OM - Monaco : Finale de la coupe de France 1989

Finale de rêve entre le champion en titre et son tout récent successeur !!

L'OM est favori selon les médias mais c'est un raccourci, le portier olympien Gaëtean HUARD lui se méfie à juste titre de ses jugements basés que sur le dernier classement : « On nous dit favoris mais, en finale de Coupe, il n'existe pas de favori » Surtout que si Monaco a lâché en championnat, l'équipe de Wenger est capable de coup d'éclats et sait, par moment, retrouvé son jeu enlevé de la saison d'avant où il fut un magnifique champion. Notamment la rencontre entre les 2 équipes à Louis II où l’OM était repartit avec un sévère 3-0 dans ses valises.
En fait l’AS Monaco d’Arsène WENGER ne joue bien au ballon que lorsque le vent de la confiance pousse les joueurs dans le dos mais le problème fondamental des Monégasques est qu'ils se posent beaucoup de questions, collectivement ou individuellement. Ainsi les coups d’éclats restent sans lendemain, je pense notamment à ce 1/8ème de finale retour face à Bruges (défaite 1-0 de l’ASM au match aller en Belgique) où Monaco renverse la situation et passe un légendaire 6-1 aux belges avec un Youssouf FOFANA de feu (auteur d’un triplé) mais qui se fera sortir autour suivant par Galatasaray, modeste formation à l’époque. 

D’ailleurs avant cette finale Youssouf FOFANA sera au cœur d’un choix cornélien pour Wenger. Arsène Wenger a le choix entre deux formules : celle de Fofana en deuxième attaquant ou celle de Puel en renfort médian. Il va préférer la deuxième mais va s’en mordre les doigts et au retour des vestiaires reviendra à sa première réflexion, Fofana remplace Puel. En fait ce doute dans la tête d u coach monégasque est bien symptomatique des états d’âmes du club du rocher. Battiston sait que le Toulonnais Mendy a signé pour la saison suivante à Monaco, ce qui est manifestement une démarche de défiance envers sa personne et sûrement pas étranger au fait qu’il passera complètement à côté de sa finale. Toute la défense centrale ratera son match car Sonor, pour compenser l'absence de Vogel, est devenu l'assistant de Battiston en défense centrale, ce qui a rarement été une réussite par la passé et une fois de plus ce sera le cas dans cette finale, où JPP lui fera bien des misères.
Un des problèmes majeurs aussi à l’époque de Monaco ce sont les blessures à répétition, il faut dire que la Turbie et Louis II sont des terrains où on a posé de la pelouse sur des cailloux !! Manque à l’appel au Parc pour cette 72ème finale de coupe de France : Touré, Hateley, Ferratge et un Manu Amoros diminué, il souffre d'esquilles osseuses dans une cheville et rame, depuis plusieurs semaines, dans un rôle de défenseur avancé qui le fait se disperser.

Toutefois l’équipe, malgré ses doutes et ses blessures, est porté par un nouvel élan depuis son élimination en coupe d’Europe face aux turcs. Emmené par un meneur de jeu génial, en la personne de Glenn HODDLE, l’ASM finit la saison en trombe et n’a plus commun la défaite depuis son élimination avant cette finale, soit une série de 19 matchs !!
En face il y a le nouveau champion de France, qui vient de remporter son premier titre de l’ère Tapie et le premier sacre en championnat depuis 1972.
L’OM sacré sur la fin, aura fait une saison solide avec un objectif majeur : le championnat et rien d’autre pour cette saison où le club n’était pas engagé en coupe d’Europe. Cerise sur le gâteau, le club phocéen s’est hissé en finale de coupe de France pour réaliser un doublé historique comme en 1972 ! Pourtant la saison avait mal débuté sur la canebière, une défaite et 3 matchs nuls lors des 4 premières journées, ce n’était pas un rythme de croisière qui plaisait à Bernard TAPIE qui remercie au bout de 4 matchs l’entraineur Gérard Banide pour le remplacer, à la surprise générale, par l’ex gardien de but Gérard GILI. GILI n’a aucune expérience du haut-niveau lui qui à l’époque s’occupe depuis 5 ans du centre de formation de l’OM. A ce titre je ne voudrais pas nier l’existence de ce centre de formation pendant l’ère Tapie mais pour GILI ça devait être un emploi fictif s’il l’occupait à plein temps. Toutefois la mayonnaise prend, GILI calme et posé, prône le dialogue et ça fonctionne, l’OM lance sa saison.

