Mexico 86 : Lajos DETARI

Avant le mondial mexicain, on présentait Lajos DETARI dans les médias français comme le Platini hongrois. Il faut dire que le jeune homme impressionnait depuis quelques saisons. Retour sur un début de carrière très prometteur avant le mondial mexicain. S’il signe sa première licence au FC Aszfaltútépítő Budapest, il intègre très rapidement le centre de formation d’un des plus grands clubs du pays, le Honved BUDAPEST. Nous sommes en 1973 et Lajos DETARI a 10 ans lorsqu’il intègre le Honved. 7 ans plus tard il fait ses grands débuts avec l’équipe fanion en division 1. Pour ses premières saisons il ne participe qu’à quelques matchs et il faut attendre la saison 1982-83 pour voir ce grand numéro 10 d’un mètre 80 devenir enfin titulaire, il alors 22 ans et va éclater au plus haut niveau. Pour sa première saison le Honved Budapest termine 3ème du championnat. C’est au terme de cette belle première saison pleine qu’il fait ses grands débuts internationaux. Il est convoqué dans le groupe qui affronte dans un mini tournoi estival la Suisse et le Mexique au mois d’août 1984. Ces rencontres servent à préparer les éliminatoires de la coupe du monde 1986. Comme on l’a vu dans le sujet sur la présentation de la Hongrie 1986, les magyars démarrent pied au plancher ces qualifications. Detari est présent pour le premier match et la victoire face à l’Autriche. Surtout il sera décisif dans la victoire en Hollande pour le second match de qualification. Voici l’ouverture de cette rencontre par Detari, victoire finale 1-2 pour les hongrois. Il s’agit là de son tout premier but en sélection au terme de sa 4ème convocation.


DETARI, joue numéro 10 mais c’est aussi un excellent 9 et demi, qui n’hésite pas à poursuivre ses actions et malgré sa grande taille, il est très rapide et un excellent contre-attaquant comme sur cette action face au Pays de Galles. Sur un long dégagement de Peter DISZTL, il va s’offrir un duel avec le dernier défenseur qu’il remporte grâce à ses qualités physiques dans un premier temps puis par sa technique dans un second. Après il y a tout le sang froid et la vista du meneur de jeu pour se défaire du portier adverse. Le voici ce but :


La saison 1984-85 est celle de l’explosion de Lajos DETARI. Il s’impose indiscutablement comme meneur de jeu de la sélection nationale et réalise une saison pleine avec le Honved qu’il mène au titre de champion du haut de ses 18 buts. Si c’est un total platinesque pour un numéro 10, la saison 1985-86 sera encore un meilleur cru. En cette année de coupe du monde, DETARI fait parler de lui. Non seulement le Honved conserve facilement son titre de champion 6 points d’avance avec la victoire à 2 points, DETARI explose tous les records. Dans un championnat à 16 équipes il ne prend part qu’à 27 rencontres sur 30 pour inscrire 27 buts ! Un ratio parfait d’un but par match. Si sur la scène internationale le Honved se fait sortir dès le second tour de la coupe d’Europe par le futur lauréat du Steaua Bucarest, c’est en sélection, que la renommée de DETARI va franchir les frontières de son pays. Bien entendu le match référence c’est la victoire, écrasante, des hongrois sur le Brésil 3 mois avant la coupe du monde.


Cette victoire 3-0 c’est DETARI qui la dessine. Tout d’abord en ouvrant la marque dès la 5ème minute. Alors que la défense brésilienne cafouille devant sa surface et n’arrive pas à se dégager, c’est le numéro 10 hongrois qui met le pied sur le ballon pour le faire réfléchir. J’aime beaucoup ce but car on voit bien la palette complète de ce joueur. Il fait respire l’action en écartant le jeu et ensuite plonge dans la surface pour faire parler son physique et placer une tête victorieuse. Le voici ce but :


Mais DETARI n’est pas seulement qu’un buteur c’est aussi un formidable meneur de jeu, c’est lui qui lance ses attaquant dans des contres meurtriers pour les brésiliens. Notamment son ailier droit, Esterhazy, qu’il met en orbite deux fois pour corser l’addition à 2 puis 3-0 (voir ses buts dans le sujet sur la présentation de la Hongrie 1986). La nature a été généreuse avec DETARI, non seulement elle lui a donné des qualités physiques au dessus de la moyenne, une vision du jeu hors du commun, mais elle n’a pas oublié de le dote de la technique qui convient bien aux grands numéros 10. En tout cas il y a un exercice où DETARI excelle comme tous les numéros 10, c’est le coup franc et celui-ci est magnifique :


DETARI gagnera d’autres titres et bien des honneurs après le mondial mexicain, voyageant de pays en pays. En 1987 il quitte la Hongrie sur un troisième titre de champion consécutif mais aussi un troisième titre consécutif de meilleur buteur du championnat.

DETARI s’envole en RFA où il découvre la Bundesliga avec l’Eintracht Francfort. Il n’y reste qu’une saison mais inscrit 11 buts en championnat et surtout, en inscrivant le seul but de la finale, il offre la coupe d’Allemagne à son club. Lors de l’été 1988, DETARI fait la sensation du mercato européen, en signant à l’Olympiakos du Pirée pour la somme mirobolante à l’époque de 17 millions de deutschemarks. Soit alors le 3ème transfert le plus élevé de l’histoire après ceux de Maradona et Gullit. La suite c’est une carrière de globe trotter qui l’emmène de la Grèce au calcio avec un interlude au pays avant de revenir dans le calcio puis la Suisse avant de revenir finir sa carrière en Hongrie. Aujourd’hui il est devenu entraineur.

1 commentaire:

  1. C'est vrai qu'il avait illuminé le jeu de l'équipe hongroise pendant la coupe du monde 86. Concernant son transfert record en 1988, je me rappelle que dans le numéro de Onze Mondial qui suivait l'Euro 88, les journaliste l'avaient mentionné comme étant un montant relativement fou. Dans ce numéro, Michel Platini avait signé l'édito, il disait au sujet de l'inflation des transferts (notamment les 23M de francs que l'OM venait de débourser pour acheter Eric Cantona à l'AJ Auxerre) que "les grands joueurs ne coûtent pas d'argent, ils en font gagner".

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