Le but de 60 m de BOSSER à OLMETA

Quand Olmeta accède à la célébrité...en prenant un but de 60 mètres signé Jean Pierre Bosser

Un sujet imaginé par Didier (qui n’a pas hésité à me contacter avec son sujet déjà écrit et je l'en remercie)

Février 1986, Toulon accueille Brest. Les deux clubs végètent tranquillement dans le ventre mou de la D1 et ne font pas encore parler d'eux dans les faits divers. Cabanas est un nom inconnu du foot français et personne n'imagine que Toulon dégringolera jusqu'en CFA vingt années durant. Il caille sur l'ensemble de la France, Brest mène 1-0 à la mi-temps, rien d'anormal, aucune des deux équipes ne pouvant prétendre à un statut de favori dans ce match de mal classés. On est encore loin de la fin du championnat, les deux équipes lutteront pour ne pas descendre, mais les matches en février restent, selon la formule, « importants mais pas décisifs ». Bref, la France à ce moment se fiche pas mal de l'issue du match. Et Pascal Olmeta, le jeune gardien fou de l'époque, doit certainement s'ennuyer dans sa surface: pas une midinette du juste prix à draguer, pas de micro pour faire le con et la télé-réalité qui n'avait même pas encore été inventé. Une putain de sinistrose au stade Mayol en février 86. Pascal, il en peut plus, faut que ça bouge. Alors, à la soixantième minute, au lieu de faire un dégagement à la « si ça ne gagne pas ça débarrasse » comme aimait les nommer Jean-Michel Larqué, il commence à dribbler les attaquants brestois (pas encore de Cabanas à l'époque, mais du Gérard Buscher et du Pascal Mariini), s'enlise au bout de trente mètres, finit par dégager à l'emporte-pièce (Larqué l'aimait bien celle-là aussi). 

Dans le rond central, Jean-Pierre Bosser, le besogneux milieu breton, réceptionna le dégagement approximatif d'Olmeta et, d'un magistral drop, expédia le ballon au fond des cages toulonnaises. Jean-Pierre Bosser expliquera après le match que l'entraîneur brestois d'alors, Robert Dewilder, l'avait briefé sur les slaloms farfelus d'Olmeta en dehors de sa surface et qu'il faudrait tenter sa chance le cas échéant. Christian Dalger, l'entraîneur toulonnais d'alors, lui, n'avait pas dû briefer son gardien sur la frappe de mule de Bosser et qu'il faudrait à tout prix éviter les excursions à 40 mètres de ses bois. Voici la déclaration d’après match de Jean-Pierre BOSSER : « avant le match, Dewilder avait fait allusion aux sorties aventureuses d'Olmeta. Mais en la circonstance, j'ai eu 100% de réussite. Le gardien toulonnais s'est infiltré entre 2 joueurs et au lieu d'arrêter son action et de servir un partenaire démarqué, il a voulu dégager. Mais il l'a fait si mal que le ballon m'est arrivé dans des conditions idéales. J'ai pu l'amortir et bien que je n'avais pas la notion exacte de la distance ( je me croyais dans le rond central ), j'ai tenté ma chance instantanément. Mais tout s'est enchainé parfaitement puisque mon tir était très puissant et précis. C'est sans conteste le but le plus beau et le plus surprenant que j'ai réussi depuis le début de ma carrière et je ne suis pas prêt d'en remettre un comme celui-là ! »

Le match dut par la suite s'animer un peu puisque Brest l'emporta 3-2. La semaine suivante, à l'entraînement, Henri Zambelli aurait eut ce trait d'esprit: « Hé Bobosse! Maintenant, quand tu vas tirer les 6 mètres, les autres feront un mur! » Eh oui, les charmes du oldschool, on parle bien de cette époque insouciante où les joueurs défensifs à grosse frappe venaient tirer les 6 mètres...Ce but marqua à jamais la carrière de BOSSER comme il le répétait quelques jours après son exploit à Toulon : « certains supporters m'appellent maintenant le "Pelé blanc" ! Mais c'est un peu faible car Pelé, lui, n'avait pas marqué au Mexique. Souvent, quand j'ai le ballon, même dans mon propre camp, j'entends des supporters qui crient : " Bobosse, tire ! Mets-nous en un maintenant de 65 mètres ! ". Ce but n'est pas passé inaperçu et j'ai même reçu dernièrement des courriers de félicitations en provenance de bretons de New-York et du Québec ». 

Cette vidéo de ce but on l'a cherché et cherché, et puis Mr Johann, alias Piligrim 29 pour ceux qui fréquente l'excellent forum Foot Nostalgie, a  débusqué la perle rare. ce but le voici en fin et merci Johann !


Les deux équipes se maintinrent péniblement en D1 fin mai 1986, tandis que le nuage de Tchernobyl franchissait nos frontières et Chirac les portes de Matignon. Bientôt la privatisation de TF1 et Téléfoot coupé en 2 par les pubs Cata-Vana (qui se souvient de ce que vendait Cata-Vana?). Les deux clubs portuaires connaîtront ensuite les périodes les plus mouvementées de leurs histoires. Ils sombreront pour un paquet d'année, les uns noieront leur chagrin dans le pastis ou le rugny, les autres dans le chouchen ou le cyclisme.

P.S : Voici la photo des deux équipes :
Brest 1985-86


Toulon 1985-86


3 commentaires:

  1. J'aime Olmeta ^^ mais quand il est monter balle au pied il a pas toujours fais n'importe quoi..

    RépondreSupprimer
  2. Non du côté de Gerland il en a fait un paquet et je ne l'ai jamais vu se faire prendre la balle. Bon plusieurs fois il a eu chaud mais c'est toujours passé. Il faut dire que Bosser l'avait bien calmé au début de sa carrière ;-)
    ET moi aussi j'adore Olmeta !!

    RépondreSupprimer
  3. Vache, encore un article tellement bien senti !!! je l'avais oublié ce slalom de la perdition, du pur bonheur, je suis mdr. Toutes tes allusions, Alex, sont vraiment extras (notamment les frappeurs de 6m ou la pub catavana ...limite si ta faculté à nous replonger dans ces années-là ne m'en feraient rechoper des boutons d'acné...). Je suis aux anges....!!!(verts si possible)
    Vu la taille du blog, j'avoue avoir mis la main avant l'heure sur mes cadeaux de noël....
    M E R C I Alex.

    RépondreSupprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...