Les trésors de la D2 : Stéphane GUIVARC'H

Pour Stéphane Guivarc’h tout commence en Bretagne. Le natif de Concarneau débute dans le grand club du Finistère à la fin des années 80, le Brest Armorique de François Yvinec. A 19 ans il va faire quelques apparitions avec les pros mais la concurrence est rude avec entre autres les Roberto Cabanas, Gérard Buscher ou encore David Ginola par la suite (merde y’avait quand même des grands joueurs à Brest à cette époque là). Stéphane Guivarc’h est cantonné avec la réserve. Mais il ne va pas tarder à se faire remarquer malgré les soucis du club. Rétrogradé en division 3 au début de la saison 1991-92, Guivarc’h commence à faire parler de lui, à l’automne il inscrit 12 buts en 5 matchs, il n’a que 20 ans. Voici ce qu’il déclare sur sa période euphorique : « Tout ça me surprend. C'est l'état de grâce. Trois coups du chapeau en 5 matchs, c'est plutôt rare. La réussite, ça ne s'explique pas ... je prends plus de risques, je frappe sans me poser de questions, j'ose davantage ». Plusieurs triplés notamment celui-ci lors de cette rencontre face à la réserve de Guinguamp où il brille aux côtés d'un certain Claude Makélé. Merci à Szarmach pour la coupure de presse.


Bien entendu il ne reste pas en division 3 et part au mercato d’hiver gravir un échelon à Guinguamp. Dans le club de Noël Le Graët, Guivac’h va s’affirmer comme un buteur prolifique (28 buts en 46 matchs de décembre 1991 à mai 1993). À l'issue de la saison 1993, Guingamp est relégué en National. Grâce à ses 28 buts en 33 rencontres, Guivarc'h est l'un des grands artisans de la remontée du club en D2 dès 1994. En 1994-1995, avec 23 buts en 41 matchs, Guivarc'h réalise une nouvelle brillante saison, ce qui lui vaut d'être élu meilleur joueur de D2 par France Football et d'être recruté par Guy Roux et l'AJ Auxerre.

Pour Guivarch c’est enfin la reconnaissance de son talent, mais il n’est pas amer qu’elle soit si tardive au contraire : « même si je suis arrivé tard en D1, j'ai vécu de beaux moments, y compris en National. Je n'ai pas été formé dans de grands clubs comme certains jeunes. J'ai fait mes gammes en National et en D2 où les combats étaient plus physiques. Cette expérience m'a servi plus tard. Je n'ai donc aucun regret. Au contraire, c'est une fierté d'avoir connu tout ça. Je suis passé par des étapes plus douloureuses et je n'en suis pas mécontent .... ».
Les débuts en division 1 (pas de ligue 1 à l’époque) sont difficiles. Il est barré par Lilian Laslandes et doit se contenter de 3 buts seulement pour sa première saison. Mais il participe tout de même au doublé historique coupe-championnat de l’AJA en 1996 malgré son faible apport (31 matchs dans la saison toutes compétitions confondues et 4 buts). Surtotu Guy Roux garde confiance en lui et au lieu de le vendre, l’entraineur bourguignon va se révéler assez malin pour prêter Guivarc’h au Stade Rennais. 

On savait que Guy roux avait des talents pour relancer les joueurs chez lui (Alain Roche, Enzo Scifo, Laurent Blanc…) et là il révèle aussi cette qualité en prêtant un de ses joueurs. Ainsi à Rennes, décidemment il aura joué dans tous les clubs bretons, Guivarc’h va prouver qu’il est un grand buteur. Il retrouve ses sensations de buteur (36 matchs, 22 buts) et devient pour la première fois meilleur buteur de D1. Guy Roux le réintègre dans son effectif pour la saison 1997-1998, étant donné que Lilian Laslandes a été transféré aux Girondins de Bordeaux. En grande confiance, sa saison s'avère excellente (32 matchs, 21 buts) puisque non seulement Stéphane conserve son titre de meilleur buteur de D1 mais termine également meilleur buteur de la Coupe Intertoto 1998 (10 buts), de la Coupe UEFA 1998 (7 buts) et de la Coupe de la Ligue 1998 (7 buts) soit un total de 45 buts en 53 rencontres cette année-là. Le tout l’année où la France organise la coupe du monde !! Bon le mondial ça va être une autre affaire. 

C’est marrant ce joueur n’a plus a prouvé ses qualités, meilleur joueur de D2 il arrive a être meilleur buteur du championnat avec deux clubs différents et pourtant il récoltera des titres après des exercices décevants d’un point de vue individuel. Champion de France en 1996 il n’était que remplaçant et lors de la coupe du monde 98 son bilan est faible, il faut l’admettre. 45 buts en 1997-98 et 0 en coupe du monde avec surtout en point d’orgue la finale face au Brésil, où il vendange un maximum d’occasions. C’était d’autant plus rageant que toute l’année il avait marqué une pluie de buts dans des situations bien plus délicates que les faces à face qu’il a livré avec Taffarel ce 12 juillet 98.
Cette finale quelque part c’est aussi la dernière fois qu’on va le voir au plus haut niveau. Car la suite c’est l’aventure à l’étranger et un très beau contrat signé avant la coupe du monde à Newcastle pour un transfert record. Certains l’ont oublié peut être mais à l’époque tout le monde voulait l’acheter, lui qui venait de prouver qu’il pouvait être meilleur buteur quelque soit son club. 

