L'AS ROMA 1982-83 du "Baron Liddas"

Aujourd'hui à Rome on ne parle que de Rudi Garcia et on le compare déjà à Nils Liedohlm dit « Baron Liddas », le légendaire entraîneur de la grande Roma 1983. C'est le moment idoine pour revenir sur cet incroyable Scudetto et sur l'empreinte de l’entraîneur suédois sur le Calcio. Et on va commencer par la fin, l'AS Roma vient de ravir le titre suprême en Italie et l’entraîneur suédois va écrire aux romains, quelques jours après la fin du championnat, un laïus, digne d'un banquet de fin d'exercice ou d'un discours de cérémonie de récompenses. « J'avais gagné jusqu'alors quatre Scudetti comme joueur, et un autre comme entraîneur. Les cinq sous la même bannière. Celle du Milan AC, auquel je dois, assurément, ma plus belle tranche de vie. Je pensais que ce seraient là les plus beaux souvenirs de ma longue carrière sportive. Je dois aujourd'hui rectifier cette impression. Le titre de champion que je viens de conquérir avec la Roma est, à l'évidence, le plus important. Parce qu'il aura été le plus stressant pour ses lauréats et, parallèlement, le plus attendu par tout un peuple. Ce fut une saison terrible, émotionnante, interminable, plus nous prenions de l'avance sur la Juve, constellée d'étoiles, et plus je rongeais mon sang. J'avais peur que mes garçons n'ne perdent leur équilibre nerveux, ne se déconcentrent sous la pression d'un environnement démesurément optimiste. Souvenons-nous, à cet effet, des ides de mars. Ides romaines. Douche glaciale. Tour à tour Benfica, qui vint nous donner la leçon au stade Olympique, puis l'inévitable Juve. Toujours notre bête noire. Nous la tenions à notre portée, nous allions creuser définitivement l'écart, nous étions partis pour boucler victorieusement un cycle de douze mois sans la moindre tache à domicile. Sept minutes à jouer, 1-0 pour la Roma. Enfin nous allions nous venger de toutes nos misères. Et, soudain, le déluge. Platini impérial, L'imprévisible K-O. En quelques secondes, nous étions au tapis ! (Voir le sujet : PLATINI, roi de Rome). C'était la Juve qui nous avait battu, un an auparavant, au stade Olympique. 

C'est encore la Juve qui, fini le championnat, est revenue nous humilier au pied du Monte Mario, pour le compte de la Coupe d'Italie. Juve avant, Juve après, Juve toujours. Il suffit qu'elle se présente à nous et tout lui réussi. Tantôt par chance, tantôt par raccroc, tantôt sur le fil. Même couplet, même refrain. Quoi que nous fassions, il y a un petite quelque chose qui, d'une façon ou d'une autre, tourne au profit de la Juve. Peut-être le petit quelque chose en plus qui différencie les grandes équipes des autres. Peu importe alors qu'il s'appelle un jour Platini, le lendemain Rossi et le surlendemain Boniek. Ce qui me frappe, en pareil cas, c'est que excusez le mot, Rome y perde régulièrement son latin ! Ces choses-là dit-on, ne s'expliquent pas. Mais il se peut aussi qu'elles s'expliquent trop...Voilà pourquoi au bout du compte je suis doublement heureux d'avoir fini par surmonter ce complexe bianconero et cette crise passagère. Ne perdons pas de vue que notre entreprise se situa dans un contexte particulier. Au bout de tant d'années d'insuccès, de désespoir, c'était pour nous tous une mission extrêmement délicate. Et puis pour ceux qui l'auraient oublié, il faut se souvenir que le climat romain n'est pas de ceux qui facilitent la tâche des atlhlètes, régulièrement confrontés à de difficiles problèmes de récupération. J'ajoute pour compléter ce tableau à l'eau de rose, que le mérite de ce triomphe revient à notre président, Dino Viola, qui a non seulement eu la force de patienter mais qui m'a laissé établir mes choix et mes options, m'a garanti le travail sans la sérénité et la continuité. Dans un sport aussi plein d'imprévus que le nôtre, de tels critères ne pouvaient qu'être payants. »


