PSG-Real de Madrid 1993

Comme on l’a vu le Réal de Madrid a est un géant d’Europe qui a reconquis ses lettres de noblesses au début des années 90 (voir les sujets sur le grand Réal de 1955 à 1960 et la quinta del Buitre) et pourtant c’est un véritable exploit que va réaliser le PSG lors de cette saison 1992-93 en éliminant la réal de Madrid après un match retour de folie dans un Parc des Princes en fusion. Retour sur une des plus belles performances de l’histoire du football français en coupe d’Europe.
Le PSG après avoir connu pas mal de difficultés à la fin des années 80, connait un renouveau au début des années 90 avec l’arrivée de Canal + dans le capital du club. Avec à sa tête Michel DENISOT, le club va revoir ses ambitions à la hausse. Sous des accents lusitanophone avec l’arrivée de l’entraineur Arthur JORGE et des brésiliens Ricardo, Geraldao en défense et du génial meneur de jeu Valdo. Et surtout le club va se montrer très malin en récupérant gratuitement David GINOLA après la faillite déclarée du Stade Brestois (voir le sujet sur la Chute du stade Brestois). 

Le PSG bénéficie aussi de l’aide de son meilleur ennemi, l’Olympique de Marseille, sauf que pour l’instant les clubs ne sont pas rivaux, c’est Canal + qui va monter de toute pièce cette rivalité mais ceci est une autre histoire. Pour l’heure le club ont des intérêts communs et Bernard TAPIE voir d’un bon œil la montée en puissance de Paris il fait un échange qui est très bénéfique pour le PSG mais aussi pour l’OM, en récupérant Jocelyn ANGLOMA, Tapie envoie dans la capitale, Germain, Fournier et Bernard Pardo autant de gros salaires qui usaient leurs shorts sur le banc de touche de Goethals. Paris a fait un très gros mercato estival (il y aura également les arrivées de deux futurs cadres du PSG période Canal avec Patrick COLLETER et Paul LE GUEN) et les résultats vont par tarder à venir pour cette première saison de l’ère Canal +. En 1991-92, le PSG finit à la 3ème place et est qualifié pour la coupe de l’UEFA.
En 1992-93, Barnard Pardo et Géraldao qui n’ont pas su s’’adapter au style d’Arthur JORGE font leurs valises après seulement une saison dans la capitale. Le brésilien est remplacé par l’ancien grand espoir du football français, Alain ROCHE qui a retrouvé du temps de jeu et de la confiance en bourgogne sous les ordres de Guy ROUX, il fera une très grande carrière à Paris. Pardo lui est remplacé par un jeune joueur de Montpellier qui sera un futur cadre du club : Vincent Guérin. 

En attaque le club frappe fort en recrutant « Mister » Georges WEAH pour remplacer Christian PEREZ et dans les buts, Joël BATS a pris sa retraite et est remplacé par Bernard LAMA. En deux été, le PSG s’est bâti une équipe ultra compétitive pour le championnat mais aussi la coupe d’Europe avec une pléiade d’internationaux. D’ailleurs en coupe de l’UEFA, après avoir sorti le PAOK Salonike facilement au 1er tour, les parisiens connaissent leur premier vrai test face à un ancien vainqueur de l’épreuve, le Napoli de Careca (voir le sujet sur Careca et la vieille sorcière). Le 21 octobre 1992, les parisiens se déplace à Naples et ramène un très précieux succès 2-0 du stade San Paoli grâce à un doublé de « Mister » Georges ! Au retour Paris assure l’essentiel en préservant le 0-0.
Au tour suivant, le PSG affronte encore un morceau difficile avec un autre ancien vainqueur, les belges d’Anderlecht toujours redoutables en coupe d’Europe. Après deux matchs âpres (0-0 à Paris et 1-1 en Belgique) les parisiens passent et montrent leurs capacités à lutter dans les grandes batailles européennes. Et s’ils vont passer l’hiver au chaud, le printemps s’annonce bouillonnant avec un choc face au géant d’Espagne et d’Europe le Réal de Madrid.

