UK Football Team - Arsenal 1998

L’autre jour dans le sujet sur les Blackburn Rovers 1994-95 j’évoquais la réussite d’Arsenal sur la scène européenne et le fait que ce soit la dernière équipe du Royaume adepte du « Kick & Rush ». Ce à quoi l’ex-lensois, Robbie Slater ne croyait plus et disait que le « Kick & Rush » d’Arsenal avait montré ses limites contre Saragosse et qu’il allait disparaître. Et l’Australien avait raison, Arsenal allait connaitre une révolution et cette révolution s’appelle Arsène Wenger, qui mènera les Gunners au sommet du football anglais avec un tout autre football. Voici un retour sur cette campagne et ce double coupe-championnat 1997-98. Cette fin de saison fût marqué par un incroyable sprint des Gunners enchaînant 10 victoires d’affilée avant d’être sacré après un énième succès 4-0 face à Everton. Mais bien avant l’écrasant succès face aux Toffees, les journaux de tous bords regorgeaient d’éloges sur la philosophie, la touche, l’empreinte Wenger. Arsenal champion, puis vainqueur de la Cup, c’est tout le pays, sauf une poignée d’irréductibles autour de Manchester, qui chante les louanges d’un club qui a bousculé une foule de repères. En moins de vingt mois, un parfait inconnu, Français venu du Japon, salement attaqué à son arrivée, s’est imposé comme une référence tous azimuts dans un royaume qui s’enorgueillit pourtant à outrance d’avoir « inventé » le football. Avant Arsène Wenger, en 109 éditions, jamais un titre de champion n’avait échappé à un entraineur britannique. Et l’alsacien a rapidement eu une influence direct sur ses congénères, Glenn HODDLE (mais c’est normal car il a joué sous ses ordres à Monaco) et le grand Kenny DLAGLISH reconnaissent s’inspirer de sa méthode. Dans leur pas, une ribambelle de managers de la Premier League applaudissent l’ascension d’Arsenal, pas mécontents de vivre la fin de l’hégémonie de Manchester United. Pour Wenger pourtant il n’y a pas eu de recette miracles et selon lui il faut s’en tenir aux joies du collectif : « Franchement, cette équipe est facile à diriger. J’ai juste eu à l’accompagner tant elle s’auto-alimente. Au-delà des générations et des nationalités, l’état d’esprit de chacun a été sensationnel. J’ai vraiment vécu une année bénie ».

La crédibilité auprès du public d’Highbury d’Arsène Wenger se décèle sous différentes formes. Par exemple à travers la réussite d’un Emmanuel PETIT exceptionnel, élu meilleur joueur de Premier League au mois d’avril,  au moment où Arsenal allait enchainer son incroyable série de victoires. Recrue prioritaire d’Arsène Wenger au cours de l’été précédent, l’ex-Monégasque est alors adoré par les fans au terme de cet exercice 97-98, ravis de ses courses incessantes, de son agressivité et de la justesse de ses passes avec sa patte gauche. Au milieu et dans l’axe, il forme avec Patrick VIEIRA un duo indissociable, sorte de Dupont-Dupond doués autant pour le combat que pour la création. Arsène Wenger : « Ils ont conquis l’Angleterre et les anglais de l’effectif. Manu, comme Pat avant lui, s’est mis minable à chaque match. Les anciens du groupe ont donc fait le premier pas vers lui. Depuis, l’entente est totale ». Le respect aussi. A l’inverse, un étranger égoïste et suffisant aurait été rejeté sans pitié. Aucune des recrues choisies par Wenger et son staff n’a connu cette punition.