Un sacre qui rajeuni, en quelque sorte, la ville éternelle de quarante et un ans. Et oui e dernier et le premier Scudetto remontait en effet à 1942 et encore on avait coutume de dire que ce sacre tenait plus à la volonté du Duce, alors à l'apogée de son régime plus qu'à la véritable valeur de l'équipe. Mais je ne vais pas m'attarder sur ces rumeurs. La fête romaine elle fut grandiose ! Défilé de chars, le Colisée enrubanne de jaune et de rouge, tel un œuf de pâques gigantesque, la louve légendaire tenant un fanion du club en travers de la gueule, les feux d’artifices, les concerts de klaxons, un tintamarre assourdissant pendant plusieurs jours. Rome millénaire mais Rome en folie au pied de ses deux nouveaux empereurs, Liedohlm et le brésilien Falçao. Ce titre c'est la récompense du travail des dernières saisons et les deux hommes y ont pris une grande part. Tout d'abord Baron Liddas (Liddas, le diminutif de son nom ne suédois et Baron, parce qu'il est chatelain de longue date d'un domaine viticole en Italie) qui a réussi à stabiliser la Roma au plus haut niveau depuis son arrivée de Milan où il avait été sacré champion en 1979. 
Avec l'arrivée du stratège suèdois, le club romain avait avant ce Scudetto remporté deux fois la coupe d'Italie et terminé une fois second et deux fois troisième. Une continuité jamais vu du côté de l'AS Roma. L'homme a ses idées et prend le risque de rompre avec la tradition du Catenaccio italien pour axer sa tactique sur l'offensive. Même sa défense est offensive, il n'hésite pas à faire de DiBartolomei son libéro, lui qui est un attaquant repenti et son équipe pratique une zone peu conventionnelle pour l'époque. En fait c'est une défense de zone où chacun fait en fonction de ses qualités naturelles. Comment cela se traduit-il ? Comme on l'a vu Di Bartolomei, est un joueur offensif, les arrières latéraux Maldera et Nela aussi (anciens milieux de terrains de formation) et ont beaucoup de libertés dès que la Roma à le ballon. En revanche le stoppeur de l'équipe Vierchowood lui est de la vieille école. De par sa formation et son jeu, lui préfère le marquage homme à homme. 


Du coup Liedolhm adapte sa défense : « La zone n'est jamais qu'une liberté mise en pratique sur le terrain. Les hommes à mon sens, doivent pouvoir faire ce qu'ils veulent, à charge pour eux de ne pas oublier les concepts de base. Pour Vierchowood, je n'ai pas cherché à le dissuader d'arrêter le marquage individuel, en d'autres termes, la zone n'exclut pas l'individuelle. Nous essayons, toute proportion gardée, de copier le Brésil et la France, nations à l'avant garde du vrai football et du beau jeu comme on l'a vu au dernier mondial ». L'autre élément clé de la réussite des romains a pour nom Paulo Roberto FALCAO. Le brésilien illumine le jeu des galliorossi pour Liedohlm il est l'équivalent de Platini à la Juve. D'ailleurs quand le français recevra son ballon d'or à la fin de l'année 83, beaucoup d’observateurs considèrent que si le français est le meilleur joueur européen (à l'époque le Ballon d'Or ne pouvait être attribué qu'aux joueurs européens) il n'est pas le meilleur joueur du monde, celui-ci se trouvant à Rome. Voici le résumé de la saison de l'AS Roma en 5 minutes avec tous les buts des romains : 

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Au fait la première vignette du Baron Liddas est issu d'un album de vignettes autocollantes spécial AS Roma sorti à la fin des années 90 sur l'histoire du club. Bien sûr le chapitre du Scudetto 1982-83 a eu le droit à un traitement spécial comme vous pouvez le voir :

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