Mexico 86 : Présentation du Canada

Difficile de juger du réel niveau de cette équipe canadienne et difficile de cerner les choix de son entraineur avec une préparation très particulière. Tout d’abord il faut reconnaitre tout le mérite du sélectionneur Tony WAITERS pour composer un onze type à chaque rencontre. Le Canada n’a pas de championnat professionnel et avec la fin de la North American League Soccer en 1984, la plupart des internationaux canadiens se sont retrouvés au chômage. Dans la planche Panini de l'album de la Coupe du Monde, les pointilles sous les joueurs veulent dire qu'il n'ont pas de clubs.


La NASL était le championnat nord américain lancé à grand coup de millions de dollars. Qui ont vu débarquer des joueurs tels que Pelé, Cruyff, Beckenbauer, Neeskens ou Best entre autres. Mais la NASL n’était pas seulement un championnat dorée pour les anciennes gloires du football partis en pré-retraite chez l’oncle Sam. On a vu aussi que de grands espoirs du foot sont partis très jeunes dans ce championnat : Juan Lozano, Roberto Cabanas ou son co-équipier en sélection, Julio César Romero. Quand Tony WAITERS prend en main la sélection canadienne en 1983, tous ses joueurs jouent dans ce championnat et il obtient des premiers résultats très encourageants. Tout d’abord il qualifie son pays pour les J.O de Los Angeles. Mais en 1984 ce championnat fait tout simplement faillite. Et du coup ce sont des centaines de joueurs qui se sont retrouvés au chômage dont la plupart des internationaux canadiens.


Bon nombre d’entre eux ce sont alors exilés dans la seule ligue professionnelle restante aux États-Unis : la MILS. La MILS ? C’est la Major Indoor League Soccer c'est-à-dire la ligue de football en salle. C’est très particulier et ça n’a pas grand-chose à voir avec le foot en salle qu’on peut voir en Europe. Ça ressemble plus à du hockey sur glace avec les rambardes en plexiglas (bon les mises en échec sont quand même interdites). Voici un extrait de la finale de ce championnat juste avant la coupe du monde. Cette finale oppose les San Diego Sockers au Minnesota Strikers. Il est intéressant de voir cette équipe de Minnesota car son gardien est Tino LETTIERI gardien et vedette de la sélection canadienne (il y aussi l’avant centre canadien Branko SEGOTA). Bon vous allez voir le pauvre gardien canadien n’est pas à son avantage sur cette vidéo mais bon il peut se dire que face aux Blokhine, Belanov, Rocheteau ou Stopyra, ces prochains ne pourront pas se servir des bandes comme le font les attaquants de San Diego.


Voici une autre vidéo de la même finale ou quelques instants après le but vu précédemment, on voit un autre aspect du foot en salle à l’américaine qui me fait penser au Hockey sur glace. Minnesota à un but de retard et il reste moins de 2 minutes à jouer. Alors le coach de notre gardien canadien LETTIERI sort son portier titulaire, pour mettre un gardien volant et que l’équipe joue en supériorité numérique. Bon ça peut être à double tranchant :


En tout cas tout ceci est bien folklorique mais c’est bien loin du football à onze sur un grand terrain. Mais bon c’est toujours mieux que de se retrouver sans club. En tout cas c’est dans ce contexte que WAITERS a réussi à constituer un groupe pour se qualifier au mondial mexicain en disposant au 1er tour des très faibles équipes d’Haiti et du Guatemala. Le second tour était plus sérieux avec le Costa Rica et le Honduras. La dernière rencontre à domicile contre le Honduras s’avérait décisive. Le Canada recevait le Honduras le 14 septembre 1985. Les Canadiens avaient choisi de jouer dans la fraîche province de Terre-Neuve, à l'est du pays, espérant que la température désavantagerait les Honduriens, habitués au soleil et à la chaleur. Ce fut effectivement le cas. Les Honduriens encaissèrent deux buts, marqués par George Pakos et Igor Vrablic. En tout cas il leur faudra d’autres arguments pour le mondial avec des matchs en plein milieu de l’après midi du mois de juin au Mexique. Fini la fraiche province de Terre-Neuve. La préparation au mondial des canadiens en revanche, va surprendre bon nombre d’observateurs. D’abord WAITERS continue de prendre des joueurs qui n’ont pas de clubs comme son capitaine Bruce WILSON ou le jeune défenseur Randy SAMUEL. Mais d’un côté il na pas le choix. En effet les clubs de la MILS ne sont pas rattachés à la FIFA et ne voient pas pourquoi ils libéraient des joueurs qu’ils payent ? Pour les patrons de ces écuries, ils ont des joueurs sous contrat pour jouer pour leur équipe et pas pour une autre, un point c’est tout.


Mais en revanche ce qui laisse sceptique certains observateurs c’est le choix des rencontres de préparation du Canada. Avant d’affronter l’URSS et la Hongrie au mondial, deux pays qui pratiquent un football si particulier, WAITERS et sa fédération ont programmés des matchs contre le Pays de Galles et l’Angleterre. Un football british aux antipodes du jeu des nations de l’Europe de l’Est mais aussi de celui des français, premier adversaire des canadiens au Mexique. Des français d’ailleurs bien interloqué par la préparation canadienne. Les joueurs canadiens ne sont arrivés au Mexique seulement 4 jours avant leur rencontre face aux français. Nombreux sont ceux qui ont vu de la désinvolture là où il ne s’agit que de calcul. Leur médecin, le docteur Johnson, s’est appuyé su es travaux américains concernant l’altitude et les sportifs. C’est ainsi que les canadiens se sont entrainés sur les hauteurs du Colorado du 1er au 18 mais, pour redescendre ensuite au niveau de la mer, en Floride. Le docteur Johnson estime que l’acquis des bienfaits de l’attitude se perpétue jusqu’à trois semaines après le retour au niveau zéro de la mer. Ce raisonnement à ébahi le docteur Vrillac de l’équipe de France, puisque pour lui, cette option n’est valable que si l’on joue ensuite au niveau de la mer et non pas si l’on retourne à la compétition en altitude, comme le 1er juin suivant où les eux équipes se rencontrent à Léon, à 1 800 m d’altitude. Il faut dire que pour les deux équipes les objectifs ne sont pas les mêmes. Les français ont fait une préparation pour acquérir un foncier pour aller au bout alors que les canadiens ont des ambitions plus modestes et veulent être au maximum de leurs puissances physiques dès le premier match.

1 commentaire:

  1. Salut Alex, merci, sujet très intéressant et particulièrement riche malgré le peu de matière dispo !!

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