Quand Jean-Jacques EYDELIE balance

Bien sûr sa carrière à pris fin avec l’affaire OM-VA quand au cœur de l’été, il se retrouve au cœur du plus gros scandale médiatico-sportif de l’histoire du football français. Je vous renvoie sur le gros sujet d’Old School Panini : l’affaire OM-VA racontée en Panini. Eydelie paye le prix fort sa participation, cette affaire de corruption met un terme à sa carrière au plus haut niveau. Il est mis en examen le 27 juin 1993 pour « corruption active » dans le cadre de l'affaire VA-OM et condamné à une peine d'un an de prison avec sursis qui compromet sa carrière. Il reste 17 jours derrière les barreaux. Fin août 1993 il s’envole pour l’Argentine, avec l’aval du juge de Montgolfier. Il doit signer un contrat de trois ans avec le Boca Juniors de Maradona, son idole. Mais la FIFA étend sa suspension au Monde entier. Il rencontre tout de même el Pibe de Oro dans une boîte de nuit de Buenos Aires. Assis dans une arrière salle enfumée et entouré de jolies filles, Diego lui lance : « toi tu es un bon joueur, je te connais. Tu as gagné la coupe d’Europe et tu as battu le Milan AC. Il paraît que tu as trempé dans une histoire de matches truqués avec Burruchaga : quel coño celui-là, tomber pour quelques dollars ! ». Jean-Jacques finalement passera, après une année sans jouer, par le Portugal, la Suisse, la Corse et finira sa carrière de joueur pro dans un relatif anonymat. Mais En février 2006, l'ancien joueur publie un livre qui s'intitule "Je ne joue plus !" Aux éditions de l'Archipel, dans lequel il décrit tout ce qu'il a vu durant ses 10 mois passés à l'OM (dopage, corruption, complot, argent sale…). Il est poursuivi en justice par Bernard Tapie pour diffamation. Le 9 février 2006, Bernard Tapie est débouté. En mai 2009, Jean-Jacques Eydelie récidive et attaque de nouveau ses anciens patrons et les sommités du foot hexagonal dans son second livre "Sale temps pour le foot". Celui qui se présente comme l’une des victimes expiatoires du « ballon rond made in France » tire sans sommation, un véritable ball-trap à balles acides. Voici une compil des plus beaux extraits des deux opus (idée de cadeaux avant les fêtes, mais bon à ne pas offrir à votre beauf si ce dernier supportes l’OM) qu’il avait livré dans une interview à l’équipe pour la sortie du 2ème tome.

 
Que pensez vous du retour de Deschamps à Marseille ? Quel sont vos rapports ?
« Il sait très bien ce que je pense de lui. Didier Deschamps préfère garder le silence, c’est son droit le plus strict. Je note cependant qu’il n’a jamais porté plainte contre moi, ce n’est pas un hasard. D’autres anciens du club comme Basile Boli, Marcel Desailly ou Franck Sauzée avaient aussi menacé de le faire. Ils se sont pourtant vite ravisés. Deschamps sait que je sais tout sur ce qui s’est passé lorsque nous jouions ensemble. Lui aussi sait beaucoup de choses ».

Sur le dopage dont vous l’accusiez ?
« Le dopage était organisé à l’OM. Depuis Tony Cascarino a confirmé mes propos... Chris Waddle aussi ».


En tant que footballeur, tu témoignes que t’as connu le dopage partout, sauf à Bastia. “Partout“ ça veut dire même à Nantes, dans le “temple du beau football“ ?
 « Partout ! Quand il revenait du mondial, Burruchaga avait le cul comme une passoire ! Il était bombardé ! Mais comme l’équipe de France en 98 était bombardé aussi… Ils étaient tous dopés en 98. Tout le monde le sait… tous ceux qui font les émissions de radio, de télé... Même les soi-disant grandes gueules ! A la limite on dirait que tout le monde s’en fout... Quand Dhorasoo [en 2006] dit que Zidane s’absente 3 jours avant la finale, pourquoi ça n’intéresse personne ? En plus Zidane, lui, il pourrait le dire, tout le monde lui pardonnerait… ce que je peux comprendre à la limite… Quoique… non je comprends pas en fait ».

Comment on reconnait un footballeur qui est dopé ?
« Ses yeux, son comportement agressif, sa propension à péter les plombs... Imagine : mettre un coup de tronche en finale de coupe du monde ! Même moi j'aurais pas fait ça ! »

Le côté obscur du dopage, c’est la longue liste des décès troubles de footballeurs. Tu cites dans « Sale temps pour le Foot » le récent accident cardiaque de David Sommeil qui a failli y rester.
« Il y a aussi les “veuves du Calcio“, des épouses de joueurs décédés qui ont ouvert la boite de Pandore en Italie… C’est quand même bizarre que l’on trouve de plus en plus de cas de malformations cardiaques lors des visites médicales des joueurs… rappelle toi de Thuram… ou rien que cet été : Savidan stoppe sa carrière pour raisons médicales ! »

