Jules BOCANDÉ, suspendu à vie à l’âge de 21 ans

Cette semaine on va parler des plus grands exploits des clubs français en coupe d’Europe et à chaque fois en parallèle parler d’un des héros de cette rencontre. J’ai commencé avec l’incroyable match FC Barcelone-FC Metz de 1984 où les lorrains l’avaient emporté 4-1 au Camp Nou pour se qualifier (voir le sujet sur le match historique FC Barcelone-FC Metz). Parmi les 11 héros du Camp Nou et les 2 remplaçants, j’avais choisi de tirer le portrait de Jules BOCANDÉ attaquant sénégalais qui avait fait parler la poudre en championnat de France (meilleur buteur du championnat 1986). Ce que je ne connaissais moins c’est son parcours en Belgique et surtout cette histoire incroyable au début de sa carrière au Sénégal où à 21 ans il fut suspendu à vie !
Jules François Bocandé commença sa carrière dans le club de sa ville natale, Casa Sport. Montrant déjà à 17 ans des capacités physiques zé techniques supérieures à la moyenne, il fut rapidement surclassé. Le parcours classique du joueur pro.. 

A 20 ans il gagne la coupe du Sénégal avec le Casa sport et l’année suivante, le club est en finale pour défendre sa couronne, c’est là que vont avoir lieu les évènements. BOCANDÉ revient sur cet épisode, le plus douloureux de sa carrière selon lui. « Nous jouions à Dakar la finale de la coupe nationale. 30 000 personnes au moins assistaient à la confrontation entre notre équipe et l’une des 6 formations de la capitale : le JAR. Nous perdîmes la partie 1-0 à la suite d’un pénalty accordé généreusement par un arbitre qui me refusa un but parfaitement valable pur hors-jeu. A la fin de la partie de violents incidents éclatèrent sur la pelouse. Mon copain Bassirou et moi, nous avions tenté jusque là de calmer la colère de nos partenaires. En tant qu’internationaux, il nous appartenait de montrer l’exemple, je ne sais toujours pas ce qu’il m’a pris. En passant à hauteur de l’arbitre, je lui ai décroché un coup de pied qui m’a valu une comparution immédiate devant le tribunal sportif de la fédération sénégalaise. Celui-ci m’a suspendu à vie !»

Bon ne vous inquiétez pas d’autres intérêts vont entrer en jeu mais je me tais pour ne pas gâcher le suspens
Jules continue de relater les faits : « Mais après 2 mois la peine était réduite à 1 an. Et après deux nouveaux mois, je fus même totalement gracié ! Il est vrai qu’on avait besoin de moi en équipe nationale, pour disputer les éliminatoires de la coupe du monde » Comme quoi la coupe du monde redonne toujours la vue aux juges des commissions de disciplines, BOCANDÉ est le "Paolo ROSSI"  sénégalais.
Six mois après cette finale de toute façon, Jules faisait ses valises pour l’Europe et la Belgique. Il partit pur le Hainault où il signait un contrat avec la modeste équipe de Tournai qui n’évoluait alors qu’en division 3 du championnat Belgique. JULES ne vas pas y rester ad eternum, claquant but sur but il attire les convoitises des grands clubs belge et notamment le ténor européen l’Anderlecht de Tomislav IVIC (voir le sujet sur Hajduk Split 1975). 

BOCANDÉ est invité à passer un test au Parc Astrid lors d’un match d’entrainement, il est alors opposé à la paire défensive Peruzovic-Coeck, et l’attaquant sénégalais, s’en tire remarquablement. IVIC le convoqua dans son bureau et lui adressa : « Tu m’intéresses mais nous comptons déjà 4 étrangers dans nos rangs. Je ne peux te garantir une place en équipe fanion. Si tu acceptes de jouer en réserve, viens me revoir, je t’accorde un délai de réflexion. » BOCANDÉ ne donna plus jamais signe de vie à Anderlecht. «Je n’étais pas intéressé par la perspective de rester sur le banc. Il faisait trop froid l’hiver en Belgique, pour demeurer inactif. A Seraing c’était bien autre chose. Là, j’étais convaincu qu’on me laisserait l’occasion de m’exprimer »

Et c’est le cas, c’est avec Seraing que Jules BOCANDÉ se fait connaitre. Au bout de 2 saisons réussies en 1ère division belge, il signe au FC Metz où pour sa première saison il sera de la bande qui réalisera le plus grand exploit du club en allant donner une leçon au FC Barcelone chez lui, pus finira meilleur buteur de la saison 1985-86 avec 23 réalisations. Il signera alors un bon contrat avec le champion de France : le Paris Saint Germain. Bon dans la capitale ça va pas très bien se passé il faut dire qu’apparemment Jules n’a pas réussi à s’intégrer au vestiare parisien vu ses déclarations de fin de saison : « Susic ne voulait pas jouer avec moi. Toute la France l'a vu : il préférait donner le ballon à Halilhodzic. Rocheteau et moi, c'est comme si on était rayés des cadres ... »

Mais pourtant au milieu des années 80, c’était un des tout meilleurs attaquants, voilà ce que dia le grand Yvon LE ROUX à son sujet (voir le sujet sur Yvon LE ROUX, le meilleur stoppeur de sa génération) « bien sûr, il y a les roublards comme Onnis ou Halilhodzic mais le plus difficile était Bocandé. Pendant 90 minutes, il te laminait, il était usant, malin, allait au contact avec rudesse, voire vicieux même. Mais bon, à la fin du match, si t'avais été bon et loyal, il venait vers toi, te serrait la main et te disait un "bon match" .... »
Il passera par Nice et Lens par la suite avant de terminer sa carrière en Belgique.

2 commentaires:

  1. Il est arrivé à LENS avec une réputation de fêtard !!! Mais il a été exemplaire, un bon souvenir !!! bonne soirée

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  2. Malheureusement, j'apprends qu'il vient de nous quitter à la suite d'un AVC. Repose en paix mon grand, et que la terre de la Casamance te soit légère.

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