L'histoire du transfert de VALDERRAMA à Montpellier

En 1987, lorsque La Paillade-Montpellier traînassait en deuxième division, nul n'aurait imaginé que le meilleur footballeur sud-américain viendrait y poser son sac, un na plus tard. Pourtnat au cours de l’été 1988 Carlos Valderrama débarque à la Mosson. C'est l'histoire de son transfert, l'histoire de son arrivée, l'histoire de ses premiers jours en France que Frédérique Trackoen, l'attachée de presse du club à l’époque raconte. Je n’y ai apporté que très, très peu de modifications ou de précisions et j’ai quasiment rien enlevé !

8 juillet 1988. 15 h 10. Ceux qui étaient là pour voir Carlos Valderrama n'ont aperçu qu'une montagne de bagages étiquetés « Bogota ». Une voiture attendait le Colombien sur la piste. Ce sont les premiers pas de star en France de Carlos Valderrama. Vingt-cinq heures de voyage, gros décalage horaire, dépaysement total, pour ne pas dire déracinement: le Sud-Américain ne sait plus du tout où il en est. Le petit millier de curieux qui l'attendent au stade ne découvrent qu'un homme aux yeux bouffis de sommeil, sans réaction, souriant sans comprendre aux photographes, aux télévisions. Il est entouré, étouffé par ses futurs supporters qui lui font une haie d’honneur. Qui aurait cru cela deux mois plus tôt ? Pas Carlos en tout cas. Quand Manuel Garcia, l'imprésario de Julio Cesar, se rend en Colombie, en octobre 1987, il veut voir celui que l'on a élu, à l'unanimité, meilleur joueur d'Amérique du Sud. Il y va par curiosité. Par conscience professionnelle aussi. Il arrive à Bogota en plein cœur de l'affaire Cabanas (voir les différents sujets sur ce transferts dans OSP : Brest : l'apogée et l'époque des stars sud-américaines et Roberto Cabanas). Manuel Garcia peut rencontrer qui il veut dans la plus grande discrétion. Personne ne se préoccupe de savoir ce qu'il vient faire en Colombie. Il peut donc rencontrer les dirigeants du Deportivo de Cali, Carlos, et envisager un transfert en Europe, et pourquoi pas en France?

Carlos est mentalement prêt à quitter son pays. Il y pensait depuis longtemps, sans savoir comment procéder. Aucun transfert n'a été fa it à ce jour en Colombie. L'imprésario arrive à point. Il signe un contrat d'exclusivité qui prendra fin le 31 mai 1988, s'il ne trouve aucun club. Il décide de prendre ce joueur sous contrat après l' avoir vu s'entraîner, après avoir visionné quelques cassettes, et après avoir assisté à un match officiel. Pas très convaincant, d'ailleurs. Mais ce garçon est plein de talent. Il faut qu'il vienne en Europe. Son jeu fera le régal des Européens, et il pourra montrer ce qu'est un footballeur colombien.
De retour en France, Garcia analyse clairement la situation, et commence à chercher les clubs susceptibles de s'intéresser à un homme au jeu fluide et lucide. C'est Michel Mezy, manager général du club de Montpellier, qui est le premier avisé de la possibilité d'engager Carlos. Mais la reprise après la trêve de Noël est fastidieuse, et l'ex-international demande un peu de temps pour apporter une réponse. Il faut attendre et voir comment se comportera l'équipe dans les semaines à venir. Une chose est cependant certaine: le club a besoin d'un attaquant et d'un buteur. Carlos est spécialiste. Mais à Montpellier, il faut attendre. Cependant, en Europe, on apprend que le Ballon d'Or sud-américain 1987 est sur le marché. Des clubs commencent à contacter Manuel Garcia. Parmi eux, des Grecs, des Italiens, et même des Français.