Y’a un bouquin de Declan Hill, "Comment truquer un match de Foot ?" Où l’auteur prétend que le huitième de finale 2006 Ghana-Brésil, a été acheté; témoignage de Stephen Appiah, capitaine ghanéen, à l’appui.
« Je l’ai lu... Y’a aussi un journal espagnol [le quotidien ABC] qui a affirmé que des mafieux russes, arrêtés en Espagne, s’étaient vantés d'avoir "acheté" la Coupe de l'UEFA au bénéfice du Zenit Saint-Pétersbourg 2 … »


S’il y’en a un qui a bien aidé Tapie a tombé de la falaise à l’époque de l’affaire VA-OM, c’est bien Arsène Wenger …
« Wenger en avait marre de constater que les matches étaient truqués, y compris les OM-Monaco ! Quand il en a eu l’occasion, il a donné un coup de bâton. Emmanuel Petit aussi a fait des déclarations dans ce sens, sur la corruption des matchs du championnat de France. Quand on jouait contre eux [l’AS Monaco], il y avait toujours deux ou trois joueurs de chez eux qui étaient achetés... Tu sais comment on les reconnaissait ? Ce sont ceux qui avaient les chaussettes relevées pendant l’échauffement »

Non !
« Mais t’as vu où on en est ? On s’croirait dans un polar ! La justice a parlé : à l’époque, l’OM consacrait un million d’euros chaque saison pour acheter des matchs. »

L’anecdote savoureuse, c’est la corruption au Standard de Liège…
« Le coach de l’époque s’appelait Raymond Goetals. Et un des meilleurs joueurs du club était… Éric Gerets. Là où c’est une vraie histoire belge, c’est que le Standard n’avait même pas besoin d’acheter le match pour être champion ! Après cet épisode, Goethals est parti Portugal, Gerets à Milan ».

Lorsque l’affaire VA-OM a défrayé la chronique, en 93, t’étais sur le point de signer à Naples…
« J’avais 27 ans. Normalement, comme footballeur, c’est le début de tes meilleures années… je venais d’apprendre que je faisais partie de la liste pour l’équipe de France… Je suis reçu à Naples, ça se passe très bien, et puis l’affaire VA-OM prend de l’ampleur… et l’UEFA interdit à Naples de me recruter ! Par défaut ensuite ils ont pris Alain Boghossian… J’imagine qu’il devait y avoir un deal entre Naples et l’OM pour un joueur marseillais… Comme j’étais tricard en Europe, je suis parti en Argentine… au Boca Juniors, l’équipe de Maradona et du coach Menotti ! Le rêve… brisé par la FIFA, qui interdit le transfert ! Faut croire que la FFF est quand même puissante ! Imagine : la justice m’a donné 18 mois de sursis, la FFF deux ans fermes. Elle m’a désigné coupable avant que la justice ne m’est jugé ».


Et la rencontre avec Maradona ?
« J’ai vu Dieu. Mon Dieu à moi existe... Il m’a dit qu’il savait qui j’étais, il m’a dit aussi que Burruchaga était con, il trouvait minable qu’un champion du monde se soit fait acheté pour quelques “dollars“ comme il disait... Le Boca, son stade, son public : c’étaient comme Marseille, j’étais fait pour ça… »

Question de novice : qu’est ce que ça peut poser comme problème lorsqu’un agent de joueur devient président de club ?
« Si tu veux on peut aussi imaginer que ce président se fasse virer par exemple… Dans le cas de figure que tu décris, le président de club fait venir son réseau de joueurs et arrose différents intermédiaires, chacun touche sa commission. Il enrichit son réseau…. »

Si je comprends bien le départ de Diouf et l’arrivée de Deschamps à l’OM, c’est le résultat d’un bras de fer remporté par le réseau de Jean-Pierre Bernès…
« C’est ça. De toute façon le Foot et son business ont toujours été sous tutelle à Marseille… Le Milieu le tue. Et les agents étendent leurs réseaux : regarde Alain Migliaccio qui travaille en étroite collaboration avec Bernès, Zidane lui ramène Ribéry, Nasri, par exemple, un autre joueur… Ils tissent leur toile ».

Quand tu parles de “milieu“, tu sais que ce mot est connoté, on peut comprendre “mafia“ ?
« Je parle de la mafia ».

3 commentaires:

  1. "Il y a à garder et aussi à jeter" C'est quoi que tu gardes et c'est quoi que tu jettes ?

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  2. Bah malheureusement je n'étais pas dans l'intimité du vestiaire. Mais je ne crois pas au côté manichéen de l'interview et de ses propos. Certes il a vu, il a pris part a des choses mais si on l'écoute c'est forcément que la faute des dirigeants. Alors que les joueurs dans une affaire de corruption ont aussi leurs parts actives. Idem sur l'épisode à Boca Juniors. Il a été pris en train de tricher et il pleure parce qu'il est suspendu !! Voilà ce que je pense de cet interview mais elle reste quand même assez intéressante

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  3. lol donc zizou a pété un plomb à cause de la dope pppfffffff nimporte quoi et il ose dire meme moi jaurais pas fait ca.....lol il a jamais eu le niveau de jouer une finale de coupe du monde.....charlot eydelie

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