Mexico 86 : Présentation de l'Irak

Le mondial selon Saddam

L’Irak participe à sa première coupe du monde et la présentation de cette équipe peu connue, est fortement inspirée d’un sujet lu dans l’excellent site : « we are fotoball »
Si la sa fédération est affiliée à la FIFA depuis 1950, l’essor du football irakien sur la scène internationale se confond avec l’histoire du régime mis en place par Saddam Hussein. Les premiers succès dans les compétitions internationales interviennent en effet après que l’homme de Tikrit s’est installé seul au pouvoir en 1979. Les victoires aux jeux panarabes (1985), à la coupe du golfe (1979 et 1984) et plus encore à la coupe d’Asie des nations (1982) servent la propagande du dirigeant irakien. De fait, la dictature irakienne fait du football un instrument de mobilisation nationale et de prestige international. En confiant la direction de la fédération à son fils - également président du comité olympique national- Saddam Hussein manifeste clairement cette ambition.



Les victoires de l’Irak au championnat du monde militaire en 1972, 1977 et 1979 bien que significatives pour un régime militariste, ne procure qu’un faible rayonnement international. Après deux échec en 1974 et 1982 et un refus de participation en 1970 (Israël est présent à la phase finale en 1970), afin de protester contre la présence d’Israël, l’objectif est la qualification pour la phase finale de coupe du monde 1986. Et c’est avec un grand mérite que les joueurs irakiens vont réussir à se qualifier. Ces footballeurs ne peuvent jamais jouer chez eux (interdiction de jouer à domicile prononcée par la FIFA, en raison de la guerre contre l’Iran). Et pourtant l’Irak domine le football du moyen Orient depuis 1982. Leur première qualification fût considérée comme une victoire nationale et les internationaux devinrent tous officiers. Outre le fait de ne jamais évoluer à domicile, les joueurs ont eu le mérite de se qualifier malgré une épée de Damoclès sur leur tête. En effet le journaliste de Libération, Jean Hatzfeld, citait cette déclaration du fils de Saddam, avant un match des éliminatoires et qui exhortait ses troupes (c’est le cas de le dire) : « En cas de défaite (dieu nous en préserve), le peuple ne restera pas inactif, il ensevelira ceux qui ont déçu sous des monceaux de tomates et de bouteilles vides ». C’est tout de même un autre ton que le discours de Roselyne BACHELOT lors de la dernière coupe du monde. D’un côté il y avait peu de chances de voir les joueurs irakiens ne pas descendre d’un bus lors de ce mondial


Afin de se préparer dans les meilleures conditions dans la perspective d’aller au Mexique, la fédération irakienne avait choisit de confier l’équipe nationale à un technicien brésilien. Et pas n’importe qui, le frère de Zico, Edu, qui jouit de toute la confiance du fils du dictateur. Or, l’entraîneur brésilien doit quitter ses fonctions à la veille du Mondial. Edu est victime des conflits d’intérêts entre le président de la fédération et le ministère de la Jeunesse et des Sports ; le dernier reprochant au premier d’user de ses relations paternelles pour étendre son pouvoir. Après une vraie fausse démission, s’estimant « bafoué en public » à la suite de l’éviction d’Edu, son protégé, le fils de Sadam Hussein reprend les rennes de la fédération avec pour mission de franchir le cap du premier tour de la Coupe du monde. L’enjeu symbolique est de taille : il s’agit de faire mieux que l’ennemi, l’Iran éliminé au premier tour en 1978. À un moment où la guerre amorcée en septembre 1980 s’enlise, il fait peu de doute que le régime irakien trouve dans le football un exutoire.


Fort de cet objectif, la sélection irakienne rejoint les vingt-trois autres équipes, participant à la coupe du monde au Mexique en juin 1986. Pour y parvenir, les dirigeants font le choix d’un nouvel entraîneur brésilien, Evaristo Macedo, qui a forgé sa réputation à la tête de la Seleçao. Les joueurs sont confinés dans un véritable camp retranché inaccessible à la presse tandis que promesse leur est faite, comme par le passé, à l’occasion des compétitions remportées de les gratifier de larges récompenses (appartement, voitures) en cas de qualification pour le deuxième tour.

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