La GARRA CHARRUA made in Uruguay

A l'aube de la prochaine coupe du monde, l'Uruguay se présente comme un sérieux prétendant à la victoire finale. Tout d'abord parce qu'avec Cavani et Suarez, l'Uruguay possède aujourd'hui sûrement le duo d'attaquant le plus performant parmi les 32 qualifiés et surtout la Céleste n'a pas tourner le dos à ses traditions. Petit retour sur sur la Garra Charrua , cette marque de fabrique uruguayenne qui incarne la tradition brutale et virile du jeu chez les joueurs de la Céleste. Car l'Uruguay a forcément un secret pour que ce si petit pays ait connu autant de succès internationaux. A savoir deux coupes du monde, mais aussi deux olympiades, ces Jeux Olympiques d’avant la première coupe du monde (1924 et 1928) correspondait alors à des sacres mondiaux, d'où la présence des 4 étoiles au-dessus de l'écusson de la fédération uruguayenne de football. Mais l’Uruguay c’est aussi un pays roi sur son continent avec 15 succès en Copa America, ce qui en fait le plus titré dans la plus ancienne compétition internationale de football devant les éternels ennemis et voisins que sont l'Argentine (14) et le Brésil (8). Alors bien sûr, le football uruguayen n’est pas fait que de succès et souvent on a décrié ce football violent et agressif. Le mondial 1986 en fût un des plus beaux exemples, après deux matchs où on avait vu onze bouchers sur le terrain, la FIFA et Joël Quiniou avait décidé de sévir. Cet Uruguay-Ecosse, dernier match de poule décisif pour la qualification vers les huitièmes de finale, restera dans les annales  de la coupe du monde avec le carton rouge le plus rapide de son histoire. On joue depuis moins d’une minute (56 secondes pour être précis) quand José BATISTA découpe le stratège Gordon STRACHAN, la sanction est immédiate :
Mais aujourd’hui, le football uruguayen sait montrer le plus beau visage de sa Garra Charrua et reste sur une très belle coupe du monde et une prestation encore meilleure lors de la dernière Copa America. Donc à l’heure où tout le monde parle de Grinta argentine, terme que je n’aime pas trop car non employé par les argentins eux-mêmes, peut-être parce que Grinta est un mot italien,  il est intéressant de se pencher sur la Garra uruguayenne. C'est ainsi que quelques anciens joueurs, passés par la France pour la plupart, vont donner leurs visions de la Garra Charrua :

Ildo MANEIRO, Joueur de l'Olympique Lyonnais de 1973 à 1976

Pour lui le symbole de la Garra Charrua était incarné par Obdulio Varela, le capitaine mythique de la Céleste champion du monde 1950 en battant le Brésil au Maracana. Maneiro raconte sa vision de l'emblématique capitaine, véritable force de la nature : « Je me souviens d'une image de cette finale face au Brésil, où on voit Varela avec le ballon sous la main discuter avec l'arbitre. Il possédait une vraie stature, c'était un leader, une sorte d'Artigas du football ». Artigas, le "libertador" fût une figure majeure de l'indépendance uruguayenne. Et Ildo MMINEIRO continue de parler de la Garra Charrua avec une vision politique, comme une cause nationale : « Être situé à l'autre bout du monde, très au sud, ça pèse. D'autant qu'on est coincés entre deux pays qui sont des puissances économiques et footballistiques. Le football est pour nous un moyen de se rebeller face à ses monstres ».
L’impressionnant Obdulio Varela à gauche, capitaine de l'Uruguay champion du monde 1950

Pierino LATTUADA, joueur des Girondins de Bordeaux entre 1972 et 1977

LATTUADA, ancien capitaine de Bordeaux fait lui aussi référence aux deux voisins brésiliens et argentins mais sa vision de la Garra Charrua est à l'image de son jeu : plus brutale, plus épaisse que celle de Mineiro : « Le footballeur uruguayen est un joueur de rugby qui joue au football ! Les uruguayens sont des combattants. Nous n'avons pas la technique d'un Colombien, d'un Equatorien, voire d'un Chilien, mais c'est toujours dur de  jouer contre nous. Il faut nous tuer pour nous battre. Demandez aux Brésiliens et Argentins ». Pour LATTUADA les succès uruguayens en sélections et surtout en club résultent de cette mentalité de guerrier, de combattants : « Quand tu vois les conditions d'entrainements et le niveau de formation des jeunes, tu te dis que c'est un miracle que le foot uruguayen ait autant gagné ! A part Nacional, Defensor, et Danubio, les équipes de première divisions n'ont pas un ballon, ni d'eau chaude dans les vestiaires ». C'est ce qu'on appelle la méthode spartiate !

