AS ST-Etienne-Hajduk Split 1974, le jour où Geoffroy Guichard devint le "Chaudron"

Comme on l’a évoque dans les sujets sur l’Hajduk Split 1975 et le grand Ivica SURJAK, en cet automne 1974, l’Hajduk Split affronte en 1/8ème de finale de la coupe d’Europe es clubs champion, les verts de l’AS St-Etienne qui vient de réaliser le doublé coupe championnat en France tout comme son adversaire yougoslave. Ce sont deux équipes avec des générations exceptionnelles qui s’affronte et le match aller, dans le marécage du vieux stade Stari Plac, les stéphanois sont embourbés et impuissants, ils voient débouler côté gauche à Ivica SURJAK qui leur fera très mal. Les yougoslaves livrent une démonstration et infligent un 4-1 aux verts, le lendemain dans la presse on peut lire que SURJAK terrorisaient les défenseurs à chaque prise de balle. Voici les buts de ce match et sur les 2ème et 3ème but de Split, franchement quel défenseur ne serait pas inquiet face à un mec aussi rapide et doué balle au pied que Surjak, c’est impressionnant!!

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4-1 à l’extérieur ce n’est pas un bon résultat pourtant les stéphanois ne pensent qu’à la qualification lors du trajet retour de Split à St-Etienne. C’est le "Sphnix", Robert HERBIN qui va insuffler cet esprit de revanche dès la sortie du stade dans l’autocar, dans la désolation générale, HERBIN balance à ses joueurs dépités et les têtes basses : « Souvenez vous de la Coupe de France, l'an passé. On était menés 1-0 à Angers quand Edwige a ajouté un second but de la main. Plus tard, l'arbitre nous avait refusé le coup franc qui réduisait l'écart. Souvenez-vous de notre réaction »

Quelques jours plus tard, les "Verts" allaient passer 4 buts à Angers. L'exemple fait mouche. Les Stéphanois y croient. A Saint-Etienne, les Yougoslaves débarquent en touristes. A leur programme : shopping et loisir, ils ne se doutent pas que dans la paisible cité forezienne ils vont vivre l’enfer.
Les "Verts", eux, se sont repliés dans un hôtel loin de la ville et des passions. Ils revoient le match au magnétoscope. Larqué répète et ressasse comme une obsession : « Ceux-là, il faut les battre ». Le match arrive comme une délivrance. La tactique est simple : attaquer, au risque de se faire prendre en "contre". L’ambiance est chaude comme toujours les soirs de grands matchs à Geoffroy mais rien qui ne sort de l’habituel, pourtant lorsqu’à la 36ème minute Larqué envoie férocement le ballon sous la barre de Meskovic, Goeffroy Guichard exulte. Larqué, est transcendé. Le visage déformé, le poing levé, il traverse la moitié du terrain en hurlant sa joie et en faisant des petits sauts de cabri, tel un pupille. C'est le même Larqué qui, à la mi-temps stigmatisera plus encore l'ardeur de ses équipiers. 

Et pourtant au retour des vestiaires stupeur, ce sont les yougoslaves qui égalisent par l’intermédiaire de JOVANIC à l’heure du jeu, tel un coup de poignard pour les verts qui maitrisaient les débats de la tête et des épaules. La presse le lendemain fera état de dizaines de spectateurs quittant le stade et en regagnant leurs voitures allumèrent le poste et apprirent qu’en moins de 10 minutes, l’ASSE marqua 2 fois (Bathenay dans la minute qui suivait et Bereta qui transforma un péno, 9 minutes après). Ces mêmes spectateurs ont fait dès lors machine arrière et sont revenus aux grilles du stade, qui par mesure de sécurité, leurs sont restés fermés devant le nez. Quand on connait le scénario final, on peut aisément deviner que la plupart de ces spectateurs ont du se bouffer une couille en rentrant chez eux. Car à ce moment de la rencontre, le public fusionne avec les joueurs, à moins que ce soit l’inverse, où alors c’est une parfaite symbiose entre les deux parties. Reste que les verts, le public montent en intensité, cela devient un acharnement, une fureur sur les joueurs de Split qui craquent. Les yougoslaves si sûr de leur football, ne jouent plus et terrorisés, pétrifiés, balbutient leur football se contenant maladroitement de jouer la montre multipliant les erreurs. 

