PSG-Montpellier 1996 : La chute de Paris

Après une saison un peu frustrante qui a vue le PSG échouer en demi-finale de Ligue des champions contre la Juve et se faire rouler dessus par le FC Nantes, le club de la capitale nourrit de grandes ambitions et doit prendre la place d'équipe phare de la division 1 laissée libre par l'OM suite à ses déboires administratifs. Et pour ce faire l’équipe dirigeante made in Canal + Entend employer les grands moyens. Alors certes la reprise est marquée par les départs des brésiliens Valdo et Ricardo et surtout celui de Georges Weah au Milan AC, mais les parisiens ont prévu le coup et ont recruté du lourd : Patrice Loko, Youri Djorkaeff, Bruno N'Gotty, Xavier Gravelaine… et le panaméen Julio César Dely Valdes. Sous la houlette de Luis Fernandez, Paris est le grand favori pour le titre. Si Paris commence sa saison un peu timidement, avec un nul à Bastia puis un autre au Parc devant la surprenante équipe de Guingamp, la machine une fois lancée sera implacable, broyant tous ses adversaires sur son apssage. Dès le 4 aout, le PSG va marquer le coup en allant gagner à Nantes chez le champion en titre, pour ce qui ressemble à une passation de pouvoir. Après une série du 6 succès, le PSG domine le championnat et son principal rival s’appelle Monaco. Mais surtout avant la trêve des confiseurs, Paris est déjà champion quasiment après sa démonstration, son tour de force face aux champions en titre. Ils étrillent Nantes au Parc 5-0, 2 semaines après en avoir passé 3 à Bordeaux. Alors comment cette équipe ne pourrait ne pas être championne ? Tout simplement avec la traditionnelle crise parisienne et la première version arrivera au cours de l'hiver 1996. Précisément au mois de Février, où Paris va lancer la machine à perdre. Paris attaque la reprise du championnat avec une petite série de alternant matchs nuls et succès étriqués, puis s'inclinent lors du choc du championnat face à Monaco à Louis II. Un revers 1-0 qui n'a rien de catastrophique les parisiens, gardant leur fauteuil de leader avec une marge de manœuvre assez confortable tout de même. Mais le problème c'est que Paris va enchainer une seconde défaite qui va laisser des traces psychologiques importantes, en fait un véritable traumatisme qui va faire couler le club de la capitale. 

Ce 11 Février Paris reçoit Montpellier, qui occupe la 8ème place du championnat. Paris se redonne confiance, Dély Valdes ouvre la marque en 1ère mi-temps, puis Luis Fernandez fait rentrer Llacer à un ¼ d'heure de la fin. Coaching gagnant car sur son premier ballon le joker Llacer marque le second but de l'équipe parisienne. 2-0 à la 75ème minute, on se dit que Paris a montré que la défaite à Monaco était anecdotique. Seulement les parisiens vont sortir du match pendant 4 minutes, seulement 4 petites minutes. Christophe Sanchez réduisait le score à la 77ème minute, avant que Lefèvre, 2 minutes plus tard, n'égalise à 2-2. C'est finalement Laurent Robert qui inscrivait le but de la première victoire des Pailladins à Paris à la 81ème minute. Le Parc est abasourdi, les parisiens K-O technique. Plus que la défaite ce sont les circonstances qui vont faire si mal à Paris qui a perdu totalement son football. La semaine suivante Paris s'incline à Strasbourg pour ensuite se faire éliminer sans sursauter en coupe de France face à Auxerre ? Une défaite 3-1 qui en annonce une autre. Paris se fait doubler au classement un mois plus tard par la surprenante équipe d'Auxerre. L'AJA balaye l'ombre du PSG à l'Abbé Deschamps 3-0. Auxerre prend la tête du championnat pour ne plus jamais la rendre contrairement à Paris qui au mois de décembre était déjà champion, vu sa démonstration sur le championnat. Et voilà comment ces 4 minutes au Parc des Princes face à Montpellier au servi de tournant dans une saison et lancé la machine à perdre. Paris terminera 2ème mais sauvera sa saison en remportant la coupe d'Europe des vainqueurs de coupes. Montpellier lui terminera 6ème.

Voici les deux équipes de la saison 1995-96 en Panini, en commençant par le vainqueur de ce duel :

Bruno MARTINI
 
Philippe FLUCKLINGER
 
Serge BLANC
 
Jérôme BONNISSEL
 
Michel DER ZAKARIAN
 
Thierry LAUREY
 
Manuel THETIS
 
Pascal BAILLS
 
Bertrand REUZEAU
 
Fabien LEFEVRE
 
Franck RIZZETTO
 
Jean-Christophe ROUVIERE
 
José-Luis VILLAREAL
 
Michel Pavon
 
Christophe SANCHEZ
 
Hervé ALICARTE

 

Bernard LAMA
 
Richard DUTRUEL
 
José COBOS
 
Bruno N'GOTTY
 
Alain ROCHE
 
Stéphane MAHE
 
Partick COLLETER
 
Daniel BRAVO
 
Youri DJORKAEFF
 
Paul LE GUEN
 
Vincent GUERIN
 
Laurent FOURNIER
 
RAÏ
 
Julio César DELI-VALDES
 
Patrice LOKO
 
Francis LLACER


















6 commentaires:

  1. Salut Alex,

    Petit correctif, Paris s'est fait sortir par Milan AC en demi de la ligue des champions 1994/95 et non pas par la Juve.
    La Juve les avaient également eliminés en 1/2finale deux ans plus tôt mais en Coupe de l'Uefa cette fois (juste apres avoir sorti le Real en 1/4)

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  2. Mais oui!! En fiat c'était juste pour voir si quelqu'un suivait !! Bien vu dJé et je m'en souviens très bien du but de Boban à l'aller à la toute dernière minute !! Ah la réalisme italien !!

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    1. Eh oui le réalisme italien était courant à l'époque ; Paris-Juve 93 - Paris-Milan 95 - Nantes-Juve 96 (un vieux péno de Vialli à l'aller , il me semble...) Il faut dire qu'à cette époque, il mettait régulierement 1 club en finale de chaque coupe voir 2 en Uefa...!!

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  3. Cet article (au demeurant très bien écrit) pourrait laisser croire que c'est plus le Paris SG qui a perdu le titre cette saison là qu'Auxerre ne l'a remporté.

    Je m'insurge cher Alexandre, la réalité est toute autre. La formidable équipe d'Auxerre a effectué un parcours somptueux cette saison là, notamment une fin de championnat époustouflante qui s'est achevée par le doublé Coupe/Championnat !

    Je rappellerai que les auxerrois possédaient 10 points de retard sur le leader parisien à la trêve (22eme journée), et qu'au prix d'un parcours long et tumultueux, l'AJA est parvenu à prendre 36 points sur les 16 dernières journées !

    J’appuierai notamment sur le vrai tournant de ce championnat : la fameuse 32eme journée.
    Le PSG, leader avec 5 points d'avance sur l'AJA, se rend en terre bourguignonne dans l'antre de l'Abbé Deschamps.
    Au terme d'un match magnifique, resté à jamais gravé dans les mémoires ajaïstes, Auxerre parvint à se défaire d'une équipe parisienne complètement dépassée. Score final sans appel : 3-0.

    Dès lors le doute s'installe dans les esprits parisiens et la confiance gagne les rangs icaunais.
    La journée suivante, le Paris SG s'incline au Parc face au FC Metz des PP flingueurs Pires et Pouget, les stigmates de la défaite à Auxerre sont encore présents.
    Pendant ce temps là, les auxerrois vont gagner sans coup férir à Grimonprez Jooris 4-0, et s'empare le fauteuil de leader.
    Nous sommes le 30 mars 1996 et l'AJ Auxerre ne lâchera plus la tête du championnat.

    Par ailleurs, tu cites les prétendus "stars" parisiennes Djorkaeff, Loko, Llacer (ça s'est pour la vanne) et autres Dely Valdes en oubliant les moins "bing bling" mais plus talentueux Lamouchi, Violeau, Laslandes, Goma, Blanc, Diomede, Martins (un des meilleurs numéros 10 de l'histoire du football français mais malheureusement joueur ô combien sous estimé), et j'en passe.

    Voilà qui rétablit une vérité historique trop souvent oubliée !

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  4. Alors je suis entièrement d'accord avec toi qu'Auxerre a été chercher son titre de champion et que lors du match au sommet à Auxerre il n'y a pas eu photo. Sauf qu'avant Paris avait commencé sa crise qui pour moi débute avec les 4 minutes de folie face à Montpellier. Ainsi l'équipe qui se rend à l'Abbé Deschamps n'a rien à voir avec celle qui avait atomisé Nantes 5-0 au Parc. Quelle démonstration ce soir là, quel but de Djorkaeff aussi. Auxerre a fini en trombe, Paris s'est écroulé et y'a rien à redire. Car c'est à la fin du bal qu'on paye les musiciens et sur 38 journées l'AJA a été meilleur sans aucune contestation. Donc je n'ai pas voulu dénigrer le titre d'Auxerre, je voulais juste insister sur le début de crise du PSG, qui reviendra à chaque hiver pendant des années. celui de la saison 1995-96 étant le premier.

    Je pense que pour bien être complet il faudrait faire un sujet sur 'lAJA 1996, auteur d'un formidable doublé et on sera tous les deux d'accord mais j'ai l'impression qu'on l'est déjà

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  5. Pour le sujet sur le doublé de 96 j'y suis favorable (euphémisme).

    Pour en revenir sur ton sujet c'est clair qu’avec l'avance qu'ils avaient le PSG aurait pu être champion c'est finalement assez rare de voire une équipe avec autant d'avance ne pas finir 1ere. Et puis leur parcours en coupe d'Europe leur avait pas mal pompé d’énergie.

    En tout cas ça m'a fait plaisir de repenser à cette saison là, j'avais 10 ans mais je m'en souviens bien (les multiplex à la radio ! Et but à l'Abbé Deschamps... pour l'AJ Auxerroise !).

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