Avec une défense inédite, à ma connaissance peu de clubs ont joué toute une saison avec 2 stoppeurs en défense centrale, mais au combien efficace ! Karl-Heinz FORSTER est associé au « Colosse » de Plouvorn : Yvon LE ROUX (A voir absolument le sujet sur ce grand défenseur qu’était Yvon LE ROUX). Tiens au passage une petite anecdote sur Karl-heinz FORSTER, vous saviez que pour libérer une place d’étranger il avait pris la nationalité française ? Et bien Mr FORSTER pour l’occasion héritera d’un surnom donné par JPP himself : Charles-Henri FORESTIER !
Revenons à cette équipe de l’OM version 1988-89 si vous le voulez bien, la défense offre de gros gages de sécurité avec ces 2 stoppeurs de rang international !! Au milieu Bruno Germain, Franck Sauzée et Patrice Eyraud forme un rideau solide et le meneur de jeu Philippe Vercruysse est à la palette. Devant JPP confirme et enlève le titre de meilleur buteur du championnat avec ses 22 buts. Il est épaulé par un attaquant de classe mondiale : Klaus Allofs. Si Klaus Allofs peine pour marquer en championnat 7 buts, jusqu’à la finale il est l’homme de la coupe de France avec 9 buts en 9 matchs !!

C’est donc une finale de rêve qui vient clôturer cette belle saison 1988-89. Philippe Vercruysse en a conscience et déclare : « Cette finale doit être belle. Que l'on perde ou que l'on gagne, ce ne sera pas grave, à condition d'avoir joué notre jeu »
Le parc est complet, mais est surtout ciel et blanc, et lorsque Mr Quiniou donne le coup d’envoi, toute la France s’attend à un grand match, elle verra surtout un grand joueur : JPP (voir l’article : JPP l’intégrale)
Jean-Pierre PAPIN va marquer de toute son empreinte cette 72ème finale, sa finale. Dès la 12ème minute Puel s'emberlificote dans une série de dribbles de dégagement, pris en chasse par des affamés, il cède le ballon, subit un croche-pied et laisse partir Papin vers son destin. Battiston attrape un torticolis, se fait embarquer d'un côté et voit l'infâme J.P.P. déclencher du pied droit une espèce de tir vicieux, croisé, tirebouchonné qui expédie le ballon sur l'intérieur du poteau puis à l'intérieur des filets monégasques. La réussite est avec les olympiens !
Mais lorsque, dix minutes après cette amorce, un centre instantané de Thys, de la droite, est coupé par la tête de Papin après un saut prodigieux et transformé en deuxième but, on est bien obligé d'admettre qu’il n’y a pas que de la réussite et que ce Papin-là à du talent ! Luc Sonor après le match reviendra sur ce but : « je connais Philippe Thys et ses centres, j'ai joué avec lui à Metz. Je vais donc vers le ballon quand je le vois partir sur l'aile droite. Je commence à armer, lorsque Patrick Battiston me dit : " fais gaffe derrière toi ". C'est trop tard, Jean-Pierre Papin a surgi dans mon dos. Quelle détente et quel timing ! En France, il est le meilleur de la tête. Il est même le meilleur attaquant français tout court. Il a tout ... »

L’OM plane sur le Parc, comme si son titre de champion acquis dans la douleur avait libéré les phocéens. En face asphyxiés, les monégasques ne peuvent croire en leur salut que par l’intermédiaire de Glenn Hoddle et Marcel Dib, les deux seuls rouges et blancs inspirés ce soir là. D’ailleurs c’est Marcel Dib d’une superbe réalisation qui réduit le score à 2-1. C’est sur ce score que les deux équipes regagnent le vestiaire. Monaco change de visage, Puel effacé, laisse sa place à Fofana et on sent Monaco repartir de l’avant. JPP ne le souhaite pas et s’en va réaliser son hat trick pour tuer toutes velléités monégasques sur sa coupe ! 47 minutes pour un coup du chapeau historique (10 ans après celui d’Eric PECOUT avec Nantes). Mais JPP a encore faim, neuf minutes après son triplé il file au but et est fauché dans la surface de réparation par un Luc Sonor complètement dépassé. Papin est dans un grand soir mais va montrer un côté humain, prouvant qu’il peut aussi avoir des impairs, il rate totalement son péno qu’Ettori s’empare sans grand difficulté. Sans importance pour l’OM, qui repart de l’avant, Sauzée trouve le poteau avant qu’Allofs bénéficiant d’une bourde monumentale de Battiston donne un lourd avantage à l’OM 4-1 à la 65ème minute.
Et pourtant le match n’est pas fini, Monaco ne rend pas les armes ! Et c’est le « Marseillais » Marcel DIB qui d’un lob génial va d’abord monter que le match n’est pas fini. Puis toujours sous l’impulsion du natif de Marseille, Monaco pousse et à la 88ème obtient un pénalty pour une faute de Thys sur l’intenable Marcel DIB. Manu Amoros le transforme 4-3 pour l’OM à la 88ème + les arrêts de jeu. Le suspens est total pour les dernières minutes qui seront bien longues pour les supporters de l’OM mais plus rien se sera marqué.

