l'AS Monaco 1988, les champions jugés par Arsène WENGER

Voilà un exercice que j’aime bien, les champions de France vu et jugé par leur entraineur il est assez amusant de voir la différence entre les différents entraineurs de juger leurs protégés.. J’avais commencé par un Suaudeau, intransigeant et acide vis-à-vis de ses canaris champion 77, où le succès ne doit pas masquer les carences affichées dans la saison. Dans un style beaucoup plus mielleux il y eu Houiller et le PSG champion 1986, où même ceux qui n’avaient pas jouer de la saison étaient exceptionnel ! Aujourd’hui c’est au tour d’Arsène WENGER de juger un des plus beaux champions de l’histoire du foot français : l’AS Monaco 1988. Emmené par un Glenn HODDLE au sommet de son art, l’ASM a dominé ce championnat 1987-88 avec à sa tête pourtant un jeune entraineur qui débarquait sur le rocher pour sa première saison. WENGER dans son style ressemble plus à HOUILLER où l’exercice se transforme en une cérémonie de remise de médailles en chocolats ; Il est amusant de voir que par la suite HOUILLER et WENGER ne seront plus champions avec leurs joueurs pourtant si forts et si au-dessus de la moyenne, alors que SUAUDEAU sera de nouveau champion avec le FC Nantes, en 1980, 83 et une toute autre génération en 1995. Peut-être que la différence entre le coach nantais et les deux autres se manifeste par une volonté de toujours mettre ses joueurs en pression et qu’ils arrivent à se dépasser alors que Houiller à Paris et à Lyon se fera « mangé » par les problèmes de vestiaires et l’égo de ses joueurs. WENGER lui à Monaco ou à Arsenal depuis pas mal de saisons n’arrive pas à transcender ses joueurs pour qu’ils aillent chercher cette ligue des champions ou même maintenant cette premier league. 

HOUILLER et WENGER sont d’admirables techniciens, l’OL en 2005-2006 pratiquait un football spectaculaire et efficace, ARSENAL est une des plus belles équipes à voir jouer en Europe ces dernières saisons, mais dans leurs différentes formations, il n’y a pas ce supplément d’âme qui leur permet de se dépasser et d’aller arracher des trophées avec les tripes et pas seulement avec le beau jeu. Peut-être que le fait de brosser leurs joueurs dans le sens du poil n’aident pas ces derniers à les faire progresser. Suaudeau qui contrairement aux deux autres à jouer au plus haut niveau (4 sélections en équipe de France) sait qu’il ne faut pas masquer les erreurs faites au cours d’un match même si l’équipe l’a remporté. Voici la revue des champions de France 1988 par Wenger, attention la brosse à reluire est de sortie, d’un côté il n’y a rien de surprenant pour celui qui commente depuis des années les prestations de ses gunners en équipe de France sur TF1 et qui ne les critiquent jamais mais quand certains passent complètement à côté de leurs matchs mais bon ce commentaire n’engage que moi.

Jean-Luc ETTORI
« Je crois que Jean-Luc arrive à son meilleur niveau. Il ajoute désormais, à ses qualités de gardien, une certaine maturité dans son métier, qui lui permet une grande régularité dans les performances et une certaine sérénité. Il est à son maximum actuellement. Par ailleurs, c’est aussi le garant de la santé morale de l’équipe. Il sait se monter, en toutes circonstances ; soucieux du bien être collectif »

Luc SONOR
« Luc, possède de grosses qualités d’interception, et c’est un remarquable joueur de contre attaque. Il sait jaillir au bon moment, grâce à une vitesse de course au dessus de la moyenne. Son principal mérite, cette saison, aura été d’avoir su améliorer sur le plan tactique. Il en a été récompensé par la consécration internationale. Il possède une bonne marge de progression. C’est un garçon naturellement joyeux. Il aime la vie de groupe »