Mais l’aventure dans le nord de l’Angleterre va tourner à la déconfiture. Des pépins physiques et surtout une très mauvaise intégration au sein des Magpies. Il n’y a qu’à voir ses relations avec son entraineur, l’ancien ballon d’or Ruud Gullit : « dans la semaine qui a suivi mon arrivée, Gullit m'a fait comprendre qu'il ne comptait pas sur moi. Vous savez, quand l'entraineur arrive le matin et qu'il ne vous serre pas la main, quand, durant la séance d'entrainement, il vous tape sur l'épaule et demande :
- "quand pars tu ?",
il ne vous reste aucun espoir. Mais je ne regrette rien. J'ai appris ce qu'était le football anglais .... » Il faut noter que Guivarc’h avait été recruté par Kenny Daglish qui démissionnera finalement juste avant l’arrivé de l’attaquant français. La suite ce sera un passage en Ecosse aux rangers de Glasgow puis un retour au bercail, dans deux maisons qu’il connait bien Auxerre tout d’abord puis Guinguamp. Même si le champion du monde fait parler le métier ses belles années sont derrière lui. Et il raccroche les crampons à 32 ans. Avec tout de même un sacré palmarès pour un type qui a fait ses armes en division 3 et division 2 un paquet d’années. 

12 Juillet 1998, l'apogée de la carrière de Guivarc'h
La preuve que la division 2 peut être un bon tremplin. D’ailleurs il n’est pas le seul champion du monde à avoir débuté en D2, on l’a vu Laurent Blanc qui a débuté en D2 avec Montpellier (voir le sujet les trésors de la D2 : Laurent Blanc) ainsi que Youri Djorkaeff à Grenoble,là par contre c’était à une époque où malheureusement les éditions Panini ne traitaient plus la seconde division. Actuellement Olivier Giroud qui explose avec Montpellier fût il n’y a pas très longtemps meilleur buteur de la D2 avec Tours. Mais bon je sais qu’il y a aussi beaucoup de contre exemples de grands buteurs de la D2 qui n’ont jamais réussi en D1 (Bruno Roux, Jean-Pierre Orts ou Didier Monczuck par exemple). Enfin pour conclure et parler de son après carrière, il y a quelque chose qui m’avait plutôt étonné voir choqué il y a quelques mois. J’étais invité principal de l’émission du 10sport sur leur radio homonyme et comme je faisais l’intégralité de l’émission on m’avait demandé de parler d’Old School Panini en rapport avec le thème de l’émission du jour. Le thème était la reconversion difficile des anciens joueurs de foot. J’avais choisi de parler entre autre de Magico Gonzalez qui pour bouffer s’était retrouver chauffeur de taxi au Texas ou de Gilbert Bodart qui s’était fait embaucher au service marketing d’un site touristique que pour mieux préparer un hold-up de son lieu de travail car il était endetté à mort et finir bien entendu en cabane. Deux mecs qui avaient connu la gloire du footballeur de haut niveau mais qui une fois les crampons raccrochés ne savaient plus s’en sortir. Donc ce qui m’avait choqué c’est qu’il y avait un jeune chroniqueur qui avait choisit l’exemple de Stéphane Guivarc’h qui vend aujourd’hui des piscines. Mais en quoi c’est une reconversion difficile ?? Il est commercial dans une entreprise qui marche du tonnerre et se sert de sa notoriété en Bretagne pour sa nouvelle activité dont il a des parts. 


Il fait un métier honnête et gagne sa vie honnêtement mais c’est difficile à comprendre pour certains où tous les footeux doivent rester dans le monde du foot. Voilà Guivarc’h c’était un super buteur et comme il disait à ses débuts : « La réussite, ça ne s'explique pas ... je prends plus de risques, je frappe sans me poser de questions, j'ose davantage ». Alors il ne va tout de même pas devenir entraineur de Ligue 1 avec une vision du foot de la sorte, lors des causeries d’avant matchs : « ne vous posez pas de questions les gars !! Frappez !! » Restons sérieux. Moi je pense au contraire que Guivarc’h est un exemple à suivre pour bon nombres de professionnels. Investir intelligemment son argent et ne pas persister dans le foot quand on a pas les connaissances tactiques nécessaires, hein Mr Claude PUEL ?

P.S : Oui je sais la dernière attaque est gratuite mais il m'a énervé avec son procès pour réclamer des millions pour des primes de victoires qu'il aurait pu éventuellement gagner dans le futur avec Lyon. Et puis ce n'est pas grave pour lui si il vient d'être débouté par la justice, de toute façon cet homme s'est habitué à l'échec.

Et merci à Cédric ;-)

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