Georget BERTONCELLO, l’histoire d’un zèbre qui a fini derrière les barreaux


Dans le sujet des Trifons Belgesde 1977 je vous parlais de BERTONCELLO un joueur au physique de Bulldogue, je vous avais promis que le joueur méritait un sujet rien qu’à lui et croyez moi c’est pleinement justifié. Car si le joueur a un physique de joueur de corpo, vous savez le genre de gars qui vient jouer le dimanche matin avec les collègues pour se donner bonne conscience. Le tout avant un bon gueuleton, précédé comme il se faut, de moult apéros ! Et bien si BERTONCELLO à première vue vous fait penser à ce genre de joueur il en fût  tout autrement dans les années 70. A cette époque Georget BERTONCELLO va enflammer le public du RSC Charleroi par sa technique et surtout son foutu caractère ! Tout commence assez rapidement, en 1967, ce talent exceptionnel commençait à arpenter tous les principaux stades  belges. Tout  commençait très vite pour ce fils d’immigré italien. A peine âgé de onze ans, il inscrivit six buts lors d’un "lever de rideau" d’une rencontre qui allait opposer le Sporting à l’Antwerp. La grande aventure pouvait débuter. Il ne restait plus qu’à signer une licence.  Sa première rencontre en équipe fanion, il la disputa contre Merksem en seconde division, mais c’est contre Alost qu’il inscrivit son premier but officiel sous les couleurs zébrées. L’anti-chambre était trop étroite pour ce prodigieux joueur. Les dirigeants du RFC Liégeois l’avaient bien compris. Visionné à plusieurs reprises, il était dans le collimateur du club de Liège et se dirigea tout naturellement vers la première division belge. Avec ce club qui jouait les premiers rôles, Bertoncello allait découvrir le charme des soirées européennes. C’est ainsi que son destin allait croiser des clubs huppés comme l’Atlético Madrid, Valence, Leipzig, Nantes ou encore Moenchenglabach.

Mais en 1967, il va définitivement devenir une idole de tout le peuple zèbre. Charleroi remonte en première division et BERTONCELLO revient alors dans son club, c’est le retour de l’enfant prodigue au pays.  « Berto » de retour, c’était l’assurance de voir les affluences grimper et les journalistes se frottaient déjà les mains, rien qu’à l’idée de rédiger des articles sur le feu follet attaquant. L’homme au physique de cuistot (propos de Jan Van Der Linden) allait  faire trembler les défenseurs adverses. Il atteignait le sommet de son art grâce à  un « gauche » magique. 80 kilos pour 1 mètre 68, mais rien que du muscle si on écoute les supporters de Charleroi, une panse remplie de bières dans les tribunes adverses. Il ya débat mais le bonhomme ne laisse pas indifférent surtout qu’il multiplie les frasques et les déclarations tapageuses, du genre : « Au départ , j’étais droitier, mais c’est mon père qui a travaillé mon gauche. Je lui dois tout ; mes entraîneurs n’ont rien compris du tout » et après sa carrière, le bonhomme continue de se faire des amis : «  Les cartes jaunes faussent les rencontres. Le règlement de l'UB le dit en son article 115 (je crois) : coup de pied volontaire... c'est l'exclusion !! Maintenant, quand l'arbitre est un peu copain avec l'autre... Sans compter les deux poids, deux mesures entre Flamands et Wallons. ». 

