Quand Terry MC DERMOTT enfilait les buts de l'année

Saison 1980-81, Terry MC DERMOTT a le blues. Pourtant au début de la saison tout était parfait, les Reds venaient de faire une grande saison, conservant son titre de champion d’Angleterre (voir le sujet UK Football Team – Liverpool FC 1980) et pour MC DERMOTT, il était tout simplement considéré comme le meilleur joueur du Royaume. En effet Terry MC DERMOTT est l’un des rares joueurs de l’histoire à avoir été élu footballeur de l’année, à la fois par ses pairs joueurs et par les journalistes. A ce titre, il croyait sûrement bénéficier en ce début de saison du statut d’intouchable. Sauf qu’à Liverpool, le club a toujours démontré au fil des années, que quel que soit leur talent, les plus grands joueurs n’étaient que des valets au service de la collectivité. Tous ou presque, hormis Kevin Keegan peut-être, ont été mis sur le banc de touche, un jour ou l’autre. Mc Dermott, lui, ne l’a pas accepté. Il a donc déclaré, fin septembre 1980, qu’il quitterait Anfield Road à la fin de l’exercice. Ce que n’accepte pas Mc Dermott, c’est d’être sur la touche alors que les Reds jouent mal. Un sursaut d’orgueil des Reds, mais sans lui sur le terrain, le fera sortir de sa réserve quand ses coéquipiers battront Brighton (4-1) pour le compte de la 8ème journée. Alors que son contrat se termine l’été suivant, c’est dans ces conditions que la même semaine, Mc Dermott a refusé une prolongation de son contrat de 2 ans. Il expliquera que cette prolongation ne tenait pas assez compte, à son gré, de sa valeur et de son rayonnement. Et donc comme il ne joue plus avec les Reds, c’est avec la sélection aux 3 lions qui va étayer ses propos. En plein battage médiatique, il permet à l’Angleterre de remporter un large succès à Wembley (grâce à un doublé) face à la Norvège dans un match décisif pour la course vers la coupe du monde en Espagne. Sitôt la presse du pays se retourne vers Bob Paisley, le coach de Liverpool qui se prive des services du meilleur joueur britannique. Paisley ne botte pas en touche et justifie ses choix de manière habile, sans vexer la susceptibilité de son champion.


« C’est vrai que lorsque Terry fait son travail,  il n’y a pas meilleur que lui dans tout le pays. Mais justement ces derniers temps, il ne me donne pas satisfaction. Quatre ou cinq de ses coéquipiers sont dans le même cas, mais eux ils se battent ». Et le manager de Liverpool d’enchainer « Mc Dermott a déclaré publiquement qu’il désirait nous quitter dans 10 mois. Il peut s’en aller maintenant s’il ne désire plus jouer pour Liverpool. Mais il me dit qu’il désire continuer à jouer pour nous. Nous n’allons pas entrer dans une polémique stérile au moment de jouer en Coupe d’Europe. Mais, si il y a des décisions à prendre, je les prendrais. Je l’ai dit à Terry et je pense qu’il a compris le message ». Le coach de Liverpool ne savait pas si bien dire ! Après un premier tour face à un club finlandais écarté facilement après une grosse frayeur (1-1 en Finlande et 10-1 pour le retour à Anfield), le premier test sérieux approche en coupe d’Europe des clubs champions avec les écossais d’Aberdeen, entrainé par Alex Ferguson. Liverpool va faire une excellente impression en terre écossaise et Mc Dermott va prouver qu’il est bien le joueur dont Liverpool a besoin pour gagner la coupe aux grande oreilles. Alors que Liverpool était mal en point, Paisley fidèle à sa ligne de conduite, mettait 3 titulaires indiscutables de la saison précédente sur la touche (Alan Kennedy, Case et Johnson) et par conséquence, Mc Dermott avait de nouveau sa chance de prouver à son coach toute son envie de jouer pour Liverpool. Aussitôt la machine était repartie plus efficace que jamais, plus pointue que jamais sur le plan collectif. La preuve, au bout de seulement 6 minutes de jeu, on allait assister à une impressionnante démonstration de football à une touche de balle qui jaillit des pieds des Reds : une passe instantanée de Daglish à Johnson dont la remise fut intelligemment anticipée par un Mc Dermott lancé à toute allure. Avant même que McLeish et Miller, les deux défenseurs centraux de l’équipe nationale écossaise, aient compris ce qui se passait, le footballeur de l’année était sur le ballon. Bien que déporté sur le côté gauche, assez près de la ligne de but et sur son « mauvais pied » (qui en vaut beaucoup de prétendus bon tout de même), Mc Dermott soufflait tout en touche un lob qui valait à lui seul de ce déplacer dans la froideur écossaise pour voir ce match. Ce but le voici en vidéo :


Liverpool l’emportera 1-0 et à la fin de la saison remportera la coupe d’Europe des Clubs champions face au Réal Madrid et Mc Dermott terminera meilleur buteur de la compétition. Ce but quand à lui sera nominé en Angleterre pour le but de l’année. De son passage à Liverpool entre 196 et 1982, Mc Dermott inscrira 3 buts qui seront dans cette liste. Outre celui-ci face à Aberdeen, il y eu également en 1978-79 son but contre Tottenham. Je ne vais pas parler de ce match car ce fût une boucherie (7-0 pour Liverpool) mais ce but est une merveille de contre à 200 à l’heure, à une touche de balle, le 7ème de la journée pour Liverpool à la 76ème minute. Un cauchemar pour les Spurs ce jour-là. Admirez la vitesse d’exécution collective.


Tottenham c'est une équipe qui sourit à Terry McDERMOTT, la saison suivante (1979-80) en quart de finale de la FA Cup il réalise ce petit bijou :


Et comme il n’y a peu d’honneur qui lui ont échappé, ce trophée de plus beau but de l’année, il l’avait emporté lors de la saison 1976-77 grâce à ce petit bijou plein de technique face à Everton. Non seulement Mc Dermott était décisif lors des grands matchs mais en plus il se permettait d’inscrire de buts d’anthologies, gravé à tout jamais dans la mémoire des supporters d’Anfield.


Et quand il ne marque pas, il fait marquer. Ainsi sur ce but Ray Kennedy qui sera le but de l’année en 1978-79, la passe millimétrée est de Terry Mc Dermott. Ce jour-là, Liverpool se déplace à Derby County (24 février 1979) et Terry McDermott d'une ouverture superbe, trouve Ray KENNEDY en pleine course, le contrôle est parfait, l'enchainement limpide. Ce but est fantastique car limpide et simple et pour citer John MADDEN, la référence absolue du football américain : "il n'y a pas de défense possible pour une passe parfaite". Et là c'est exactement le cas, ça va trop vite, c'est réalisé parfaitement, dans le bon tempo. On comprend mieux pourquoi Liverpool dominait alors le football européen et en voyant tous ses buts pourquoi Mc Dermott était le meilleur joueur du pays.


Terry Mc DERMOTT jouera 8 saisons de 1974 à 1982, il jouera 328 matchs, inscrira 80 buts et surtout remportera 3 coupes d’Europe des clubs champions (1977, 1978, 1981) une coupe de l’UEFA (1976), 5 titre de champions d’Angleterre (1976, 1977, 1979, 1980 et 1982) et deux coupe de la ligue (1981 et 1982). Par contre il ne remportera jamais la Cup !

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