Finale de la coupe de France 1982 PSG – ASSE

Un parcours qui tient du miracle pour le jeune club parisien, qui s’offre son premier billet pur une finale de coupe de France après avoir bien souffert (Sort Bordeaux en ¼ de finale après prolongations, et Tours en ½ finale lors d’une séance de tirs aux buts mythique, avec seulement 3 buts inscrits !). Les verts eux sont bien décidés à prendre leur revanche dans cette compétition. Cela à déjà commencé en ½ finale où l’ASSE a sorti leurs bourreaux de l’année précédente en finale le SC Bastia de Roger MILLA (voir le sujet sur le but de Roger MILLA en finale de coupe de France 1981). Une fois de plus l’ASSE arrive avec le costume de grand favori de cette finale, une finale qui sera le dernier match d’un certain Michel PLATINI avec les verts, lui qui va partir après le mondial espagnol en Italie porté un maillot bianconero qui lui ira très bien. Pour le PSG, Georges PEYROCHE, dit à ses hommes de jouer l’esprit libre et qu’il ne pouvait rien leur arriver après cette demi-finale incroyable face au FC Tours.
Dans un parc des princes en ébullition, les deux équipes se présentent avec certaines surprises. La plus incroyable est le coup de poker de Robert HERBIN qui au lieu de placer Michel PLATINI au milieu de terrain a décidé que l’ancien joueur de Nancy occuperait le poste d’avant-centre. Alors que Peyroche avais mis en place un système au milieu pour contrecarrer l’organisation du meneur de jeu de l’équipe de France, cette décision contrariait sérieusement ses plans.IL répondit alors par un marquage individuel très strict. Lemoult ne devait pas lâcher Platini, Pilorget était à la culotte de Johnny Rep, Col sur Laurent Paganelli. Les premières minutes de ce match sont ennuyeuses, on assiste à un véritable round d’observation. La détermination est dans les deux camps et personne ne voudra lâcher si près du but. Pour preuve le gentil et doux Mustapha Dahleb, l’artiste est responsable de 4 grosses fautes au cours des 25 premières minutes, soit assurément le double de toute sa saison. Lui dont Francis BORELLI, disait « il est blessé…un papillon s’est posé sur un orteil » 
En tout cas lors de ce début de match Dahleb détruisait sa réputation en même que les chevilles des stéphanois. C’est le PSG qui prend en main le match au fil que les minutes s’écoulent lors de cette première période et c’est sur un coup franc que Surjak (voir le sujet sur Ivica Surjak) marque faisant exploser une grosse partie du parc, qui n’avait pas vu que le coup franc était indirect, faux départ et toujours 0-0. Du côté des verts c’est Paganelli qui vendange le fruit des occasions vertes. Un Paganelli bien loin de tenir toutes les promesses qui l’avait laissé entrevoir sur cette même pelouse pour ses grands débuts à 16 ans. 
Il va falloir attendre la seconde période pour voir les débats s’animer à la vitesse supérieure. Sur un débordement de Surjak, Toko ouvrait la marque pour le PSG à la 58ème minute. Saint-Etienne doit réagir, eux qu’ils viennent de perdre le titre de champion pour 1 point, eux qui ont été battus au même stade de l’épreuve l’année précédente, décident de prendre les choses en main. Et si Platini en avant centre ne pouvait pas organiser le jeu du milieu de terrain, les verts décidèrent de sauter le milieu justement pour trouver le n°10 de l’équipe de France. C’est à la 76ème minute sur lu long ballon de Zanon, relayé par Nogues que Platini d’une demi-volée égalisait. L’ASSE revigorée, pousse en cette fin de match face à des parisiens épuisés par le demi-finale marathon 4 jours plus tôt. La pelouse du parc s’est transformé en Fort Alamo mais la défense parisienne tient jusqu’à l’appel des prolongations.
Mais n’était-ce pas retarder l’échéance que ses 30 minutes supplémentaires ? Nombreux l’ont cru, lorsqu’après seulement 6 minutes de jeu, Zanon, encore lui, trouvait, d’un ballon lobé, Platini qui se présentait seul face à Baratelli. Platoche réussissait ses adieux avec un doublé en finale de la coupe de France et les verts qui mènent 2-1 face à des parisiens exténués. Paris doit marquer mais comment ? Ses attaquants sont éteints depuis longtemps, et pour Dominique Rocheteau s’est à se demander même si il a été allumé au démarrage tellement sa prestations jusque là était insipide. L’ancien ange vert avait tout loupé jusque là, remise, contrôle, dribbles, il ratait tout ce qu’il tentait et pourtant…
On joue la dernière minute de la prolongation, 119ème minute dans un poignée de seconde l’arbitre sifflera et les verts iront voir le président Mitterand pour qu’il leur remette cette coupe de France. Et puis qu’est ce qu’il pourrait leur arriver à ces stéphanois ? Les parisiens n’ont même plus la force de les déborder, N’Gom essaye mais n’y arrive pas, seulement le ballon revient dans les pieds de ce diable de Surjak, qui se démène et arrive à centrer alors que les stéphanois, Zanon, Larios et Lestage avaient cru l’avoir pris en tenaille. Son centre arrive au point de Penalty, il y a Christian Lopez mais surtout Dominique Rocheteau, qui épuisé, hors de forme avait toujours la classe des grands pour envoyer une reprise de volée pure et pleine de volonté dans la lucarne de Castaneda ! Les supporters du PSG viennent d’assister à un miracle, à la ressuscitation de leur équipe. La joie qui suivit cette égalisation est marqué dans l’esprit de chacun des acteurs tellement elle fut forte d’un côté et cruelle de l’autre. 
La joie de Rocheteau
Contraste avec la déception de Platoche
5 minutes, il fallu 5 minutes à l’arbitre Mr Vautrot pour ramener les parisiens dans leur camp et donner l’engagement. De courte durée car arrivait déjà la séance des tirs aux buts. Pour la première fois de l’histoire une finale de coupe de France se jouerait aux tirs aux buts. LA fédération avait suivi la missive de Michel HIDALGO, de ne pas rejouer la finale en cas d’égalité car il lui fallait tous ses internationaux pour bien préparer le mondial espagnol. C’est à ce moment que le match pris une tournure bizarre également. La pelouse fût envahie par les supporters parisiens, la soirée était trop chaude, trop stressante apparemment si bien que bon nombre d’entre aux ont voulu se balader sur la pelouse verte. Il faudra une demi-heure pour que tout ce monde regagne les tribunes. La soirée devenait interminable.
La séance des tirs aux buts sera digne de la soirée, longue et insoutenable pour les nerfs.

