13 Septembre 2005 Lyon - Real de Madrid : 3-0

Un grand moment que ces Lyon-Réal de Madrid, avant cette double confrontation de 2011, les Lyonnais restent sur une incroyable série de 3 succès à Gerland et 3 matchs nuls à Bernabeu en 3 confrontations ! Les démonstrations de 2005 et 2006 à Gerland donneront un surnom dans la presse espagnole pour cet OL : la bestia negra del Real, sûrement que la tenue noire des gones exagéraient cet antagonisme avec la tenue immaculée des merengues. Reste qu’en 2010 les lyonnais remettaient ça en sortant les madrilènes en 1/8ème de finale de la champion’s league. Retour sur la première des confrontations entre lyonnais et madrilènes lors de la saison 2005-2006.
Le 13 septembre 2005 lyonnais et madrilènes s'affrontent à Gerland pour la 1ère journée de la ligue des champions. Il s’agit là d’un vrai test pour une formation lyonnaise qui monte en puissance et qui ne cache plus ses ambitions. Frustrée d’une élimination cruelle aux tirs aux buts en ¼ de finale la saison précédente, d’autant qu’il y avait péno sur Nilmar, l’OL a décidé de franchir un pas supplémentaire sur la scène européenne. Tout d’abord il a fallu remplacer le coach Paul LE GUEN qui ne souhaitait pas renouveler son contrat (alors ça j’ai toujours pas compris ses explications foireuses et son traumatisme rennais !!). 

Pour ce faire le tandem Aulas-Lacombe ne cessera de rechercher un entraineur ayant une expérience européenne et jettera son dévolu sur Gérard Houiller ancien vainqueur de la coupe de l’UEFA avec les reds de Liverpool. Houiller doit franchir un cap avec l’OL en coupe d’Europe où le club vient d’échouer deux fois de suite en ¼ de finale. HOUILLER possède déjà un groupe solide aux affinités bien établies, le schéma en 4-3-3 qui s’apparente souvent à un 4-5-1 est bien en place et il va juste se contenter de quelques retouches. La première est évidente, il manque à l’OL un grand attaquant et l’OL va en recruter un avec les 193 cm de John CAREW.  Le géant norvégien va rapidement s’adapter entre Saône et Rhône avec notamment un triplé pour son premier match officiel, en trophée des champions face à Auxerre. La seconde retouche est imposée à Houiller par les dirigeants de l’OL qui ont décidé de vendre Essien à Chelsea dans un transfert record. Dans la transaction l’OL récupère le jeune milieu de terrain portugais TIAGO. Et contrairement à ce qu’on pouvait penser l’OL va sortir gagnant de cette transaction. Si l’OL perd un grand joueur, surpuissant au milieu de terrain, l’OL n’apparait pas désarmé dans ce secteur du jeu où Mahamadou DIARRA arrive à muscler le jeu pour deux. En revanche l’apport de Tiago va énormément apporter en fluidité à l’entrejeu lyonnais. Ce que l’OL a perdu en puissance il l’a gagné en fluidité. 

Aux coté de Diarra, les Juninho et Tiago savent remonter proprement le ballon et avec Malouda et Govou sur les côtés, l’OL possède un des meilleurs milieux de terrain d’Europe. TIAGO s’adapte très bien au jeu lyonnais et au nouveau schéma d’Houiller. En fait ce schéma n’est pas une révolution à  l’OL, le système est le même seul Tiago remplace Essien et devant Carew prend la place de Frau, a droite il y a concurrence entre Wiltord et Govou. L’apport d’HOUILLER est dans le jeu où il demande à son milieu de terrain d’être très patient et de faire circuler la balle sans se projeter vers l’avant tout de suite. HOUILLER sait que l’OL a changé de statut et qu’il devra affronter désormais des défenses recroquevillées sur leurs buts, il souhaite donc que son milieu de terrain soit patient et qu’il fasse circuler la balle sur toute la largeur du terrain pour fatiguer leurs adversaires et attendent la brèche. Juninho dans sa conservation du ballon et Tiago qui transforme tout les ballons qui recevait en ballons propres pour ses coéquipiers, sont les hommes idoines de ce schéma.
Cet OL version HOUILLER qui parait plus fort que son prédécesseur, et qui caracole déjà en tête du championnat de France (6 victoires et 1 nul pour ses 7 premiers matchs) va pouvoir enfin passer un vrai test à l’échelle européenne. En face un grand d’Europe, le Réal de Madrid et ses galactiques.