Il reste 10 minutes à jouer et le « Sphinx » HERBIN joue son va tout. Il sort un défenseur latéral pour faire rentrer l’attaquant Yves TRIANTAFILOS qui va devenir le héros de la rencontre. 80ème minute donc, TRIANTAFILOS remplace Repellini, Dominique Bathenay devenant arrière gauche, et TRIANTAFILOS vient se placer aux côtés d'Hervé Revelli dans l'axe.
Arrive la 82e minute. A la suite d'un dégagement raté du gardien Meskovic, les Verts récupèrent le ballon. Il parvient à Patrick Revelli qui le transmet à son frère. Ce dernier le laisse intelligemment passer pour Triantafilos qui se trouve démarqué au niveau du point de penalty, oublié par la défense yougoslave dépassé par l'inspiration géniale de l'aîné des Revelli et qui a du mal à rester dans le match depuis le but de Bereta. TRIANTAFILOS fusille l'infortuné Meskovic et parvient à arracher les prolongations, les deux équipes étant alors à égalité sur l'ensemble des deux matches (4-1).
Et que dire de la 104e minute ? Hervé Revelli obtient un coup-franc intéressant à vingt-cinq mètres des buts adverses. Ni Jean-Michel Larqué, ni Georges Bereta n'ont la force de le tirer. C'est alors que « le Grec » demande le ballon à son capitaine qui d'une pichenette, le place sur orbite. Son tir transperce le mur et vient tromper. Le héros de cette fin match revient sur son match et sur cette action décisive « j'ai toujours les plus belles images sous les yeux ! 22h07, mon premier but. 22h34, le second, celui qui nous qualifie .... Remplaçant, je passe l'essentiel du match sur le banc. A 3-1, on se met à y croire. Là, j'entre comme un fou ! Quand l'arbitre nous siffle un coup-franc, personne ne veut le tirer. Je crie : "à moi, Bérette". Il me glisse le ballon sur la droite du mur et je frappe. Après, tout le monde m'est tombé dessus ».
Voici le résumé de cette rencontre d’anthologie, sûrement la plus intense qu’a connu le football français en coupe d’Europe :

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La légende veut que ce soir le lendemain dans la presse régionale, qu’apparaitra la qualificatif de « chaudron » pour parler de l’ambiance exceptionnelle dans les tribunes de Geoffroy Guichard. Ce match à marqué la naissance du chaudron et pour beaucoup d’observateurs, il marque aussi les débuts de l’épopée des verts en coupe d’Europe. Malheureusement pour les verts, ils tomberont sur le Bayern de Munich cette saison là et surtout la suivante. Mais ceci est un autre sujet.

Voici la présentation de l’équipe de l’ASSE 1974-75. A noter que cette année là, les éditions Panini ne sont pas encore présente en France, il s’agit des images de l’album « Les étoiles du football 1975 » et ils ont cru bon de ne pas mettre Ivan CURKOVIC dans les buts mais son remplaçant Esad DUGALIC, que CURKOVIC aura fait venir au club, signe de l’immense influence qu’avait le portier yougoslave dans le Forez. Une autre absence de marque, la capitaine de l’équipe de France : Georges BERETA.

Esad DUGALIC
Christian LOPEZ
Oswaldo PIAZZA
Pierre REPELLINI
Gérard JANVION
Dominique BATHENAY
Jacques SANTINI
Christian SYNAEGHEL
Alain MERCHADIER
Jean-Michel LARQUE
Hervé REVELLI
Patrick REVELLI
Yves TRIANTAFILOS
Gérard FARISON
Robert HERBIN
Et même si je l’avais déjà mis dans le sujet sur l’équipe de l’Hajduk Split 1975, voici la formation yougoslave au grand complet pour cette saison 1974-75

Ivan KATALINIC
Rizah MESKOVIC
Vilson DZONI
Vedran ROZIC
Mario BOLJAT
Luka PERUZOVIC
Dragan HOLCER
Josko DUPLANCIC
Ivan BUJAN
Drazen MUZINIC
Slavisa ZUNGUL
Nenad SALOV
Micun JOVANOVIC
Brane OBLAK
Jurica JERCOVIC
Zeljko MIJAC
Ivica SURJAK
Marinko KURTELA
Tomislav IVIC


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