Les trésors de la D2 : Zdenek NEHODA


Comme on l’a vu dans le dernier sujet, un champion d’Europe 1976 est venu jouer dans notre D2 en la personne d’Anton ONDRUS au beau milieu des années 80. Mais il n’est pas le seul des héros de Belgrade à être venu se paumer dans nos Alpes à cette période. On a vu dans cette formidable équipe de Tchécoslovaquie le capitaine ONDRUS, le tireur depéno PANENKA et là c’est au tour du buteur de l’équipe, l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du football tchèque, Zdenek NEHODA qui partit s’enterrer à Grenoble lui. NEHODA c’est la vedette de la sélection tchécoslovaque dans les années 70, le buteur insatiable, l’attaquant technique. NEHODA c’est un joueur doté d’une remarquable technique des deux pieds si bien qu’on n’arrive pas à savoir s’il est naturellement droitier ou gaucher. Il possède une couverture de balle exceptionnelle et ses coéquipiers n’hésitent pas à le rechercher dans n’importe quelle position et surtout dos au but. Dans la surface c’est un poison pour les défenseurs, il faut défendre debout car sinon le pénalty arrive tout de suite avec cet attaquant habile et un poil truqueur qui se sert aussi bien de ses mains que de ses pieds pour provoquer les fautes. Roublard il sait se muer en renard des surfaces pour finir le boulot et sait bien flairer les coups. Son allure dégingandée est trompeuse car il beaucoup plus vite qu’il n’en donne l’impression et est redoutable dans le jeu de tête. En fait il possède une palette de jeu très large pour cet attaquant multi-fonction et c’est pour ça qu’il est un des plus dangereux d’Europe. Longtemps recordman des sélections avec la Tchécoslovaquie (90 sélections entre 1971 et 1982) il est le second meilleur buteur de l’histoire du football tchécoslovaque avec 31 réalisations, à 3 longueurs derrière Antonin PUC vedette des années 30 et qui disputera une finale de coupe du monde avec la Tchécoslovaquie (1934). 31 buts mais le plus important reste sans aucun doute celui qu’il inscrira en demi-finale de l’Euro 76, quand en prolongations il redonne l’avantage aux siens face aux hollandais de Cruyff. Ce but le voici en vidéo :

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Attaquant vedette de Dukla Prague, il va faire quasiment toute sa carrière avec ce grand club qu’il ne faisait pas bon de rencontrer en coupe d’Europe. 3 fois champions, deux fois vainqueurs de la coupe de Tchécoslovaquie, il sera à titre individuel trois fois meilleur buteur du championnat et élu deux fois footballeur de l’année dans son pays (1978 et 1979). Un exploit quand on sait que le gardien Ivo VIKTOR trustait ce trophée dans les années 70, il figure ainsi au tableau des légendes tchécoslovaquies ayant remporté ce trophée comme le ballon d’or Josef Masopust ou encore Antonin Panenka, Ivan Hasek, Lubomir Moravcick, Tomas Skurhavy, Karel Poborsky, Patrik Berger et Pavel Nedved pour ne citer qu’eux. Mais passer 30 ans il peut faire valoir ses droits à l’exil donc en 1983 il part pour l’Allemagne et s’exile dans un modeste club de division 2, le SV Darmstadt 98. Personnellement je ne connaissais pas et je ne sais pas pour vous ? Il reste une saison et demie puis part faire une pige discrète au Standard de Liège. Rien de concluant et un an après son ancien capitaine en sélection, ONDRUS, il part le rejoindre en région Rhône Alpes.

Mais pas en division 1, pas à St-Etienne ou Lyon mais à Grenoble dans notre bonne vieille division 2 à 2 groupes. IL faut dire que la région Rhône Alpes est fourni à l’époque en club de D2, l’ASSE, l’OL, Thonon les Bains, Valence et Grenoble ça en fait du derby. Bon comment Grenoble a-t-elle réussit à attirer à l’époque le recordman des sélections de son pays ? Sûrement qu’Ondrus lui a vanté la qualité des pistes de skis de la région et deux trois bonnes tables où on sert la Fougne traditionnellement c'est-à-dire « à l'étalée »  sur une tranche de pain de campagne avec tous les restes de fromage de l'année, que l'on fait macérer avec du gras, des couennes, et de l'alcool de bois pendant deux ou trois saisons. Comme lui a dit Anton ONDRUS il n'y a rien de tel pour se refaire une bonne santé lui qui a 32 ans commence à avoir de la bouteille. Grâce à la Fougne et bien que dans une équipe médiocre, Nehoda plante sa douzaine de buts par saison mais ses beaux jours sont derrière lui et il faut dire que contrairement à Ondrus il joue dans une équipe de bas tableau qui finit la seconde saison bon dernier de son groupe. Plutôt que d’aller batailler en division 3, Nehoda préfère raccrocher définitivement et finir sa belle carrière dans les pâturages.
Pour ceux qui font l’albumOSP-EURO 1972-1992, voici la vignette de Zdenek NEHODA, la n°62

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