Rémy VOGEL
« Rémy est un garçon discret, modeste mais terriblement efficace. Un défenseur né. Il nous a amené indiscutablement une stabilité dans l’assise défensive de l’équipe. On n’en parle pas beaucoup. Pas assez. Mais il est aussi utile qu’un attaquant. On peut affirmer qu’il nous sauve six à sept buts tout faits chaque saison. Il possède un grand sens tactique, une énorme puissance physique et il est rapide. Il ne perd pratiquement jamais de duels. C’est un homme rigoureux. Un gagneur »

Patrick BATTISTON
« Sous ses dehors décontractés, Patrick fait preuve d’une grande exigence envers lui-même, qui le pousse toujours à aller plus loin. C’est un perfectionniste et, cette qualité il a su la communiquer à l’équipe. Il a toujours envie de progresser. Je ne veux pas parler de ses qualités de placement, d’anticipation et de vitesse de course qui sont connues, mais de plus, c’est un rassembleur. Un de mes relais sur le terrain, dans la mesure où il n’y a pas, à ce niveau, de témoin privilégié. Il nous a apporté son vécu réussi ailleurs »

Manuel AMOROS
« En plus de qualités exceptionnelles, que tout le monde connait, Manuel est un gagneur hors pair. Il possède le don d’emmener un groupe, grâce à un allant et un enthousiasme qu’il a su communiquer souvent à l’équipe cette saison. Il est le représentant au niveau international de l’AS Monaco, ce qui doit lui permettre de progresser encore les prochaines saisons. Il a beaucoup progressé dans la constance des performances. C’est aussi un garçon très accessible pour les jeunes »

Claude PUEL
« Claude apporte beaucoup au groupe grâce à sa polyvalence. Bien sûr celle-ci peut se retourner contre lui, car elle bride quelque peu son expression personnelle. Mais un joueur comme lui est indispensable dans un groupe. I lest capable d’évoluer à tous les postes en défense ou comme milieu défensif. Je pense toutefois que sa meilleure utilisation se situe comme libéro, ou comme milieu défensif, un joueur comme Claude c’est de l’or »

Marcel DIB
« Marcel est un milieu de terrain très complet qui possède une forte capacité de travail. C’est un récupérateur de ballons extraordinaires dont la complémentarité avec Rohr fait merveille. C’est un joueur hypergénéreux qui a ce qu’on appelle la « grinta ». Il a la faculté de savoir se dépasser et, de match en match, de repousser ses limites. Sur le terrain comme dans la vie, c’est un garçon généreux »

Jean-Philippe ROHR
« Après pratiquement deux ans d’absence, Jean-Philippe est revenu à son meilleur niveau. C’est un joueur qui se dépense énormément. Il a une activité énorme, un potentiel physique impressionnant et une endurance à l’effort prodigieuse. C’est le relayeur de l’équipe. Il est adroit dans les volées, mais il doit prendre plus de risques dans les phases de pénétration. Il a lui aussi beaucoup progressé cette saison sur le plan tactique »

Fabrice MEGE
« Fabrice est venu de Nice pour seconder, à Monaco, Hoddle, dans la construction du jeu. Il a montré qu’il avait beaucoup de potentialités en ce domaine. Il a, cette saison, beaucoup progressé, notamment dans le domaine de la disponibilité collective. Mais il lui reste à apprendre à se dépasser et à aller au bout de ses possibilités. C’est un garçon gentil, réceptif et modeste qui sait assez bien s’analyser »

Glenn HODDLE
« Glenn est un homme qui sait être à l’écoute du groupe. Sa grande qualité, c’est de tirer la quintessence des joueurs qui l’entourent. Il a le don de faire jouer les attaquants, selon leurs points forts. Il possède le sens des responsabilités et des valeurs de groupe. Il a réussi l’exploit de s’intégrer facilement à l’équipe sans parler un mot de français, grâce à sa gentillesse et sa simplicité. Dans le jeu, c’est le créateur »

Jean-Marc FERRATGE
« Jean-Marc s’est imposé petit à petit dans l’équipe comme milieu droit, grâce à son tempérament, son esprit de gagneur, son sens tactique et sa disponibilité collective. C’est un joueur pénétrant, imprévisible, qui n’a peur de rien. Il nous a marqué beaucoup de buts importants. Il possède un grand sens des responsabilités. C’est un garçon sur lequel on peut compter. Mais c’est aussi un garçon sur lequel le groupe peut s’appuyer »

