Le jour où Lens terrassa la Lazio 6-0

02 Novembre 1977 1/16 de finale de la coupe de l’UEFA à Félix Bollaert de Lens, le RC Lens reçoit en match retour la Lazio de Rome après s’être incliné 2-0 à l’aller au stade olympique de Rome. 

On ne donna pas chère des chances des lensois et pourtant…Ce match fut d’abord le récital d’un homme Didier SIX, c’est l’ailier gauche qui par ses dribbles, ses débordements, des ouvertures et surtouts des buts, 3 plus beaux les uns que les autres !! Trois buts (dont les 2 premiers qui permettront au RC Lens d’arracher la prolongation) obtenus avec audace, avec sang froid, avec brio. A son image, le RC Lens se montrait irrésistible. Durant le temps règlementaire, les hommes d’Arnold SOWINSKI remontèrent les deux buts concédés à Rome. Durant la prolongation, ils firent exploser, ce que nul n’aurait osé imaginer ! Retour sur ce match historique.

La compo des équipes :

Lazio de Rome :
Garella-Ammoniaci puis Pighin (15e), Wilson, Manfredonia, Ghedin-Cordova, Lopez, D’Amico, Badiani-Agostinelli puis Garlaschelli (82e), Giordano.
RC Lens :
Tempet-Hopquin, Flak, Leclerq, Joly-Sab puis Djebali (94e), Bousdira, Krawczyck puis Elie (75e)-Marx, Françoise, Six.

Le match:

Journée pluvieuse dans le nord mais la pluie cesse de tomber au coup d’envoi come unsigne que le show peut débuter. Le public Lensois, véritable 12ième homme, gratifia ses joueurs d’une ambiance extraordinaire dont lui seul a le secret. La bande d’Arnold Sowinski emmenée par Cap’tain Richard « Zébulon » Krawczyk allait répondre présent…et de quelle manière !! Après un début de match qui vit les Sang & Or se jeter sur toutes les balles comme des morts de faim, qui vit les italiens dégager aussi rapidement qu’ils le pouvaient en attendant le contre meurtrier, le jeu s’enlisa. Les Lensois balançaient, percutaient…mais cela restait relativement brouillon malgré toutes leurs meilleures volontés. Puis Flak, impérial ce soir-là, ouvrit réellement les hostilités avec un tir fulgurant détourné au dessus de sa cage par Garella à la 17ième minute. Le temps passe, la nervosité est apparente de part et d’autre…jusqu'à ce qu’une panne de projecteur arrive, celle-ci revient au bout d’ ¼ d’heure et la partie peut enfin reprendre. Juste à temps pour savourer la mauvaise foi de Pierre Cangioni qui veut absolument un penalty pour une faute bénigne de Badiani sur Bousdira à la 33ième dans la surface de réparation.

Et l’on se dit que l’on va atteindre la mi-temps sur un score vierge…quand Didier Six, l’enfant terrible et tête de turc préférée du football français, ouvre la marque suite à une déviation de son compère Françoise consécutif à un centre d’Hopquin. Le début de la seconde période nous offre la bagatelle de 5 occasions franches en l’espace de 10 minutes. On sent que ça va arriver…forcément, il ne peut en être autrement. Autant d’abnégation et de solidarité, ne peuvent qu’être récompensées…Ce qui arrive à la 57ième minute grâce à un nouveau but de l’ailier international. Une superbe frappe de 25 mètres limpide qui va sdéloger la toile d’araignée, un chef d’œuvre qui remet les deux équipes à égalité sur l’ensemble des deux matchs. On entrevoit le fol espoir d’une qualification historique face à un voisin transalpin…chose assez rare à l’époque pour être soulignée ! Les lensois poussent, poussent mais rien n’y fait…c’est un déferlement continuel vers la surface italienne…les joueurs de la Lazio sont littéralement à la rue, pour preuve, Jean-Pierre Tempet s’emmerde royalement dans ses cages.

Mais…mais…ça ne rentre pas et l’on arrive aux prolongations qui se solderont par un véritable feu d’artifice couleurs locales. Pour nos amis italiens, ce fut plutôt un sacré coup de grisou dans leur amour-propre. Leur suffisance fut annihilée par la généreuse débauche d’énergie des partenaires du feu follet Marx et du métronome Sab … D’abord, le but de la délivrance de Fares Bousdira à la 109ième minute suivi par une lucarne phénoménale de Didier Six, toujours lui, qui signe ainsi son troisième but de cette folle soirée intemporelle (Ah Dundar, que de somptueux buts tu auras inscrit durant ta carrière…quand tu le voulais, que ce soit ce soir là à Lens ou au Maracana voir le sujet sur les carnets sud-américains de l’équipe de France). Et le bouquet final interviendra avec deux nouveaux pions de Djebaili, rentré pour la dernière demi-heure, en 120 secondes à peine. Voici tous les buts du match, superbes :

video

Les italiens boivent le calice jusqu’à la lie. La mise à mort sauce Lensoise a eu lieu.
Les Artésiens écrivirent à l’occasion de cette partie l’une des plus belles pages du football français en coupe d’Europe. Marquer 6 buts à une équipe italienne en coupe d’Europe, surtout après avoir perdu 2-0 c’est de l’exploit ! Seulement les lensois ne confirmeront jamais cette superbe prestation, ils se feront balayer au tour suivant pas les allemands de l’est du FC Magdebourg et surtout le club descendra à la fin de la saison en seconde division, incroyable au vu de ce match !

