Les caviars de VALDERRAMA au mondial 90

Avant la coupe du monde 1990 on pouvait se poser deux questions au sujet de la sélection colombienne de Maturana et son prodige Carlos VALDERRAMA. Tout d'abord est-ce que la Colombie qui brille depuis trois ans sur son continent va confirmer sur la scène mondiale ? Et surtout est-ce qu'El Pibe va montrer tout l'étendue de son talent ? Lui qui a été plutôt décevant depuis son arrivée en Europe, à Montpellier. Maturana c'est l'homme fort du foot colombien, il avait été nommé à la tête de la sélection en 1987, il accède à la troisième place de la Copa America, bat le Brésil, l'Argentine au cours du tournoi pré-olympique. En 1988 il offre à la Colombie son premier trophée continental, la Copa Libertadores, aux manettes du Nacional Medellin. Son jeu est un plaisir à voir et son football visionnaire avec des dogmes simples : "Liberté d'expression, respect des qualités naturelles des hommes, laisser jouer sans négliger le résultat mais sans tout y sacrifier, soigner la condition physique, jouer haut". Son chef d'orchestre c'est le légendaire Carlos VALERRAMA dépositaire et garant de la fluidité des attaques de la Colombie. Hors si les colombiens se sont imposer sans briller face aux Emirats Arabes Unis pour leur premier match, la défaite face aux yougoslaves les obligent à obtenir un résultat positif face à la RFA pour le dernier match du premier tour.

La RFA c'est le monstre de ce début de coupe du monde, neuf buts en deux matchs avec une démonstration face à la redoutable Yougoslavie. Mais curieusement c'est face à l'adversaire le plus redoutable que les Colombiens vont enfin jouer leur football dans cette coupe du monde italienne. Pendant 90 minutes, ils vont dominer les futurs champions du monde avec un football offensif, fait de passes courtes et de mouvements dans des espaces réduits, ce qu'on va appeler par la suite, El Toque. Valderrama est à la baguette, il casse les lignes allemandes et trouve aisément les espaces où ses attaquants s'engouffrent sans toutefois montrer de réussite dans le dernier geste. Mais on craint le pire pour ces colombiens quand ils encaissent à la 88ème un but de Pierre Littbasrki qui les renvoient virtuellement chez eux. De quoi donner raison une fois de plus à Gary Lineker sauf que Valderrama et ses coéquipiers ne veulent pas que leur coupe du monde se terminent ainsi. Trois minutes plus tard, on est rentrés dans les arrêts de jeu, Valderrama distribue, court, propose des solutions et voit avant tout le monde le décalage pour lancer Rincon. L'attaquant s'offre un face à face avec Bodo Illgner, le futur criminel traqué par Interpol ne craque pas et la glace coule dans ses veines comme un glaçon dans le 102 de feu Gainsbarre. Résultat il glise le ballon entre les jambes du porter allemand et envoie son pays pour la première fois de son histoire au second tour de la coupe du monde. Voici le but de Rincon mais surtout admirer le jeu avec et sans ballon de Valderrama sur cette action, bien que son contrôle au tout début de l'action est pas d'une grande réussite. 

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Quand je vous disais que la Colombie aurait du gagner ce match, je ne suis pas le seul à le penser. Même le kaiser, Franz BECKENBAUER pensait la même chose à la fin de la rencontre en déclarant : "La Colombie aura été notre adversaire le plus fort tactiquement. Elle a largement mérité le nul qu'elle nous a arraché à la toute dernière seconde. Mieux : Si elle avait gagné ce match, le résultat aurait été des plus logiques". Belle preuve de fair-play de la part du sélectionneur allemand mais pleine de lucidité car franchement avec des attaquants un peu plus adroit, la Colombie aurait pu se faire moins peur. Regardez cette action de Valderrama, encore une fois inspiré, qui offre un caviar à Fajardo qui manque l'immanquable : 

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On a beaucoup critiqué cette coupe du monde car il y eut moins de buts que l'édition précédente au Mexique (où on jouait à 14h de l'après-midi sous le soleil d'été du Mexique) mais moi je reste convaincu qu'on a vu des grands matchs avec un football où le numéro 10 avait encore sa place ! Et ce jour-là il y avait face deux des plus dignes derniers représentants de ce poste en voie de disparition.

3 commentaires:

  1. Tout à fait ok avec toi, Alex.
    En 86 j'avais que neuf ans, en 90 je m'intéressais déjà plus à la tactique, etc etc, et ce Mondial, bien que peu riche en buts, m'avait marqué. Beaucoup de matches super serrés (voire tendus), comme si les pays en lice avaient voulu rendre hommage au championnat de leur hôte. Et quelques images inoubliables...
    Milla, Pixie, Valderrama, Brehme, Toto bien sûr...et, malgré aucun but marqué, la simple présence de Pibe.

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  2. Diego, son action et sa passe pour Caniggia face au Brésil, ça vaut un but pour moi ;-)

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  3. J'ai l'impression de lire mes pensées^^
    Je suis allé regarder une vidéo du match, à un moment le commentateur british dit un truc du genre "je ne sais même plus combien de fautes a subi Maradona aujourd'hui"...le voir réussir ce rush et cette passe en fin de match après ce traitement VIP de la part des brésiliens, jubilatoire !

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