Le bal des entraîneurs 2012-13 : Daniel SANCHEZ

Daniel SANCHEZ est né à au Maroc à Oujda (près de la frontière Algérienne) en 1953, fils de pied-noir comme bon nombre de ses semblables il suit le cours de l’histoire et arrive en France alors qu’il n’a pas encore 10 ans. Si c’est à Nîmes que ses parents s’installent et que lui commence à taper dans le ballon, c’est à l’âge de 13 que les choses sérieuses commencent lorsque ces derniers déménagent à Nice. C’est à ce moment que Daniel SANCHEZ intègre la très sérieuse école de foot niçoise, le Cavigal. Le Cavigal est uniquement un club formateur et il n’y a pas d’équipes séniors ainsi de nombreux joueurs pros sont sortis de ce centre de formation comme Robert Herbin, William N’Jo Léa, Roger Ricort et bon nombre de gardiens  comme Dominique Baratelli ou Réne Gallina pour les plus prestigieux. Bien sûr la suite logique après avoir fait toutes ses classes au Cavigal (il est international junior au passage) est de signer son premier contrat pro chez le voisin, le GYM de Nice. Nous sommes à la fin des années 70 et le GYM est l’un des plus grands clubs du championnat, avec une équipe qui est une constellation de stars. D’ailleurs Daniel Sanchez a conscience du privilège de signer dans une telle équipe son premier contrat : « A mon arrivée à l’OGC Nice, j’ai eu la chance de débuter sous les ordres d’un grand personnage du football, Jean Snella. Après deux ans comme stagiaire, j’ai signé mon premier contrat pro. Au fil de mes sept années professionnelles avec les Aiglons, j’ai émergé autour de vedettes tels Eriksson, Guillou, Bjekovic, Katalinski, Huck, Baratelli, Molitor, Hervé Revelli. Nice jouait régulièrement les premiers rôles. Nous avons pratiquement toujours été classés dans les cinq premiers, à deux reprises vice-champions de France. J’ai notamment le souvenir de matches épiques face aux Verts car nous étions souvent en bagarre pour le titre. Mon seul regret est de n’avoir jamais réussi à décrocher le titre. Et puis cette finale de Coupe de France perdue face à Nancy. Nous étions largement favoris mais un but de Platini a fait basculer la partie ».

Daniel SANCHEZ est plein de culot et entame sa carrière comme il pénètre dans les défenses adverses, en fonçant. Cet ailier droit rapide confirme toutes les bonnes dispositions entrevues lorsqu’il était junior. Lors de la saison 1973-74 il devient un titulaire indiscutable dans cette équipe de stars à seulement 20 ans. La saison suivante avec 12 réalisations en championnat il est même le meilleur buteur du club. International espoirs, il sera convoqué dans l’antichambre des bleus en A’ lors de cette saison 1975-76 où il se fera remarquer bien que jamais il ne franchira le cap supérieur. Daniel SANCHEZ sera le plus fidèle possible à ce maillot rouge et noir. S’il s’impose dans l’équipe qui est au firmament, à l'inverse il restera à Nice quand le club connaitra une période de vaches maigres et une chute inexorable. Au final, il restera 9 saisons au GYM, disputera 198 matchs de division 1 pour 47 buts, mais en 1981 il part au PSG alors que Nice connaitra la relégation après son départ. A Paris il ne s’impose pas mais remplit sa vitrine à trophées avec la Coupe de France. Mais las de cirer le banc de touche, il part chez le promu mulhousien, répondre à l’appel du projet sportif de son vieil ami et coéquipier à Nice, le talentueux Jean-Marc Guillou. Seulement le club alsacien ne se maintient pas et il est temps pour Daniel Sanchez de relancer sa carrière lui qui vient d’avoir 30 ans.

Direction le Forez et l’ancien club ennemi, l’AS Saint-Etienne. Club ennemi car au milieu des années 70, quand Nice était privé de titres c’était souvent pas ces diables verts et les matchs entre les deux formations étaient chauds, très chauds que ce soit au Ray ou à Geoffroy. Des matchs durs à arbitrer et qui ont souvent vus les bourres-pifs partir, d’ailleurs Daniel Sanchez n’était pas du genre à s’esquiver quand le ton montait ! Mais cette période est finie, Nice est en D2 et St-Etienne à la gueule de bois après l’affaire de la caisse noire. Les temps sont durs à St-Etienne, la crise est bien plus profonde qu’on ce qu’on s’imaginait et Sanchez ne peut pas sauver le bateau qui coule. Bien que titulaire, jouant son rôle d’ailier et faisant parler son expérience, malgré tout cela, l’impensable arrive pour tout un peuple, les verts descendent en division 2. Pour Daniel Sanchez hors de question de quitter le navire et il part en D2 pour faire remonter l’institution verte au plus vite mais il est sérieusement mis en concurrence par de jeunes attaquants plus rapides. Et tant pis si son expérience peut être un plus, dans les matchs de D2 au couperet, on privilégie d’abord le physique au moment de la composition de l’équipe.

