Ça balance pas mal à Paris par Pierre LITTBARSKI

Le Racing Club de Paris façon Matra et son patron Lagardère c’était un rêve fou. Et quand le club a retrouvé la division 1 au terme de la saison 1985-86 on vivait déjà dans la capitale au rythme des rumeurs de transferts folles comme si les qataris étaient déjà dans la place. Lagadère voulait faire revenir Platini en France mais se dernier rêvait d’Amérique (il finira finalement sa carrière à la Juve, La famille Agnelli refusent de perdre son joyau) alors au Racing on s’est rabattu excusez du peu sur les Luis Fernandez, Enzo Francescoli et Pierre Littbarski. Pierre LIttbarski en France c’était un coup énorme, un des meilleurs attaquants du monde (vice-champions du monde 1982 et 1986) qui affolait déjà les défenseurs de division 1. Mais la mayonnaise n’allait jamais prendre et dès l’entame de la saison suivante, l’attaquant allemand ne souhait qu’une chose quitter Paris et la France. Finalement après de longues négociations, Littbarski obtiendra gain de cause dans des conditions jamaies vues pour partir. En tout cas aussitôt rentré au pays, « Litti » n’a pas hésité à vider son sac et vous allez voir ça balance pas mal à Paris comme chantait Michel Berger. « Vous voulez savoir la somme? Je dois payer une amende de 50 000 F. Cela m'est imposé par une clause de mon contrat. De plus, j'ai prêté de l'argent au FC Cologne pour qu’il puisse racheter mon contrat.. ». Evénement unique dans le football, un joueur accorde un prêt à son club! Peu importe la somme, un million ou 2,4 millions de francs, peu importe le taux d'intérêt (on parle de 5 %), l'anecdote prouve combien Pierre Littbarski avait le mal du pays.

Dès son retour en RFA,  « Litti »  n'a pas été avare de confidences : « Au Racing, on ne m'a jamais accepté. J'espérais que, cette année, ça irait mieux, mais rien n'avait changé. Au cours des deux premiers matches, on ne m'a quasiment donné aucun ballon. Le Racing reste une troupe de mercenaires qui ne fera jamais une équipe. Les buts que nous avons marqués la saison dernière ont été le résultat d'actions Individuelles. Les combinaisons, le jeu collectif n'ont Jamais existé, Chacun voulait se mettre en valeur et empêcher l'autre de briller ». Ses premiers mois à Paris, Littbarski les évoque comme un cauchemar : « Au départ, il y avait trois ou quatre hommes qui semblaient décidés à ne pas se laisser faire, mais, au bout de quelques semaines, tout le monde s'est tu. Les nouveaux dirigeants sont allés chercher un deuxième Uruguayen, sans aucune explication. Je pense que cela avait un rapport avec les affaires de Matra. Puis on a vu défiler trois entraîneurs en quatorze mois. Tout cela prouve que l'organisation n'était pas très professionnelle ». 
Un manque de sérieux Que l'International allemand a constaté en d'autres domaines : « J'ai dû chercher ma maison moi-même, personne ne m'a aidé, au club. Et, pour comprendre mon contrat de location, je me suis débrouillé pour trouver un interprète ». Littbarski estime ne pas avoir échoué au plan sportif : « Je vais, d'ailleurs, très vite prouver avec Cologne que Je n'ai rien perdu de mes qualités de footballeur. Le Racing est un club trop artificiel, où l'amitié et la chaleur humaine n'existent pas. Voilà, au fond, ce qui m'a poussé à partir ». Même si Littbarski reconnait qu'avec l'arrivée d'Artur Jorge la situation est en train de s’améliorer.

Mais la déception était trop profonde. « L'absence de véritable professionnalisme, que je déplorais parmi les dirigeants, se retrouvait également au niveau de l'équipe. On fumait dans les vestiaires, on faisait circuler des journaux turfistes. Au cours d'un stage, Luis Fernandez et plusieurs joueurs sont partis, à 2 heures du matin, parier dans un bistrot. L'entraîneur en a été témoin et n'a rien dit. Fernandez avait pris des habitudes de vedette. Certaines semaines, il n'est venu que trois fois à l'entraînement, et personne n'a osé lui demander les raisons de ses absences. Bref, le travail n'était pas sérieux ». Pierre Littbarski est amer, très amer, De ses fréquents voyages en RFA, il rapportait souvent pour les autres des produits moins chers qu'en France. Il s'occupait aussi de faire venir des chaussures allemandes que les professionnels préfèrent à celles made in France. « Eh bien! Malgré tous ces menus services, on ne m'adressait Jamais la parole ! J'essayais de comprendre la langue, en dépit de la vitesse à laquelle ils parlaient, mais personne ne m'a aidé. J'étais là sans y être. Mon seul copain était Philippe Mahut et un des jeunes, qui ne faisait pas partie des titulaires ». Les soirées à la maison, près de Saint.Germain-en-Laye, se passaient le plus souvent devant le téléviseur, à regarder les programmes allemands, que Pierre Littbarski pouvait capter grâce à une antenne parabolique. « Je suis heureux d'être de retour à Cologne. Jusqu’au dernier moment, je doutais encore que le transfert se réalise. Franchement, je ne croyais pas que le Matra Racing accepterait deux matches amicaux et 8,4 millions de francs au lieu des 10,2 millions initialement demandés ». Pour payer cette somme, Cologne a décidé d'augmenter le prix des places pour les matches face à Stuttgart et au Bayern. D'autre part, de nouveaux supporters, séduits par la rentrée de « Litti », ont rejoint les rangs des abonnés. La « galère » Racing terminée, un contrat de trois ans à Cologne signé, Littbarski a-t’iI renoncé à opérer un jour dans un club étranger ? « Non, non! J'ai connu une autre mentalité, appris une autre langue, je me suis endurci. Finalement, l'expérience n'a pas eu que des aspects négatifs. Pourquoi pas l'étranger, de nouveau, plus tard ? Mais jamais plus le Racing. Ça, c'est sûr ! ». Et Littbarski tiendra parole car il terminera sa carrière au Japon, où pour le dépaysement il sera servi.

3 commentaires:

  1. Ben bel article, fort intéressant.
    Une pierre de plus dans le jardin de Luis... m'étonne guère. :/

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  2. "l'autre uruguayen", c'était pas plutôt Ruben Paz ?

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  3. J'adorais ce joueur. Dans mon onze-type "retraités" je pense.

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