Voici les 2 équipes en vignettes Panini et retrouvez à la fin du sujet, la magnifique planche Léon Glowacki de 1978 ! 
RC Lens 1978 :

Jean-Pierre TEMPET
Hassan HARMATALLAH
Alain HOPQUIN
Michel JOLY
Eric LHOTE
Fares BOUSDIRA
Jean-Marie ELIE
Richard KRAWCZYK
Robert SAB
Daniel LECLERCQ
Didier SIX
Joachim MARX
Pascal FRANCOISE
Robert LLORENS
Arnold SOWINSKI
Équipe RC Lens 1978
Ecusson 1978



















La planche Léon GLOWACKI de Lens 1978 (cliquer sur l'image pour l'agrandir et la voir de façon optimisée)



Lazio de Rome 1978

GARELLA
AMMONIACI
MARTINI
WILSON
MANFREDONIA
CORDOVA
AGOSTINELLI
D'AMICO
GARLASCHELLI
GIORDANO
BADIANI
AVAGLIANO
GHEDIN
PIGHIN
BOCCOLINI
CLERICI
LOPEZ
Lazio de Rome 1978















4 commentaires:

  1. Assurément la plus belle rencontre de coupe d'europe du Racing (surtout pour mon père qui l'a vécu, en plus du match contre Anderlecht avec les incidents et le but casquette caillou/Munaron).
    A noter la présence de Lionello Manfredonia, qui aura mis un sacré bordel dans les rangs des Ultras de la Roma (le CUCS) en les divisant.
    Sinon plus de mon époque, je retiens la première LDC avec une victoire à Wembley contre Arsenal(but de Debève, la simulation de Dixon et l'expulsion de Vairelles), et l'élimination contre le Dynamo Kiev de Shevchenko.
    Puis la saison suivante avec un bon parcours et l'élimination en demi-finale de la coupe UEFA contre Arsenal.
    Et puis bien sur 2002/03, avec la victoire sur les 2 futurs champion d'europe...(mais aussi les bourdes de Warmuz à Porto).

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  2. Salut Alex, bon je sais que je m'adresse à un fervent supporter de l'OL mais tu n'm'en voudras pas si je viens narrer une petite anecdote "stéphanoise" 'O' combien intensément vécue et qui reste gravée en ma mémoire : notre ex- lensois Jean Marie Elie étant le meilleur ami d'un d'mes oncles, j'eu la chance de passer une journée de 1981 en leur compagnie (j'avais 7 ans), c'est à dire tout l'avant match d'1 AJA-ASSE (Le mardi 26 Aôut 1980, 0-2, but Rep puis CF Platoche, j'me souviens très bien d'ce match, Gardon toute moustache dehors m'avait bcp impressionné par ses chevauchées sur le côté, tout comme Lopez d'ailleurs, Rep avait ouvert le score puis n'avait plus rien branlé du match, Larios me semblait mesurer 2m50 et Paganelli beaucoup moins, etc), Elie étant suspendu ou blessé ce jour là, je n'sais plus, il avait donc gardé le costard. Il nous avait emmené bouffer ds les rues d'Auxerre puis m'avait fait passer le guich'ton du stade tout de vert vêtu et planqué entre ses pattes(match à guichets fermés, pas d'place pour moi donc !!). Il avait occupé les portiers en leur signant un autographe pendant que je me faufilais de l'autre côté du portique ... délire, j'avais même eu du mal à percuter et il lui fallu s'y reprendre à 2 fois afin que j'applique la tactique de la resquille !!! A la fin d'ce match, j'me suis r'trouvé comme hypnotisé, entre lui, Battiston, platoche et janvion, dans les couloirs, à la sortie du vestiaire, bousculé par quelques journalistes avides d'une déclaration du futur turinois. Battiston posera sa main sur mon épaule (lui aussi me semblait mesurer 2m, Janvion sur celle mon cousin... d'où notre refus catégorique de passer nos maillots à la machine en rentrant mdrrrr !! j'me souviens avoir croisé l'regard de Platoche, c'est con mais ce sont des moments auxquels je pense souvent, un truc de gosse plein d'magie et complèt'ment indélébile !!! Voilà, j'crois qu'c'était le lieu idéal pour raconter cette petite histoire.
    Salutations à tous les amoureux de cet âge d'or !

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  3. Alors ce commentaire il va rentrer dans le Top Ten des anecdotes des lecteurs d'OSP !
    It's huge

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  4. Enfant, je me rappelle encore de ce match qui avait été télévisé sur Antenne 2 !

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