Après une saison galère, Daniel Sanchez retourne sur sa Côte d’Azur. Il file à Cannes et si le club ressemble à une maison de retraite pour anciennes gloires de l’OGC Nice, Daniel Sanchez va prouver qu’il n’est pas fini. A 34 ans et pour sa deuxième saison avec l’AS Cannes, il va connaitre le bonheur de la montée en première division. Au cours d’un scénario hitchcockien comme les barrages en livraient souvent à cette époque. D’abord il a fallu aller gagner le ¼ de finale à Caen (sur un seul match et victoire 2-1 des cannois). Ensuite en demi-finale (match aller-retour) il a fallu se débarrasser de l’ogre lyonnais, bon même si Lyon à cette époque chutait chaque année en barrage (voir le sujet 1983-1987, les années noires de l’Olympique Lyonnais), donc Cannes écarte Lyon (1-0 et 1-1 à Gerland au retour) puis vient la finale des barrages face au 18ème de division 1, le FC Sochaux. Après une défaite au match aller à Sochaux 1-0, l’AS Cannes va réussir l’exploit de l’emporter 2-0 au retour dans une folie indescriptible et de valider son biller en division 1. Daniel Sanchez, joker de luxe à l’époque (il rentrait toujours en seconde période pour apporter son expérience) jubile et va arrêter sa carrière sur cette immense joie sans jamais refouler les pelouses de division 1 malgré qu’il soit toujours sous contrat. 
En effet, alors qu’il lui restait encore un an de contrat sur la croisette, Nice lui propose d’intégrer son centre, comme éducateur. De 1987 à 1990, il devient donc le coach des moins de 18 ans. En 1990, il est nommé directeur du centre de formation et entraîneur de la CFA, et ce jusqu’en 1994. Il dirigera la génération des Collet, Letizi, Ipoua…Alonzo. Mais le club azuréen est, alors, en pleine déconfiture. Il devient, tout d’abord, l’entraîneur adjoint d’Albert Emon pour l’équipe pro. On lui demande, ensuite, de devenir calife à la place du calife courant 1997. Ce challenge ne durera que six mois. En effet, le club est alors vendu et la nouvelle direction menée par M Mandaric chamboule l’organigramme en place.

Du jour au lendemain, et plus précisément en décembre 1996, il est renvoyé. Rappelons que cette direction abandonnera le club, six mois plus tard, dans un état déplorable. Daniel Sanchez décide alors de changer de culture et devient, en 1997, assistant manager, puis manager général, l’année suivante, du club des Nagoya Grampus Eight, au Japon. En 2000, il prend une année sabbatique. En 2001, il intègre le staff des Girondins où il reste pendant deux ans comme superviseur-recruteur, adjoint d’Elie Baup. Courant 2003 jusqu’à juin 2004, il mène une courte expérience comme entraîneur général de l’académie de Moscou. En juin 2004, Baup, passé chez les verts, fait appel a lui pour devenir son premier adjoint. Il ne suivra pas ce dernier à Toulouse et commencera la saison 2006/2007 sans club. Pas pour longtemps puisque le FC tours fait appel à ses services. Bien que le club soit en national, Sanchez accepte le challenge et son passage à Tours mérite qu’on s’y attarde pourquoi ? Parce qu’en 2007 il fait venir un jeune défenseur inconnu du public, Laurent Koscielny et ce n’est pas fini la saison suivante alors que Tours a retrouvé la ligue 2 comme une simple formalité, il ait venir d’Istres, un attaquant en manque de réussite et de confiance, Olivier Giroud. Olivier GIROUD sous la houlette de son nouvel entraineur, ancien attaquant de haut-niveau explose et va terminer meilleur buteur et meilleur joueur de la ligue 2 en 2010 (il répètera le même doublé en 2012 mais en ligue1 cette fois, voir le sujet les trésors de la D2 : Olivier GIROUD). Cette même saison, Daniel Sanchez est lui élu par France Football meilleur entraineur de ligue 2. Bien qu’il ait vu ses meilleurs joueurs partir en Ligue 1 Sanchez reste à Tours qui est devenu une des meilleures formations de Ligue 2 et c’est à la fin de l’exercice 2010-11 qui l’est appelé à Valenciennes pour remplacer Philippe Montanier.

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