Carlos CURBELO, joueur de Nancy de 1972 à 1980 puis de Nice entre 1980 et 1988

Pour l'ancien défenseur de Nancy et de Nice il faut voir dans ses origines modestes peut être toute l'essence du football uruguayen, traduite par la Garra Charrua : « Notre amour-propre est très fort. Quand tu fais ça pour gagner ta vie et que tu vois ta famille qui meurt de faim, tu as envie de tout donner, de mordre dans le ballon et non pas dans le bras (hop un petit tacle à son compatriote Suarez au passage). Ici, le football c'est le moyen de s'en sortir. Si Nacional qui a le plus gros budget du championnat uruguayen se fait bouger par le Tanque, qui a le plus petit budget de la ligue, c'est qu'il y a une raison. Et cette raison, c'est la Garra ! ». Mais la Garra ce n'est pas que de l'agressivité par rapport au ballon ou à l'adversaire, c'est aussi un amour du jeu, un amour de tout donner sur un terrain, Curbelo l'exprime ainsi : « Ici, s'il pleut, le gamin va joueur dans la rue ou dans la boue pieds nus. Et s'il prend un coup, il est dur au mal et il se relève immédiatement ».

Ruben SOSA, joueur de l'inter de Milan de 1992 à 1995

L'ancienne star de l'Inter à une vision simple mais assez concise de la Garra Charrua : « Que tu perdes ou que tu gagnes, tu dois courir et ne jamais faiblir jusqu’à ce que l'arbitre siffle la fin du match ». Puis d'étayer un peu plus, ce Fighting Spirit d'Amérique du Sud : « Cela signifie  aussi tacler fort et jouer le ballon avec beaucoup d'envie. C’est ce que nous ont transmis nos pères : Tu ne dois pas sauter quand tu vois l'adversaire arriver. Tu dois aller au contact et ne jamais baisser les bras. Cela fait partie de notre tradition ».








Chez les uruguayens il y a des artistes du ballon rond depuis toujours, Enzo Francescoli a été l'un des plus grands joueurs à foulé les pelouses de division 1, plus récemment les Recoba ou Forlan étaient aux aussi des joueurs d'exceptions mais que dire aujourd'hui du duo Edison Cavani-Luis Suarez ? Mais tous aussi brillants qu'étaient ou que sont ces joueurs, ils ont aussi la Garra Charrua en eux. Pour preuve ce dernier témoignage d'Aldo MINEIRO brillant meneur de jeu de l'OL, qui avait la réputation d'être un formidable manieur de ballon « J'ai toujours eu la réputation d'un bon joueur de football mais qui savait aussi donner des coups. Mettre, le pied, ça fait partie de notre panoplie de footballeur ». En tout cas avant de voir la prochaine coupe des confédérations, l’Uruguay de par sa tradition se place comme un sérieux outsider au prochain mondial brésilien. Demi-finaliste du dernier mondial, vainqueur de la dernière Copa America, l’Uruguay va comme toujours présenter onze guerriers sur le terrain et quand en plus on sait que devant il y a le duo Edison CAVANI-Luis SUAREZ, tout est fait pour prendre au sérieux cette formation de la Céleste. Qui plus est, elle sera presque chez elle au Brésil et la dernière fois qu’une coupe du monde a eu lieu là-bas….

1 commentaire:

  1. Excelente eleccion de personajes de nuestro futbol que son ejemplo para muchos,personas que aun a pesar de saberse populares y de prestigio mundialmente, siguen siendo orgullo no solo de "garra"como se dice de nuestros futbolistas,especialmente estos que se han elegido,por su conducta y humildad,eso hace que nos sintamos orgullosos los uruguayos,pudiendo resaltar tambien un Forlan que no viniendo de hogar de necesidades materiales es tambien especialmente por ello ejemplo de muchos que por menos son molestosamente soberbios,que los hay y muchos en nuestro pequeño pais,FELICES FIESTAS Y UN MUY BUEN AÑO QUE SE APROXIMA!!! les deseo a quienes administran la pagina ,especialmente si les llega a los jugadores mencionados y a todos los que nos gusta el futbol y las personas de bien que enorgullecen nuestro pais

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