Voici le résumé du match en vidéo, c’est moins lyrique que mes commentaires mais ça colle plus à la réalité car moi j’ai tendance à enjoliver les actions quand je les raconte :

video

L’OM réalise un magnifique doublé, JPP est au sommet et aura droit aux félicitations du chef de l’Etat ainsi qu’à la bise.



Voici la présentation des deux équipes, come a cette époque Panini ne fiat plus les petit commentaires en face des joueurs, c’est bibi qui s’y est collé et honneur au champion :

Gaëtan HUARD
Arrivé de Lens, il remporte le doublé pour sa première saison à l’OM. Il aurait pu faire une grande carrière à l’OM mais une grave blessure au genou le prive de la demi-finale face au Benfica en 1990 et Tapie décide d’engager Olmeta la saison suivante…

Philippe THYS
Formé à l’INF Vichy, c’est sa première saison au club. Excellent arrière droit.

Yvon LE ROUX
Le « colosse» de Plouvorn, et enfin un titre de champion de France pour celui qui fut champion d’Europe en 1984.

Karl-Heinz FORSTER
2 fois vice-champion du monde en 82 et 86 c’est un grand nom du football qui débarque dans le championnat de France juste après la coupe du monde 1986 !

Eric DI MECO
Ancien attaquant de l’OM et des Minots, il revient après un passage à Nancy et à Martigues mais surtout il est devenu arrière gauche

Franck SAUZEE
Grand artisan du titre de champion. Il le fut aussi l’année précédente mais de D2 avec Sochaux

Pascal GATIEN
Après Abedi pelé, l’autre recrue niortaise de l’OM

Eric CANTONA
Sale année pour le King. Après son transfert record, il fera deux sorties très remarquées, la première : il traite le sélectionneur Henri MICHEL de sac à merde et sera exclu de long mois de toute sélection. La seconde, remplacé lors d’un match amical par Gili, il apprécie peu et jette son maillot, il sera prêté de janvier à Juin aux Girondins.

Philippe VERCRUYSSE
Après un passage très mitigé à Bordeaux et à retour à Lens, le grand Philippe a enfin trouvé à Marseille la pleine mesure de son talent et effectue une de ses saisons les plus complètes, du très haut niveau.

Jean-Pierre PAPIN
Pour voir toutes les vignettes de la carrière de JPP : JPP l’intégrale !
Grosse saison pour notre papin national ! 22 buts en championnat + 11 en coupe de France

Klaus ALLOFS
A noter que dans sa carrière il a été meilleur buteur de plusieurs compétitions. Lors de l’Euro 1980 il terminera en tête du classement des buteurs avec 3 buts, tous marqué dans la même rencontre face au Pays-Bas (Victoire 3-2) mais aussi de Bundesliga en 1979 et 1985

Guillaume WARMUZ
Et oui Warmuz a porté les couleurs de l’OM toutefois le gardien, formé à l’INF Vichy, ne disputera aucun match pro avec l’OM.

Benoit CAUET
La preuve que le centre de formation marseillais peut sortir de grands joueurs, même si Cauet a fait une partie de ses classes à l’ASPTT Nantes. Pas contre comme beaucoup de marseillais il aura beaucoup de mal a brille sous les couleurs de l’OM

Abdoulaye DIALLO
Le meilleur marseillais lors de la finale 1986 mais effacé depuis l’arrivée de Tapie et ses stars en attaque

Gérard GILI
Banide viré tellement tôt que les éditions Panini ont eu largement le temps d’ajuster leur collection 1988-89

L’équipe de l’OM 1988-89
Auteur du second doublé de l’histoire du club






Au tour du finaliste malheureux

Jean-Luc ETTORI
Recordman des matchs disputés dans le championnat de France, plus doué pour stopper les pénos en finale de coupe de France qu’en demi-finale de coupe du monde.

Luc SONOR
Dépassé ce jour-là et a définitivement compris qu’il n’était pas stoppeur.

Patrick BATTISTON
Formé au FC Metz, passé par St-Etienne et surtout Bordeaux, i l restera que 2 saisons sur le Rocher avant de revenir à Bordeaux. Pas une très bonne finale à son actif pour ce grand libéro.

Rémy VOGEL
Arrivé l’année du titre sur le rocher, alors qu’il venait de faire son apparition en équipe de France, des pépins physiques le tiendront éloigné des terrains pour confirmer.