Mark HATELEY
« C’est un perforateur de défense. Il a toujours envie d’aller de l’avant et n’a peur de personne. Il a apporté à l’équipe un esprit de conquête, en plus de son énorme présence aérienne. Dans les moments difficiles, l’équipe s’en est souvent remise à la tête d’Hateley. C’est aussi un excellent remiseur. Il est conscient de sa force et, comme souvent chez les anglais, ne se préoccupe pas de l’adversaire. Il a été bien accepté par ses équipiers, car il est naturellement joyeux et bon vivant »

Youssouf FOFANA
« Youssouf a réalisé un remarquable début de championnat, puis il a été blessé gravement et a dû être opéré. Il n’est pas encore revenu à son meilleur niveau. Je pense qu’il tourne actuellement à 60% de ses moyens. Quand il est pleinement opérationnel, c’est un joueur qui apporte beaucoup à l’équipe, grâce à sa facilité de pénétration, son côté imprévisible et ses enchainements. Mais il faut qu’il soit plus exigeant avec lui-même. Il est trop fataliste. Il doit apprendre à se révolter »


5 commentaires:

  1. Alex,
    Je ne suis pas de ton avis, lorsque tu qualifies le Monaco 1988, comme un des plus beaux champions de l'histoire du foot français.
    Sans remonter très loin, sur les trente dernières années, le vrai débat serait de savoir quel champion de France a vraiment mérité le titre de très beau champion. Pour ma part, mon choix se ferait entre :
    - Nantes 1983 et 1995.
    - Bordeaux 1985
    - Marseille 1990 et 1991
    - Monaco 2000
    - Lyon 2005 et 2006

    Cette équipe de Monaco a remporté un championnat 1988, d'assez faible niveau, sans prétendants sèrieux.
    Bordeaux et Marseille connaissaient une saison de transition.
    Le Paris SG était aux abonnés absents.
    Il me semble même que c'est cette année là que Montpellier, finit 3eme, les verts 4eme et Toulon 5eme.
    Pour le spetacle, cette saison là, j'ai pour seul souvenir, les matchs à domicile de Montpellier, qui étaient à chaque fois, de véritables partitions de jeu offensif.
    Après, il est vrai que Glenn Hoddle s'est baladé et nous a charmé....

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  2. Merci Xavier de ton commentaire, pour moi Monaco fût l'un des plus beaux champions car il a remporté un championnat que tout le monde voyait échoué à Bordeaux ou à Marseille et l'ASM a été champion sans la moindre contestation emmené par un Hoddle qui m'a émerveillé.
    Maintenant le Montpellier 1988 fut fantastique ainsi que toutes les équipes que tu as cité, surtout dans les années 2000.
    Mais Monaco a dominé ce championnat sans qu'il n'y est rien à redire en remportant un grand nombre de matchs et en produisant énormément e jeu, donc c'est pour ça que je le classe, selon moi, dans les plus beaux champions des 30 dernières années

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  3. j'aimais bien ce monaco , avec HODDLE et HATELEY, pas au sommet de leur carrière, mais de sacrés joueurs !!!

    je preferais HATELEY !!!

    Le plus beau champion ( sans aucun chauvinisme ... :D) LENS 98 le plus inattendu, le plus beau moment de toute une région la plénitude de MARC VIVIEN FOE !!! j'aime

    Bon dimanche les gars

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  4. Pour revenir à l'analyse du début et pour être précis, ce n'est pas Jean-Claude Suaudeau mais Jean Vincent qui était l'entraîneur des Canaris champions entre 1976 et 1982 et champion de France en 1977 et en 1980. Coco Suaudeau est devenu son adjoint en 1978 mais a été l'entraîneur de l'équipe première championne en 1983 et en 1995.

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  5. Mais c'est exactement ce qui est précisé dans le sujet sur les nantais de 1977. Il est bien dit que Jean VINCENT est l'entraineur de l'équipe première et quel est le rôle précis de Suaudeau au FC Nantes d'alors. Je t'invite a aller lire le sujet

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