SSC NAPOLI 1988-89

Aujourd’hui après la belle victoire du Napoli au Milan hier soir, 27 années après le dernier succès de la bande à Diego au San Siro, j’avais envie de vous parler d’une des périodes les plus folles qu’a connu le club du sud de l’Italie. Le début de saison incroyable de l’exercice 1988-89. Après avoir vu un second Scudetto s’envoler dans les ultimes journées au profit du Milan lors de la saison 1987-88 (certains disent que c’est la Camorra, la mafia napolitaine, qui aurait influé sur l’équipe du Napoli pour perdre le titre car elle n’aurait pas pu alors payer tous les paris clandestins des napolitains. Cette rumeur n’a toutefois jamais été justifiée), le Napoli version sud-américaine est prêt à en découdre avec les deux autres favoris que sont les deux clubs de Milan. Mais pourtant tout va débuter de travers. Pour ouvrir le bal, un maigre succès 1-0 face à l’Atalanta à la maison et surtout à revers chez le modeste Lecce dès la deuxième journée. Pendant que l’Inter version Panzer Germanique faisait un sans-faute dans le même temps. Tout le monde enterre alors le Napoli pour ses chances de remporter un second Scudetto. Mais ça la bande à Diego ne vas pas l’accepter et va, dès le dimanche suivant, faire passer un message au reste de l’Italie. 3ème journée du championnat, le public de San Paolo va se régaler devant le festival de ses protégés. Naples écrase 8 à 2 l’équipe de Pescara. Trois but de Carnevale, deux de Careca, et deux autres du « maitre » en personne, plus un de Alémao, l’Amsud a frappé fort dans l’enfer du Vésuve. Maradona orchestrant le spectacle comme à ses plus beaux jours. Huit buts en un seul match, Napoli n’avait plus réussi une pareille prouesse depuis trente-trois ans. Voici tous les buts de cette rencontre de folie des napolitains : 


Trois journées plus tard et après avoir éliminé entre temps, le Lokomtiv Leipzig, le Napoli a son premier test sérieux de la saison face à la Juventus à Turin au vieux Stadio Communale. Et là encore le Napoli va frapper très, très fort. La force justement de ce Napoli c’est de disposer, indépendamment du meilleur joueur du monde, de deux artificiers hors pair qui ne figurent pas par hasard en tête du classement des buteurs : d’un côté Carnevale, le miraculé qui croupissait en réserve les deux saisons précédente, de l’autre Antonio CAECA, l’artiste qui va frapper trois fois face à la Juve, pour offrir un succès historique 5-3 des napolitains à Turin. Durant les 45 premières minutes la domination de Naples est totale, un but de Carnevale et deux de Careca portent la marque à 3-0 en rentrant aux vestiaires. Mais les Bianconeri ne baissent pas les bras et le match poursuite qu’ils allaient entamer par la suite sous l’impulsion du génial Rui Barros et surtout de Zavarov, auteur d’un fantastique deuxième but tint en haleine les 60 000 spectateurs du Communale. Surtout que la Juve revient à 3-2 après seulement 10 minutes de jeu en seconde période mais Careca frappera encore et au final, au terme d’un spectacle inouï, Naples s’impose 5-3 et compte déjà 16 buts en 6 journées de championnat. Voici le résumé de cette rencontre d’anthologie : 


Une semaine plus tard, nouvelle démonstration de force des napolitains, peut-être la plus impressionnante de ce début de saison. Trois jours après l’avoir emporté au Parc Lescure face à Bordeaux, Naples reçoit le champion en titre, le Milan AC des hollandais Van Basten, Rijkaard et Gullit. Un Milan AC qui passait pour des extra-terrestres avant de se rendre au pied du Vésuve va subir les foudres du football sud-américain de ce Napoli. Naples qui tourne à une moyenne de plus de 3 buts par match entre le Calcio et la coupe d’Europe va encore en inscrire 4 au futur champion d’Europe. Avec les deux meilleurs buteurs de Serie A (Careca, 7 buts en 7 matchs et Carnevale une longueur derrière), ce Napoli de rêve est en train de révolutionner le monde du Calcio par une verve offensive en forme de raz de marée qu’aucune digue ne peut contenir. Si le Milan se présentait sans Gullit et Ancelotti, personne n’imaginait avant la rencontre que champions 1988 viendraient à être humilié de la sorte sur le terrain des champions 1987. D’abord un but rocambolesque de Maradona envoyant la balle mourir tout doucement au fond des filets d’un coup de tête en cloche de plus de 20 mètres, au moment où Giovanni Galli bondissait devant lui. Et ensuite, Careca décidément irrésistible qui frappa par deux fois avec entre temps un but de Francini. Ce Napoli ne connaitra la défaite alors que le 31 décembre 1988 face à l’AS Roma au stade Olympique. Malgré un parcours de champion, le Napoli n’arrivera pas à suivre l’incroyable parcours de l’Inter de Milan emmené par un Matthaus stratosphérique. Il faut dire que le Napoli va courir deux lièvres à la fois en remportant la coupe de l’UEFA cette année-là face au VFB Stuttgart de Klinsmann en finale. Pour moi l’arrivée de Careca a fait un bien fou à cette équipe soulageant Diego du poids des défenseurs adverses. Le brésilien, auteur de 19 buts (+ 6 en coupe de l’UEFA), sera d’une exceptionnelle complémentarité avec Diego. Grâce à son duo de choc et après avoir remporté la coupe de l’UEFA, le Napoli sera champion la saison suivante. En fait la chute de Naples coïncidera avec la chute de Diego et sa suspension après avoir été arrêté en possession et surtout avoir consommé de la cocaïne. Mais de ceci on en reparlera très prochainement sur OSP. En attendant voici le résumé de cette démonstration de Diego, Careca et consorts face à l’ogre milanais qui allait régner sur l’Europe par la suite. 


Tout de même ce Calcio des années 80 et début des années 90 était vraiment le plus beau championnat du monde et dominait le football européen. Car si lors de cette saison 1988-89, l’Inter de Milan survola le championnat, le Milan AC lui s’offrait la coupe d’Europe des Clubs Champions, le Napoli remportait la coupe de L’UEFA et finalement il n’y a que la Sampdoria « qui décevait » en perdant en finale de la défunte coupe d’Europe des vainqueurs de coupes face au Barça. Pour conclure ce sujet, voici ce SSC Napoli version 1988-89 en Panini

1 commentaire:

  1. Tous ces articles sur le Calcio de la grande époque Maradona, tu nous régales, Alex, là je viens de lire l'Inter, que de souvenirs aussi...
    PS : pour ma part je crois assez en la thèse de la seconde place "volontaire" du Napoli en 87-88 ;-) Ça cadre tout à fait avec ce beau pays qu'est l'Italie^^

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