Alors que l’OL ne cesse de progresser dans le jeu et dans la hiérarchie européenne, la tendance serait plutôt à l’inverse dans la maison blanche au milieu des années 2000. La politique des galactiques commence à montrer ses limites, Fiorentino PEREZ qui recrute un ballon d’OR chaque année quasiment jette son dévolu uniquement sur des joueurs offensifs et l’entraineur Luxemburgo n’a guère de choix pour composer sa défense et son milieu récupérateur. C’est vraiment dans ce secteur de jeu que le Réal va faire ses plus mauvais choix. Refusant d’augmenter son salaire, le club perdit déjà  le très précieux Claude Makélélé puis il vendit alors son successeur, le brillant argentin, Esteban CAMBIASSO à l’Inter de Milan afin d’avoir des liquidités pour financer l’achat de joueur plus offensifs comme Mickael OWEN par exemple ! Du coup Luxemburgo qui doit se casser la tête en attaque pour savoir comment aligner ensemble les Zidane, Figo, Ronaldo, Robinho, Owen ou encore Antonio Cassano, se voit dépourvu de solutions pour composer son milieu récupérateur.  Il place en milieu défensif le danois Thomas GRAVESEN, un obscur bucheron de tibias scandinave qui a fait office à Everton et qui était taillé pour casser l’entrejeu des équipes de Premier League et il lui associe David BECKHAM qui sans démériter perd beaucoup de sa valeur dans les tâches défensives. Il en sera de même pour notre Zizou qui dans ces dernières années madrilènes perdaient beaucoup trop d’énergies dans les phases défensives.

Si le match parait prometteur lors du tirage au sort au mois d’août, le début du mois de septembre va permettre les plus fous espoirs à  l’OL. Alors que l’OL est irrésistible, les galactiques débarquent à Gerland avec seulement 2 matchs officiels dans les pattes. Une victoire à l’arraché lors de la première journée à Cadix (2-1) et surtout une défaite à Santiago Bernabeu face au Celta Vigo (2-3), d’autant que le Réal pénètrent sur la pelouse de Gerland, sans Zidane, Figo et Ronaldo tous blessés ou a cours de forme. En France, à Lyon tout le monde veut croire en une victoire de prestige face à un très grand d’Europe, et ce n’est pas une victoire que les lyonnais vont offrir à leur public mais une démonstration !!
Le début de match toutefois est madrilène et sur deux coups francs, Gerland tremble. C'est d’abord Roberto CARLOS qui se rappelle au bon souvenir de Gerland (voir le sujet sur le coup franc de Roberto Carlos en 1997) et surtout c’est David BECKHAM qui dépose une balle le long du poteau qui laisse pantois un Grégory COUPET scotché sur sa ligne. Gerland a tremblé mais Gerland va se régaler en vivant 10 minutes de folie, 10 minutes d’une rare intensité où Madrid va couler ! Comme souvent à cette époque c’est sur coup de pieds arrêté que l’OL va débloquer la situation grâce à son maitre artificier : Juninho Pernambucano (voir le sujet sur Juninho meilleur brésilien de l’histoire du championnat de France). A la 21ème minute son coup franc est effleuré par le crâne de John Carew, Casillas n’a pas les mains fermes et cafouille le ballon qui finit dans les filets, 1-0 pour l’OL. 4 minutes plus tard, coup franc pour l’OL à 30 m des buts de Casillas et légèrement sur la droite. Juninho d’un maitre coup franc porte la marque à 2-0. 31ème minute une combinaison à montrer dans toutes les écoles de football, un dégagement de Coupet sur Réveillère, l’OL remonte tout le terrain en dédoublement avec des séquences à une ou deux touches de balles maximum pour terminer sur un une-deux Wiltord-Reveillère (qui a parcouru tout le terrain) et une reprise de volée dans le petit filet. L’OL est sur un nuage. De la 21ème à la 31ème minute il vient de passer 3 buts au Réal et aurait même du en inscrire un 4ème à la 41ème minute, lorsque sur une interception de Jérémy BERTHOD aux 40 mètres il lance Juninho qui s’enfonce dans la surface de réparation et se fait faucher par Salgado. Péno, que le maitre artificier se charge d’exécuter lui-même, mais privilégiant le tir en force il échoue dans cet exercice. 

