Michel PLATINI avec le maillot de l'Inter en 1978

Joli vignette ci-contre mais c'est un photo-montage, Michel PLATINI n'a jamais joué avec la maillot nerazurri mais il s'en est fallu de très peu pour qu'il signe à l'Inter de Milan au cours de l'2té 1978. Retour sur un des plus gros ratés en matière de transfert, d'un bon cafouillage dans un mauvais jeu en triangle. Tout d'abord la présentation des 3 protagonistes qui doivent encore s'en mordre les c... (Je mets pas le mot,c'est pas par auto-censure mais après avec les moteurs de recherche ça attire des mecs bizarres). Donc en commençant par le plus connu :Sandro MAZZOLA, légende vivante de l'Inter (voir le sujet d'hier sur la grande rivalité Inter-Milans AC dans les 60's) et qui à l'été 1977 est un jeune retraité. Une fois les crampons raccrochés, MAZZOLA est devenu le conseiller personnel du président de l'Inter, un Bernard Lacombe avant l'heure si vous voulez. Le président de l'Inter justement c'est Ivanoé FRAIZZOLI, si si il s'appelle bien Ivaoné et sera président de l'Inter de 1968 à 1984. Enfin le dernier protagoniste est le nouvel entraineur nerazzurri : Eugenio BERSELLINI qui officiait jusque là à la Sampdoria. 

Tout va se passer durant l'hiver de la saison 1977-78. Le jeune Michel PLATINI est en fin de contrat avec l'AS Nancy Lorraine et l'Inter qui suit le jeune lorrain depuis quelques mois décide d'enclencher la vitesse supérieure en faisant venir Michel à Milan pour lui faire signer un pré-contrat. Ivanoé FRAIZZOLI a raconté il n'y pas si longtemps et avec humour, comment à l'époque ils avaient essayé d'en mettre plein la vue au Platoche pour le convaincre de rejoindre l'Inter "J'ai emmené le garçon dans la villa Fraizzoli, situé dans les beaux quartiers de Milan, puis on a débouché une bonne bouteille de champagne de ma cave personelle, mais le bouchon ne sauta pas, on aurait du y voir un signe". Si FRAIZZOLI s'en va dénicher les meilleurs bouteilles de sa cave personnelle c'est qu'un homme l'a convaincu qu'il fallait le jeune numéro 10 de l'équipe de France à l'Inter, il s'agit du jeune retraité MAZZOLA, qui connait bien le poste de meneur de jeu. MAZZOLA et FRAIZZOLI sont convaincus que PLATINI est le fuoriclasse qu'il faut à l'Inter pour retrouver son lustre des années HERRERA. PLATINI aussi est séduit mais fait part des pressions qu'il subit des présidents lorrains pour prolonger son contrat. FRAIZZOLI rassure Platini et lui promet qu'il ne doit pas céder et qu'à sa signature il compensera toutes les pertes d'argent que pourrait connaitre Platoche dans les 6 prochains mois, en effet l'Inter est prêt à casser la tirelire pour son futur fuoriclasse. Et des pertes pécunières, le Platoche va en connaitre car c'est un sérieux bras de fer qu'il engage avec les dirigeants lorrains qui ne lui verse plus aucune prime et seulement son salaire de stagiaire (le statut professionnel était différent et très hiérarchisé à l'époque). Donc c'est pour ça qu'à l'époque on verra Michel PLATINI boire du Fruité et rouler en Renault 12...

Platini en 1977, où il finira 3ème au ballon d'or
Mais on le sait tous aujourd'hui Platoche n'a jamais joué à l'Inter, car comme dans toutes mauvaise comédies dramatiques, un triste sire va officier. Eugenio BERSELLINI, sûrement vexé de ne pas avoir été consulté dans cette affaire, va mettre son grain de sel dans l'histoire. La scène se déroule au centre d'entrainement de l'Inter, l'Appiano. Michel PLATINI est venu visiter les installations de l'Inter et rencontre l'entraineur de l'Inter et ce dernier ne va pas aller par 4 chemins pour indiquer qu'il ne souhaite pas qu'on lui impose des joueurs. En coulisses BERSELLINI, dira à FRAIZZOLI : "Je préférais carrément que Sandro rechausse les crampons plutôt que de prendre ce jeune français. Ce joueur à l'arrière train d'une mariée et les pieds plats". Je suis pas sûr de la traduction, car je n'ai pas fait italien au lycée et je le regrette aujourd'hui mais aussi ils ne m'avaient pas dit que ça m'aurait permis de lire les articles sur Platoche !! MAZZOLA est fou, la perle va leur échapper et ce sera bien le cas, Platini, ira à St-Etienne puis à la Juventus de Turin. Comme une provocation il dira à l'époque " Jeune j'ai signé à Nancy qui était le meilleur club de la région, puis à St-Etienne qui était le meilleur club de France et aujourd'hui je signe à la Juve qui est le meilleur club au monde". Une petite boutade envoyé à FRAIZZOLI, à qui il demandera à chaque fois qu'il le croisera "Président n'oubliez pas l'argent que vous me devez !" rapport au bras de fer engagé avec Nancy alors sous les conseils du président de l'Inter.

L'histoire à un épilogue, seulement quelques jours après que BERSELLINI ait livré son jugement sur PLATINI au président et à son conseiller MAZZOLA, l'Italie recoit l'équipe de France à Naples pour un match amical, le 8 février précisément. Et ce match, Platini va l'éclabousser de toute sa classe. Pourtant les tricolores débutent très mal le match, l'arbitre aussi d'ailleurs offrant un penalty généreux aux azzurris. Grazziani le transfrome et double la mise même à la 22ème minute. Au vestiaire, HIdalgo dit à ses joueurs de se libérer er de se faire plaisir. L'équipe de France et PLATINI prennent le jeu à leur compte et vont recoller au score de façon splendide, de quoi donner des cauchemars à Dino ZOFF. Après que Bathenay ait réduit la marque, l'arbitre, toujours lui, refuse l'égalisation sur coup franc à PLATINI qui  a enlevé la toile d'araignée droite de ZOFF. L'abitre estime que Platoche devait attendre son coup de sifflet. Peu importe à la 81ème minute PLATINI a une seconde chance. Nouveaucoup franc à l'entrée de la surface et nouveau duel à distance avec ZOFF. Cette fois ci Platoche glisse la balle dans le soupirail gauche de ZOFF qui avait anticipé sur sa droite, l'habileté, la ruse de PLATINI impressionne le public italien. L'équipe de France ramène un match nul plus que mérité de son voyage enterre italienne. La vidéo des 2 coups francs de Platoche. Sublime


Au même moment, à la Villa FRAIZZOLI, le président de l'Inter reçoit un coup de téléphone de son ami MAZZOLA "alors il a le cul de la mariée et les pieds plats ce PLATINI ?".  La pillule n'est décidément pas passé et qu'en on connaitra la carrière de Platini avec le Juve et elle en est encore plus amère pour les intéristes.


5 commentaires:

  1. super article encore Alex !!

    Quelques années plus tard c'est Enzo Scifo qui lui...portera réellement le maillot interiste (il ne s'adapta pas d'ailleurs!!)

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  2. Merci David.
    Il passera même par Bordeaux, Auxerre et Monaco chez nous

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  3. Wahou moi qui croyait tout savoir tu natif de joeuf.

    Dans cette équipe ça aurait été Inter Michel, le mousquetaire de la composition.

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  4. excellent! Molinari avait des actions à l'Inter? lol (et les deux balles brossées...quel régal)

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  5. Je me souviens encore de l'intérêt de Mazzola pour Platini ...

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