A Madrid la situation est assez similaire, après avoir dévoré l’UEFA et l’Espagne au milieu des années 80 (voir le sujet sur la « Quinta del Buitre »), le club a connu des désillusions au début des années 90 (voir le sujet sur le match Milan-Réal de Madrid 1989, où cette raclée reçue en ½ finale de la coupe d’Europe des clubs champions mettaient fin à cette génération dorée). Le club n’est plus entrainé par Léo BEENHAKKER mais par l’espagnol Benito FLORO qui a succède au très impopulaire Radomir ANTIC. Benito FLORO s’appuie sur les anciens de la maison comme Michel et Butragueno, qui n’ont pas encore la trentaine. Au milieu il associe à Michel, le grand Robert PROSINECKI qui brillera beaucoup plus que son prédécesseur HAGI sous le maillot merengue. En attaque il ya l’arrivée d’un certain chilien Ivan ZAMORANO qui devra tenter de faire oublier la légende Hugo SANCHEZ retourner au pays. Et la formule paye, le Réal dispute la 1ère place de la liga au Barça de Cruyff pourtant champion d’Europe. PROSINECKI a retrouvé son niveau de l’Etoile Rouge de Belgrade (voir le sujet sur la finale de 1991 OM-Etoile Rouge de Belgrade). Devant ZAMORANO va devenir l’hélicoptère et affolé les statistiques ! 26 buts en liga, 37 toutes compétitions confondues en 45 matchs ! C’est un gros morceau qui attend les parisiens !!

Le match aller à lieu à Santiago Bernabeu et en France on croit aux chances de ce PSG qui donne du fil à retordre à l’OM en championnat et qui a prouvé qu’il pouvait aller au charbon en Coupe d’Europe. Pourtant le Real remporte un franc succès (3-1) en venant à bout d'une équipe parisienne pétrifiée dans un Stade Santiago Bernabeu trop grand pour elle. On croit voir les symptômes des années 80 ressurgir avec des équipes françaises complexées faces aux ténors des joutes européennes.
2 Buts à remonter au Réal c’est très dur, mais le but marqué par Ginola juste après la mi-temps donne de l’espoir à tout le peuple parisien qui va remplir à Parc des Princes, chaud comme une baraque à frites pour cette manche retour.
Le 18 mars 1993 c’est plus de 45 000 personnes qui vont assister à l’un des plus beaux matchs de coupe d’Europe de l’histoire du football français. Paris est magique et domine les débats. Dès la 33ème minute, ce sont les locaux qui ouvrent la marque. George Weah reprend victorieusement de la tête un corner de Valdo. 1-0. La machine est en route ! Jusqu'à la pause, les espagnols vont contenir les multiples assauts parisiens, préservant le score. Mais le PSG semble croire à l'exploit mais curieusement n’arrive plus à déborder un milieu et une défense espagnole qui a décidé de museler le jeu. Le temps défile et Paris baisse le ton et le rythme. 81ème minute, le PSG n'y croit plus, le Real tient bon. 

A moins de 10 minutes de la fin du match, Celui-qui sera surnommé "El Magnifico" par la presse ibérique à la fin du match, David Ginola double la mise concluant ainsi une action rondement menée par Valdo, Weah puis Bravo qui remise de la tête. Sa frappe ne laisse aucune chance à Buyo le gardien madrilène. (2-0) A ce moment du match Paris est qualifié grâce au bénéfice du but à l’extérieur. Et c’est un Paris euphorique qui s’en va même inscrire un but supplémentaire à la 89ème minute lorsque Valdo crochète un défenseur madrilène et ajuste Buyo. Et donnant des allures de déroute à cet exploit, (3-0)
92ème minute, coup de théâtre. Alors qu'on pensait la qualification acquise, que le Parc chantait, le Real réduit la marque par l’inévitable Ivan Zamorano sur un coup franc excentré. La qualification est remise en cause par ce but qui permet aux espagnols d'accrocher la prolongation. Enorme désillusion des parisiens que d'encaisser ce but alors que le temps réglementaire était dépassé.
96ème minute. Monsieur Puhl l'arbitre du match ne semble pas vouloir siffler. Il laisse une ultime action aux parisiens après le but assassin du chilien Zamorano. Le PSG obtient un coup franc à 25 mètres des buts du Real. C'est le coup-franc de la dernière chance avant les prolongations. Le brésilien Valdo s'en charge et trouve la tête d'Antoine Kombouaré qui trompe Buyo d'un coup de boule exceptionnel. Celui qui sera surnommé "Casque d'or" vient de donner la qualification au PSG et permet de poursuivre l'aventure en demi-finale. Paris chutera en ½ finale face au futur vainqueur de l’épreuve la Juve et un redoutable Roberto BAGGIO qui remportera la ballon d’or cette année là mais ceci est une autre histoire. En attendant voici la présentation de ces deux équipes , qui nous ont livrés un spectacle inoubliable !

