Tirage au sort du mondial 86 et réactions françaises

Voilà, on a vu comment l’équipe de France s’était qualifiée après avoir bataillé et affronté respectivement le Luxembourg, la Bulgarie, la RDA et la Yougoslavie. Elle rejoint 23 autres nations qui vont se disputer la couronne mondiale au mois de juin 1986. Outre l’Italie, tenante du titre et qualifiée d’office il faudra aussi compter sur le Mexique ; lui aussi automatiquement qualifié au titre du pays hôte et organisateur du mondial.


Voici les 21 autres pays qui ont du arracher leurs tickets pour le Mexique. En Europe : Bulgarie, Belgique, Espagne, Irlande du Nord, RFA, Danemark, Ecosse, Pologne, Angleterre, Portugal, URSS et Hongrie. En Amérique du Sud : Argentine, Paraguay, Uruguay et Brésil. Afrique : Algérie et Maroc. La Corée du Sud est l’unique représentant asiatique tandis que le Canada est celui d’Amérique du nord. Enfin l’Irak est le dernier qualifié et représente la zone proche orient. 24 le compte y est. La première étape, la plus importante est franchie. Mais il ne s’agit que de la première étape. Reste maintenant à les répartir.


Apparemment, un tirage au sort est une affaire simple. Des urnes, des boules et une main innocente suffisent. Celui des 6 groupes de la coupe du monde 1986 ne l’était sans doute pas aussi simple puisqu’il fallu 39 opérations de chapeau en chapeau pour que les 24 pays qualifiés connaissent leur sort. Une cérémonie assez longue mais suivie avec intensité par toutes les délégations, qui avaient pris place dans les studios de la société Télévisa. Musique et fumée donnaient un peu des allures de tripot à l’affaire, mais elle était claire, sans les magouilles évoquées par le passé. Tirage propre, donc, mais qui n’allait pas faire que des heureux. Imaginez par exemple la tête des allemands quand ils se découvrirent, dans le même groupe que l’Uruguay, L’Ecosse et le Danemark. Incontestablement le groupe de la « Muerte ». Imaginez aussi les réactions des champions du monde en titre, les italiens apprenant qu’ils allaient devoir arracher leur qualification au deuxième tour face à l’Argentine, la Bulgarie et la Corée du Sud. En revanche on découvrait un certain sourire côté anglais (Portugal, Pologne et Maroc), des mexicains (Belgique, Paraguay et Irak) et des Brésiliens (Espagne, Irlande du Nord et Algérie).


Pendant ce temps, le football français restait impassible. Impassible devant la vague de l’Est qui s’abattit sur lui. Après la Bulgarie, la RDA et la Yougoslavie pendant les éliminatoires, la France allait devoir batailler avec l’ogre soviétique d’URSS et la Hongrie. Il faudra y ajouter tout de même une touche nord américaine avec la Canada pour apporter un peu l’exotisme qu’on attend d’une coupe du monde. La Hongrie n’est pas forcément un bon tirage, car les Magyars ont fait un excellent parcours écartant les hollandais de la route du Mexique. Et les joueurs français ne craignent pas encore trop l’URSS. Il faut dire que l’URSS a terminé second de son groupe derrière le Danemark et juste devant la Suisse pas de quoi impressionné son monde. Cependant quelques mois plus tard et une impressionnante démonstration du Dynamo de Kiev en coupe d’Europe des vainqueurs de coupes va changer la donne. LOBANOVSKI, entraineur du Dynamo mais aussi sélectionneur va retenir pour le Mexique une majorité de ses joueurs de clubs. Le résultat sera un véritable rouleau compresseur qui attend les français (Voir le sujet sur l’équipe d’URSS 1986-88 de l’architecte LOBANOVSKI). En revanche le Canada c’est un peu l’inconnu. Beaucoup des joueurs jouaient dans le Major League Soccer au Etats-Unis, mais la faillite de cette ligue a laissé de nombreux joueurs sur le carreau et nombreux sont les joueurs de la sélection canadienne a pointé au chômage. Donc côté français, c’est mi-figue, mi-raisin. On pouvait s’attendre à mieux mais aussi à pire. Alors le sélectionneur national, Henri MICHEL, insistait surtout sur l’ordre des rencontres. « Débuter par le Canada est une perspective qui ne me déplait pas du tout. D’abord parce qu’il s’agit d’un adversaire a priori à notre portée, ensuite parce qu’un premier succès pourrait accroitre notre confiance. En revanche j’avoue que l’URSS était bel et bien une des formations que je redoutais le plus, car elle me semble actuellement en plein progression, surtout au plan tactique. De la Hongrie, je sais moins de choses. Il s’agit d’une équipe jeune, en devenir, qui s’est qualifiée très aisément, ce dont il faudra se souvenir, et qui doit nous inspirer de la méfiance ».

Voici les réactions des joueurs, je trouve que William AYACHE, tout en craignant la valeur des adversaires, apporte une analyse juste, celle de LE ROUX conserve une part de mystère et ma préférée reste celle de Joël BATS :

Michel PLATINI : « Plutôt sympathique. Nous ne sommes pas malheureux. Cela aurait pu être bien pire. Il s’agit d’un tirage assez sympa pour les français, qui me paraissent mieux lotis que les italiens par exemple. »

Luis FERNANDEZ : « Gare à la Hongrie. Bien sûr, je ne suis pas mécontent même si il faut respecter tous les adversaires »

Dominique ROCHETEAU : « Il s’agit d’un très bon tirage. Bien sûr, l’URSS constitue un os, mais ça va tout de même mieux que l’Angleterre ».

William AYACHE : « Mieux vaut tomber sur les pays de l’Est que sur les Sud-Américains, même si l’URSS et la Hongrie sont redoutables »

Maxime BOSSIS : « Nous avons moins de raisons de nous plaindre que les allemands »

Joël BATS : « Heureusement qu’il ne s’agit pas du tirage au sort de la coupe du monde de hockey sur glace, alors cela aurait été très compliqué ».
Alain GIRESSE : « On aurait plus mal tombé. Il suffit de regarder la composition du groupe de l’Allemagne pour s’en rendre compte »

Yvon LE ROUX : « Bon pour nous et pour moi. J’avais annoncé que je souhaitais rencontrer le Canada. Souhait exaucé. »

Patrick BATTISTON : « Tout est possible, tout simplement »
C’est un certain optimisme qui se dégage des propos des joueurs, maintenant ils avaient tout le mois de juin pour le conforter












En tout cas la cérémonie fut tout de même assez longue, surtout pour le président Joao HAVELANGE, qui à peine parti pisser s'est vu piquer sa place par son petit fils qui en a profité pour foutre le foutoir. Je suis sûr que c'est lui qui a foutu la merde dans le groupe de la RFA :

 

1 commentaire:

  1. Commentaire exclusif de Papin: la Hongrie, j'en rie, le Canada c'est dry et l'Urss: le grizzly du goupe !

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