Ariel "El Burrito" ORTEGA

C’est officiel, Ariel ORTEGA a décidé d'arrêter sa carrière mais vous savez je me méfie avec ces numéros 10 argentins qui ont tendance a faire le coup du come back aussi souvent que notre Charles Aznavour (déjà 3 tournées d’adieu en attendant la 4ème). Certains m’ont reproché de ne pas avoir fait de sujet quand Juan Sébastian Veron a raccroché en mai dernier mais comme il avait déjà fait le coup un an plus tôt je me méfiais. Bien m’en a pris parce que la "Brujita" a rempilé pour la nouvelle saison en 3ème division pour dépanner un ami dirigeant. Il y a aussi le cas Juan Roman RIQUELME où je me suis peut être excité un peu vite à l’annonce de son retrait (voir le sujet : Le Top Ten de la carrière de Juan Roman RIQUELME) alors qu’on parle de plus en plus de sa venue au Brésil (Cruzeiro ou Flamengo voir un troisième larron). Mais pour Ariel "El Burrito" ORTEGA je crois que là je ne prends pas trop de risque en lançant le topic sur sa carrière et aujourd’hui il est vraiment dans la catégorie : Old School. "El Burrito", le petit âne,  un joueur qui ne peut pas laisser indifférent et j’ai toujours adoré cette anecdote avec son père lors de son essai à River Plate, mais avant un petit retour sur ses premiers pas de footeux. Il faut savoir qu’Ariel Ortega vient d’une région très pauvre, tout au nord de l’Argentine, la province de Jujuy collée à la frontière Bolivienne. Il grandit dans une petite ville de la province qui a un nom pas nationaliste pour un sou : Libertador General San Martín. Là_bas, ORTEGA joue dans le club local de l’Atlético Ledesma. C’est dans ce club perdu tout au nord de l’Argentine que les scouts de River Plate vont repérer ce génie du ballon, capable de dribler toute l’équipe adverse avant de marquer dans le but vide. Du coup le recruteur emmène avec lui, le petit Ariel pour un essai à Buenos Aires et s’il est concluant le jeune prodige pourra intégrer le centre de formation du club le plus riche du pays alors.

Avant de partir Ortega se rappelle du conseil de son père : « surtout fait pas ton numéro, n’essaye pas de dribler tout le monde et passes ton ballon ». Arrive le jour fatidique et le premier bout de match d’Ortega devant ses superviseurs, Ortega se rappelle bien qu’il avait toujours les mots de son père en tête lorsqu’il reçu un de ses premiers ballons mais là il ne su pas faire autre chose que de partir dans un slalom fou de dribler 5 défenseurs et de marquer le but. Sur le banc de touche la décision était prise le gamin porterait le maillot de River. Nous sommes en 1988 et 3 ans plus tard à 17 ans seulement, Ariel est lancé dans le grand bain de la Primera Divsion avec l’équipe fanion. L’entraineur de River, Daniel Passarella le lance face à Platense (le club formateur de David Trézeguet) le 14 décembre 1991. Lors de cette première année il remporte avec River également son premier titre (tournoi d’ouverture 91). Il faudra tout de même attendre un an et demi pour qu’il marque son premier but (5 juillet 1993) contre Quilmes pour une victoire 3-1 de River au Monumental. Ariel vient de fêter ses 19 ans et il est devenu un titulaire à part entière de River. Il est même le maitre à jouer de l’équipe qui remporte le tournoi d’ouverture 1993, le second titre de sa carrière. Surtout il est déjà international, il profite des balbutiements de la carrière de Diego pour égrainer ses premières convocations avec l’Albiceleste. Pour les supporters de River il est déjà un grand et sa performance de haute volée à la Bombonera le 30 avril 94 (1 mois avant le début de la coupe du monde aux USA) reste dans toutes les mémoires. Ortega joue un match parfait et River s’impose 2-0 chez son plus grand rival avec un but et une passe décisive pour "El Burrito". Si l’Argentine connait déjà très bien ce jeune prodige, le monde entier va le connaitre dans une situation trop incongrue pour juger de son réel potentiel au plus haut niveau. Après 2 matchs quasi-parfait, l’Argentine va voir son mondial se stopper net quasiment avec la suspension pour dopage de Diego. Lors des deux matchs suivant face à la Bulgarie puis la Roumanie, c’est Ortega qui remplace l’idole mais l’équipe d’Argentine est un fantôme sur le terrain et deux défaites plus tard rentre au pays. Ortega ne se laisse pas abattre par l’énorme déception de cette élimination prématurée et rebondit encore plus fort avec River Plate, surtout que l’équipe va connaitre un prompt renfort.

