Mexico 86 : Luis FERNANDEZ

Le toréro de Tarifa

Sa saison 85-86 en chiffres : 37 Matchs en championnat et 9 buts. Champion de France avec le PSG. 8 Matchs en coupe de France, pour 3 buts et une élimination en demi-finale face à Bordeaux.

Un match au hasard du Championnat de France. Et Paris SG à l'affiche. Durant 90 minutes, un joueur court en tous sens. Attaque. Défend. Tire. Tacle. Se roule au sol. Parlemente avec l'arbitre. C'est Luis Fernandez ! Né en Espagne à Tarifa, orphelin de père dès l'âge de 6 ans, il débarque dans les années 60, à Vénissieux dans la banlieue de Lyon, avec sa mère, ses frères et sœurs. Luis, « l'Espagnol », est promis « comme tous ses copains » à la vie en usine. Parcours tracé sans même avoir pu le choisir. Mais lui, il est plutôt doué pour le foot. Il « bricole» à Saint-Priest, et, miracle, plonge à Paris SG où il réussit son stage. C'est parti. Et le 10 novembre 1982, autre miracle. Michel Hidalgo propulse Luis Fernandez en équipe de France à Rotterdam contre les Pays-Bas. Jusqu'alors, le sélectionneur n'avait pas trouvé le milieu de terrain défensif idéal. Fernandez, lui, fera tellement l’affaire qu’il n’a plus quitté le maillot bleu depuis son premier match. Avant le voyage au Mexique, le voici dans une série de 27 sélections consécutives, nouveau record alors. Joueur, dur au mal, Luis ne se prend pas pour un poète. Et il le dit, sans détour: « Je ne suis pas un artiste. Ce que j'aime vraiment, c'est la défense sur l'homme. Si j'essayais de tout changer pour faire plaisir aux esthètes, je ne serais plus moi-même. J'aime les tâches ingrates, ce que les autres ne veulent pas faire. Je veux servir la collectivité. C'est ce qui me plaît ».

Et puis, cet autre aveu, face à l'étonnement de le voir surgir toujours où il se passe quelque chose: « C'est vrai, je dois sentir où et quand il va y avoir du boulot. C'est sans doute cela le flair. Enfin, pour couronner un palmarès en gestation mais où l'on note déjà un titre de champion d'Europe et deux coupes de France, Luis Fernandez vient d’y ajouter un titre de champion de France. Hauteur d’un exercice remarquable, ponctué de 9 buts donc celui du sacre, Fernandez a été élu par France Football, footballeur de l’année. Une récompense au-dessus de tout soupçon pour un joueur au jeu enthousiaste et généreux. Pour son entraineur Gérard HOUILLER il est la clé du titre de Paris : « L’explosion du PSG a coïncidé avec l’explosion de son jeu. Il a su élever le niveau de son expression technique et tactique, et y ajouter ses qualités de capitaine et de meneur d’hommes. C’est le genre de joueur sur qui on peut compter le jour d’un match. C’est un formidable gagneur et j’ajouterai même un phénomène. Il aime rire, il aime aussi faire le mariolle, mais, pour son entraineur, c’est parfois un souci, car il faut savoir le prendre. »

Luis prêt pour le Mexique

2 commentaires:

  1. Luis !
    véritable chien enragé du carré magique.
    Il est celui qui arrive après les Platoche giresse Tigana, Batiston Bossis...
    Il est celui qui propulsera la generation Papin Cantona.
    L'enfant des minguettes.
    L'homme à l'ultime Pénalty contre Carlos. Et ce contre pied qui fit chavirer la France.
    L'entraineur à la Coupe des Coupes.
    Merci Luis

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