Manuel AMOROS
Sa dernière saison au club avant de parti chez l’adversaire du jour. A Marseille il continuera de gagner des titres mais un penalty manqué à Bari entachera sa belle carrière.

Marcel DIB
Un match de fou en finale, curieusement, lui le natif de Marseille, ne jouera à l’OM qu’en fin de carrière lorsque le club sera en D2

Dominique BIJOTAT
Joueur au talent indéniable mais à la santé fragile. De retour après une pige d’un an en Gironde ce pur produit maison n’a que très peu joué en 1988-89

Glenn HODDLE
Lors de sa première saison en France il est élu meilleur joueur étranger du championnat de France et permet à l'AS MONACO de remporter le titre. L'année suivante HODDLE réalise encore une saison pleine avec 18 buts en championnat malheureusement lui aussi fera parti de la liste des blessés grave à Monaco (je suis sûr que leurs champs de patates qui leurs servaient de terrain à l’époque y sont pour beaucoup)

Fabrice POULLAIN
Champion de France en 1986 avec le PSG, Houiller l’appréciait et disait de lui : « Toujours disponible dans le jeu, partenaire idéal pour l’équipe »

José TOURE
Ces plus belles années sont derrière lui et les pépins physiques ne le lâchent plus. IL va connaitre le fond à Monaco même le grand fond. Voir le sujet sur la descente aux enfers de José.

Mark HATELEY
Encore un grand joueur qui arrive dans le championnat français à la fin des années 80. Mais lui aussi sera trop absent suite à des blessures récurrentes

Angelo HUGUES
J’avais quitté Angelo HUGUES à Lyon (il était la doublure de Grégory COUPET avant qu’Aulas ne fasse signer un CDI à Rémi VERCOUTRE pour ce poste). Pour moi sa carrière s’était arrêtée là, mais non, il a joué en Pologne par la suite à Wisla CRACOVIE.

Claude PUEL
Puel à joué 547 matchs dans sa carrière professionnelle et les 547 avec l’AS Monaco. Bel exemple de fidélité à un maillot.

Jean-Marc FERRATGE
International français, il ne disputera qu’une seule rencontre avec les bleus en 1982 face à la Hollande. Talentueux il sera barré au milieu de terrain par la génération dorée du foot français et son quatuor magique Fernandez-Tigana-Platini-Giresse.

Arsène WENGER
Entraineur et pleureuse à mi-temps sur TF1

L’équipe de Monaco 1988-89
Championne de France en titre, l’équipé aura été trop inconstante pour conserver son titre. Elle aura tout de même étayé de tout son talent par quelques coups d’éclat cette saison (3-0 face à l’OM et le 6-1 face à Bruges)

13 commentaires:

  1. Je ne dirais qu une chose : Arsene Wenger est un Formateur De Profession.
    Cela tu ne veux pas le comprendre. Il faut t'en faire un teeshirt ?

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  2. Alex t'as grillé une cartouche pour le quizz. Je crois que pas grand monde aurait reconnu Warmuz sur la photo !

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  3. Je connais un certain nordiste qui le mettra sûrement dans ces quiz chtis

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  4. Alex puissant avait annoncé un bel article sue cette finale et Alex puissant a tenu parole.

    Une des plus belle page de l'OM cette finale
    et avec une petite dédicace à AWFP !!!

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  5. DUT je te l'avais promis !! et AWFP !!

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  6. tiens George Weah n'apparaît pas, il faisait bien partie de cette équipe?
    sinon encore un bel article mention spéciale au survêtement de Wenger! vu la photo d'Hateley on comprend mieux son surnom d'Attila lol

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  7. Mister George signait sa première saison sur le rocher donc n'était pas encore connu des Editions Panini. Sa première vignette apparaitra la saison suivante en 1990

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  8. Aïe le 6-1 à Monacco je m'en souviens très bien ;-)

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  9. (Monaco avec un "c" c'est mieux) ...un article avec JPP J'adore !!!!

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  10. et bien David, tu auras mis du temps à réagir sur ce 6-1 ;-)
    Désolé je ne pouvais pas passer sous silence ce match de folie de Fofana

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  11. Concernant Huard, plutot qu'une blessure au genoux, ne s'agit-il pas plutot d'une fracture (ouverte?) du tibia contracté lors du 1/4?

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  12. Si Morgan, tu as parfaitement raison, j'aurais du faire une mise à jour suite à ce sujet : http://www.oldschoolpanini.com/2012/08/clin-dil-jean-pierre-papin-gardien-de.html
    Impardonnable et merci d'avoir mis le doigt sur mon incompétence ;-)

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