Le 1er à tirer : Battiston pour les verts face à Baratelli, les supporters parisiens sont confiants, Baratelli a tout arrêté face à Tours 4 jours plus tôt. Peine perdu contre-pied parfait et 1-0 pour les verts.
1er tireur parisien : Bathenay pour un tir en force, sa spécialité. Mais le ballon s’envole dans les tribunes du parc. Les supporters stéphanois n’ont pas le temps de savourer que l’arbitre ordonne de retirer le péno au motif que Castaneda avait bougé avant le tir. Colère de Platini et Christian Lopez, en vain, Bathenay retire et marque 1-1
2ème tireur pour les verts : Zanon qui lui aussi envoie un missile dans les nuages. Mr Vautrot qui, décidemment, ne veut pas que les gardiens bougent, ordonne de retirer le pénalty, Zanon comme Bathe,ay ne loupe pas cette seconde opportunité (on ne parle plus de vol du côté de Saint Etienne) 2-1 pour l’ASSE.
2ème tireur du PSG : Renault, entré dans les arrêts de jeu des prolongations, spécialement pour cette séance, ne tremble pas 2-2
3ème tireur vert : Johnny Rep, le hollandais avec de la glace dans les veines trompe Baratelli 3-2 pour l’ASSE.
3ême tireur du PSG : Rocheteau qui a fait le plus dur et ne vas pas trembler si pèrs du statut de héros d’un soir : 3-3
4ème tireur pour l’ASSE : Jean-François Larios. Un missile qui fait trembler les filets 4-3 pour les verts.
4ème tireur du PSG : La star Ivica Surjak, qui ne manque pas son coup pied de réparation : 4-4
5ème tireur, le héros côté stéphanois : Platini qui a fini le match avec une élongation mais qui veut partir en Italie avec la coupe de France !! Il prend Baratelli à contre pied 5-4 pour les verts !
5ème tireur parisien, c’est Luis Fernandez, comme face au Brésil 1986, mais là il n’a pas le droit à l’erreur, l pression est énorme sur ce joueur de 21 ans. Il frappe, Casataneda part du bon côté, touche la balle mais l’effleure seulement et Paris égalise à 5-5. Le stade, les dirigeants, les joueurs ne tiennent plus ne place. A l’image de Francis BORELLI qui sautille et court sur la pelouse du parc.
Il va falloir désigner de force des tireurs volontaires. Côté verts ça se bouscule pas au portillon Ce sera Christian Lopez finalement qui se décidera mais pas franchement convaincu. Il tente en force la frappe au centre, ça peut marcher Baratelli est parti à droite, sauf que le gardien a des réflexes détonants et du pied il repousse le ballon dans le ciel du parc ! On en reste à 5-5 et balle de match pour le PSG, balle de premier trophée pour le club !!
C’est Jean-Marc PILORGET qui d’un plat du pied tout en finesse va envoyer Paris au 7ème ciel !! Un match, une soirée interminable et un suspens incroyable pur la finale la plus crispante pour les nerfs de l’histoire de la coupe de France ! 
Voici la vidéo de cette soirée incroyable, il s’agit d’un résume extrait du documentaire : PSG 40 ans de fièvre.


Et premier trophée de l'histoire du PSG
Et voici les deux équipes par Panini
  
PSG 1982

ASSE 1982 

5 commentaires:

  1. Super article Alex !! Encore un gros travail

    Avec l'ange vert (parisien sur ce coup) sans doute un de mes joueurs français préférés !!

    Fier d'avoir vu briller Eden firmament(je ne pouvais pas passer à coté LOL) du foot hexagonal hier soir !!

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  2. Super article Alex, encore un gros travail !!

    Avec en outre mon joueur français préféré...l'Ange Vert (parisien sur ce coup!!)

    Fier d'avoir vu briller Eden au firmament du foot hexagonal hier soir !!

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  3. bon ne t'étonne pas s'il ya un 2 com similaire j'ai un petit soucis quand je poste !!

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  4. Je préfère quand y'en a 2 plutôt que 0 !

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    1. Toutes ces histoires sont excellentes et tu les racontes très bien aussi! En fait, je suis traducteur, et je pense que je pourrais traduire certains articles à l'anglais et/ou à l'espagnol pour que plus de gens puissent les jouir.
      Je suis @wislabe sur twitter.

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