En 1995, l’équipe dirigé par Ramon Diaz voit le retour de l’enfant prodigue, Enzo Francescoli, las de ces années européennes. L’animation du jeu repose sur les deux épaules de ces footballeurs de génie que sont  "El principe" et "El Burrito" surtout que devant en plus il y a un certain Hernan Crespo. River Plate est irrésistible et est de loin la meilleure formation du continent. En toute logique, en 1996, River remporte sa seconde Copa Libertadores de son histoire (10 ans jour pour jour après la première). Mais l’Amérique du Sud ne suffit pas à cette équipe et elle va devenir championne du monde en remportant la Coupe Intercontinentale face à la Juentus de Turin de Zidane, Deschamps et autre Del Piero. A partir de là impossible pour River Plate de garder sa pépite plus longtemps face aux sirènes européennes. Ortega part en Espagne et signe au FC Valence avec la lourde tâche de remplacer Romario qui est rentré au pays après une pige, très controversée du côté de Mestalla. En Espagne l’adaptation va mal se passer et Ortega s’accommode très mal avec le système de Claudio Ranieri et avec le bonhomme aussi. Ortega ne joue pas et pourtant quand il joue il marque, ses 7 buts en seulement douze rencontres de la fin de saison 96-97 l’atteste (Ortega est arrivé au mercato d’hiver) et ce bilan comptable est son meilleur avocat mais cela ce suffit pas aux yeux du technicien italien. Qui le mais sur le banc de touche toute la saison suivante, Ortega se contente de quelques sorties en fin de match, trop peu pour son statut international. Alors se pose la question ou non de sa participation au mondial 98 en France ? Heureusement pour "El Burrito" le sélectionneur de l’Argentine est Daniel Passarella, le même qui l’avait lancé dans le grand bain à River. L’entraineur deux fois champion du monde, donne une chance en amical, juste avant de composer son groupe, à Ortega pour un match amical en Irlande. Ortega a la double bonne idée de ne pas se laisser pousser les cheveux (jurisprudence Redondo qui interviendra quelques jours plus tard) et surtout de marquer ce but fantastique :


L’Argentine arrive en France avec un solide statut de prétendant à la victoire finale, d’autant que le premier tour se passe sans accroc et que les deux meneurs, Veron et Ortega régale le public par le jeu de passe. Ortega dans une équipe qui maitrise parfaitement « el Toque » s’avère une arme redoutable par sa force de pénétration, ses deux buts face à la Jamaïque sont des modèles du genre :


Mais le héros va devenir maudit, lors d’un quart de finale à Marseille face à la Hollande. L’Argentine et les Pays-Bas sont à égalité 1-1, nous sommes en fin de match et Battistuta vient d’envoyer un ballon sur la barre qui au lieu de qualifier les argentins transforment leurs nerfs en bouilloire. Ortega comme les autres seulement de dernier commettra la bêtise de répondre aux provocations grossières de Van Der Saar. Ortega lui colle le crâne au menton et tel Bilic face à Blanc, le géant hollandais s’écroule dans une pastiche d’actor studio. L’arbitre voit rouge et Ortega quitte ses copains à quelques minutes des prolongations, des prolongations qui ne viendront jamais car les mouches ont changé d’âne et le génie de Bergkamp allait frapper une fois de plus. Sale année pour Ortega, qui n’a pas joué en club et qui vient de crever lui-même sa bouée d’oxygène qu’était la sélection. Mais le bonhomme a encore une solide réputation et ses problèmes d’alcool ne font pas encore trop surface.

Direction donc le Calcio et la Samdporia de Gênes, hélas pour lui le club n’est plus ce qu’il était et il arrive dans une formation qui joue sa peau la peur au ventre. Dans cet effectif amorphe, Ortega détonne, tentant et réussissant des gestes incroyables. Dans une formation à l’agonie il est la seule véritable attraction pour le public génois. 8 buts en 27 matchs, dont certains fantastiques contre les ténors du Calcio (coup franc de fou face à la Juve, un lob d’une incroyable technicité face à l’Inter) si bien qu’à la fin de la saison quand la Samp descend en série B, Ortega voit les portes des plus grands clubs s’ouvrir à nouveau devant lui. Il choisit Parme, tout récent vainqueur de la coupe de l’UEFA et succède ainsi à son compatriote Veron partit faire les beaux jours de la Lazio. Mais à Parme la magie n’opère pas et après une saison Ortega à la mal du pays et effectue son premier retour à River Plate. Nous sommes au cœur de l’été 2000. Il intègre ainsi une formation de rêve et est associé avec de grands espoirs du foot argentin que sont Pablo Aimar et Javier Saviola mais cette génération ne gagnera aucun tournoi. Il faut attendre deux ans et voir les jeunes d’Alessandro et Cavenaghi remplacé les Saviola et Aimar partis en Espgane pour voir River de nouveau gagné un tournoi (Ouverture 2002). En 2002 après son 5ème titre de champion d’Argentine, il retourne en Europe à Fenerbahçe, pour un contrat très juteux comme on dit. Un contrat juteux certes mais que ne respecte pas Ortega qui refuse de rejouer avec le club turc après de bons débuts pourtant. La FIFA ne plaisante pas et Ortega est suspendu un an pour avoir refuser d’honorer son contrat et posé sa démission.  On le retrouve donc en 2004 où il revient au pays à Newell Old Boys, la première saison se passe merveilleusement bien et Newell’s emporte le tournoi d’ouverture 2004 mais la suite de sa carrière ressemble énormément à la fin de carrière de son idole Maradona. Les 8 dernières années sont mêlées de coup d’éclat, de scandales extra-sportifs, de cure de désintoxication et d’éternel come-back. Ortega c’est un artiste du ballon rond et on pourrait dire un artiste déchiré sans mauvais jeux de mots même si l’alcool a une influence négative sur sa carrière et sa vie. A noter quand même le come back à River en 2006, le 3ème et un nouveau titre de champion en 2008 après ce dernier sacre il sera obligé de partir après de nombreux frasques liés à sa consommation abusive d’alcool. Il fait en 2009 après une cure de désintox un 4ème come back à River mais c’est celui de trop. Finalement il finira sa carrière en deuxième division et connaitra tout de même en 2010 l’honneur d’une nouvelle sélection, un cadeau de fin de carrière de son ami Maradona le sélectionneur ? En tout cas 19 ans après ses débuts avec l’Albiceleste il honore sa 87ème sélection et ça c’est assez impressionnant. Enfin pour conclure sur une note artistique voici un Top Ten mais pas n’importe lequel, le Top Ten du geste qu’il maitrisait quasiment à la perfection le lob ! Voici 10 lobs (ou pichenettes) incroyables :

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