Quand le Kaiser remet JPP à sa place

A l'automne 95, après une saison quasi-blanche dut à une blessure et très critiqué en Bavière, JPP est mécontent de ne pas jouer et c'est lui qui va ouvrir les hostilités dans la presse allemande. Beckenbauer, le président du Bayern en personne, jusqu'ici pro JPP, s'est chargé de lui rappelé les devoirs de sa charge de joueur au Bayern. Chaud devant. « Le problème, c'est l'entraineur. Si il ne change pas d'attitude, je m'en irai ». Ça, c'est du Jean-Pierre Papin brut de décoffrage, dans un entretien publié dans Kicker, l'hebdomadaire sportif allemand. Un JPP en colère qui s'en prend directement à son entraîneur, Otto Rehhagel : « Il faut qu'il nous parle, sinon il vaut mieux pour moi que je parte ». Partir, Papin n'a que ce mot là à la bouche. Il faut dire qu'il ne jous plus du tout quasiment, victime de la concurrence entre étrangers et c'est sa bête noire, Emil Kostadinov qui a la préférence de son entraîneur. Dur pour JPP qui n'a toujours pas digéré un certain soir de 17 novembre 1993. Papin obligé de rester sur le banc à regarder Klinsmann et Kostadinov transpercé les défenses adverses, ça lui rappelle trop ce qu'il a vécu au Milan AC et il a demandé un entretien à Franz Beckenbauer, son président.

Ce dernier, à l'origine de son arrivée en Bavière va remettre JPP à sa place et sans prendre de gants, attention c'est violent comme un tacle d'Andoni Goicoechea : « Je comprends Jean-Pierre. Sans football il devient malade. Mais nous ne sommes pas dans un jardin d'enfants. L’entraîneur ne peut pas parler à tout le monde et consoler ceux qui sont déçus en les prenant tous les jours sur ses genoux pour écouter leurs gémissements ». Et comme si ça suffisait pas, le Kaiser rajoute un méchant tacle sur l'attaquant français : « Les joueurs encaissent beaucoup d'argent, alors il se doivent d'affronter, si difficiles et délicates soient-elles, sans vouloir s'enfuir à tout bout de champ. JPP ne devrait pas oublier que le club lui a payé son salaire lors de sa longue absence pour blessure, alors qu'au bout de six semaines nous aurions pu laisser la caisse maladie s'en charger. N'oublions pas également que le Bayern n'a jamais sourcilier pour lui donner congé quand il devait être présent au chevet de sa fille aux Etats-Unis ». On a connu le président du Bayern plus diplomate. S'il est ainsi monté au créneau, c'est qu'il avait jugé que Papin avait dépassé les bornes en s'épanchant dans la presse. Il faut aussi ajouter que le Kaiser n'appréciait que très peu les yeux doux que faisait à l'époque JPP à plusieurs clubs européens, ainsi la conclusion du débat par le Kaiser fût ferme et définitive « Il n'est pas question de laisser partir Jean-Pierre. Nous avons besoin de lui ». Et Beckenbauer avait vu juste, peu de temps après, Klinsmann se blessait pour une longue période et JPP retrouvait du temps de jeu à défaut de retrouver le chemin des filets. Seulement trois buts en deux saisons de Bundesliga pour le Patator ! C'est indigne du talent du ballon d'or 1992 et seule consolation pour JPP, un de ses trois but sera élu but de l'année. Comme le disait alors les guignols de l'Info, JPP était passé de la patate industrielle à la patate artisanale. Voici ce but fantastique pour mémoire :  

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