L’étonnant destin de Giorgio CHINAGLIA

Retour sur l’incroyable parcours de ce joueur qui fera les beaux jours de la Lazio de Rome et des Cosmos de New-York mais qui arrivera à chaque fois à se fâcher avec tout le monde pratiquement partout où il est passé.

Tout débute au….Pays de Galles
Et oui aussi étonnant que ça puisse paraitre ce Toscan de naissance a passé sa jeunesse au Pays de Galles et fait ses débuts professionnels en 1964 à l’âge de 17 ans avec le club gallois de Swansea. Le club de Swansea Town AFC évolue alors en seconde division du championnat anglais mais le bouillonnant toscan décide de retourner sur ses terras natales et à 19 ans il fait ses valises et va explorer les bas fonds de la série C italienne. Bon le chemin du retour au pays ne passe sous aucun arc de triomphe et les étapes se nomment Massese et Internapoli, deux modestes clubs sans ambitions qui évoluent dans les méandres de la troisième division italienne. Deux clubs trop modestes pour le talent de notre CHINAGLIA. Au milieu des bourrins et des traines savates, Giorgo Chinaglia dénote et se fait vite remarquer par un club de série A et pas n’importe lequel, la mythique Lazio de Rome.

De la Serie C au Scudetto
Nous sommes en 1969 et Giorgo s’apprête à souffler ses 22 bougies, si sa carrière au haut niveau débute réellement lors de cet été 69, il débarque dans un club romain qui est loin de son lustre d’antan. Pire la Lazio connait même les affres de la relégation en série B à l’issue de l’exercice 70-71. Mais c’est un mal pour un bien et les dirigeants laziale à partir de cet échec vont reconstruire une équipe avec en maitre de proue : Giorgio CHINAGLIA. La Lazio fait l’ascenseur et remonte dans la foulée et Chinaglia, étincelant tout au long de l’année sur les terrains de Serie B (meilleur buteur du championnat avec 21 réalisations) connaît les honneurs de la sélection, le 21 juin 1972, contre la Bulgarie à Sofia. Il devient à cette occasion le premier joueur international italien opérant à l'échelon inférieur et pour mieux couronner la fête, Chinaglia s’offre le luxe de marquer pour sa première cap. A Rome, la Dolce Vita continue la saison suivante, la Lazio termine 3ème pour ses retrouvailles avec l’élite à deux encablures seulement de la Juventus, sacrée alors reine d’Italie. Mais sur sa lancée, la Lazio remporte la saison suivante le scudetto an nez et à la barbe de toutes les grandes écuries.
Un exercice 1973-74 complet pour la Lazio et Chinaglia qui avec 24 réalisations termine meilleur buteur du championnat. Il devient l’idole de tous les tifosis, surtout que cerise sur le gâteau c’est lui qui offre la victoire 2-1 dans un derby mémorable face au voisin gialorosso. Le but de la victoire face à l’AS Roma a été immortalisé dans un cliché devenu célèbre. La vignette ci-dessous de la célébration du but victorieux est extrait d’un album sur l’histoire de la Lazio et pour témoigner de son important dans le cœur des tiffosi lazziale, le cliché est présent deux fois dans l’album !!
Avec un scudetto et une couronne de capocannonieri, Chinaglia est évidemment du voyage en Allemagne pour la coupe du monde 1974. L’Italie ne brille pas outre-Rhin mais surtout Chinaglia va commencer à faire parler de lui hors des terrains et étaler son mauvais caractère. Chinaglia et le sélectionneur Valcareggi ne sont pas du tout sur la même longueur d’ondes et notre attaquant romain lui fait savoir en lui montrant son majeur accompagné d’un doux « vaffanculo ». Bon en partant Chinaglia claque bien fort la porte de la sélection et stoppe sa carrière international à 14 apparitions et 4 buts. Le retour au pays ne se passe pas forcément bien non plus, la Lazio patine et Chinaglia balbutie son football et n’arrive plus à claquer autant, 14 et 8 buts lors des deus saisons suivant son retour d’Allemagne. Le torchon brûle avec les dirigeants et aussi les tifosis, qui voient d’un mauvais œil son divorce avec la Squadrra Azzura. Si bien qu’à seulement 28 ans, Chinaglia va traverser l’Atlantique pour faire comme bon nombre d’Italiens et s’installer à New-York. Chinaglia va alors vendre (très bien) ses services aux Cosmos de New York.

Le roi de New-York
Des joueurs réputés les NASL en signe des dizaines à coups de millions de dollars mais ce qui est étonnant c’est que contrairement au Pelé, Beckenbauer, Cruyff, Neeskens ou autre Gerd Muller et George Best, Giorgo lui à moins de 40 ans, il a même moins de 30 ans !! Dans un championnat où se croise vieilles gloires européennes en pré-retraite et jeunes loups d’Amérique du Sud, Chinaglia va se créer une histoire, une légende à New York. 
Coéquipier de Pelé, Beckenbauer et Neeskens mais aussi des jeunes paraguayens si talentueux que sont Romero et Cabanas, Chinaglia marque l’histoire du soccer aux Etats-Unis, 4 titres de champions avec le Cosmos, 5 couronnes de meilleur buteur de la ligue au pays roi des statistiques. Chinaglia est couronné en 1976 (19 buts), 1978 (34 buts), 1980 (32 buts), 1981 (29 buts) et 1982 (20 buts), en 1981 il est même élu meilleur joueur de la ligue, il succède dans ce palmarès, à quelques noms plutôt prestigieux, Pelé (1976), Beckenbauer (1977), ou Cruyff (1979). Ça claque quand même dans le C.V et Chinaglia termine paisiblement sa carrière à New York avec au final un bilan de 242 buts en 254 matchs de championnat, avec cette statistique à la Gerd Müller il est le meilleur de l’histoire de la NASL et puis parmi ses 242 buts il y en a certains qui valent leur pesant de cacahuètes, comme celui-ci assez incroyable :
Mais bon tout n’a pas été aussi rose que ça pour Chinaglia dans la grosse pomme, tout d’abord il n’a jamais été adopté pas la communauté italienne si présente à New York, sa sortie de route avec la sélection étant décidément une pilule trop amère à avaler pour les tifosis. Les altercations avec les supporters étant assez régulières. Mais c’est surtout dans après avoir raccroché les crampons que Chinaglia va connaitre pas mal de souci. En 2006 et 2007 il a été mis en examen pour détournement de fonds alors qu’il était dans l’entourage de l’équipe dirigeante de la Lazio de Rome. La justice italienne dans cette affaire lui reproche ses relations privilégiées avec la Camorra, à savoir la mafia napolitaine. Par contre je ne sais pas où en est l’instruction mais je sais qu’il était pas bien on lui reproche entre autres d’avoir fait disparaitre 4.2 millions d’euros, rien que ça…

4 commentaires:

  1. A etre précis, le premier Azzurro en tant que jouer disputant la Serie B a été Raffaele Costantino, aile droite de Bari des années '20-'30. En tout cas, pas mal non plus pour Chinaglia avoir été le second de trois seulement.

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  2. Bien joué parce que j'avoue que j'étais pas remonté aussi loin que toi. j'aime ces compléments dans les commentaires !! ça enrichit le sujet. Merci mon cher numero_6 ;-)

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  3. Giorgio Chinaglia, ancien buteur de la Lazio et des New York Cosmos, est mort à l’âge de 65 ans. Le 1er Avril 2012..
    :(

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  4. Giorgio Chinaglia, ancien buteur de la Lazio et des New York Cosmos, est mort à l’âge de 65 ans. Le 1er Avril 2012...

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