Vaghiz KHIDIATOULINE

Le 1er joueur de l’histoire autorise a quitté l’URSS ; il signera à Toulouse quelques semaine avant que la Juventus de Turin n’engage Aleksandr ZAVAROV. Je m’en souviens encore de la couverture de France Football an noçant l’arrivée du libéro de l’équipe de l’URSS en France, j’étais comme un fou car à l’époque l’équipe d’URSS m’impressionnait énormément !! Il faut dire que l’URSS avait affronté à plusieurs reprises les bleus et s’en était plutôt bien sorti. Si les deux équipes s’étaient quitté sur un match nul à la coupe du monde 1986, quelques mois plus tard les soviétiques venaient à Paris faire une démonstration de football et l’emporter 2-0 au Parc où les français étaient invaincus depuis 4 ans et un match amical face à la Pologne (1 moi après avoir perdu la finale de la 3ème place de la coupe du monde face à ces mêmes polonais pour la petite histoire, avec un petit 4-0 tout de même).

Pour revenir à l’URSS, à l’époque c’était une machine !! Ils s’étaient facilement qualifiés pour l’Euro 1988 et il aura fallu un énorme Van Basten et Gullit pour les faire plier en finale ! Cette équipe c’était celle du « Professeur » LOBANOVSKI, entraineur également du Dynamo de KIEV qui avait impressionné toute l’Europe un certain soir de juin 1986, où les soviétiques avaient terrassé l’Atlético de Madrid en finale de la défunte coupe d’Europe des vainqueurs de coupes par le score fleuve de 3-0 à Gerland. En tout cas l’équipe d’URSS sous LOBANOVSKI est un copier/coller de son Dynamo de Kiev. Regardez l’effectif qu’il présente à l’euro 1988, c’est ahurissant :


Vous avez vu sur les 16 joueurs, 5 seulement ne sont pas du Dynamo de Kiev et il s’agit de pointures que Lobanovski ne pouvait écarter comme : Sergueï ALEINIKOV superbe milieu de terrain qui lui rejoindra la Juventus de Turin en 1989, Rinat DASSAEV, sûrement le meilleur gardien au monde à cette époque et notre Vaghiz KHIDIATOULINE libéro du Spartak de Moscou. 

Il fallait être sacrément fort pour intégrer l’équipe d’URSS sous Lobanosvki quand on n’évoluait pas sous ses ordres à Kiev et Khidiatouline l’était. En France on a découvert ce joueur avec le Spartak de Moscou en 1986 lorsqu’ils ont rencontrés Toulouse en UEFA. On avait déjà parlé brièvement de cette confrontation lors du sujet sur la rencontre Toulouse-Naples 1986-87 et l’exploit des toulousains face au club de Diego MARADONA (voir le sujet Toulouse-Naples 1986-87). Au tour suivant les toulousains, en plaine confiance et en pleine bourre affrontait le Spartak de Khidiatouline, après un succès 3-1 au Stadium avec un Gérald PASSI des grands soirs, les toulousains chutaient lourdement à Moscou 5-1 (cesoir là le Stade Lénine était chauffé à blanc avec 120 000 moscovites dans les tribunes) et sortait de la compétition avec un goût d’inachevé dans la bouche. Le Spartak ce soir là avait su éteindre toutes les velléités toulousaines et imposer leur jeu de puissance. 

Le parton de l’équipe c’était Khidiatouline et en le voyant évoluer on voyait peut être un des meilleurs joueurs à son poste, les toulousains eux-mêmes étaient impressionnés. Pascal DESPEYROUX, interrogé sur quel joueur l’avait le plus impressionné lors de cette débâcle, déclara : « Vaguiz KHIDIATOULINE, c’était le patron de l’équipe tout simplement de son poste de libéro ». KHIDIATOULINE était un petit « Beckenbaueur » qui venait du froid.
Alors lorsqu’on a appris en 1989, que les joueurs d’URSS allaient pouvoir intégrer les clubs d’Europe de l’ouest ce fut une frénésie qui s’empara du marché des transferts !!
Où allaient atterrir les : Alexeï Mikhaïlitchenko, Aleksandr Zavarov, Rinat Dasaev, Sergueï Aleinikov, Oleg Protassov ou encore Vaghiz Khidiatouline ? C’est Toulouse qui sera le premier club à frapper et un grand coup !! Bien avant que Zavarov attérissent à la Juventus de Turin, bien avant que Mikhaïlitchenko aille la Sampdoria remporter la scudetto ou que Dasaev file au FC Séville en préretraite dorée sous le soleil andalou. Par contre si l’arrivée de Khidiatouline fût une révolution dans le monde du football, son apport au selon du TFC sera tout sauf révolutionnaire. 

L’arrivée du soviétique, et peut être alors meilleur libéro d’Europe fut l’un des plus grands flop du championnat de France ! Une mauvaise adaptation au jeu de son équipe ? Au système de Santini puis de Mosca ? il est plus croyable que ce soit surtout un problème d’adaptation dans une société totalement différente, trop différente de l’URSS à la fin des années 80. L’homme qui a 30 ans était au sommet de sa carrière en équipé nationale et dans son club, n’est plus que le fantôme de lui-même sur les pelouses de division 1. Toulouse termine à une décevante 11ème place en 1988/89, SANTINI part et Mosca arrive, il renouvèle sa confiance à Vaghiz, mais le TFC ne décolle pas et termine à la 9ème place. KIDHIATOULINE, force est de constater, n’a pas le niveau pour la division 1 et la preuve la plus flagrante est qu’après 2 saison de mauvais mais loyaux services, Vaghiz échoue à Montauban alors en division 4 et donc en championnat amateur !!


