Yougoslavie – France du 03 Avril 1985

Comme on l’a vu sur la route du Mexique, l’équipe de France a fait un parcours sans faute, avec 3 victoires en 3 matchs (voir les sujets contre le Luxembourg, la Bulgarie, la RDA). L’année 84 elle a été tout bonnement parfaite avec 12 victoires en 12 matchs. 1984 fût la plus belle année du football français. Mais les bleus ont beau être champion d’Europe, champion olympique, pratiqué du beau jeu, il lui manque tout de même une chose. Pas un titre ou un succès mais une aptitude. En compétition, voici en effet des lustres que la France ne s’est pas imposée sur terrain adverse à l’exception de matchs gentillets à Chypre ou Luxembourg ? Au Parc des Princes, toutes les équipes se prennent les pieds dans le tapis. A l’extérieur, ce sont les bleus qui se retrouvent le nez dans le gazon. Avant le mundial en Espagne, les 3 déplacements des éliminatoires s’étaient ainsi soldés par autant de défaites aux Pays-Bas, en Belgique et en Irlande. Henri MICHEL en fait son principal objectif et décide que l’équipe de France doit devenir exportable, à la manière de l’équipe de RFA des années 70, dominatrice sur tous les terrains d’Europe.
En un mois d’intervalle, l’équipe de France à 2 déplacements périlleux qui vont donner à l’ancien nantais l’occasion de transmettre son message : « Nous devons être capables d’imposer nos qualités et notre football chez l’adversaire. Dans notre situation, il faut placer la barre très haut ». Tous les joueurs en sont convaincus. Surtout Platini. « A l’extérieur, on ne peut être que meilleurs. Et maintenant, ce sont les autres qui ont peur de nous. Profitons-en… »

A l’aube de ce printemps 1985, les bleus débordent de bonnes résolutions. Mais pas de certitudes. Voici plus de 4 mois que l’équipe de France n’a pas connu de rassemblement. Henri MICHEL voulait conclure un match France-Italie dans le cadre du nouveau stade Louis II à Monaco, en février, mais aucune date n’a pu être trouvée. Projet abandonné. Avant le déplacement à Sarajevo du 03 avril 1985, MICHEL décide donc de rallonger le stage d’une journée et convoque de nouveau 17 joueurs au lieu de 16. On note ainsi les retours de Thierry TUSSEAU, José TOURÉ et l’ancien niçois, Gérard BUSCHER, auteur de 19 buts avec Brest. Mais c’est la défense qui suscite le plus de commentaires. On y découvre en effet William AYACHE, autre héros de l’aventure olympique, et Léonard SPECHT, revenu en grâce après 3 ans d’absence. « A une époque j’ai bien cru que je ne reverrai jamais l’équipe de France » confie le bordelais. C’est pourtant un absent qui fait plus parler de lui. Un certain Patrick BATTISTON, qui ne veut plus jouer arrière droit mais dans l’axe. Le Bordelais s’explique : « J’ai maintenant l’habitude du poste de libéro. Dans la mesure où Max Bossis l’occupe en équipe de France, je préfère renoncer à la sélection. Je ne possède plus les automatismes d’un arrière latéral ». Caprice ? Coup de froid dans le groupe ? Le coup de froid c’est Max BOSSIS qui l’attrape, avec une bonne grosse angine la veille du stage. Un forfait qui apaise tout le monde et le débat se noie. BATTISTON sera le libéro tricolore à Sarajevo aux côtés de Léonard SPECHT.

Le déplacement se fait dans une Yougoslavie plongé dans l’hiver. Les bleus atterrissent à Sarajevo couvert par 10 cm de neige. Les joueurs des deux équipes se croisent à l’Hôtel Holiday Inn tout neuf et construit pour les J.O d’hiver 1984. Des retrouvailles assez chaleureuses, il faut dire que footbalistiquement les deux nations sont très proches et on compte en 1985 plus de 120 joueurs qui sont passés un jour dans le championnat de France et dans les années 80 ce chiffre va sérieusement augmenter. Le match n’a rien d’amical pourtant. Normal. Une semaine plus tôt les yougoslaves ce sont donnés une grosse frayeur contre le Luxembourg, à Zénica. Un but de Gudelj les a sauvés de l’humiliation, mais pas des sifflets de leur public. Qui accepterait mal une défaite contre la France. Deux joueurs nantais effectuent leur rentrée à cette occasion. HALILHODZIC d’un côté, AYACHE de l’autre. Commentaire du français : « L’avantage, c’est que je connais Vahid, L’inconvénient c’est qu’il est emmerdant ». Il n’est pas le seul. D’’entrée de jeu, les yougoslaves laissent trainer les crampons. Ils cherchent l’épreuve de force. « On critique les italiens, mais je ne les ai jamais vus jouer comme ça » dira PLATINI à l’issue de la rencontre.


Les bleus essaient de ne pas répondre à la provocation, et d’imposer leur meilleure arme : le football. En première période, ils sont bien près d’y parvenir. 

Surtout AYACHE qui, lancé à la perfection par GIRESSE, se présente seul devant le gardien Stojic. Hélas le jeune nantais croise trop son tir. Après la pause le jeu devient moins dur. Mais le coup de barre succède aux coups de tatanes. Passées 10 bonnes minutes, les français commencent à tourner en rond. Et les yougoslaves, visiblement satisfait à la perspective d’un nul, ne sortent plus guère de leur camp. Le 0-0 se dessine et inexorablement les deux équipes se séparent sur ce score vierge de parité. Côté français on nourrit des regrets au vu de la première heure de jeu. Mais le challenge d’Henri MICHEL est en parti réussi, l’équipe de France n’a pas perdu en déplacement. Mais bon ce n’est que la première étape d’un périple difficile et reste encore à franchie le col bulgare et allemand de l’est.

Avant de voir les joueurs français qui ont foulé la pelouse de Sarajevo ce 03 avril 1985, voici la fiche dela rencontre :













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