Mexico 86 : Patrick BATTISTON


La victime de Séville

Sa saison 85-86 en chiffres : 35 Matchs en championnat et 1 but. 3ème du championnat avec les Girondins de Bordeaux. 2 Matchs en coupe d'Europe des clubs champions (Élimination au 1er tour face à Fenerbahçe). 11 Matchs en coupe de France et la victoire au bout face à l'OM en finale.

Après Max BOSSIS un autre malheureux du mondial espagnol et de cette demi à Séville. Les Bleus donnaient une leçon de football. Soudain, stupeur dans le stade: Patrick Battiston, qui avait filé à grandes enjambées avec le ballon vers le but allemand, est terriblement séché par le gardien Harald Schumacher. Inconscient, le nez dans le gazon où l’arrière français a semé quelques chicots au passage. On l'emmène de toute urgence vers l'infirmerie. A ses côtés, Michel Platini lui tient la main, des larmes dans les yeux. Plus tard, les médecins diagnostiquent un traumatisme crânien avec, plus grave encore, une fissure à la deuxième vertèbre cervicale. Aussitôt une campagne « anti-Schumacher » se développe en France. Un homme, pourtant, explique, sans l'excuser, le geste du gardien allemand: c'est Patrick Battiston lui-même. Il souffre mais il va pardonner à son agresseur qui, d'ailleurs, vient lui rendre visite chez lui, en Lorraine. Battiston, côté fair-play, c’est le modèle du genre. Le « must »

 
 

D'autant plus que sur un terrain, il s’impose avec ses seules qualités de footballeur. Et elles ne sont pas minces: sa technique affinée est remarquable. Il a une grande intelligence pour son placement dans le jeu, un tir d'une violence inouïe à mi-distance (ah ce but face à la Juve, voir la vidéo ci dessous) et aussi, une exemplaire régularité dans ses performances autant en club (Metz, Saint-Étienne et Bordeaux) qu'avec l'équipe de France.


Patrick Battiston a débuté sa carrière professionnelle comme arrière droit et, déjà à l'époque à Metz, on lui prédisait le plus bel avenir. C'est encore à ce poste qu'il évoluera chez les Verts. En passant chez les Girondins de Bordeaux, il regarde d'abord Marius Trésor et continue d'apprendre à ses côtés. Lorsque celui-ci prend sa retraite, on retrouve Battiston libéro. Très vite, il s'affirme comme l'un des meilleurs spécialistes européens. Et c’est à partir de ce moment que va nitre une polémique apparemment fomenté pas les mendias de l’époque. On l’avait déjà évoqué dans le sujet sur la rencontre des éliminatoires en Yougoslavie (voir le sujet Yougoslavie – France du 03 avril 1985). Depuis qu’il évolué au poste de libéro en Gironde, Battiston ne veut plus jouer latéral chez les bleus et il s’en explique « J’ai maintenant l’habitude du poste de libéro. Dans la mesure où Max Bossis l’occupe en équipe de France, je préfère renoncer à la sélection. Je ne possède plus les automatismes d’un arrière latéral ».

Caprice ? Coup de froid dans le groupe ? Le coup de froid c’est Max BOSSIS qui l’attrape, avec une bonne grosse angine la veille du stage. Un forfait qui apaise tout le monde et le débat se noie. BATTISTON sera le libéro tricolore à Sarajevo aux côtés de Léonard SPECHT puis au match suivant finalement la grande explication n’a toujours pas lieue car c’est Battiston qui est forfait. Pourtant pour le match, assez facile, face au Luxembourg (victoire 6-0), Henri MICHEL associe Battiston et Bossis d’entrée, un test. Un test qui ne dure que 28 minutes, le temps pour le grand Max de se blesser au pied et de laisser sa place à Yvon LE ROUX. Moins d’une demi-heure c’est le temps pour Henri Michel de porter un premier jugement sur cette association de deux libéros. « Cette formule ne m'a pas convaincu. On ne m'y reprendra plus. » Comme le dit si bien la revue scientifique Entrevue : « il a dit, il a menti ». En effet lors du dernier match des éliminatoires, face à la Yougoslavie, en toute fin de rencontre Yvon LE ROUX reçoit un carton rouge, il sera suspendu pour la première rencontre de la coupe du monde face au Canada. Avant de partir au Mexique, Henri MICHEL revient sur ses propos et teste face à l’Argentine (voir le sujet sur la rencontre France-Argentine du 26 mars 1986) de nouveau l’association Bossis-Battiston dans l’axe. Et il n’y a pas que le sélectionneur des bleus qui revient surs ses propos, voici de larges extrait d’une interview de Battiston donnée à France Football quelques jours avant le fameux France – Canada, première rencontre des tricolores dans cette coupe du monde 1986.

Beaucoup plus tard, n'avez-vous pas recommencé à douter quand est née la polémique pour la place de libero avec Max Bossis ?

Non, car tout s'est déroulé en parfaite harmonie avec Max et le sélectionneur. Mais je crois que l'on n'a pas perçu les sentiments que je pouvais avoir à l'époque.

Que voulez-vous dire ?

J'ai été surpris que l'on dise que je ne voulais plus jouer en équipe de France à cause de cette affaire.

Il n'y a donc jamais eu de polémique ?

Mais non, pas du tout. Ou, si vous voulez, je n'ai jamais dit ce sera Bossis ou moi pour le poste de libéro.

N'avez-vous pas tenté, tout de même, de profiler des bons résultats de Bordeaux à l'époque pour tenter de vous imposer ?

On a dit ça également, mais je peux vous dire Que cette idée ne m'a jamais effleuré l'esprit.

Contre l'Argentine en mars dernier, vous avez été de nouveau associé avec Bossis en défense centrale. Et pour la première fois, Henri Michel a trouvé l'association positive ?

C'est vrai, ça s'est bien passé. Et pour une fois la critique n'a pas été sévère. Deux liberos ce n'est peut-être pas l'idéal, mais c'est une solution.

Vous croyez donc qu'II est possible de jouer sans un stoppeur de métier ?

Cela dépend des circonstances, cela dépend des matches. Mais c'est un choix tactique que l'on peut faire. Moi, je vois les choses comme ça. Au-delà du cas particulier, je le précise, et dans l'Intérêt collectif.

Vous ne pensez pas plutôt que la formule Battiston-Bossis a été retestée dans l'optique du premier match de Coupe du monde contre le Canada, quand on sait que Le Roux, suspendu, ne pourra tenir sa place ?

Oui, bien sûr, Il se peut que le sélectionneur cherche des solutions à la suspension d'Yvon. Mais Il y a d'autres stoppeurs. Enfin, si Léonard Specht avait été là, on n'aurait pas parlé de tout ça. Il y aurait eu une charnière Bossis-Specht

Pourquoi pas Battiston-Specht ?

En effet, pourquoi pas.

Avec le palmarès qui est le vôtre, le banc des remplaçants vous fait-il peur ?

Je n'ai pas peur, j'accepte la concurrence. Je viens là tout en sachant qu’il y a vingt-deux joueurs, et qu'iI y aura deux libéros en concurrence, c'est tout. Si nous jouons Max et moi contre le Canada et qu'après je perde ma place, cela ne fait rien, je le répète, je suis venu en toute connaissance de cause.

On verra la suite des évènements très prochainement

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