Le Montpellier-Paillade Sport Club connaît au même moment un essor sans précédent. Avec la meilleure attaque, les joueurs de président Nicollin vont gagner à l'extérieur, et l'horizon s'éclaircit semaine après semaine. Puisque l'Europe est en vue, il faut se donner les moyens de la vivre au mieux. Michel Mezy commence une prospection, et décide de rencontrer les dirigeants du Deportivo de Cali. Carlos fera partie du voyage. Le premier contact aura lieu à Paris, au Concorde-Lafayette. Pendant deux jours et deux nuits, les deux parties discutent des conditions du transfert. Les propositions passent d'une chambre à l'autre. Tout est pesé, mesuré. Le premier transfert colombien sera bien fait. Les dirigeants des deux clubs veulent arriver à un accord intelligent, un accord qui ouvrira les portes aux Colombiens quasiment méconnus des clubs européens. Le troisième matin se lève sur un accord: Carlos Valderrama coûtera 13 000 000 francs pour quatre ans de contrat. C'est le conseil général, présidé par Gérard Saumade qui achètera le joueur. Comme Georges Freche avait acheté Julio Cesar l'année précédente. C'est le 6 mai 1988 que Carlos signe à Montpellier en présence de Georges Freche, maire de Montpellier, de Gérard Saumade, de Louis Nicollin et de Michel Mezy. Pour cela, on remet même la médaille de citoyen d'honneur à Manuel Garcia. Quand Carlos repart, c'est pour jouer son dernier match avec son équipe à Wembley. C'est sa dernière prestation officielle. Les dirigeants montpelliérains ont fait le voyage. Ils reviennent subjugués par cette « tour de contrôle » qu'est Carlos Valderrama. Ils ont le sentiment d'avoir fait un bon choix. Les proches de Carlos se souviendront longtemps, avec beaucoup de bonheur, des premiers pas de Carlos en Europe. Le club s'est occupé de son bien-être, pour lui faciliter son intégration. On lui a trouvé une jolie maison avec piscine, pour ses enfants et Clairbeth, son épouse. En voyant cette piscine,


Carlos prend peur: comment faire pour ne pas mettre la vie de ses jeunes enfants en péril ? La piscine est un danger constant. Les petits sont toujours attirés par l'eau. Les Colombiens, comme les autres. Carlos trouve rapidement réponse à son problème: il videra la piscine après chaque bain. Élémentaire ! Lui expliquer qu'une piscine mettait parfois trois jours pour se remplir l'est moins. Carlos choisit donc une autre solution : la piscine est désormais remplie à 40 centimètres ... On peut se demander également comment sont faites les machines à laver. Parce que chez les Valderrama, on commence par mettre le linge, verser des seaux d’eau, puis à appuyer sur le bouton « marche ». Résultat surprenant….

Il faut aussi mettre une voiture à disposition de la famille. Problème : En Colombie, on a plus vite fait d’acheter son permis que de le passer. Il faut donc tout reprendre au début. Les leçons de conduite laisseront des souvenirs impérissables aux moniteurs. Mr et Mme VALDERRAMA ont longtemps pensé qu’un seul permis suffirait, et par conséquent qu’il fallait se contenter d’alterner les leçons. Mauvais calcul.
Pas facile d’arriver dans un pays où tout va si vite. Carlos observe et pense souvent à la Colombie. Il pense en colombien, d’ailleurs, et ce détail l’agace un peu. Il veut apprendre, pour pouvoir tout appréhender. Ne pas avoir à dépendre des uns et des autres pour tout. Il rêve de pouvoir faire ses courses avec Clairbeth, faire ses chèques seul, circuler partout. Il prend des leçons particulières de français, avec sa fille, qui suivra une scolarité normale avec des enfants de son âge. Des leçons, il a aussi envie d’en donner. Bien sur, c’est flatteur d’être comparé à Ruud GULLIT. Mais regardez bien même ses cheveux sont complètement différents. Non ils n’ont rien en commun. GULLIT est plus massif, plus puissant. VALDERRAM est plus discret dans la vie comme dans son jeu. Mais il se trompe rarement, parce qu’il est très lucide. Il veut montrer à l’Europe entière ce qu’est le football colombien. Carlos VALDERRAMA a envie d’être heureux. Désormais, il est français et l’Europe lui tend les bras.


Comme on l’a vu l’adaptation à la vie française ne fut pas sans difficulté pour Carlos « El Pibe » VALDERRAMA mais dans le jeu aussi. Carlos peine à joueur son football mais c’est logique. Le jeu en France est plus physique et rapide que le championnat colombien et surtout ses co-équipiers ne maitrisent pas le toque, ce jeu fait de passes courtes qui va être la marque de fabrique de la Colombie au début des années 90. Ensuite ce sera compliqué pour lui car tant d’espoirs étaient placés en lui qu’il n’arrivera pas à lever son jeu qu’on connaissait avec le sélection colombienne. Après 3 saisons il file en Espagne rejoindre son sélectionneur Maturana entraineur du Réal Valladoid, de son passage à la Mosson, il restera une victoire en coupe de France en 1990, le seul trophée majeur du club à ce jour

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