Mexico 86 : ZICO, l'homme aux 500 buts

Inclus dans la liste des 22, contrairement à Cerezo et à Dirceu, le cap difficile est-II définitivement franchi pour Zico avant cette coupe du monde ? Le « Pelé blanc » reste sur ses gardes : « Je ne suis pas guéri. Mais Je suis cependant apte à tenir convenablement ma place. Il suffirait que le rythme revienne ». On ne le verra sans doute pas contre l'Espagne pour le match d’ouverture du Brésil. Ou alors en seconde mi-temps. Mais pour son sélectionneur, Télé SANTANA, sa présence est indispensable :« Zico mérite d'être là, même légèrement diminué, car il est capable de faire basculer un résultat à tout moment. » Sera-t-il le Rummenigge de la RFA en 1982, rentrant en Jeu pour sauver les meubles ? Mal opéré du genou six mois avant le mondial, Zico s'efforce de pallier sa déficience par un travail de titan aux appareils. Car il lui faut à tout prix renforcer la protection musculaire postérieure.

A trois reprises déjà, Il s'est vu contraint de regagner l'Infirmerie : en février sur les bords du golfe Persique, après un match amical de Flamengo, le 4 mars à Belo Horizonte, durant l'entrainement, puis le 6 mal devant le Chili. A chaque fois Il a touché le fond, à chaque fois Il a lutté pour refaire surface. Ému par les lettres d'encouragement reçues et par les nombreux témoignages d'amitié qui lui parviennent de tous cotés (notamment une de la fédération uruguayenne), Il trouve une force morale supplémentaire pour combattre le mauvais sort. « J'ai personnellement été à deux doigts de tout lâcher et de rentrer à la maison où m'attendent ma femme et mes trois enfants. Mais la confiance des supporters et de mes coéquipiers a été la plus forte. J'ai réussi à franchir ce terrible moment de dépression ». Ce mondial, que Zico avait le plus envie de jouer. Surtout qu’après avoir été si fort au mondial espagnol et avoir échoué alors que tout le monde voyait les brésiliens remporter leur quatrième coupe du monde. Lui qui au début des années 80 était au sommet. En 1981, il gagne un surnom : « l’homme aux 500 buts ».
Ce but il le marque au Parc des Princes contre la France, toute une histoire. Quand Pelé a marqué son millième but, en 1969, Zico était déjà un bon joueur de l’équipe junior de Flamengo. Un garçon qui, disait-on, avait un bel avenir devant lui. A son actif, on comptait, à l'époque, 100 buts.

Et les gens disaient de lui: « Un jour, il atteindra, lui aussi, son millième. Comme Pelé ». Au Parc des Princes, Zico est arrivé exactement à mi-chemin: il a marqué son 500ème but. Un événement qu'il a, justement, dédié à Pelé, lequel, par une heureuse coïncidence, se trouvait à Paris à ce moment là. J’aime beaucoup les heureuses coïncidences, surtout que les brésiliens comptabilisent toujours dans ce genre de statistiques bon nombre de matchs plus ou moins officiels et on arrive a des saisons où un joueur pro dispute plus de 100 rencontres. En tout cas, encore une fois cela tombait vraiment bien. Une rencontre internationale au sommet, la présence de Pelé. Et comme si tout était réglé comme du papier à musique, c’est ZICO qui ouvre la marque. Un but très intéressant si on l’observe. Zico, grand numéro 10 et meneur de jeu, est un joueur attiré par le but. Sur l’action, il est en bas de l’écran, il se fait oublier, marche, s’arrête presque et au moment où Reinaldo fait l’appel, ZICO plonge derrière la défense en direction du but, idéalement servi par Socrates pour battre facilement le pauvre Dropsy livré en pâture à ce prédateur de buts qu’est Zico. Ce 500ème but de sa carrière, le voici en vidéo :


Zico après le match, remporte 3-1 par le Brésil pour la petite histoire, revient sur ce but inscrit devant le roi Pelé : « il m'a déclaré qu'on allait lui rendre hommage sur le stade et que ce serait bien si, à l'occasion, si je marquais mon 500ème but pour couronner fa fête. Je lui ai promis: "je vais faire tout mon possible pour te satisfaire". J’ai tenu parole ». Il parait que depuis sa prime jeunesse, Zico note tous les buts qu'il a marqués dans sa vie sur un cahier d'écolier. Lorsqu'il est en voyage, c'est sa femme, Sandra, qui se charge de cette comptabilité. Ainsi, Zico sait toujours où, quand et contre qui il a marqué ses buts. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Zico ne s’arrêtera pas là, avec Flamengo et la Séléçao il continuera d’enfiler les buts (presque 700 à la fin de sa carrière).

En 1981, il inscrit donc son 500ème but et avec Flamengo, il remporte la Copa Libertadores. Le club brésilien ensuite donne une leçon de football à Liverpool en finale de la coupe intercontinentale (victoire 3-0). Lors de la coupe du monde 82, il éclabousse le premier tour de toute sa classe. Voir le sujet "Pourquoi le Brésil n’a pas été champion du monde en 1982", avec ses superbes buts face à l’Ecosse et la Nouvelle Zélande. Champion du Brésil en 1982 et 1983, il part en Italie dans l’ambitieux club de l’Udinese. Après une excellente première saison, la suite de sa carrière commence, déjà, à être gâchée par les blessures. Des blessures qui ne lui laisseront pas de répit jusque à la fin de sa carrière.

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