PSG 1992-93 :

Bernard LAMA
Jean-Luc SASSUS
Alain ROCHE
RICARDO
Patrick COLLETER
Laurent FOURNIER
Antoine KOMBOUARE
Paul LE GUEN
Vincent GUERIN
VALDO
David GINOLA
George WEAH
François CALDERARO



















Real de Madrid 1992-93

Paco BUYO
Munoz NANDO
Ricardo ROCHA
Manuel SANCHIS
CHENDO
Miguel LASA
Fernando HIERRO
Luis MILLA
Luis ENRIQUE
MICHEL
Robert PROSINECKI
ALFONSO
Emilio BUTRAGUENO
Ivan ZAMORANO
Entraineur - Benito FLORO

9 commentaires:

  1. un de mes plus beaux souvenirs d'ado footeux, quel match retour, y a tout eu dans ce match, le suspense, la tension, le revirement de situation et pour finir la delivrance!!!!!
    pour moi les années 90 en terme de coupe d'europe c'etait ce qu'il y avait de plus fort, les 3 coupes europeennes, des epopees des clubs francais, c'est fini tout ca....

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  2. Il est des rencontres qui vous marquent à jamais.

    Ce genre de rencontre ou l’on retrouve pêle-mêle la tension. L’adrénaline. Le stress. La résignation. L’emballement. L’euphorie. Le délire. La colère. L’abattement. Et l’explosion.

    Il est des rencontres qui restent à jamais gravé dans vos mémoires. Celles là même qui s’évoquent les larmes aux yeux, lorsqu’ on puise à pleine mains dans nos plus beaux souvenirs. Ce genre de soirée ou l’on donnerait corps et âmes pour revivre de nouveau ces instants inoubliables.

    Ce genre de soirée où l’amour devient passion.

    Ce genre de soirée où l’héroïsme s’écrit à l’encre de l’Histoire d'un club.

    Ce genre de soirée où l’on sait que l’amour pour un club coulera à jamais dans vos veines.

    Comme ce soir de Mars, en 1993.





    Que dire du match aller. On savait tous bien que ce serait difficile. Deux corners mal négociés. Le pénalty que l’on prend en fin de rencontre alors qu’on aurait très bien pu égaliser à 2 partout sur un pénalty généreusement oublié. Cette expulsion de Roche. A oublier. Vite.
    Voilà. Mais on sait maintenant qu’à 2 à 0 le PSG se qualifiera. Et on savait que ce serait possible.
    Depuis le début de la complétion Paris a le truc. Cette magie aujourd’hui oubliée et enfouie. Le PSG est étincelant. Et Paris a surtout les joueurs. Du talent à tous les niveaux qui inonde les rencontres et éblouit les soirées.



    Arrive le jour J.
    Je ne sais pas comment le décrire. Mais on sent qu’il va se passer un truc. Il y a parfois une part d’inexplicable dans le foot. Et ce jour là la confiance est palpable. Je ne savais pas pourquoi, mais j’étais persuadé que Paris allait se transcender pour écrire une page d’histoire.
    Les radios parlèrent du match toute la journée et Canal fit habilement monter la sauce. Ce match là était un événement. Et on le sentait.
    On le savait.
    Toute la journée ce match ne quitte pas mon esprit. En cours pas moyen de penser à autre chose.

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  3. Le match tant attendu arrive. Le Parc est comble. Prêt à gronder de plaisir. Les équipes rentrent dans cette arène sublime

    Les Parisiens attaquent. Et bien souvent du coté gauche. El Magnifico transcendent chaque action. Mais évidement c’est sur coup de pieds arrêtés que le PSG se montre le plus dangereux. Par Simba tout d’abord puis par Ricardo qui d’une tête repoussée par la barre aurait pu ouvrir le score.

    De mémoire, jamais un joueur n’aura mieux tirés les coups de pieds arrêtés que Valdo. Brésilien au jeu élégant, infatigable meneur de jeu, sans cesse touché par la grâce des Dieux.

    Paris domine. Ce soir le madrilènes sont prenables.


    35e minute. Corner. Comme à son habitude Valdo distille un diamant brossé qui arrive pile au 5m. Comme à son habitude la panthère noire du Libéria, arrive lancée, plein axe. Coupant la trajectoire du ballon devant une défense qui assiste à la première banderille de sa mise à mort annoncée. Le ballon caresse les filets sous la barre.
    Chez moi on explose. Le score est ouvert il ne reste plus qu’un but. Le Parc est déjà en fusion.

    La première mi-temps aura été à sens unique. Paris est sublime.

    La deuxième mi temps recommence.

    Le stress et la tension m’envahissent. On doit absolument marquer pour se qualifier. L’histoire ne peut pas se terminer autrement.
    Paris échoue sur plusieurs tentatives. Le réal boit la tasse et se fait allégrement balader.



    Mais les secondes filent à la vitesse de la lumière. Le réal durcit son jeu et bloque progressivement le jeu Parisien. Madrid devient hermétique. Et Paris s’enlise. Pétri dans un bourbier qui aspire tout son talent. Il ne reste presque plus de temps à jouer.
    10 minutes.

