Borussia Mönchengladbach 1976

Les images du sujet ne sont pas issues d’un album Panini (les éditions italiennes n’arriveront en Allemagne qu’en 1980) mais d’un album Bergmann. Bergmann, éditions allemandes qui disparaitront aux débuts des années 80 mais qui proposaient de magnifiques ouvrages combinant dans ses images à collectionner les portraits des joueurs mais aussi des photos de la saison précédente comme on va le voir dans le sujet présent. Le Borussia Mönchengladbach en 1976 c’est une équipe au sommet de son art bien qu’en transition. Alors si le Bayern de Munich domine l’Europe depuis 3 saisons en cette année 1976, en RFA c’est le Borussia Mönchengladbach qui fait régner sa loi. Vainqueur de la bundesliga en 1974-75, le Borussia Mönchengladbach récidive en 1975-76 et conservera même sa couronne la saison suivante. Retour sur cette domination du football allemand du milieu des années 70. M’Gladbach avait un style offensif, avec un engagement physique intense. La formation était construite autour de 5 joueurs de l’équipe nationale, avec Berti Vogts en défense, la légende du club et à mon sens le meilleur joueur de la finale du mondial 74, durant 14 saisons pour 419 matchs. Au milieu de terrain, Rainer Bonhof et Herbert Wimmer, étaient les récupérateurs, le premier a joué 8 saisons chez les Blanc et Noir pour 231 matchs et 42 buts, le second a évolué 12 saisons, pour 366 matchs et 52 buts. 

Devant eux, Günter Netzer, le maître à jouer de 1963 à 1973, a inscrit 108 buts en 297 rencontres. A son départ, le Danois Simonsen l’a remplacé en soutien des attaquants, avec plus de succès et le Borussia franchira un cap avec le danois. Le Borussia a atteint un total de 93 buts marqués lors de la saison 1973/1974, en partie grâce à son attaquant Jupp Heynckes, meilleur buteur avec 30 réalisations. Lors de ses 283 matchs, il a offert à son club 195 buts. Logiquement, les 5 internationaux allemands ont formé l’ossature de l’équipe sacrée championne du monde en 1974 qui contrairement à ce qu’on a pu lire n’était pas composé de l’équipe du Bayern même si les vedettes qu’étaient Beckenbauer, Muller, Hoeness et Breitner étaient plus médiatisés. Et pourtant cette saison 1974 va être un tournant pour le Borrusia M’Gladbach car il s’écroule en fin de saison, se faisant coiffer au poteau par le Bayern en championnat et éliminé en UEFA par le Milan de Rivera et Trapattoni. Pourtant l’équipe de l’entraineur Weisweiler va sortir plu fort de ces échecs et par la suite l’effectif recomposé par l’entraineur allemand va atteindre sa maturité. En effet c’est Weisweiler qui va construire cette équipe de feu, forcé par un effectif instable. Beaucoup de joueurs majeurs vont quitter le club pour s’envoler d’autres cieux, notamment Müller et Netzer partis au Réal de Madrid. Weisweiler va donner sa chance alors à une nouvelle génération de jeunes emmenés par Rainer Bonhof et Uli Stielike. Pour compléter son équipe en devenir, Weisweiler fait encore parler son flair, en allant une nouvelle fois au Danemark dénicher deux pépites: Henning Jensen et Allan Simonsen.

Le championnat 1974-75 voit triompher la nouvelle génération du Bökelbergstadion (le stade de G’ladbagh à l’époque). Le Bayern, plus occupé à dominer l'Europe, laissant la voie libre à la nouvelle dream team, celle-ci ne se fait pas prier, se payant même le luxe de narguer les Bavarois en réalisant le doublé Championnat-Coupe de l'UEFA. Cette apothéose en feu d'artifice offensif est pourtant ternie par le départ de l'entraîneur charismatique Henne Weisweiler, celui-ci décidant de rejoindre le FC Barcelone, histoire de mesurer son ego à celui de Johan Cruyff Pour lui succéder, les dirigeants récupèrent... Udo Lattek, qui vient de se faire virer du Bayern. Bien sûr, le fond de jeu s'en ressent immédiatement, Lattek préférant nettement jouer la sécurité avant de lancer ses joueurs dans des mouvements offensifs héroïques. Mais les résultats suivent, et Mönchengladbach réalise même la passe de trois en championnat, égalant la performance du Bayern. L'objectif de l'équipe et de son entraîneur revanchard est clair: dominer la compétition domestique, c'est bien, briser le règne des Bavarois en Coupe d'Europe, c'est mieux.

Le retour du Borussia dans la compétition reine est prometteur, la Juventus en faisant les frais en huitièmes de finale, mais le tirage des quarts lui propose de drôles de retrouvailles: le Real Madrid de Paul Breitner et Günter Netzer. Celui-ci ne manque pas son retour "à la maison" (en fait, encore à Düsseldorf), et le Real repart avec un bon nul 2-2. Au retour à Bernabeu, Mönchengladbach se heurte encore au mur. À 1-1, l'arbitre refuse d'abord un but de Jensen pour une faute, puis un autre de Wittkamp pour un hors-jeu que personne n'a vu, pas même son juge de touche. Encore une fois, le Borussia quitte l'Europe avec des regrets et dans des circonstances troubles, et contemple le Bayern remporter son troisième trophée d'affilée face à Saint-Étienne. La saison suivante ils atteindront la finale mais échoueront face à leur bête noire, les reds de Liverpool.
Avant de présenter l’équipe 1975-76 du Borussia Mönchengladbach, voici un petit bilan du palmarès du club de la Rhénanie du nord dans les seventies avec ses 2 entraineurs. Tant en RFA qu’en coupe d’Europe c’est impressionnant :

Le palmarès de Mönchengladbach sous Weisweiler
Coupe de l’UEFA 1975 (Finaliste 1973)
Bundesliga 1970, 1971, 1975 (2e 1974)
Coupe d’Allemagne 1973

Le palmarès de Mönchengladbach sous Lattek
Finaliste de la Coupe des Champions 1977
Coupe de l’UEFA 1979 (Finaliste 1980 avec Heynckes)
Bundesliga 1976, 1977 (2e 1978)

Borussia Mönchengladbach 1975-1976
De Gauche à Droite: Simonsen, Stielike, Wittkamp, Surau, Danner, Köstner, Wimmer, Jensen, Heynckes, Kleff, Vogts.
 











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