont le premier de la finale face à l'OM qui permettra aux Girondins de réaliser le doublé  coupe-championnat et une autre réalisation en coupe d'Europe en quart de finale des vainqueurs de coupes, face au Torpedo Moscou. Le seul but du match aller au Parc Lescure qui aura son importance, permettant aux Girondins de se qualifier pour les demi-finales de l'ancienne C2 (voir le sujet sur la saison 1986-87 des Girondins de Bordeaux). Avec toutes ses performances, c'est donc au cours de cette même année 1987 que Philippe FARGEON débute chez les bleus et ces débuts tricolores on peut les associer en deux temps et à chaque fois face à la Norvège.

En effet il honore sa première sélection le 16 juin 1987 à Oslo. L'Equipe de France perd tout espoir de défendre son titre de champion d'Europe en s'inclinant 2-0 lors de cette rencontre des éliminatoires. Pour Philippe Fargeon c'est l'occasion de réaliser un rêve impensable encore six mois auparavant quand il évoluait dans le championnat suisse pour la modeste formation de Bellinzona (voir le sujet sur la carrière de PhilippeFargeon). Fargeon rentre à la 75ème minute en remplaçant une autre gloire éphémère du football français, Carmelo Micciche. Henri Michel fait rentrer l’attaquant bordelais alors que les bleus viennent d'encaisser un premier but cinq minutes auparavant mais ce sera un coaching neutre car avec Fargeon sur le terrain, l'équipe de France encaisse un second but cinq minutes après l'entrée du présumé "sauveur". Cependant la Norvège va plus réussir à l’attaquant français, lors du match retour le 14 octobre 1987. Le match se déroule au Parc des Princes et à l'heure de jeu, Fargeon après une remise parfaite de Cantona ouvrait la marque, libérant son équipe, d'une frappe spontanée du gauche. Un but qui symbolise toute la confiance de ce joueur qui était insolent de réussite pendant toute cette année 1987 où tout lui réussissait ou presque. Malheureusement les bleus se feront rattraper ce soir-là et partageront les points avec l'équipe scandinave. Quant à Fargeon, il allait progressivement mais sûrement retomber dans l'anonymat dès que cette année 1987 allait se terminer pour ce qui restera un des plus grands mystères du football français. Car si à l’époque Fargeon, un parfait inconnu, avait réussi à éclipser les Stopyra et JPP pourtant si prometteurs après le Mondial mexicain en un temps record, il sera aussi prompt à retomber dans les profondeurs du classement des buteurs. Voici son but face à la Norvège : 


Source statistiques : Scapulaire.com

1 commentaire:

  1. Une météorite dans le paysage footballistique de l'année 1987 : c'est exactement cela...étonnant Philippe Fargeon qui ne confirmera jamais son année de feu chez les Girondins.
    Néanmoins, on peut avancer à cette fulgurante et courte ascension un certain nombre d'explications.
    La saison 1986-87 est une saison post-mondial, et les clubs français ont recruté et en nombre des joueurs ayant brillé au Mexique.
    Je pense à Brest avec Julio Cesar et José luis brown, Monaco avec soren Lerby, Nantes avec Olarticochea, venant s'ajouter à Jorge Burruchaga déjà Nantais, le Matra avec Enzo Francescoli et Pierre Littbarski, Lille avec vandenbergh et bien entendu, l'OM....
    L'OM, qui a vu débarquer Bernard Tapie et qui souhaite immédiatement jouer les premiers rôles en France, et qui a tapé un grand coup sur le marché des transferts avec les arrivées simultanées de Jean-pierre Papin, Jean-François Domergue, Karl-Heinz Forster, Blaz Sliskovic, Patrick Cubaynes et Alain Giresse, l'homme d'un club, Bordeaux, poussé vers la sortie en cet été 1886, par un Claude Bez peu reconnaissant.
    Cela nous amène à Bordeaux, qui de son côté, a réussit à attirer en Gironde, les jumeaux Vujovic, Philippe Vercruysse, Jean-Marc Ferreri et José Touré...excusez du peu.
    C'est donc un peu le flou artistique qui prédomine en France, en ce début de saison, avec cette constellation de stars et des outsiders déclarés, nombreux.
    Mais, revenons à Bordeaux. Au sein d'une équipe, coachée par Aimé Jacquet depuis de nombreuses années, au collectif bien huilé et expérimenté, fort de ses titres de champion de france (1984 et 1985), ainsi que de ses campagnes européennes probantes, ce recrutement devrait de toute vraisemblance, l'aider à gravir un voir plusieurs échelons : c'est en tout cas l'avis des spécialistes en ce début de saison.
    Ferreri et Vercruysse, ne sont-ils pas les successeurs de Platini et Giresse en équipe de France. José Touré, notre Brésilien, même blessé en ce début de saison, n'est-il pas ce joueur hors catégorie, permettant de gagner un match à lui seul? Quant aux frères Vujovic, ce sont des joueurs de l'ex Yougoslavie, craints et respectés dans l'Europe entière.
    Alors ? Bordeaux réalise un bon début de championnat, mais Marseille également, et les deux clubs font la course en tête, trustant la première place à tour de rôles. Mais surtout, malgré son recrutement prometteur, les Girondins ne font pas se lever les foules, et les buts se font plus rares qu’annoncés.
    En effet, Bordeaux, joue sans avant centre, car Zlatan Vujovic est ailier et Bernard Lacombe vieillissant et trop souvent gêné par des blessures qui vont lui gâcher sa fin de carrière n’est plus que rarement titulaire et ses buts se font rares
    C’est à ce moment là que débarque Philippe Fargeon, fort d’une demi saison de feu en Suisse, et qui va se faire alimenter en caviars par Ferreri, Vercruysse, Vujovic et autre Tigana durant toute cette saison. C’est un joueur en forme, qui ose, et qui emmagasine une confiance énorme au sein d’un collectif, qui peut jouer les yeux fermés à défaut de le faire avec panache. Alors, effectivement, Fargeon va briller dans cette équipe, mais lorsque celle-ci va baisser de pied lors de la saison suivante, il va lui également disparaitre peu à peu de la circulation, n’arrivant plus jamais à retrouver cette efficacité qui fut la sienne lors de cette année 1987, étonnante et annonciatrice en France d’une ère nouvelle…Bordeaux est en fin de cycle et l’OM va assoir sa domination sur le championnat de France et l’Europe pour de nombreuses années.
    Petit clin d’œil : Des années plus tard, un joueur Bordelais allait connaitre un destin similaire, un certain Yoann Gourcuff…mais dans des circonstances et des proportions différentes. On peut néanmoins y voir une légère similitude !!!


    Xavier Culioli

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