D’ailleurs je vais ouvris une parenthèse à ce sujet, l’autre jour j’ai fait l’éloge de maitre Juni dans un portrait et si j’ai émis quelques critiques sur son caractère je n’en avais pas fait dans le jeu et pourtant je trouve qu’il n’était pas très bon dans l’exercice des péno où il en rata quelques uns, notamment dans les derbys (même si à chaque fois il s’est rattrapé pour marquer), fin de la parenthèse.
L’OL Regagne le vestiaire avec une avance de 3-0 et même si les lyonnais vont subir le jeu en seconde période, leurs forces, leurs courages et aussi une bonne dose de baraka vont faire que l’OL écrira ce soir là une de ses plus belles pages en coupe d’Europe et prendra la très bonne habitude de toujours livrer de grands matchs face au Réal de Madrid
Et puis pour le plaisir la vidéo des 3 buts lyonnais :

video

L’Olympique Lyonnais version 2005-06

Grégory COUPET
Claudio CACAPA
Jérémy BERTHOD
Sylvain MONSOREAU
Eric ABIDAL
CRIS
Anthony REVEILLERE
JUNINHO
Mahamadou "Djilla" DIARRA
TIAGO
Benoit PEDRETTI
Jérémy CLEMENT
Florent MALOUDA
John CAREW
FRED
Pierre-Alain FRAU
Sydney GOVOU
Sylvain WILTORD
Gérard HOUILLER
Olympique Lyonnais saison 2005-06

Le Réal de Madrid version 2005-06

Iker CASILLAS
Diego LOPEZ
ARBELOA
Jonathan WOODGATE
Carlos DIOGO
Ivan HELGUERA
Luis FIGO
David BECKHAM
GUTI
RAUL
RONALDO
Michel SALGADO
Roberto CARLOS
Raul BRAVO
Pablo GARCIA
Zinedine ZIDANE
Walter SAMUEL
Francisco PAVON
Michael OWEN
Vanderlei
LUXEMBURGO

10 commentaires:

  1. un grand merci Alex de nous avoir rappelé l'existence de Sylvain Monsoreau

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  2. héhé, et t'as vu on était capable de grands matchs avec Jérémy BERTHOD titulaire. J'aimais beaucoup ce défenseur et je trouve qu'à cette époque il était meilleur qu'Abidal.

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  3. les vignettes de carlos diogo et de woodgate c'est toi qu'il les a faites ?

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  4. Sur ce sujet c'est du 100% authentique. IL manque juste celle de Gravesen mais je ne crois pas qu'elle existe pour cette saison

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  5. D'autant que ce n'est qu'un obscur bucheron de tibias scandinave !

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  6. quelles magnifiques équipes! rien à voir avec ce que l'on aura ce soir!
    ce qui est dommage c'est que l'explosion de Benzema a eu lieu après les meilleures années lyonnaises et l'apogée d'Anderson avant...sans ça il y aurait certainement une C1 à Tola Vologe

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  7. c'est surtout qu'il y avait péno sur Nilmar ;-)

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  8. Mdr oui le péno! Aulas n'a pas la même influence en Europe qu'en Ligue 1 lol

    PS: Abidal a l'air très très antipathique

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  9. Pour Abidal c'est parce qu'il avait perdu sa place au profit de Berthod ça se trouve !

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