SOCRATES : quand le docteur balance, ça décoiffe !!

SOCRATES, le docteur

Ce titre n’est pas usurpé, le grand frère RAÏ, a bien passé son diplôme de médecine ne même temps que sa formation de footballeur. C’est un fait assez rare pour le souligner car les deux disciplines exigent beaucoup de travail et de sacrifices, Sócrates en a toujours eu conscience et voici sa vision de la formation d’un footballeur : « le plus important c’est d’abord la formation, en termes de connaissances personnelles et ce indépendamment de son activité professionnelle. Même si on se prépare pour une carrière de footballeur on ne doit jamais oublier les études, c’est très important ». Sócrates ne pensait d’ailleurs pas forcément devenir footballeur professionnel, lui qui pendant ses études de médecine était stagiaire au Botafogo de Sao Paulo (attention à ne pas confondre avec le grand club de Botafogo João Pessoa), il revient sur cette période de sa vie : « Le football est arrivé dans ma vie presque par coïncidence, alors que j’étudiais, en 3ème année à la fac de médecine de Ribeirao Preto (Sao Paulo), ville ou j’ai grandi. Après avoir obtenu mon diplôme, en 1977, les Corinthians de SaoPaulo sont venus me proposer un contrat pro » Il est déjà dur de réussir dans une seule de ces disciplines, alors les deux en même temps, cela témoigne de la force de caractère de Sócrates. D’ailleurs Sócrates a un caractère bien trempé et n’a jamais mâché ses mots. Petit florilège des déclarations de Socratès, du pur bonheur : « Avant le Mondial-2006, le Brésil on aurait dit le Cirque du soleil! Les joueurs ressemblaient à des phoques. Du pur exhibitionnisme. Lors des entraînements, ils jouaient avec le ballon en le mettant sur le nez, sur les lèvres... » Toujours sur la coupe du monde 2006 : « Juninho méritait d'être titulaire. Au contraire de Ronaldo. Un mec qui se présente à un Mondial en pesant 97 kg. Ce n'était pas une Coupe du monde de sumo. En Allemagne, il était obèse. ce n'était pas un athlète. Lui et Adriano c'étaient deux arbres plantés en attaque »  

Sur son passage à la Fiorentina, une saison en 1984-85 : « Je me suis retrouvé dans un pays complètement arrêté, doté d'un football absolument corrompu (...) Ça a toujours été comme ça, le Calcio. Les résultats sont manipulés, tout le système est corrompu. Les joueurs les arbitres, tous! C'est une mafia. Une mafia très bien organisée. » et d’ajouter cette anecdote « Le capitaine de la Fiorentina Pecci (Eraldo Pecci) est arrivé dans le vestiaire et a dit: " Aujourd'hui c'est match nul les gars“. J'ai répondu “ Comment ça match nul? T'es fou? "Il a répété "match nul". Alors j'ai dit "Ne comptez pas sur moi". Pendant les 45 minutes que je suis resté sur le terrain, je n'ai pas reçu un ballon. Et, le match s'est terminé par 0- 0. C 'était le TotoCalcio (loterie sportive italienne) qui dictait tout. L'objectif, ce n'était pas le championnat, mais les paris... » Alors autant j’adorais le joueur, autant je suis fan du bonhomme, c’est aussi bon, bien que dans un registre différent, que du George BEST (voir le sujet sur les citations de George BEST). 

Mais le top c’était au mondial 1986, car si il est facile défaire ce genre de déclarations une fois les crampons raccrochés mais Sócrates n’hésita pas à affirmer ses positions lorsqu’il était sur le terrain. En plein mondial 1986 il n’hésita pas à jeter un pavé dans la mare : « en raison d'énormes intérêts économiques et politiques, il fallait que la carrière du Mexique et du Brésil se poursuive le plus longtemps possible » D’ailleurs lors de ce mondial, Sócrates arborait à chaque rencontre avec un bandeau où figurait ce message « que justice se fasse ». J’ai cherché mais je n’ai pas trouvé à quels évènements il faisait allusion. Si vous avez des infos n’hésitez pas à laisser un commentaire. L’image ci contre n’est pas une vignette Panini classique, c’est un montage que j’ai fait à partir d’un album brésilien que j’ai vu sur internet mais de trop mauvaise qualité pour reproduire l’image ici. Je trouvais le concept bien plus sympa avec la petite mascotte que nos vignettes fadasses.

