Mexico 86 : Yannick STOPYRA

L’éternel espoir ?

Sa saison 85-86 en chiffres : 37 Matchs en division 1 et 11 buts. 4ème du championnat de division 1 avec Toulouse. 1 Match en coupe de France et une élimination au 1er tour face à Bordeaux.

Une remarque terrible sur son carnet de bord: « Stopyra s'interroge trop. Faible moralement » Signé Joseph Mercier, ancien patron des militaires au Bataillon de Joinville. Cette remarque colle à la peau et au cœur du gamin de 20 ans à l’époque. Elle lui fait encore froid dans le dos, a la veille de ce mondial mexicain. Yannick Stopyra avait surgi avec talent et brio de la formidable pouponnière du FC Sochaux, longtemps dirigé par Pierre Tournier. Très vite Stopyra fait son trou dans le football français. Au poste le plus discuté, celui d'avant-centre. Au hasard des matches et des saisons, il marque but sur but. Du droit, du gauche, de la tête. Après avoir dribblé un, deux adversaires, plus encore... après s'être lancé dans une folle course de quarante mètres. Logiquement, mais seulement à 19 ans, il est propulsé en équipe de France. Vingt ans après son père Julien... La France reçoit la Grèce pour un match amical et Hidalgo fait plusieurs essais incorporant plusieurs jeunes. Stopyra rentre à la mi-temps et après plusieurs tentatives, il marque son premier but chez les bleus pour sa première cap à la 66ème minute. Voici le résumé de la rencontre, Yannick Stopyra inscrit le dernier but de la partie et au passage admirez la volée de Platini :


Comme il n'y a pas de ralenti, arrêt sur image (le commentaire est de Michel PLATINI) :


C’était l’époque sochalienne et en 1983, il veut vivre d'autres aventures. Sochaux, on en a vite fait le tour. Quand il part pour Rennes, il murmure : « Je suis Breton et ça me fait plaisir de Jouer chez moi.» C'est l'échec. L'année noire. Un jeu qui s'est liquéfié au fil des semaines. L’erreur de casting, l’année du championnat d’Europe. Stop pour Stopyra. Yannick choisit de partir à Toulouse. Là, il réfléchit sur le jeu et sur son jeu. Et il en arrive à tirer la leçon suivante : « En France, on préfère davantage l'avant-centre technique comme Bernard Lacombe que le style fonceur à la Just Fontaine. Alors, il fallait que je change mon Jeu. Et je l'ai fait. On ne peut plus Jouer égoïstement aussi bien en club qu'en équipe de France. Il faut penser aux équipiers, Jouer en appui, en remises... ». Bien lui en prend, la saison 1984-85 démarre et la campagne pour le Mexique aussi. Bernard LACOMBE a tiré sa révérence chez les bleus, il y a une place à prendre. La coupe du monde 1982, il était jeune, le championnat d’Europe 84, il a connu une année noire, Yannick STOPYRA ne veut pas rater le mondial mexicain. Il est à l’heure au rendez-vous des éliminatoires. L’équipe de France démarre en fanfare : 3 matchs, 3 victoires (Luxembourg, Bulgarie et RDA) et 3 buts pour Yannick Stopyra.

Luxembourg-France
France-Bulgarie
France-RDA
Puis la machine bleue se grippe, une fois de plus, à l’extérieur (Match nul en Yougoslavie 0-0 et deux défaites 2-0 en Bulgarie et RDA). Les attaquants tricolores sont mis au ban, Stopyra est l’une des principales victimes des dommages collatéraux des deux déplacements en Yougoslavie et en Bulgarie malgré ses très bonnes copies livrées avec le TFC. En outre le retour de Rocheteau (avec 3 buts face au Luxembourg) semble sonner le glas pour Yannick.

Henri MICHEL sur les derniers matchs des éliminatoires, a clairement choisi son tandem d’attaquants : Rocheteau en pointe et José TOURÉ en retrait. Le nantais va subir une terrible blessure face à l’Inter de Milan en coupe d’Europe qui va le priver de mondial mais la route ne s’éclaircit pas pour autant pour Stopyra. Un phénomène venu de Belgique assombrit son horizon. En cette fin de saison tous les regards se braquent sur Jean-Pierre PAPIN. Pire Michel PLATINI adoube le jeune attaquant de Bruges. Stopyra raconte : « PLATINI se fait interviewer et il dit qu’il préfère jouer avec JEAN-PIERRE PAPIN plutôt qu’avec moi ! Un journaliste vient me voir et me demande ce que j’en pense… Je lui réponds que si le bon dieu dit ca… je ne savais quoi répondre, désabusé ! Mais j’ai un tempérament à dire ce que je pense, j’ai été voir MICHEL, il était du coup très en colère envers le journaliste et plutôt gêné par rapport à moi ». Une déclaration qui agit comme un électrochoc pour Yannick, lui qui a raté deux rendez-vous majeurs et qui veut sortir de son statut d’éternel espoir. Il raconte : « je me suis dit : "Tu vas leur prouver que tu seras le meilleur attaquant de la coupe du monde !" Tous les jours j’avais ca en tête. Je vois Christian Raigniac, un journaliste de LA DEPECHE, et je lui dis :  "Si il y en a un qui se plante, je lui prends sa place et il ne la revoit plus !" ». Comme on va fyoule voir dans la suite du mondial, sur ce point là, Yannick Stopyra avait raison….

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