SSC Napoli - Inter Milan 1989

Le Napoli de la seconde moitié des années 80 était une équipe incroyable. Champion en 1987, le club de Diego Maradona échoue d'un rien en 1988 dans sa quête de conserver sa couronne, ne cédant que dans les ultimes journées face au Milan des Gullit et Van Basten. La saison suivante emmené par un Diego toujours au sommet de son art et avec l'appui, sans doute du meilleur attaquant de l'époque en Italie, le brésilien Careca, le Napoli réalise un début de campagne tout simplement incroyable, broyant à la machine tous ses adversaires (Voir à ce titre le sujet SSC Napoli 1988-89). Mais à courir deux lièvre à la fois (le Napoli remportera cette année-là la coupe de l'UEFA), l'équipe de Maradona laisse l'Inter de Milan des allemands Matthaus et Brehme remporter le Scudetto au terme d'une campagne quasi parfaite (voir le sujet Inter Milan 1988-89). C'est donc un Napoli déterminé qui attaque la saison 1989-90 avec un esprit de revanche après avoir perdu deux années de suite le titre avec deux campagnes fantastiques mais infructueuses sur la scène nationale. Et ce Scudetto, Napoli l'a peut-être emporté lors de la 9ème journée où le championnat s'est joué en l'espace de neuf minutes dans l'enfer de San Paolo. 

Un drôle d'enfer en ce dimanche 22 octobre 1989, sous un soleil accablant, 80 000 tifosi ont envahi les travées de San Paolo pour le choc au sommet du championnat entre le Napoli et le tenant du titre l'Inter de Milan. C'était aussi le rendez-vous de toutes les stars de la prochaine coupe du monde. Napoli premier au classement contre son dauphin, avec les principales étoiles de quatre sélections qui figurent parmi les favorites de la prochaine coupe du monde. Deux brésiliens (Careca, Alemao), trois allemands (Matthaus, Brehme, Klinsmann), le roi des rois en personne pour le compte de l'Argentine (Maradona), et bien entendu toute une pléiade d'azzuri. A savoir les cinq du Napoli (Ferrara, Fusi, De Napoli, Crippa, Carnevale) et les quatre de l'Inter (Zenga, Bergomi, Ferri, Berti). Vraiment un parterre somptueux pour un somme qui avait rempli à ras bord la grande cuvette napolitaine prête à s'embraser. Bien que assez tôt dans la saison, ce match s’annonçait comme un test crucial pour la suite du championnat. Et puis pour Naples, qui restait sur deux matchs nuls (deux 0-0 sans saveurs), c'était l'occasion ou jamais de frapper un grand coup comme le répète depuis des semaines Diego, plus en verve que jamais, à la presse. 

Si l'ambiance à San Paolo était tout simplement fantastique, le rendement de Naples ne fut pas celui que le public espérait, et pour cause pendant 75 minutes, l'Inter bloqua littéralement son adversaire dans l'axe central du terrain, toute portes fermées à double tour. Encore une fois on retrouvait l'équipe nerazzura à l'italienne, celle qui avait dominé de toute une classe le dernier championnat. Pour plus de sûreté du reste, Trapattoni avait fait rentrer un jeune attaquant, Morello, que l'on vit plus souvent en position de sixième ou septième défenseur, qu'en première ligne où Klinsmann était désespérément seul. A l'évidence le Trap avait choisi de jouer la prudence, exactement comme l'an passé, face aux vainqueurs de la dernière coupe de l'UEFA. Et c'est ainsi que pendant une heure, les tirs aux buts et les occasions de s'émerveiller furent rarissimes, Maradona, Careca et Carnevale ne trouvant jamais le moindre espace devant eux. Par bonheur pour cette équipe napolitaine il y avait aussi un certain Alémao qui allait faire pencher la décision à lui tout seul.

Alemao sûrement le meilleur napolitain de ce début de saison, qui a autant de classe que de caractère, est l'un des rares joueurs à pouvoir laisser sur place n'importe quel adversaire, se pointa au moment le plus opportun pour réussir le K-O tant attendu par 80 000 tifosis. Une accélération, deux dribbles, une feinte, le tout ponctué d'un service millimétré au bénéfice de son compatriote Careca en embuscade, et celui-ci d'une reprise instantanée du pied droit portait le grand coup qui va changer la face de ce championnat. Malgioglio, je jeune gardien de l'Inter qui avait remplacé à la mi-temps Zenga blessé, n'y avait vu que du bleu, bleu comme l'azur de Napoli, bleu comme les tribunes de San Paolo. On jouait depuis 75 minutes. 9 minutes plus tard, Alemao, encore lui, jaillissait à point nommé pour offrir une lumineuse passe en retrait la balle du second but au troisième sud-américain de l'équipe napolitaine, de sa majesté Maradona en personne. Qui ne se fit évidemment pas prié pour convertir cette balle précieuse en but, d'une frappe tranquille du pied gauche. On attendait tous le duel des deux meilleurs 10 au monde mais c'est ce diable d'Alemao qui tirait la couverture, pour Maradona et Matthaus il fallait attendre une nouvelle finale de coupe du monde pour voir les deux hommes s'affronter mais ceci est une autre histoire. Voici le résumé de cette rencontre qui détermina le futur champion d'Italie :



Maradona - Matthaus : Avantage Diego avant la finale de la coupe du monde...

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