Alors je veux bien que sous le rideau de fer on nous cachait beaucoup de choses et que les soviétiques surévaluaient tout mais je suis désolé le match de l’URSS au Parc, la démonstration du Spartak face à Toulouse ça je ne l’ai pas rêvé et les joueurs français aussi. Ces ont les observateurs occidentaux qui disaient que Khidiatouline était l’un des tous meilleurs libéros du monde, pas la Pravda ou tout autre torchon soviétique. C’est une histoire incompréhensible, comment un des meilleurs joueurs au monde peut passer en quelques mois de finaliste du championnat d’Europe des nations à la division 4 française ? 

Pour moi c’est un problème extra-sportif. Les joueurs soviétiques avaient beaucoup trop de tentations et de libertés nouvelles par rapport à leurs anciennes vies où ils étaient des « fonctionnaires » du football au service du régime. La différence entre les 2 sociétés de cahque côté du rideau de fer était bien trop différente pour que les joueurs arrivent à se concentrer que sur leur métier de footballeur. D’ailleurs à cette époque Khidiatouline ne fut pas le seul flop ! Le Cas d’Alekasndr ZAVAROV est peut être encore plus flagrant !! Lui que tout le monde voyait ballon d’OR en 1986 à la place de Belanov fur recruté par la Juventus de TURIN pour faire oublier un certain Platini ! Zavarov a sûrement été le plus gros flop de l’histoire de la Juventus (2 buts lors de sa seule saison) avant d’être celui de Nancy (il brillera un peu sur la fin, quand le club sera en D2), c’est dire la dévalorisation intrinsèque de ces joueurs ! C’est un krach footballistique à ce niveau là !
Les joueurs de Russie n’arriveront à s’intégrer aux clubs d’Europe de l’Ouest qu’à partir du moment où leurs pays évoluera et que la société russe ressemblera aux sociétés occidentales. Mais à l’époque de la chute du rideau de fer ils se sont tous plantés, seul Alexeï Mikhaïlitchenko arrivera à sortir son épingle du jeu avec la Samp’ je trouve.
En tout cas Vaghiz KHIDIATOULINE retournera en Russie et aujourd’hui il occupe le poste de président de l’association des joueurs (le syndicat des joueurs en fait). En France c’est Sylvain KASTENDEUCH qui occupe ce pote, à croire que c’est une reconversion dédié aux libéros.

Khidiatouline en 1979 qui reçoit un trophée


Le même qui en reçoit un autre en 2010, hormis l’absence totale de poils sur le caillou il a gardé la forme.


7 commentaires:

  1. par contre hidalgo sur la photo il a pris un coup de vieux ...

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  2. excellent article
    sad, but with soviet mentality you can play only in CCCP. new (postsoviet) generation of ukrainian and russian players (Shevchenko, Karpin, Luzhny) had some another mentality, so they succeeded advance in Europe

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  3. Thanks and I agree with you? Russin society has changed and now russians payer's have the same way of life than italian or english people. For me it's the aim resaon why players like schevchenko, arshavine, zhirkov knows succeed in west europe.
    Do you see I put an other sitcker of Evgeni LOVCHEV ? http://www.oldschoolpanini.com/2011/01/le-1er-carton-jaune-de-lhistoire.html

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  4. Quelle grande équipe cette URSS des années 80.

    Ces Dasaev, Demyanenko, Rats, Protassov, Belanov, Zavarov, Mykhailychenko.

    C'etait aussi un style de jeu. tres rapide, tres collectifs. Des joueurs toujours disponibles...

    Après n y a t il pas non plus une possibilité de dopage derrière tout ça ?

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  5. C'est une très bonne question. Le système Lobanovski était basé sur une condition physique incroyable et une multiplication des efforts qui étaient impressionnante.
    Je me souviens de ces démonstrations : Juin 86 finale de la C2 Kiev-Atlético de Madrid 3-0 à Gerland, 1er match de la coupe du monde quelques jours plus tard : URSS - Hongrie 6-0. On avait l'impression de voir des machines qui ne s'arrêtaient jamais. Par contre à jouer sous le soleil du Mexique en plein après-midi, leurs organismes n'ont pas suivis et sans leurs incroyables abattage physique cette équipe redevenait "normal".
    Donc c'est vrai que ces formations reposaient vraiment sur une condition physique "hors norme" et après 1989, quand tous ce sont exilés il y a eu multiplication des flops alors on peut se poser des questions. Maintenant je pense que l'aspect psychologique pour ces joueurs qui découvraient une société totalement différente devait beaucoup jouer aussi.

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  6. J'ai prévu de faire un sujet sur cette équipe d'URSS 1986-88 et suivi de quelques portraits de flop comme Zavarov ou Fédot Tcherenkov. Affaire à suivre mais je pense les faire de suite.

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