France vs Afrique du Sud – ½ Finale coupe du monde de rugby 1995

Avant de commencer à parler de cette demi-finale, un petit mot de remerciement au champion Claude, qui m’a envoyé les images de cet album Panini de la coupe du monde 1995. Alors si c’est vrai qu’ici on parle football, en cette période de demi-finale face au Pays de Galles, Old School Panini va se mettre à l’heure du rugby.

Coupe du monde de rugby 1995 en Afrique du Sud, le pays sort de l’apartheid, Clint Eastwood plus tard sortira un nouveau film sur le sujet et les springboks eux sortaient les français en demi-finale. Tout est beau ouais sauf que ce match et la suite de la compétition, c’est tout simplement la plus grosse mascarade sportive jamais vu pour habiller un événement politique. Bon pas aussi fort que les jeux de Berlin en 36 mais devant ceux de Moscou en 1980 ça c’est sûr. Vous me connaissez je suis plutôt du genre objectif et impartial mais cette demi-finale on nous l’a volée et voir cette mascarade de corruption enjolivée par Hollywood c’est la goutte d’eau qui fait déborder ma pinte !! Surtout que je ne supporte pas une seule goutte d’eau dans ma bière ! Bon au départ on était content de voir la coupe du monde en Afrique du Sud, politiquement le pays respirait un peu plus la démocratie et les springboks n’étaient plus victimes de sanctions liées à l’apartheid. Mais tout ça c’est de la politique et ce qu’il se passe sur un terrain de rugby (ou de football) c’est du sport et ça doit rester du sport, c'est-à-dire un simple jeu. Donc ça me révolte de voir une compétition sportive trafiquée pour une cause politique aussi belle soit-elle.

Avant le mondial, côté français, on est confiant. Les hommes de Berbizier ont fait une tournée historique l’été précédent avec deux succès en Nouvelle-Zélande, excusez du peu (victoires 22-8 et 23-20). Les matchs de poules pourtant ne sont pas aussi tranchants. La France bat sans convaincre les Tonga et la Côte d’Ivoire et va jouer la première place face à l’Ecosse. Cette équipe d’Ecosse qui avait privé les bleus de grand chelem au printemps précédent. Un succès 23-21 au Parc des Princes avec l’essai de Gavin Hastings, pénétrant l’arrière garde française comme un couteau chaud dans du beurre pour crucifier les espoirs français à la dernière minute du match. Une véritable douche écossaise pour le public du Parc, c’est le cas de le dire. Ce match est décisif pour la première place, une première place ô combien importante car elle permet d’éviter les all blacks en ¼ de finale. Le XV du Chardon mène constamment, 13 à 3 à la pause puis toujours 19 à 15 alors que quatre minutes au-delà du temps réglementaire sont écoulées. La France voit se profiler la Nouvelle-Zélande. Mais Emile N'Tamack, l'ailier toulousain, surgit du diable vauvert pour transpercer la défense écossaise et donne à Gavin Hastings la réponse du berger à la bergère après le coup du Parc. Ce finish a le don de réveiller l'équipe de France qui en quarts s'impose avec un peu plus de manière, face à l'Irlande (30-12). Arrive l’heure de la demi-finale « historique » de Durban face au pays hôte et sa vedette Chester Williams devenu nouvelle icône du rugby mondial. L’Afrique du Sud n’est pas une équipe mais une nation. 

On ne peut pas allumer une télé sans voir un Springboks faisant de la pub pour un produit local. Chester Williams, l’ailier métisse, est la star dans ce pays qui s’ouvre depuis que Mandela est président de la République. Les Boks sont forts devant. Mais derrière il y a de la place. Toute la semaine les tricolores se persuadent qu’ils peuvent réaliser un exploit. « Nous avons tellement à nous faire pardonner que nous avons envie de mettre le feu » lâche Sella. Mais ce jour là à Durban ce n’est pas le feu qui fera des siennes mais la pluie. Le déluge tombe, la pelouse est inondée. On ne voit pratiquement pas les lignes. Dans ces conditions faut-il jouer le match ? La raison dit non, mais les intérêts financiers commandent. Les télés, qui ont payé les droits, font pression. Les voyagistes aussi qui ont vendu des packages, une demi-finale le samedi à Durban, une autre le dimanche au Cap, à 7000 supporters arrivés le matin par avion et qui doivent repartir le soir parce qu’il ne reste plus de place pour les héberger à Durban. Tous ses éléments font que les 30 hommes vont s’affronter dans une pataugeoire géante et cela jouera pour beaucoup dans ce scénario dantesque qui les attend. Le coup d’envoi est repoussé deux fois, on s’active pour détremper la pelouse mais il pleut de plus en plus fort, tels Sisyphe devant son rocher, les femmes de ménages épongent un terrain qui ne cesse de se gorger d’eaux. Le match débute avec quasiment deux heures de retard mais dans quelles conditions. C’est injouable, mais il faut jouer et surtout le terrain est le même pour les deux équipes, on ne pourra pas en dire autant de l’arbitrage. En moins d’une demi-heure les français sont menés 0/10. Une pénalité de Stransky et un essai en force de Kruger, poussé par son pack après une touche près de la ligne. La botte magique de Lacroix limite les dégâts, 6/10. Pas beaucoup de coups de pied aux buts se perdent dans ce match si particulier. A 3 pénalités réussies par Stransky, la France répond par trois pénalités réussie par Lacroix. La troisième ligne française (Cabanne, Cecillon, Benazzi) est héroïque. 

