Joël TANTER

Natif de Vannes, il quitte sa Bretagne à 16 ans. Lui l'enfant du Morbihan venait dans la capitale alsacienne pour entrer à l'école hôtelière. D'apprenti cuisinier, il est passé apprenti footballeur et sept ans plus tard, en 1974, il jouait en première division avec le Racing. Le principal interessé raconte son acension inespérée : « Lorsque je suis arrivé à Strasbourg à 16 ans et demi je n'avais qu'une saison de football derrière moi, en minime à l'AS Muzillac. J'ai voulu continuer alors j'ai signé une licence au FCSK O6 en cadet. L'équipe première jouait en promotion d'honneur. Nous sommes montés en division d'honneur puis en championnat de France. J'avais 20 ans. En décembre 1971 j'intègre l'armée à Chaumont, c'est à cette époque que Paul Frantz (alors entraîneur au Racing Club de Strasbourg) me fait signer un contrat de non-sollicitation mais je joue toujours au FCSK 06 même après avoir terminé mon service militaire un an plus tard. En avril 1974, je pars faire un stage à Nancy. J'aurais dû signer là-bas mais les dirigeants strasbourgeois brandissent au dernier moment le contrat que j'avais signé avec eux. Finalement je signe stagiaire au Racing à 23 ans ». 

Si le parcours est jusqu'ici miraculeux les premières années au Racing ne ressemblent plus trop au comte de fées avec les premières galère et la relégation du RCS : « Ma première saison ne se passe pas bien. Je ne suis pas dans les petits papiers d'Hennie Hollink, l'entraîneur néerlandais. On ne faisait que courir à l'entraînement, on ne jouait pas au ballon. En fin de saison, je signe quatre ans professionnel. L'équipe termine à la 7e place. Je deviens titulaire la saison suivante dès que Paul Frantz remplace Hennie Hollink. Malheureusement on tombe en D2 en mai 1976. En D2, les débuts sont difficiles, les anciens sont partis mais le noyau de jeunes qui se côtoyaient depuis trois ans était toujours là. Et puis le retour d'Ivica Osim a fait du bien. Nous terminons champion de D2 en battant Monaco, premier de l'autre groupe. C'était mon premier titre. On ne l'a pas tellement fêté, c'était plutôt honorifique ». 

Mais le meilleur moment de sa carrière va arriver à partir du moment où Gilbert Gress débarque en Alsace : « En 1978, Gilbert Gress quitte le poste d'entraîneur au Xamax Neuchâtel et prend celui de Strasbourg. On a de suite senti la différence au début. Il a instauré sa méthode. Je me souviens d'un stage en Allemagne. Pendant 12 jours, on se levait tous les matins à 6 heures pour trois entraînements quotidiens. Il voulait jouer les premiers rôles tout de suite. On a tous adhéré. On termine troisième et se qualifie en coupe UEFA. La saison suivante, le titre viendra tout seul. A douze journées de la fin, après un match en retard disputé contre Sochaux (gagné 2-1 le 14 février 1979, ndlr), on commençait à penser que c'était jouable. A Lyon, pour la dernière journée, il nous fallait un nul pour remporter le titre. On a eu la chance de marquer d'entrée (Wagner, 22e) ce qui nous a permis de gagner. Pour fêter le sacre le soir même vers minuit nous sommes allés manger chez Bocuse. Le lendemain, le train s'arrêtait à chaque gare en Alsace. A Strasbourg, c'était de la folie, nous avons mis 3 heures pour aller de la gare à la place Broglie sur un camion Kronenbourg. Il faisait chaud ce jour-là et nous étions fatigués. Je ne m'attendais pas à un tel accueil ». 

Champion de France, Joël TANTER est l'un des meilleurs ailiers du championnat de France, le public le surnomme "Bip-Bip" tant ces débordement se font à une vitesse folle sur son aile. Le joueur étiat le chouchou de La Meinau avec sa barbe folle et sa chevelure hirsute mais surtout Tanter courait partout et comme trois, généreux et altruiste, cet attaquant n'était pas un buteur mais il faisait marquer ! Après le titre de champion de France 1979, il va connaitre se premiers pépins physiques et sa carrière va se terminer en eau de boudin comme il raconte : « L'année suivante, je resigne pour trois saisons. André Bord succède à Alain Léopold parti pour raison professionnel. Cette fois nous disputons la Coupe des clubs champions. On sort le Dukla de Prague en huitièmes de finale, une grande équipe d'Europe à l'époque mais perd contre l'Ajax d'Amsterdam au tour suivant. En championnat, on termine 5e mais on peut dire que la coupe d'Europe, qui prend beaucoup d'énergie, nous a coûté cinq-six points. 

En fin de saison, je me blesse d'ailleurs au genou. Le cartilage est touché. Opéré en mai puis en août 1980 je passe dix-huit mois sans jouer. Je suis l'équipe des tribunes, et de loin, les problèmes internes entre Gress et Bord. J'étais dans les tribunes contre Nantes (le 23 septembre 1980, ndlr) lorsque les supporters ont exprimé leur mécontentement en mettant le feu suite au limogeage de Gress. En 1981, je reviens à 30 ans. On me croyait perdu pour le foot. A la demande de Piasecki et de Dropsy, Raymond Hild me fait à nouveau jouer en D1. Je crois que je reprends à Lille (le 17 octobre 1981). Mais la fin sera plus difficile lorsque Roger Lemerre remplace Hild. Je serais bien resté au RCS même en équipe réserve mais le nouvel entraîneur m'a clairement dit de faire mes valises. Je rejoins alors Rouen promu en D1 mais ne reste qu'une saison. Je pars à Aix-en-Provence qui évolue en D3 mais me blesse à nouveau au genou. C'était en Coupe de France contre Hyères. La troisième opération était la dernière. C'était la fin.» Mais alors qu'à t-il fait depuis sa retraite ? Et bien le breton est retourné dans son Alsace d'adoption et le bonhomme a de la suite dans les idées. Car comme il était venu pour suivre l'école hôteliere et que le football professionnel l'avait détourné de son chemin, une fois les crampons raccrochés, Joël Tanter est devenu cuistot comme il en avait décidé à 16 ans en débarquant à Strasbourg ! La Silhouette s'est arrondie avec les années et le système pileux s'est mis à grisonné mais Joël est résté le même derrière les fourneaux, généreux et altruiste. Il va être le spécialiste de la choucroute jusqu'en 2011 au restaurant l'Ancienne Douane avant de prendre une retriate amplement mérité en 2011. Le voici en 1996, il avait l'air un peu plus sérieux tout de même
Mais au fait, a t'il eu toujours cette barbe ? Et bien non comme il le dit : « Je crois l'avoir coupée lorsque nous étions en D2 (1975-1976) mais les gens ne me reconnaissaient pas alors je l'ai laissé repousser ». Et voici la tête de Joël TANTER sans barbe ou presque, j'ai pas trouvé plus court désolé...

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