Pierre « Gabet » CHAPUISAT, le joueur le plus odieux de l'histoire ?

Pierre-Albert CHAPUISAT dit Gabet est un joueur helvétique et peut être un des plus brillants de son pays durant les années 70. Il évolue à Lausanne et si il se démarque du rang par une incroyable technique et une vision au dessus du lot, c'est surtout pas son caractère et ses coups de sangs qu'il va rester célèbre. Ce grand technicien évoluait aussi bien au poste de libéro qu'au poste de numéro 10. Au début des années 70, le Paris FC qui cherchait à monter une grande équipe à Paris fait un recrutement tapageur et va chercher CHAPUISAT à Lausanne. L’entraîneur Louis HON d'ailleurs ne sait pas trop sur quel pied danser concernant le rôle de Gabet CHAPUISAT et voilà ce qu'il disait dans un Football de 1972 avant que la saison ne démarre: « Le Paris F.C l'a engagé entant que libéro mais il peut tout aussi bien évolué numéro 10 comme il l'a souvent fait à Lausanne. Il faut bien admettre que ce poste de numéro 10 correspond plus à ses qualités techniques mais après avoir discuté avec lui il n'est pas du tout impressionné de jouer en défense pour Paris ».

La formule ne marche pas du tout, à la fin des matchs allers Paris est 20ème et bon dernier, HON ayant baladé son joueurs suisse à tous les postes est débarqué et remplacé par Antoine Della Cieca qui positionne définitivement Gabet au poste de libéro et l'équipe se met à gagner et finira 8ème du championnat. Malgré son parcours canon lors de la phase des matchs retour, CHAPUISAT ne reste pas dans la capitale et retourne en Suisse à Lausanne. C'est à partir de ce moment là qu'il va faire parler de lui en dehors des terrains. D'ailleurs Gabet CHAPUISAT reconnaît qu'il n'aurait pas du quitter Paris : « C'est la plus grande «connerie» de ma carrière. Paris m'a proposé un contrat de six ans. J'étais classé 6e aux étoiles de «France-Football»; je gagnais très bien ma vie, pour l'époque. Avec le nouveau contrat, je serais devenu un millionnaire du football au lieu d'être simplement un pulmonaire. Mais, six ans, ça me paraissait très long et, à cette époque, ma femme n'était pas à l'aise là-bas. Le choix était très difficile car, en plus, le club était mal géré et il y avait pas mal de choses qui ne me plaisaient pas trop. J'ai refusé et c'est mon plus grand regret. C'est un virage que j'ai très mal négocié. Et tout ça pour divorcer six ans après ».

Surtout qu'à Lausanne son retour va très très mal se passer. Le document qui suit est hallucinant et c'est Shogun, le Michel Platini de l'excellent forum Foot Nostalgie, qui l'a sorti des armoires. C'est extrait d'un Miroir du Football de 1976. C'est un ras le bol collectif vis à vis de l'attitude de Gabet CHAPUISAT, celui-ci avait réussi, par ses paroles ( en traitant ses coéquipiers de "chèvres" ...), par ses gestes déplacés vis à vis de l'arbitre, de ses partenaires ou du public, a mettre tout l'effectif du club contre lui. Du coup, las, ses coéquipiers ont écrit la lettre qui suit à leur président :

Monsieur Cl.Truan
Président de la section football de Lausanne-Sports

Monsieur le Président,

A juste titre vous avez été déçu des résultats de votre équipe et nous le comprenons.

Les signataires de cette lettre tiennent à vous dire qu'ils partagent votre sentiment mais qu'ils ont conscience que tout pourrait s'améliorer si notre camarade Chapuisat quittait le club.

Il nous est pénible de faire cette requête à l'égard d'un joueur de sa classe mais, TOUS, nous ne pouvons plus accepter son attitude et sommes lassés d'être continuellement en butte à ses sarcasmes, car il cherche à nous diminuer et nous prive d'une partie de nos moyens lors des matchs et des entraînements.

Nous souhaitons que notre requête soit accueillie dans le sens où nous l'écrivons, c'est à dire pour le bienfait du club et de meilleurs résultats.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de nos sentiments dévoués.

Suit toutes les signatures des joueurs du club "

C'est proprement hallucinant et sûrement que ça a porté ses fruits car à l’inter-saison suivante, Gabet CHAPIUSAT fait ses valises pour le FC Zurich. Mais ce n'est pas fini, le bougre va encore faire parler de lui. En 1985 alors qu'il évolue Au Vevey-Sport il va commettre un véritable attentat qui va lui valoir une convocation au...tribunal. Ce jour-là Vevey Sport joue contre le Servette de Genève. Au Servette la vedette c'est Lucien Favre, alors est-ce que Gabet en avait marre de voir le meneur de jeu de Genève slalomer au milieu de ses coéquipiers ? Il n'en demeure pas moins que Gabet voit rouge quand Favre part une nouvelle fois dans son numéro de slalomeur et il quitte sa défense pour un tacle assassin, voulant casser la jambe de Favre. Voici le tacle en vidéo, âmes sensibles s'abstenir.


Le tacle ne cassa pas la jambe de Favre mais le pauvre ne retrouvera jamais son niveau suite aux lésions subies par son genou (rotule endommagée et ligaments croisés déchirés). Lucien Favre traînera Gabet Chapuisat devant les tribunaux, et ce dernier fut condamné à lui verser 5'000 francs suisses en compensation. Mais jamais Gabet Chapuisat ne s'excusera. Aujourd'hui alors qu'il entraîne des équipes de seconde zone il tient toujours le même discours : « Le foot c’est un sport d’homme, de combat. Le Mont se bat avec ses armes et l’engagement en fait partie ». Et même interrogé sur sa carrière et ses incidents, bien qu'il ait des regrets il ne laissa place à aucun remords : « Il faut du caractère mais c'est vrai, en quelques occasions, j'ai dépassé les limites. J'ai ouvert ma gueule quand il ne fallait pas, mais ayant été élevé comme ça, j'ai toujours pensé qu'il fallait dire les choses.».

Au fait Pierre-Albert « Gabet » CHAPUISAT n'est autre que le père de Stéphane, vainqueur de la champion's league en 1997 avec le Borussia Dortmund et qui peut être le plus grand joueur de l'histoire du foot suisse. Il faut dire que son père lui a donné les conseils de ce qu'il ne fallait pas faire car su sa carrière voici ce que conclue Chapuisat père : « «Oui, j'aurais dû m'entraîner trois fois plus, j'aurais dû avoir un manager, qui m'accompagne et me conseille comme je l'ai fait pour Stéphane au temps des premières décisions...»

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