La passation de pouvoir entre le Roi Michel et Diego

Saison 1985-86, 24ème journée du championnat d'Italie, la Juventus de Platini reçoit le Napoli de Maradona. Ce match toute l'Italie l'attend entre les deux meilleurs joueurs du monde. L'enjeu de la rencontre est sûrement pas à la hauteur de l'attente autour de la confrontation des deux numéros 10. En effet dans ce championnat la Roma a lâché du lest et laisse une Juventus filé vers un nouveau scudetto. Du côté de la Vieille Dame, la tête est plutôt tournée vers la coupe d'Europe où la Juve vient d'être mis à mal au Camp Nou face au Barça et se trouve en ballottage défavorable pour conserver sa coupe aux grandes oreilles. Mais ce dimanche 9 mars 1986, plus question de coupe d'Europe, Diego Maradona et ces napolitains viennent défier le Roi Michel et ses bianconeri. Qui plus est personne du côté de Turin n'a oublié la défaite du match aller. Mais c'est une Juve à la peine qu'on va voir en ce beau dimanche de printemps. Certes les bianconeri ont perdu des forces quatre jours plus tôt dans leur lutte face aux catalans mais la fatigue parait plus mentale. Ce n'est plus un secret de polichinelle mais le groupe vit très mal l'annonce du départ de leur mentor, le coach Giovanni Trapattoni la saison suivante pour l'Inter de Milan. La première mi-temps est dominé par les napolitains et la Juve se laisse prendre aux pièges habilement tendus par Maradona et ses frères, de sorte qu'après 45 minutes d'une louable mais vaine pression, la Juve était menée 1-0. Un coup franc de Bertoni et au second poteau, Diego marquait l'un de ses rares buts de la tête, le retour de Favero n'y pouvant rien.
Alors, certes l’orgueilleuse réaction Juventine ne se fit pas attendre puisque le grand Brio égalisa aussitôt après la reprise. Une superbe frappe à l'entrée de la surface après une jolie combinaison à une touche de balle des bianconeri avec une très belle inspiration collective de Platini. Mais toujours est-il que malgré les tentatives de Platini, Laudrup, puis de Cabrini et Serena tout à la fin, le leader ne passa plus. Garella, le portier de Naples veillait au grain et devant, Maradona, pas avare de déclarations fracassantes avant ce match au sommet, était si précieux dans la conservation de la balle et sut geler le jeu en conséquence. La nervosité aidant, les cartons jaunes se mirent à pleuvoir signes qu'on assistait à un vrai match au sommet à l'italienne. Si la Juve s'en sortait sans trop d'escarmouche et allait remporté un nouveau scudetto à la fin de la saison, ce match ressemblait vraiment à une passation de pouvoir entre le futur champion 1986 et son successeur en 1987. Mais surtout un passage de témoin entre Platini maître du Calcio pendant 4 saisons et Diego qui allait devenir le meilleur joueur du monde en solo tandis que le Roi Michel souffrant de milles maux allait finir sa carrière entre les pubalgies et les phases de convalescences. Aujourd'hui on entend beaucoup de critiques sur Platini car on le juge sur son action à la présidence de l'UEFA mais il ne faudrait jamais oublier ce qu'il a réalisé pendant ces cinq saisons à la Juventus de Turin. Avec la Juve, Platini a tout gagné ! Vainqueur de la coupe Intercontinentale en 1985, la Coupe d'Europe des Clubs champions 6 mois auparavant (meilleur buteur de l'épreuve avec 7 réalisations), la coupe d'Europe des vainqueurs de coupes en 1984, la supercoupe de l'UEFA la même année, champion d'Italie en 1984 et 1986, vainqueur ce la coupe d'Italie en 1983. Le numéro 10 sera un phénomène en Italie terminant trois fois de suite meilleur buteur du calcio pour ses trois premières saisons de l'autre côté des Alpes, en 1983, 1984 et 1985. D'ailleurs ces trois années-là il remportera à chaque fin d'année le Ballon d'or. Sans aucune contestation possible, durant ces trois années-là, Michel Platini était le meilleur joueur au monde mais ce dimanche-là au Stadio Communale, beaucoup d'observateurs se demandèrent si on assistait pas à une passation de pouvoir, et ils avaient raison. Voici un résumé de la rencontre de 2 minutes :

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C'est un Diego new-look avec la barbe, qui est l'homme en forme de cette fin de saison 1985-86 et un Michel Platini fatigué, qui va remporté tout de même le scudetto. Mais la dynamique sera favorable à l'Argentin 3 mois plus tard au Mexique : 
Et pour ceux qui sont motivés voici le match en son intégralité :

1 commentaire:

  1. Merci pour chaque article sur le Calcio des 80's, Alex.
    La machine à nostalgie tourne à plein régime...^^

    (Tu as raison avec l'opinion qu'on a aujourd'hui de Platini, mais celui-ci le cherche bien avec ses propositions & décisions incohérentes...mais niveau joueur, entre Diego & lui, mon coeur n'a jamais balancé...)

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