Sócrates était un super joueur, qui aurait mérité d’être champion du monde en 1982, tant son talent allié à celui de Zico nous offrait un football, de rêve, retour sur cetet coupe du monde 1982 et comment Sócrates l’a perçue. L’équipe de Télé Santana à la coupe du monde 1982 est l’une des plus belles qu’on est pu voir en phase finale de coupe du monde, mais comme la Hollande de Cruyff, la bande à Platoche, la Pologne de Deyna ou la Hongrie de Puskas, le Brésil de Zico et Socrates repartira bredouille. Et pourtant lors de la coupe du monde en Espagne le Brésil impressionne et surtout régale le public. Le premier match est une démonstration d’attaque défense avec 11 brésiliens face à une muraille moscovite appelé Rinat DASSAEV (voir le sujet sur Rinat DASSAEV). C’est Socrates qui, d’un exploit individuel, arrivera à tromper le grand Dassaev avant qu’Eder offre le premier succès (2-1) de la Séléçao dans ce mondial. La suite c’est une série de démonstration : 4-1 contre l’Ecosse, 4-0 contre la Nouvelle-Zélande et surtout un cinglant 3-1 face à l’éternel rival argentin. 

Mais le Brésil se fera éliminé par l'Italie et Paolo ROSSI à la surprise générale. Socrates revient sur cette défaite face à l’Italie : « Cette coupe du monde devait être l’aboutissement de 3 bonnes années de travail. Quand vous avez bien travaillé vous être naturellement confiant, c’est comme à l’école, si vous avez bien travaillé vos leçons il n’y a aucune crainte à avoir le jour de l’examen. Contre l’Italie nous n’avions rien changé à notre style et nous sommes préparés comme pour les autres matchs, nous avons joué note football comme les matchs précédents, le seul fait nouveau c’est que l’Italie a marqué plus de but que nous, incompréhensible » et d’ajouter que malgré cette défaite et ce traumatisme footballistique, il n’a jamais refait le match dans sa tête : «Je ne vis pas dans le passé, je m’occupe de ma vie présente, Je ne me rappelle même pas le visage de mon fils quand il est né ! ».

Aujourd’hui Sócrates ne change pas d’un iota, sauf physiquement, il continue la médecine et de distribuer ses perles assassines et ses coups de gueules , il raconte lui-même son quotidien : « je suis médecin et spécialiste en médecine sportive. Je suis encore actuellement en train de me perfectionner en étudiant à l’université. Je suis également journaliste pour la presse écrite, la TV et la radio »

7 commentaires:

  1. Encore un Bel article Alex !!

    Je me fais rare sur le blog car l'heure du concours ne se met pas bien avec mon timing du soir (honnetement je pense que j'aurais un total de 3 pts maximum si je pouvais participer chaque jour lol!!)

    Pendant que vous vous preparez à affronter le Brésil...de notre coté on se prépare psychologiquement à jouer contre...la Finlande...à chacun son défi héhéhé!!

    au plaisir de lire d'autres articles de qualité !!

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  2. Merci David,
    J'espère qu'on aura vraiment le plaisir de te voir lors de quelques sessions, car forcément à un moment il y aura des belges !

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  3. Étonnant ces deux articles sur ... Les deux brésiliens qui ont raté leurs peno face à Bats...

    Mon dieu, je risque de me répéter mais.. quel plateau cette coupe du monde.

    Merci pour tous ces souvenirs !!!!

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  4. Quel est le second ? Zico ou Julio César ?

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  5. les deux. Ils en ont loupé 3 dans ce match, 1 dans le temps reglementaire (Zico) et les 2 autres pendant la scéance de tir au but !

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  6. les deux ! Ils ont ratés 3 pénos dans ce match, Zico dans le temps réglementaire et les 2 autres pendant la scéance de tirs au but !

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  7. D'où ma question, qui est le second dont mon ami Buscape parle ? ;-)

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