Comme le dit le capitaine Tony ADAMS : « peu importe qu’ils viennent de France, des Pays-Bas, du Liberia ou du Yorkshire, il faut que les joueurs qui revêtent ce maillot ce sentent comme des gens d’Arsenal ». Dennis BERGKAMP, arrivé en 1995, avait déjà compris le message. Cette saison-là, il a été grandissime, sans conteste le meilleur joueur de la ligue.  Un état d’esprit collectif favorable aussi à l’épanouissement du jeune Nicolas Anelka. Autrefois incompris, selon lui, au PSG, le jeune français se fond petit à petit dans les valeurs maison pour s’imposer et remplacer à partir du mois de janvier la légende Ian Wright. Un autre des choix judicieux de la part de Wenger, concerne Marc Overmars, qui a donné de l’amplitude au jeu d’Arsenal auparavant trop focalisé sur l’axe autour de Wright et Bergkamp. Une autre conséquence du travail d’Arsène Wenger est perceptible lors des stages de l’équipe d’Angleterre. Les Gunners appelés sous les couleurs de la sélection aux trois lions y sont assaillis de questions par des partenaires intrigués. Diététique, hygiène de vie, techniques d’entrainement sont au menu des échanges tant le club de Londres a bénéficié de ces apports, très classiques sur le continent mais inconnus outre-Manche.

Depuis, Martin Keown ne rechigne plus à s’étirer trente minutes après chaque entrainement : « c’est tellement agréable de se lever le lendemain sans courbatures et de sentir que nous pouvons donner le maximum de notre potentiel physique ». Vu le nombre de trentenaires dans l’effectif à l’époque, sur une saison le bénéfice est capital comme le prouve avec quelle énergie les Gunners ont abordés leur fin de saison. Et la méthode fait des émules, car aussitôt sacrés champion d’Angleterre, c’est un par un que les managers anglais ont promis d’appliquer cette recette dès l’été suivant. Pour autant, attribuer toute la réussite d’Arsenal à la « French Revolution » serait passablement grossier. Tony Adams vient de remporter alors sa troisième couronne de champion avec Arsenal. Affûté comme jamais, le capitaine des Gunners fût impressionnant depuis janvier 1998 et Highbury avait retrouvé son Totem. Wenger : « Comme par hasard, depuis son retour en forme, nous ne perdons plus. Il est redevenu le leader naturel de l’équipe ». Le grand Tony a retrouvé sa voix dans les vestiaires et son charisme sur le terrain. A l’image de leur capitaine, les indestructibles Winterburn, Dixon, Bould et Keown ont répondu présent lors de la folle course-poursuite aux basques de Manchester United, un moment détaché avec 13 points d’avance. Au sujet de Wenger, tous ont la même expression, teintée d’humour : « C’est un chic type  car il nous a fait rajeunir ».

Wenger prévient que tous, pourtant âgés de 33 à 36 ans, sont prêts à être alignés encore pour les deux saisons à venir chez les Gunners. Preuve qu’il compte par-dessus tout conserver l’assise anglaise de sa formation « Ce sont eux qui défendent cet esprit particulier. C’est pour cela qu’il est faux de dire que j’ai révolutionné Arsenal. Ce fut un effort réciproque. Les anciens se sont adaptés à moi et moi à eux, afin de définir un nouvel équilibre dans la vie du club. Je peux les aider, mais le plus crucial est que les joueurs aient cette envie d’aller plus loin ». J’ai toujours pensé que les problèmes d’Arsenal ces dernières saisons, enchaînant les exercices vierges venaient de cette rupture de l’équilibre entre anciens et jeunes espoirs. En 2006 Wenger fait un pari osé après la défaite en finale de la ligue des champions, il pense pouvoir façonner sur le long terme une équipe capable de gagner cette compétition si il a le temps de créer un groupe composé alors des plus grand espoirs européens : Fabregas, Van Persie, Abou Diaby… quitte à se séparer de ce cadres Vieira, Pires puis Henry. La méthode Wenger a alors montré ses limites, et sans vouloir passer pour un Patrice Evra et les traiter de gamins, souvent Arsenal a pêché lors des grands rendez-vous non pas par une qualité de jeu insuffisante (je pense notamment aux confrontations face au grand Barcelone de l’ère Guardiola) mais par manque de vices. Des vertus qui ne manquaient pas au Dixon, Winterburn et autre Keown….En tout cas cette équipe 1997-98 d’Arsenal était une des plus redoutables de l’histoire de la Premier League et avant de voir l’effectif des Gunners en Panini, voici le résumé de ce 4-0 face à Everton puis la fête qui s'en est suivi (P.S : j'adore le second but de Tony ADAMS, quel joueur ce libéro !!) :



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