    Je me souviendrais toujours avoir dit à mon père un truc du genre « bon ben là c’est cuit ». Je me souviens très bien de cette résignation qui m’envahissait à ce moment là. Mélange terrifiant de stress et de désespoir. Cette horrible sensation d’abattement de voir son équipe échouer sur toutes ses attaques devant un Réal parfaitement organisé. Je m’en souviens parfaitement.


    Comme je me souviens d’avoir hurler quelques secondes après, sur un éclair transperçant la nuit parisienne. La foudre de Zeus s’abattit sur la cage de Buyo.


    A la suite d’une action d’anthologie, David Ginola décoche ce qui restera probablement l’un des plus beaux buts de l’histoire du Paris Saint Germain. Une frappe limpide, puissante qui vint se loger dans la lucarne des madrilène stupéfaits.



    A cet instant l’euphorie m’envahit, les secondes deviennent d’interminables heures qui s’égrènent avec cette lenteur angoissante.
    Lama repousse une tentative madrilène avec cette agilité féline qui fit sa renommée.

    Et de l’euphorie on passe à l’extase.
    Il reste deux minutes à jouer. Paris orchestre un contre de maitre assassin. Et Valdo se retrouve en matador du grand club ibérique.



    Je gueule tout ce que j’ai dans le coffre. Toute la tension du match se libère dans un hurlement primal. Je bondis jusqu'à en toucher le ciel. On se jette tous dans les bras les uns des autres. Une communion sans égale.
    On attend simplement que Paris tienne sa qualification. Après tout il ne reste que quelques secondes à jouer. Et à l’époque, les arrêts de jeu c’est souvent deux minutes maxi…

    L’arbitre décide de faire durer le plaisir un peu plus longtemps. Juste ce qu’il faut au Réal pour que tout s’effondre. Pour que toutes cette histoire se brise en l’espace d’une seconde.

    Madrid égalise. Stupeur, colère. J’insulte l’arbitre comme si ça allait changer le cours du match…

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  4. Le rêve se brise.

    On pense alors jouer la prolongation... On ne comprend pas immédiatement mais l’arbitre n’a pas encore siffler la fin de match historique. Paris se lance à l’attaque. David Ginola est déséquilibré. Un dernier coup franc. Une dernière occasion de parachever cette rencontre épique. Nos joueurs de têtes montent.
    Le Guen, Ricardo et Germain sont là. Évidement Mister Georges se place.
    Valdo lance une dernière pique. L’instant s'arrête. On retient notre souffle. Mes yeux se fixent sur Weah.


    Qui aurait pu se douter, à l’instant du match aller, que l’expulsion d’Alain Roche serait le tournant du match retour. Cette expulsion qui le prive du match retour. Qui prive Paris d’un joueur clé en défense central.
    Qui aurait imaginé que son illustre remplaçant aller marquer à ce point l’histoire de notre club d’un coup de tête rageur qui fit chavirer tout un peuple.


    Et Antoine Kambouaré devint le héros d'un soir.

    On hurle tout ce qu’on peut chez moi. C’est de la folie pure. On est carrément debout. On ne tient plus en place.

    L’arbitre ne siffle toujours pas la fin du match…

    Huit minutes d’arrêts de jeux… ça devient intenable. Une dernière action madrilène. Lama capte le ballon…C’est fini !!

    Délivrance. Une rencontre de rêve vient tout juste de se dérouler...

    On gueule à n’en plus pouvoir. Évidement dans le coin ou j’habite… On n’est bien les seuls.

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  5. Alors ça mon petit Buscape j'adore de chez j'adore !!
    C'est parfait, c'est passionné, c'est personnel, tu nous fait partager ce moment et on est avec toi, j'adore !
    Si tu as envie de parler d'un autre match ou d'un autre évènement et que tu y mets la même passion je m'engage comme j'ai fait avec Xavier à le publier et surtout l'illustrer.
    Un grand merci à toi qui publies toujours des commentaires fortement apprécié et pas seulement par moi

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  6. j'allais dire encore Bravo à Alex mais en fait grand Bravo à Buscape lol (on peut parler football en faisant de la grande littérature)
    ça me rappelle feu Thierry Gilardi et Charles Bietry aux commentaires, à cet époque le foot sur Canal était génial!! Kombouaré casque d'or! un match exceptionnel!

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  7. écoute Alex... Pourquoi ne pas faire une rétrospective match par match, du parcours d l'équipe de france à l'euro 84
    illustré par l'album panini évidemment.

    Dis moi ce que tu en penses ....

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  8. OK Buscape,

    J'ai beaucoup de docs sur cet Euro (de l'époque) donc je suis partant pour allier nos forces (j'arrive pas à m'empêcher d'employer des superlatifs)

    Mais je dis banco

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