Mais BERTONCELLO enflamme chaque rencontre, les spectateurs viennent au stade pour voir ses dribbles et notamment sa spécialité : le petit pont. Son empreinte est tellement forte qu’en 2000 il sera élu joueur du siècle à Charleroi, zèbre du siècle ! Il faut dire que ses frasques y sont autant que pour ses exploits ballons au pied, la plus célèbre restant celle où il s’est assis sur le ballon. Voici l’histoire raconté par un supporter des zèbres et ensuite la version de Bertoncello lui-même, c’est épique. Les faits vu par un supporter : on ne peut passer sous silence la célèbre exclusion face au RWDM  des œuvres de Fred Delcourt . Celui-ci s’était « troué » en offrant un coup de réparation aux fusionnés bruxellois . C’était la glorieuse époque des De Brée , Martens, Boskamp, Teugels,…Après la transformation du penalty, Bertoncello s’était assis sur le ballon , ne voulant pas reprendre le jeu de suite. Delcourt s’est approché de lui et lui a exhibé un carton rouge ; C’était le sixième reçu des mains de cet arbitre. Cela doit être un record du genre. Personne ne comprenait la sévérité de l’homme en noir, pas même le public qui applaudissait notre « artiste » à sa sortie. Les membres de la commission de discipline allaient trancher en punissant le joueur « zébré » pour une rencontre. Là, on avait compris la plaisanterie et l’humour d’un joueur apprécié par tout son entourage. 
Folklorique mais attendez l’explication du principal interésse bien des années après : « On était allé à Molenbeek. Si le club bruxellois gagnait, il devenait champion de Belgique. Tu peux t'imaginer quel bazar ! Des Johan Boskamp et tout le machin. On arrive, on n'avait rien à perdre et rien à gagner, alors on a joué et après 3 minutes, Böhmer a inscrit le premier but de la partie : 0-1 ! Et ça changeait tout, car on ne jouait pas pour être champion. Nous étions 8e au classement. Les Bruxellois commencent alors à avoir les gouttes et ils s'usent à courir après le ballon. Nous on s'amusait. La première mi-temps se termine ainsi. Dans le couloir, il y avait des bouquets de fleurs, des coupes et des bouteilles de champagne. Tout était prêt. Au fur et à mesure que les minutes s'égrenaient en seconde mi-temps, les Molenbeekois s'énervaient et devenaient méchants. A 9 minutes de la fin : mêlée devant notre gardien et penalty ! Les esprits s'échauffaient parmi les Zèbres (Bauduin, Huttmacher, Roosbeek..). Et, pour une fois, moi je suis calme, je ne bouge pas. Penalty, shoot et goal ! Les Bruxellois s'empressaient de remettre le ballon au centre. Gorez et moi faisions en sorte de faire traîner l'affaire. Willy Wellens, leur centre-avant, me dit avec beaucoup de fougue «Et alors mon gros, ça y est ?». Les esprits s'échauffent, l'arbitre fait reculer tout le monde et m'ordonne de relancer le cuir. Alors, je me suis assis sur le ballon. C'est à ce moment-là que Delcourt sortit un carton que je croyais jaune, mais qui fut rouge. Là, j'étais hors de moi et j'ai couru après pour le traiter de tous les noms. A 3 minutes de la fin, le score était toujours de 1-1. C'est le moment qu'a choisi Delcourt pour mettre mon copain GOREZ également dehors. Fin de la rencontre sur un match nul. Nous étions contents... eux, avaient une tête jusque par terre. On arrive dans le tunnel où l'arbitre devait passer. GOREZ et moi étions en courte culotte et torse nu. J'étais mieux avant : pas avec ... [il montre son ventre]. J'ai commencé à crier dessus et l'injurier « T'arrive, c*** !». Il longeait les murs. Colson était dans ses petits souliers et tentait de me calmer. Je voulais l'étrangler ce Delcourt, qui a réussi à s'enfermer dans les vestiaires. J'ai tambouriné de violents coups de pied dans la porte. J'ai écopé d'un dimanche de suspension, Gorez de deux... pour «inconvenance». Ça m'a fait une réputation inimaginable. Après coup, je me rends compte que j'aurais dû être plus calme... »
Mais en 2005, près de 30 ans après la fin de sa carrière il sera rattrapé par la justice et sera Condamné par défaut pour faux et escroqueries à 8 mois de prison, les faits sont pas très jolis jolis. Après avoir contracté des dettes auprès de ses trois amis il a fait des faux pour ne pas les rembourser, bon ce n’est pas très glorieux mais bon… sauf qu’il va faire pire avec un de ses 3 amis enfin plutôt ex-amis maintenant. En fait il a contracté un prêt au non de un de ses anciens coéquipiers, il était venu lui rendre visite à l’hôpital avant une opération, et pendant que son ami était sous l’effet de l’anesthésie, il lui a volé ses papiers et contracté un prêt à son nom en imitant sa signature. Alors oui il n’y a pas mort d’homme mais avouez que faire ça à un ami c’est pas très correct et c’est frappé en dessous de la ceinture et dans le dos en plus. Mais bon aujourd'hui il est sorti et il continue de se marrer au bistrot avec ses potes
Sauf quand c'est son tour de payer la tournée :

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