Derrière le pack Galthié, appelé en renfort pour remplacer Accocébéry bras cassé en match de poule contre l’Ecosse, conduit la manœuvre admirablement. Si la France est toujours menée ce n’est pas insurmontable tant les Springboks paraissent à bout de souffle en cette deuxième mi-temps tandis que les français gonflés comme jamais, asphyxient leurs adversaires. Malheureusement ils doivent affronter les éléments, les springboks et l’arbitre. La France a encaissé un essai qui aurait dû être refusé. Elle marque trois essais qui n'ont pas été accordés. Au moins l'un d'entre eux était indiscutable. Mais l'arbitre gallois Bevan avait choisi le camp des "Invincibles". Il n'a pas eu à le regretter. Voici un extrait d’un sujet de Pierre Salviac présent en Afrique du Sud au moment des faits et qui relate l’étrange post coupe du monde ce cet arbitre : « Au banquet de fin de Mondial il reçoit de Louis Luyt, le Président de la Fédération Sud-Africaine une montre en or et la presse fait remarquer qu'au lendemain de la Coupe du Monde l'arbitre Bevan passe un mois de vacances en famille aux frais de la Fédé ». Sincèrement cela ne m’étonne pas du tout de lire ça des années après le match tant devant ma télé j’étais persuadé que la France allait gagner le match et que ce n’est pas les sudafs qui les arrêteraient. Et puis bien entendu il y a cette dernière minute de la rencontre. 

Une chandelle de Deylaud. A la réception Saint-André qui saute, se fait plaquer par Leroux et Stransky mais parvient à volleyer le ballon vers Benazzi lancé plein gaz. Avec un ballon aussi glissant personne ne va pouvoir réussir à le maîtriser. Si ! Benazzi contrôle, mais en prenant appui sur Saint-André il bute sur le pied de son capitaine et trébuche. L’avantage de jouer dans une pataugeoire c’est que ça glisse et Benazzi fait une embardée inexorable vers l’en but. Avec l’élan il l’a fait, c’est sûr il a passé la ligne mais sans même regarder du côté du ballon, l’arbitre donne mêlée à 5 mètres. Pour lui le ballon n’a pas franchi une ligne qui n’existe plus. Voici la vidéo de cet essai et regardez sur les 31 personnes sur le terrain, il n’y a que l’arbitre qui ne voit pas l’essai, enfin qui ne veut pas le voir. A la tête des springboks on voit qu’ils viennent de perdre le match ou alors que l’arbitre leur donne juste un moment de répit avant de subir un nouvel abbordage. Ça en revanche l’arbitre le voit bien et s’empresse de siffler la fin du match :


L’Afrique du Sud l’emporte 19-15 et va jouer la finale, sa finale après avoir volé l’équipe de France, il ne faut pas avoir peur d’appeler un chat un chat.

Bon pour la finale ; il va falloir un peu plus que l’arbitre de son côté car en face ce sont les All-blacks. Les néo-zélandais viennent de laminer les anglais. Jonah Lomu s’est servi des frères Underwood comme de vulgaires paillassons et ce n‘est pas une métaphore. 15 springboks + 1 arbitre ça ne fait pas le poids face à 15 all-blacks alors comme on ne peut pas jouer à plus de 15 on va réduire le nombre des adversaires. La veille de la finale pas moins de 12 joueurs néo-zélandais sont sur le flan, victimes d'une intoxication alimentaire. Le jour du match les Springboks affrontent le fantôme des All Blacks. Et gagnent la Coupe du Monde 95. Toujours selon Pierre Salviac présent sur le terrain au moment de la finale : « L’entraîneur Laurie Mains a toujours maintenu la version d’un empoisonnement sur la base d’un témoignage d’une employée de l’hôtel des All Blacks. J’ai assisté à l’Ellis Park à la finale entre la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud. Cela reste un des plus beaux moments que j’ai vécu dans le rugby. Mais j’ai clairement le souvenir d’une équipe all black pas du tout dans son assiette, quelques joueurs au plus mal même… Je revois Jeff Wilson en train de vomir le long de la touche… Il y a encore un vrai doute sur l’équité de ce match et sur la valeur de la victoire des Springboks ».

Alors personnellement après tout ça il est hors de question qu’un jour je regarde le film d’Eastwood qui fait l’apologie de la tricherie. Ce que je retiendrais seulement de cette œuvre c’est ce titre si criant de vérité : « Invictus » qui veut dire Invincibles, tu m’étonnes Clint. Dommage pour les bleus qui avaient une formidable équipe et qui ne méritait pas de perdre de la sorte. En cadeau voici la planche Panini, presque complète, des bleus en terre sud-africaine :

6 commentaires:

  1. Merle a trop la tête d'un serial killer sur la photo.

    A quand un article sur le foot pour changer ?

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  2. Tu penses que tu serais capable de sortir le même commentaire en face de lui ?
    Pas tout de suite y'a les championnats du monde de Badminton qui arrivent ;-)

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  3. Merci claude pour les images tout d'abord et pour le commentaire ensuite. Je pense que tu as apprécié mon objectivité ;-)

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  4. Belle article pour cette équipe de France qui avait de bonne chance d'être championne en 1995

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